Northanger Abbey – Jane Austen

Éditeur : 10/18

Collection : Domaine étranger

Date de parution originale : Décembre 1817 (achevé en 1803)

Date de parution française : 1824

285 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Une jeune provinciale de bonne famille est envoyée à Bath, prendre les eaux, pour faire son apprentissage du monde et des intermittences du cœur. L’héroïne se retrouve égarée au milieu de conjonctures qui la rabaissent aux yeux du lecteur. En toute occasion, elle se comporte en référence à son livre de chevet, « Les mystères d’Udolphe » de Mrs Radcliffe.

Mon avis :

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en commençant ce roman de Jane Austen. « Northanger Abbey » n’étant pas le roman de l’auteure dont on parle le plus, je m’attendais peut-être à être un peu déçue par rapport aux quatre autres romans que j’avais lus, me disant qu’il ne serait peut-être pas aussi bien.. Et bien je dois dire que je me suis trompée, et que pour la 5ème fois, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures des personnages mis en scène par cette chère Jane, et plus particulièrement celles entourant le personnage de Catherine Morland.

Je trouve d’ailleurs que les 4èmes de couverture que l’on peut lire de ce roman sont un peu sévères avec ce personnage principal. Alors oui, Catherine Morland vit dans ses livres et est un peu naïve, oui elle croit aux histoires racontées dans ses romans gothiques et ne rêve que d’une chose, vivre dans une ancienne abbaye en ruine, mais j’ai personnellement trouvé sa naïveté très touchante. Tout au long de ma lecture, je me suis attendue à un retournement de situation qui me ferait ne plus apprécier ce personnage, mais non, il faut bien dire ce qui est, j’ai trouvé cette Catherine Morland droite et honnête, et elle fait même partie des personnages de Jane Austen auxquels je me suis le plus attachée.

J’ai beaucoup aimé mon incursion dans la ville de Bath, dans laquelle la bonne société anglaise de l’époque « prenait les eaux ». Comme d’habitude dans les romans de Jane Austen, on observe les journées fort remplies et mouvementées des personnages : on se balade, on va au bal, on discute, on va au théâtre, on critique les autres, on s’esclaffe, et finalement on ne fait rien d’autre… Comment mieux retranscrire cela qu’à travers la tournure de la page 73, « une laborieuse journée d’oisiveté« . Au milieu de cela, Catherine découvre pour la première fois la vie mondaine, l’amitié aussi, et les premiers émois amoureux évidemment.. J’ai beaucoup aimé la voir appréhender ce monde mystérieux pour elle, j’ai aussi eu un peu peur pour elle, notamment qu’elle se fasse manipuler par ses nouveaux « amis », mais non, Catherine reste droite dans ses bottines et c’est pour cela que j’ai beaucoup aimé ce personnage.

Comme toujours, Jane Austen égraine son roman de quelques pointes d’humour, que j’ai parfois trouvées un peu moins subtiles que d’habitude, ce qui ne veut pas dire qu’elles soient moins drôles. Dès le début, on comprend que l’auteure se moque gentiment de son héroïne et justement de son caractère de non-héroïne. L’amie de Catherine, Mrs Allen, a elle aussi droit à quelques remarques ironiques très plaisantes, qui m’ont fait apprécier mon irruption dans cette société mondaine aux relations superficielles. Les gens se parlent, mais ne s’écoutent pas.. On s’extasie de se retrouver, mais on préfèrerait être ailleurs. Mais le summum de l’exaspération revient pour moi à Mr. Thorpe (et à sa sœur dans une certaine mesure), symboles de l’hypocrisie et de la fierté mal placée… Comme d’habitude dans les romans de Jane Austen, j’ai été ravie de la fin de ce roman, et du destin dévolu à chacun de ces personnages.

Je vous laisse avec quelques extraits du roman que je trouve particulièrement bien écrits et bien sentis, notamment ceux qui se moquent des romans en général. Après cela, qu’on ne vienne pas me dire que les classiques sont ennuyeux et sans humour..

 » Personne ayant jamais vu Catherine Morland dans son enfance ne l’eût supposée née pour être une héroïne. Sa situation dans l’existence, le caractère de son père et celui de sa mère, sa propre personne et son tempérament, tout s’opposait également à ce qu’elle en fût une un jour. Son père était clergyman sans être pour cela ni méprisé ni pauvre, et c’était un monsieur très respectable, bien qu’il eût pour nom celui de Richard*… […] La mère de Catherine était une femme dotée d’un gros sens pratique, d’un caractère aimable et, ce qui est plus remarquable, d’une bonne constitution. Elle avait eu trois fils avant la naissance de Catherine et au lieu de mourir en mettant cette dernière au monde, comme on pourrait s’y attendre, continua à vivre, et cela pour avoir encore six enfants, les voir grandir autour d’elle et jouir elle-même d’une excellente santé. On dit toujours d’une famille de dix enfants que c’est une belle famille, du moment qu’elle compte assez de têtes, bras et jambes pour chacun, mais les Morland avaient peu d’autres droits pour prétendre à ce titre, car ils étaient dans l’ensemble des plus quelconques, et Catherine fut pendant de nombreuses années aussi quelconque que n’importe lequel d’entre eux.  » p.9-10
* Dans mon édition, il est écrit que « ce prénom de Richard que Jane Austen semble reprocher à Mr. Morland serait une allusion à une plaisanterie entre Jane et sa sœur Cassandra au sujet d’un certain Richard Harvey ».

« Elle lut tous ces ouvrages que doivent lire les héroïnes pour emplir leur mémoire de ces citations qui s’avèrent tellement utiles et tellement apaisantes dans les vicissitudes de leur existence mouvementée. » p.12

« Il faut à présent décrire un peu Mrs. Allen, pour que le lecteur puisse juger dans quelle mesure ses actions favoriseront par la suite le climat de désolation de cette œuvre, et comprendre comment elle risque de contribuer à réduire la pauvre Catherine à l’infortune et au désespoir que peut décrire le dernier tome d’un roman, si elle y contribuera par son imprudence, sa vulgarité ou sa jalousie, en interceptant ses lettres, en ruinant sa réputation ou en la chassant de chez elle. » p.17 (cet extrait fait un peu peur à la première lecture, mais rassurez-vous, Jane Austen s’amuse..)

« Mrs. Allen appartenait à cette nombreuse catégorie de femmes dont la société ne peut éveiller d’autre émotion que la surprise à la pensée qu’il s’est trouvé au monde un homme capable de les aimer au point de les épouser. Elle n’avait ni beauté, ni esprit, ni talent, ni distinction. » p.17

« Mrs. Allen avait toujours le plus grand désir d’avoir à Bath des relations nombreuses, et elle le répétait chaque jour après avoir eu la preuve qu’elle n’y connaissait absolument personne. » p.23

« Il parlait avec beaucoup d’aisance et d’esprit, et il y avait dans ses manières une malice et une gaieté qui forçaient l’attention, bien que Catherine ne s’en rendît pas très bien compte. » p.23

« Mrs. Thorpe était une veuve et une veuve sans fortune. Elle avait un excellent caractère ; c’était une femme bonne et une mère indulgente. Sa fille aînée était pour sa part d’une grande beauté et les plus jeunes, en ayant la prétention d’être aussi belles que leur sœur, en imitant son air et en s’habillant dans le même style, étaient tout à fait charmantes.
Cette brève description de la famille Thorpe a pour but de remplacer l’inévitable, interminable et minutieux récit détaillé que Mrs. Thorpe ferait elle-même sur ses aventures passées, ses souffrances… récit que l’on devrait s’attendre à voir occuper les trois ou quatre chapitres suivants ; on y verrait l’indignité des lords et des avoués occuper le devant de la scène et l’on y trouverait rapportées par le menu des conversations vieilles de vingt ans. » p.34

« Si une matinée pluvieuse les privait d’autres plaisirs, elles tenaient quand même à se voir au mépris de la pluie et de la boue, et s’enfermaient ensemble pour lire des romans. Des romans, oui, car je refuse d’obéir à cette coutume mesquine et peu politique qu’adoptent si souvent les auteurs et qui consiste à déconsidérer, par une censure des plus méprisantes, le genre d’œuvres même dont ils sont en train d’accroître le nombre. Ils rejoignent là leurs pires ennemis pour octroyer à de tels ouvrages les épithètes les plus cruelles et n’autorisent presque jamais leur héroïne à lire des romans. […] Je ne saurais défendre une telle attitude. Laissons aux critiques le soin de dénigrer à loisir toute effusion d’imagination, laissons-leur le soin de parler, à propos de tout nouveau roman et en un style rebattu, de la camelote sur laquelle ahanent de nos jours les presses. […] Bien que nos productions aient offert aux lecteurs un plaisir plus grand, plus sincère que celles d’aucune autre corporation littéraire en ce monde, aucun genre, jamais, ne fût plus décrié. Quelle qu’en soit la cause, la vanité, l’ignorance ou la mode, nous avons presque autant d’ennemis que de lecteurs, et […] il semble presque correspondre à une volonté générale de décrier le talent et de mésestimer le travail du romancier, de dédaigner des œuvres qui n’ont pour les recommander que le génie, l’esprit et le bon goût. » p.37-38 (je m’excuse pour la longueur de celle-ci..)

« Par la force de l’habitude, elle n’était guère dérangée par les remarques et exclamations de Mrs. Allen qui, étant donné le vide de son esprit et son incapacité à penser, ne parlait jamais beaucoup mais ne pouvait jamais non plus rester tout à fait silencieuse. » p.65

« Elle souffrit cependant le mercredi soir d’une insomnie de dix minutes […] » p.80

Et enfin, pour finir, un extrait que je trouve particulièrement bien écrit, et qui m’a fait aimer plus encore le personnage d’Henry Tilney :

« Je dois finir de lire quelques brochures avant de pouvoir aller dormir, dit-il à Catherine, et les affaires de la nation m’occuperont peut-être encore quand vous serez endormie depuis bien longtemps déjà. Pouvons-nous, chacun de notre côté, mieux employer notre temps ? Mes yeux se fatigueront pour le bien d’autrui, et les vôtres, par le sommeil, prépareront les ravages qu’ils feront demain. » p. 204

Autour du livre :

  • Jane Austen est une écrivaine anglaise née le 16 décembre 1775 et décédée le 18 juillet 1817. Elle a d’abord connu le succès avec la parution de « Raison et sentiments » en 1811 (publié de façon anonyme), « Orgueil et préjugés » en 1813, « Mansfield Park » en 1814 et « Emma » en 1816. Deux autres de ses romans, « Northanger Abbey » et « Persuasion« , ont tous deux été publiés de manière posthume en 1818. Elle a commencé en janvier 1817 son dernier roman, qui sera nommé « Sanditon« , mais ne l’a pas achevé.
  • La page Wikipédia qui lui est consacrée est tellement bien faite que je ne peux que vous diriger vers elle pour en savoir plus sur cette superbe auteure.

Cette lecture entre dans le cadre du challenge « Gilmore Girls » organisée par Karine.

2/3

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L’étrange disparition d’Esme Lennox – Maggie O’Farrell

The Vanishing Act of Esme Lennox

Éditeur :  10-18

Collection :  Domaine Étranger

Date de parution originale : 2006

Date de parution française : 2008

231 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

A Édimbourg, un asile ferme ses portes, laissant ses archives et quelques figures oubliées ressurgir à la surface du monde. Parmi ces anonymes se trouve Esme, internée depuis plus de soixante ans et oubliée des siens. Une situation intolérable pour Iris qui découvre avec effroi l’existence de cette grand-tante inconnue. Quelles obscures raisons ont pu plonger la jeune Esme, alors âgée de seize ans, dans les abysses de l’isolement ? Quelle souffrance se cache derrière ce visage rêveur, baigné du souvenir d’une enfance douloureuse ? De l’amitié naissante des deux femmes émergent des secrets inavouables ainsi qu’une interrogation commune : peut-on réellement échapper aux fantômes de son passé ?

Mon avis :

« L’étrange disparition d’Esme Lennox » est un roman que j’ai découvert un peu par hasard, notamment grâce à sa couverture que je trouvais très jolie et captivante. Je l’ai lu il y a quelques mois, à une époque où je lisais peut-être un peu trop de romans traitant de familles et de leurs secrets enfouis (« Le goût des pépins de pomme » de Katharina Hagena, « La pluie, avant qu’elle tombe » de Jonathan Coe…), ce qui explique le léger flou dans lequel je place aujourd’hui ce livre. Je me souviens l’avoir beaucoup apprécié, mais je crois que je confonds beaucoup d’éléments avec le livre de Jonathan Coe. On va donc voir ce que j’arrive à récupérer de mes souvenirs.

Dans ce roman, on suit Iris, une jeune femme indépendante et bien dans sa peau vivant à Édimbourg. Un jour, elle découvre avec surprise qu’elle a une grande-tante , prénommée Esme, ayant vécu toute sa vie dans un hôpital psychiatrique. Rapidement touchée par cette femme dont elle se sent proche, elle va tenter de découvrir les raisons du mystère qui entoure cette femme haute en couleurs : pourquoi n’a-t-elle jamais entendu parler d’elle ? Pourquoi Esme a-t-elle été enfermée dans cet hôpital à l’âge de 16 ans ?

Au début de ma lecture, j’ai parfois été quelque peu décontenancée par les changements de narration, puisqu’on passe de scènes racontées par un narrateur extérieur à l’histoire à des passages reprenant les pensées de certains personnages du roman. Ces derniers passages sont au début assez obscurs à saisir, d’autant plus qu’ils sont racontés par des personnages dont la mémoire s’effrite peu à peu..

Passé cela cependant, on entre rapidement dans le cœur même de la vie d’Esme, et des évènements qui l’ont menée dans cet hôpital. On débute avec son enfance en Inde (les ambiances m’ont d’ailleurs fait penser à la bande dessinée « India dreams » de Maryse et Jean-François Charles), auprès de sa sœur Kitty et de ses parents, jusqu’à l’année fatidique de ses 16 ans. Sa courte enfance puis adolescence voit défiler des évènements pour le moins traumatisants, mais elle vit malheureusement à une époque où l’on ne montre pas ses sentiments, et où la meilleure chose à faire est d’encaisser et de se taire..

Dès le début, j’ai été touchée par le personnage atypique d’Esme. Ses proches ne la comprennent pas, la voyant capricieuse quand elle est d’une sensibilité extrême, irrespectueuse et désobéissante quand elle se montre anticonformiste. A travers ce personnage, on conçoit les difficultés que pouvait éprouver une femme éprise de liberté et d’autonomie, à une époque où la société ne l’y autorisait pas.

J’ai aimé également le lien tendre et teinté de respect mutuel qui se tisse rapidement entre Esme et Iris. Ces deux femmes, qui ont vécu à des décennies d’écart, sont pourtant éprises des mêmes envies de liberté dans leurs choix de vie. La redécouverte du quotidien par Esme, elle qui n’a jamais été libre de ses mouvements durant ces années en hôpital psychiatrique, est particulièrement touchante. C’est avec une joie parfois enfantine qu’elle s’approprie peu à peu la vie dans l’appartement d’Iris.

Ce roman est pour moi un roman fort sur la liberté de vivre, mais qui traite également des notions de jalousie, de pardon et de souvenir. Ce n’est pas un roman extrêmement gai, c’est certain, plutôt un livre émouvant et parfois révoltant, dans lequel on est rapidement happé par la vie trop tôt brisée de cette drôle et touchante Esme Lennox.

 » Toute sa famille […] se résume à présent à cette fille, la seule qui reste. Ils se sont tous réduits à cette brune assise sur le sable, qui ignore que ses mains, ses yeux, sa façon de pencher la tête, le mouvement de ses cheveux sont ceux de la mère d’Esme. Nous ne sommes que des vaisseaux par lesquels circulent des identités, songe Esme : on nous transmet des traits, des gestes, des habitudes, et nous les transmettons à notre tour. Rien ne nous appartient en propre. Nous venons au monde en tant qu’anagrammes de nos ancêtres. » p.119

 » « Pose ton livre, Esme, lui avait dit sa mère. Tu as assez lu pour ce soir. »
Elle en était incapable, car les personnages et le lieu de l’action la captivaient. Soudain, voilà que son père se tenait devant elle, lui arrachait le livre, le fermait sans marquer la page. Ne restait plus alors que la pièce dans laquelle elle se trouvait. « Fais ce que dit ta mère, pour l’amour de Dieu », disait-il.
Elle se redressa, la rage bouillonnant en elle, et, au lieu de demander : « S’il te plaît, rends-moi mon livre », elle lâcha : « Je veux continuer l’école ».
Ce n’était pas prévu. Elle savait que le moment était mal choisi pour aborder ce sujet, que la discussion ne servirait à rien, mais ce désir était aigu en elle, et elle n’avait pas pu s’en empêcher. Les mots avaient jailli de leur cachette. Sans son livre, ses mains se sentaient curieuses et inutiles, et le besoin de continuer l’école s’était exprimé par sa bouche à son insu.
Un silence s’empara de la pièce. La grand-mère regarda son fils, Kitty leva les yeux sur leur mère, puis les baissa sur son ouvrage. […]
« Non, répondit son père.
– S’il te plaît ». Esme se leva, s’étreignant les mains pour les empêcher de trembler. « Mlle Murray dit que je pourrais obtenir une bourse et ensuite, peut-être, tenter l’université et…
– Ça ne servirait à rien, trancha son père en se rasseyant dans son fauteuil. Pas question que mes filles travaillent pour vivre. » « 

Autour du livre :

  • Maggie O’Farrell est une écrivaine britannique née en 1972 en Irlande du Nord. Elle a grandi au Pays de Galles et en Écosse. Après une courte carrière de critique littéraire, elle se consacre totalement à l’écriture à la suite du succès de son premier roman, « Quand tu es parti« , publié en 2000. Elle a publié par la suite « La Maîtresse de mon amant » en 2002, « La distance entre nous » en 2004, qui a reçu le prix Somerset-Maugham, et « Cette main qui a pris la mienne » en 2010.
  • Sur la page Wikipédia consacrée à l’écrivaine, une analyse très intéressante des thèmes récurrents dans ses romans est proposée. On y apprend que ses romans se caractérisent avant tout par une intrigue se déroulant dans des pays anglo-saxons dans lesquels Maggie O’Farrell a vécu, par une pluralité des voix, un mélange du passé et du présent dans la narration, ainsi qu’un sujet souvent centré autour d’une famille, généralement sur plusieurs générations. L’émancipation des femmes, la difficulté des relations fraternelles, la perte des être chers et la sentimentalité extrême des personnages sont également des thèmes fortement développés par l’auteure dans ses œuvres.

Divergent, tome 1 – Veronica Roth

Divergent

Éditeur :  Nathan Jeunesse

Collection : Blast

Date de parution originale : 2011

Date de parution française : 2011

444 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Dans un monde post-apocalyptique, la société est divisée en 5 factions. A 16 ans, Béatrice, issue de la faction des Altruistes, doit choisir sa nouvelle appartenance, pour la vie ! Cas rarissime, ses tests d’évaluation lui donnent le choix : elle est divergente… Elle doit cacher ce secret, susceptible de la mettre en danger de mort…

Mon avis :

« Divergent » est un livre à côté duquel il aurait été difficile de passer en 2011. Mais malgré le matraquage commercial qui a été réalisé autour de ce roman, j’ai décidé de lui laisser une chance, et au final je ne suis pas mécontente de cette découverte !

Dès le début, on est plongé dans cette société régie par une organisation différente et divisée en cinq factions, censées matérialiser les différents caractères existants : les Altruistes, les Sincères, les Érudits, les Fraternels et les Audacieux. Chaque faction occupe un rôle bien défini au sein de la société : les Fraternels soignent et assistent les personnes, les Sincères s’occupent essentiellement de la justice, les Érudits de l’enseignement et de la recherche, les Audacieux de la défense et de la protection de la société, et enfin les Altruistes s’occupent des autres et, du fait de leur incorruptibilité, des services politiques.

Alors que l’on est élevé durant son enfance dans la faction de sa famille, à 16 ans arrive le moment de choisir soi-même sa voie, et de quitter ou non son clan d’origine afin d’intégrer celui qui correspond le mieux à sa personnalité et à ses goûts. S’ajoutent à cela les inévitables rivalités entre les différentes factions, et les tensions qui émergent forcément lorsqu’une personne quitte sa faction pour adhérer à une autre..

Tris, le personnage principal, appartient à la faction des Altruistes, même si elle a du mal à s’adapter aux convenances de celle-ci. L’année de ses 16 ans et du test censé les aider à faire leur choix, elle se rend compte qu’elle est « divergente », c’est-à-dire qu’elle ne rentre dans aucune case et ne correspond théoriquement à aucune faction spécifique… Elle comprend vite que cette information doit être gardée secrète, sans quoi sa vie serait en danger.

Je vous vois déjà avec votre air sceptique, le même que celui que j’ai pris à l’annonce de cette nouvelle.. Durant cette lecture, je n’ai évidemment pas pu m’empêcher de me demander à quelle faction j’aurais pu appartenir, avant de me rendre compte que c’était en fait impossible pour moi d’en choisir une, comme pour beaucoup j’imagine.. Aurions-nous tous été divergents et en danger de mort ??

Comme vous l’avez compris, j’ai trouvé cette notion de divergence (sur laquelle repose quand même une grande partie de l’intrigue…) un peu facile, car pour moi, la moitié au moins des adolescents de cette société aurait du l’être. Comment se contenter d’être rangé dans des cases aussi fermées à cet âge-là (à cet âge-là ou à n’importe quel autre d’ailleurs..) ? Comment choisir de quitter la seule faction que l’on ait jamais connue, dans le but de rejoindre un groupe d’inconnus (les membres des différentes factions ne se mélangeant pas du tout) ?

Cette séparation en 5 factions me semblait donc peu crédible, d’autant plus qu’à cela s’ajoutent les clichés associés à chacun de ces clans : les Audacieux sont courageux, donc ont une grande gueule, des piercings et des tatouages ; les Érudits sont des rats de bibliothèque pète-secs et incapables de ne pas étaler leurs connaissances ; au contraire les Altruistes sont tellement… altruistes, qu’ils s’écrasent devant les autres et font toujours passer les besoins des autres avant les leurs. Cela m’a un peu gênée car ce n’est pas forcément l’image que je me fais de l’audace, de l’érudition ou de l’altruisme… A ce moment de l’intrigue, je trouvais donc le concept de cette société assez peu crédible, et je restais sceptique sur la capacité de l’auteure à me convaincre du contraire. Au final, disons qu’elle ne s’en sort pas trop mal, notamment grâce au personnage de Quatre qui apporte des réflexions intéressantes sur l’altruisme et le courage, mais également sur les choix qu’il a été amené à faire.

Je pense aussi que le fait d’être happée dans l’intrigue de ce roman m’a parfois fait oublier de me pencher sur la crédibilité du tout.. Et oui, car faible que je suis, j’ai finalement beaucoup aimé suivre l’apprentissage de Tris et les nombreuses épreuves qu’elle est amenée à affronter. Je me suis surprise à trouver séduisante la faction dans laquelle elle entre brusquement, même si je ne partage absolument pas les principes sur lesquels elle repose (trop de violence, d’injustice, de faux courage et de bluff..). Les personnes qu’elle y rencontre sont souvent mystérieuses et imprévisibles, en particulier Quatre (oui le prénom est étrange..), qui est de loin mon personnage préféré dans ce début de série. Dommage que j’aie moins accroché au personnage de Tris, souvent épuisante et très longue à la détente (ah ! si on pouvait entrer dans l’esprit des personnages et leur expliquer tout ce qu’on a compris 3 chapitres avant qu’ils ne le comprennent par eux-mêmes..), même si elle s’améliore largement sur la deuxième partie du livre, quand elle se met à réfléchir un peu plus.. La relation qui se noue peu à peu entre ces deux personnages est sans doute l’un des aspects qui m’a le plus plu dans ma lecture, car j’ai eu du mal à cerner le personnage de Quatre et l’auteure est réellement parvenue à me surprendre !

J’aurais aimé que les autres membres de la famille de Tris soient plus présents et plus travaillés, notamment sa mère, mais en même temps cela s’accorde bien avec le détachement de Tris de sa fratrie d’origine.. De même, j’aurais souhaité mieux comprendre le fonctionnement des autres factions que l’on connaît moins, mais j’imagine que les prochains tomes seront l’occasion de les découvrir. Enfin, j’aurais vraiment apprécié d’en savoir plus sur l’histoire de cette société, et sur les raisons qui ont poussé ses habitants à s’organiser de cette manière, sous forme de factions. Il y avait vraiment matière à développer selon moi, mais là encore j’imagine et j’espère que cela sera présent dans les prochains tomes.

Au final, « Divergent » est un premier tome qui se défend très bien, et qui donne envie d’en savoir davantage sur Tris et la société dans laquelle elle évolue. Les réflexions autour des notions de courage, des choix que l’on peut être amenés à faire dans sa vie, et du sentiment d’appartenance que l’on peut avoir par rapport à son milieu d’origine, sont également des points que j’ai trouvés intéressant, même si pas suffisamment développés à mon goût. Je lirai sûrement le deuxième tome, qui sort en mai prochain en langue anglaise (je pense par contre que j’attendrai la sortie française).

Autour du livre :

  • Veronica Roth est une écrivaine américaine née en 1988 près de Chicago. « Divergent » est son premier roman.
  • Le second tome de cette série, « Insurgent« , sera disponible en langue anglaise en mai 2012. Vous pouvez cependant le réserver sur cette page. Un troisième tome est également prévu, qui devrait sortir en 2013.
  • Les droits du livre ont été vendus à Summit Entertainment (distributeur notamment des films « Twilight« ..) et un scénario en a été écrit, un film devrait donc voir le jour dans un avenir proche..

Cette lecture entre dans le cadre du Baby Challenge Jeunesse organisé par Livraddict.

6/20

Hunger Games, tome 3 : La Révolte – Suzanne Collins

Mockingjay

Éditeur : Pocket Jeunesse

Date de parution originale : 2010

Date de parution française : 2011

417 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Mes avis sur le tome 1 et le tome 2.

4ème de couverture :

Je m’appelle Katniss Everdeen.
Je devrais être morte.
Maintenant je vais mener la révolte.

Contre toute attente, Katniss a survécu une seconde fois aux Hunger Games. Mais le Capitole crie vengeance. Katniss doit payer les humiliations qu’elle lui a fait subir. Et le président Snow a été très clair : Katniss n’est pas la seule à risquer sa vie. Sa famille, ses amis et tous les anciens habitants du district Douze sont visés par la colère sanglante du pouvoir. Pour sauver les siens, Katniss doit redevenir le geai moqueur, le symbole de la rébellion. Quel que soit le prix à payer.

Mon avis (à ne pas lire si vous n’avez pas lu les tomes précédents ! ) :

Ah, enfin j’ai pu avoir ce tome 3 entre les mains ! C’est donc une nouvelle série qui s’achève avec cet ultime roman intitulé « La révolte« … Suite à son sauvetage in extremis par les Rebelles au cours des derniers Hunger Games, on retrouve Katniss en compagnie de sa famille, de Gale, de Haymitch et de Finnick au sein du District 13, centre stratégique de la lutte contre le Capitole. Le District 12 a été détruit et Peeta, n’ayant pu être récupéré par les Rebelles, est maintenant aux mains des ennemis…

L’ambiance dans la première partie de ce 3ème tome est légèrement oppressante : Katniss passe ses journées dans les bâtiments enterrés du District 13, sans quasiment jamais voir le jour, alternant entre réunions obscures des rebelles, au sein desquelles elle n’a pas toujours son mot à dire, et repas sans saveur au réfectoire du district (chez eux, tout est cultivé sous terre…). Katniss ne sait pas ce qu’est devenu Peeta, et ne pardonne pas aux rebelles d’avoir pu l’abandonner dans l’arène.

Les évènements se débrident un peu lorsque Katniss accepte de tenir son rôle de « geai moqueur », symbole de la lutte contre le pouvoir du Capitole, et seul moyen selon les rebelles de fédérer les derniers districts à leur cause. S’en suivent quelques scènes parfois traitées de manière comique par l’auteure, au cours desquelles Katniss doit notamment faire semblant de se battre, suivie de près par des cameramen chargés d’immortaliser l’évènement. J’ai beaucoup aimé la pointe d’humour qui perçait dans certaines de ces scènes, Katniss appelant ces deux cameramen les « hommes-insectes », tant ils sont empêtrés dans leur équipement…

C’est d’ailleurs un point qui m’a beaucoup frappée dans ce 3ème tome, plus encore que dans les deux premiers : l’importance de l’image, le marketing de guerre mis en place de part et d’autre par les deux ennemis. Le Capitole avait ses Hunger Games, horrible et grossière émission de télé-réalité au cours de laquelle des enfants s’entretuaient, les Rebelles ont leurs spots publicitaires avec pour mascotte Katniss en geai moqueur : Katniss qui se bat dans un District en ruines, Katniss qui rend visite à des enfants, Katniss face à la caméra qui menace directement le Président Snow… Malgré leurs oppositions sur le fond, les deux parties utilisent finalement une stratégie similaire.

Katniss accepte d’endosser ce rôle un peu à contre cœur, car c’est la seule manière pour elle d’assurer l’immunité à Peeta, maintenant considéré comme un traître par les rebelles, et surtout la seule solution pour qu’on lui accorde le droit de détruire elle-même l’objet de sa haine au parfum de roses blanches…

Ce tome m’a semblé présenter beaucoup plus d’action que les deux autres. On n’est plus dans les « jeux » du Capitole mais dans une guerre réelle, au sein de laquelle Katniss semble souvent perdue. Elle a parfois du mal à comprendre les motivations des deux camps, que ce soit le Capitole ou les Rebelles. Elle devient encore une fois un pion, cette fois aux mains des Rebelles, avec lesquels elle doit parfois accepter des compromis.

J’ai aimé la relation nouvelle qui se lie dans ce tome entre Finnick et Katniss. Déjà dans le tome 2 on pressentait un personnage au-delà de ce qu’il paraissait au premier abord. Cela se confirme dans le tome 3. Gale est là lui aussi, totalement engagé à la cause des Rebelles, s’éloignant dans ce sens de Katniss pour qui le seul ennemi semble plutôt être le Président Snow. Elle est moins intransigeante envers les habitants du Capitole, qui selon elle sont juste stupides et doivent leur comportement à leur éducation. Elle est en cela quelque peu influencée par les personnes avec qui elle a pu sympathiser lors de ses premiers Hunger Games (son équipe de préparation, les domestiques du Capitole, et surtout Cinna).

La relation entre Katniss et Prim s’étoffe également dans ce tome, ce dernier personnage prenant un peu d’ampleur, même si j’aurais apprécié que cela soit plus développé. Le rôle de Peeta est crucial dans ce tome, et j’ai beaucoup aimé toutes les scènes dans lesquelles il est présent. C’est vraiment l’un des personnages les plus intéressants de cette série selon moi, et celui auquel je me suis le plus attachée dans ce tome, contrairement aux précédents.

Les pointes d’humour présentes dans ce tome m’ont surprise mais m’ont beaucoup plu. Elles sont souvent liées à l’image médiatique portée par Katniss. Les scènes avec les cameramen, Cobbs qui protège Katniss jusqu’au bout sans que celle-ci en soit toujours consciente, Plutarch et sa vision télévisuelle de la guerre, le fait que leur « guerre » semble au début un peu ridicule puisque les personnages se plaignent souvent de s’ennuyer…

On évolue petit à petit vers la résolution finale de cette série, et je dois dire que je suis tout à fait satisfaite du résultat. Les dernières pages sont surprenantes, audacieuses même parfois, et se lisent évidemment beaucoup trop rapidement… Quand j’ai refermé ce dernier tome, je me suis dit que cela ne pouvait finalement finir que de cette manière… Une série dont la fin n’a pas été bâclée selon moi donc…

Si je devais citer les points qui m’ont un peu déçue dans cette série, c’est sans doute que j’aurais préféré que l’auteure accorde plus d’importance à l’histoire de certains personnages, de même qu’à la genèse de Panem. Certains personnages comme Rue, Cinna, Gale, Finnick ou même Johanna, sont vraiment des personnages intéressants, et j’aurais aimé en connaître plus sur leur histoire. Pourquoi Cinna a-t-il ce comportement si protecteur envers Katniss alors qu’il est du Capitole ? Comment la conscience des habitants du Capitole devenus des Rebelles s’est-elle développée ? Comment Panem est-il devenu Panem ?J’aurais également aimé que le point de vue de Peeta soit plus développé dans ce 3ème tome.

Je pense donc qu’il aurait été intéressant de consacrer plus de pages à ces personnages, quitte à diminuer la partie relative à la guerre et aux moments pendants lesquels tout le monde s’ennuie (je parle des personnages, pas du lecteur !)… Mais en même temps, comme le parti pris de l’auteur est de suivre Katniss et seulement elle, il aurait peut-être été difficile de mettre en avant toutes ces informations.

« Hunger Games » est au final une série que je conseille vraiment au plus grand monde, même si on en fait actuellement tout un foin et que ça pourrait en énerver certains !

Autour du livre :

  • Pour les infos concernant l’auteure de cette série et l’adaptation qui sortira le 21 mars 2012, je vous renvoie vers mon article sur le tome 1, dans lequel j’en avais parlé. J’ai vraiment hâte de voir ce film, et surtout de voir comment les acteurs parviendront à incarner ces superbes personnages (en particulier Jennifer Lawrence en Katniss, Donald Sutherland en Président Snow et Lenny Kravitz en Cinna)
  • En feuilletant un peu sur le net, je suis tombée plusieurs fois sur des recettes de cuisine inspirées de la série (et oui le marketing autour des livres va très loin…). Cela dit, je trouve l’idée amusante et je vous mets donc le lien vers un site sur lequel sont répertoriées quelques-unes de ces recettes (notamment la « Soupe au goût de printemps du Capitole » (j’ai oublié le nom qui lui est donné dans le tome 1)), ainsi que de nombreuses informations sur l’adaptation cinématographique de la série.
  • Un autre lien, en passant, vers ce site, Fictional Food, qui répertorie des recettes ou des idées concernant les plats croisés dans certains romans, séries ou films. On y retrouve notamment le fameux ragoût d’agneau de Katniss et les pains aux noix et aux raisins de Peeta dans « Hunger Games » ou encore le toast à l’œuf de « V pour Vendetta« …
  • Enfin, pour ceux qui sont parfois perdus dans le nom des personnages de cette série, je vous conseille cette « encyclopédie » consacrée à la série, qui m’a souvent aidée durant ma lecture pour associer leurs noms aux personnages.
  • Vous pouvez aussi aller lire les avis des personnes suivantes sur ce livre : Sita, Frankie, Lasardine, Shanaa, Radicale, Matilda, Livr0ns-n0us, Marmotte, Elise, Kelith, Bykiss

Autres petits papiers :

     

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Hunger Games, tome 1 – Suzanne Collins

The Hunger Games

Éditeur : Pocket Jeunesse

Date de parution originale : 2008

Date de parution française : 2009

379 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Mes avis sur le tome 2 et le tome 3

4ème de couverture :

Dans un futur sombre, sur les ruines des Etats-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur. Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l’arène : survivre, à tout prix.

Quand sa petite sœur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n’hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. A seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature.

Mon avis :

Je l’avoue, quand j’ai lu pour la première fois le résumé de cette série, j’ai tout de suite pensé à une pâle copie de « Battle Royale », livre japonais adapté en film en 2000, et dont le synopsis est globalement le même que dans la série de Suzanne Collins :

« Dans un Japon futuriste, les adultes redoutent les adolescents japonais, enclins à la violence et à la désobéissance. D’où le vote de la loi Battle Royale. Le principe de ce « jeu » […] : une classe de troisième, tirée au sort, est envoyée chaque année […] dans un lieu isolé (une île), sur lequel les élèves doivent s’entretuer […]. Il ne doit rester qu’un survivant – faute de quoi les colliers dont sont munis les joueurs explosent -, qui pourra rentrer chez lui à l’issue du jeu. » (Source Wikipedia)

Mais bizarrement, mis à part ces points de départ très proches, j’ai été totalement happée par ce roman et la comparaison s’est arrêtée là (notamment parce que, contrairement au film « Battle Royale », ce roman n’est pas franchement violent, malgré ce que pourrait faire croire le concept des « jeux de la faim »).

Dès le début du récit, j’ai été intriguée par l’organisation du monde dans lequel vit Katniss. Panem, sorte d’États-Unis post-apocalyptique, est un territoire composé de douze districts (le treizième ayant été détruit suite à une révolte qui est à l’origine même des jeux), chacun de ces districts étant spécialisé dans un secteur de l’industrie ou de l’agriculture. C’est dans le douzième que vivent Katniss, sa mère et sa petite sœur, Prim. Tous les ans donc, Le Capitole (le gouvernement de Panem) organise les « Hunger Games », sortes de jeux de cirque antiques au sein desquels 24 jeunes de 12 à 18 ans doivent s’entretuer, le dernier étant déclaré vainqueur.

Dès le début du roman, on découvre le personnage de Katniss, qui a pris sur elle de nourrir sa mère et sa sœur depuis la mort de son père il y a quelques années. Dès ces premières pages, j’ai été touchée par ce personnage de jeune fille courageuse, fière, indépendante et folle d’amour pour sa petite sœur, pour laquelle elle est prête à prendre tous les risques. J’ai beaucoup apprécié les quelques passages traitant de sa relation avec celle-ci, de même que les liens difficiles qui la relient à sa mère (j’espérais d’ailleurs que ceux-ci seraient plus développés…). Les scènes de braconnage dans la forêt avec son ami Gale m’ont également beaucoup plu (malgré le peu de pages consacrées à ce personnage, je suis fan de lui…).

Au fur et à mesure du récit et des « Hunger Games » en eux-mêmes, on découvre une à une les règles qui sont de mise au sein des jeux. J’ai aimé cette découverte progressive des lois édictées pour le plaisir des téléspectateurs du Capitole. On est totalement dans le même esprit que les jeux de cirque de l’époque romaine, au sein desquels les joueurs ne sont finalement que des pions dont la survie dépend en grande partie de sponsors extérieurs.

Vous l’avez sans doute remarqué, j’ai été vraiment très surprise et conquise par ce premier tome. Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi « stratégique », je pensais avoir droit à plus de violence au sein des jeux, et je suis finalement bien contente qu’il n’y en ait que très peu (mais peut-être que certains l’ont trouvé violent, je ne sais pas…). J’ai également été surprise de la faible place que représentent finalement les jeux par rapport au reste du récit. Les semaines d’entraînement précédant le jeu sont notamment réussies et permettent d’aligner au fil du roman trois environnements totalement différents : le District 12, le Capitole et l’arène des « Hunger Games ».

Je pense que mon plaisir à lire ce livre est en grande partie lié à son personnage principal, Katniss, auquel je me suis beaucoup attachée. J’ai moins adhéré au personnage de Peeta, qui m’a énervée tout au long du roman… J’ai également apprécié tout le côté loufoque des coulisses des jeux, notamment l’équipe de stylistes, maquilleurs et esthéticiennes engagée pour préparer les joueurs et les aider à obtenir des sponsors en séduisant les spectateurs. « Hunger Games » est donc un roman que je conseille à tout le monde, et dont je lirai sans doute prochainement les suites : « L’embrasement » et « La révolte« .

Autour du livre :

  • Suzanne Collins est une écrivaine américaine née en 1962. Avant de publier la série « Hunger Games », elle écrivait essentiellement des scénarios de programmes jeunesse pour la télévision.
  • Elle a également publié d’autres romans destinés à la jeunesse : la série « The Underland Chronicles » (composé de 5 tomes), « Fire Proof Shelby Woo #11« , « When Charlie McButton Lost Power » et « When Charlie McButton Gained Power ».

Edit du 5/12/11 :

« Hunger Games » de Gary Ross – Source : Allociné

Une adaptation de la série par Gary Ross a été lancée, elle devrait sortir le 21 mars 2012. Je suis ravie de retrouver dans le rôle de Katniss l’actrice Jennifer Lawrence, que j’avais adorée dans le film « Winter’s bone » de Debra Granik. Elle y jouait le rôle d’une jeune fille lancée à la poursuite de son père disparu sans laisser de traces, afin de ne pas perdre la maison familiale que celui-ci a utilisé comme caution. Ce rôle de jeune fille courageuse prête à tout pour sauver ses frère et sœur est finalement très proche de celui de Katniss, même si « Winter’s bone » demeure quand même un film beaucoup plus sombre. Le film est d’ailleurs une adaptation du roman « Un hiver de glace » (« Winter’s bone » en anglais) de Daniel Woodrell.

« Winter’s bone » de Debra Granik – Source : Allociné

Je me rends également compte que l’actrice jouait dans « Le complexe du castor » de Jodie Foster, film que j’avais beaucoup apprécié à sa sortie. Elle y joue le rôle de Norah, amie du fils aîné du couple principal (joué lui par Mel Gibson et Jodie Foster).

Pour revenir à l’adaptation de « Hunger Games« , les autres personnages seront interprétés par les acteurs Josh Hutcherson (Peeta), Liam Hemsworth (Gale), Woody Harrelson (Haymitch), Lenny Kravitz (Cinna), Donald Sutherland (Président Snow) et bien d’autres…

« Hunger Games » – Source : Allociné

Autres petits papiers :

           

Le chaos en marche, tome 1 : La voix du couteau – Patrick Ness

The Chaos Walking Trilogy 1 : The Knife of Never Letting Go

Editeur : Gallimard Jeunesse

Collection : Pôle Fiction

Date de parution originale : 2008

Date de parution française : 2009

528 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

C’est l’année de ses 13 ans et Todd va devenir un homme. Il est le dernier garçon de Nouveau Monde, uniquement peuplé d’hommes, où chacun peut entendre la pensée des autres : c’est le Bruit, incessant, obsédant. Un jour, Todd découvre un lieu où le Bruit se tait…

Mon avis :

J’ai d’abord été attirée par « La voix du couteau » parce qu’il faisait partie de la collection Pôle Fiction de Gallimard Jeunesse, en laquelle j’ai énormément confiance. L’insistance de Soundandfury n’a fait que me conforter dans mon choix…

A la lecture du résumé, je m’attendais à un roman d’anticipation dans le genre du livre « Les fils de l’homme » de P.D. James (un monde dans lequel la population est devenue stérile et se dépeuple petit à petit…). Le héros, Todd, est le plus jeune garçon de son village, Prentissville, et sera dans quelques semaines le dernier à devenir un homme. Je me suis rapidement attachée au personnage de Todd, même si le langage parlé qu’il utilise dans le récit m’a quelque peu perturbée au début. Finalement, on comprend vite pourquoi il parle de cette manière et on s’habitue alors à son orthographe approximatif, qui donne même du charme à son récit (si si, à un certain moment, c’est agréable !)…

« […] le marais c’est le seul endroit près de Prentissville où on peut s’isoler un minimum de tout le Bruit que les hommes répandent hors d’eux-mêmes, de toute cette clameur, tout ce raffut qui se calme jamais, même quand ils dorment, les hommes et leurs pensées qu’ils savent même pas qu’ils pensent, même quand tout le monde les entend. Les hommes et leur Bruit. Je sais pas comment ils font, comment ils le supportent et se supportent. » p.15

Je me suis aussi beaucoup attachée à son chien, Manchee, avec lequel il communique également à travers son Bruit. Et oui, car dans le monde de Todd, les animaux sont également sujets à cette particularité… Je trouve d’ailleurs que tous les passages dans lesquels se trouve un animal désamorcent un peu le suspense et constituent en quelque sorte des pauses dans le récit (particulièrement les moutons dont le Bruit n’est fait que de « Moutons ! » divers et variés, les écureuils qui piaillent en boucle « Viens », « Toupie » et « Chope », et surtout les vaches géantes appelées les « choses », dont le bruit est une sorte de chant réconfortant, rappelant la mer…).

« C’est comme le chant d’une famille où tout est toujours bien, c’est un chant d’appartenir qui vous fait appartenir rien qu’en l’entendant, c’est un chant qui prendra toujours soin de vous et qui jamais vous quittera. Si vous avez un cœur, ça le brise, si vous avez le cœur brisé, ça le répare » p.273

Dès le début, on tente de comprendre à travers les quelques explications de Todd les habitudes et modes de vie de son village et de ses habitants, ainsi que le virus qui en a un jour décimé toutes les femmes… Cette première incursion dans la vie de Prentissville est en partie dérangeant, tant les Bruits filtrant continuellement des esprits de ses habitants rendent l’atmosphère brouillonne et étouffante. Ce climat semble d’ailleurs se répercuter sur l’état d’esprit de Todd, qui a toujours l’air passablement énervé et sur le qui-vive…  A la suite de sa découverte dans les marais, l’action se met rapidement et violemment en route. Todd doit laisser de côté tout ce qu’il a toujours connu, sans réellement savoir pourquoi, et en évitant de trop y penser de peur d’attirer l’attention à travers son Bruit.

« – Pourquoi tu me le dis pas, tout simplement ?
– Parce que la connaissance est dangereuse […], et quand je regarde dans son Bruit voir ce qu’il cache, ça rugit et ça m’envoie comme une gifle. » p.66

Car c’est là toute la particularité de ce roman : le Bruit. Imaginez un monde où toutes vos pensées peuvent être entendues… Imaginez l’impact que cela puisse avoir sur l’organisation d’une société… Doit-on n’avoir de secret pour personne, puisque de toute manière ce secret transparaîtra dans notre Bruit ? Doit-on vivre en ermite, loin du Bruit de ses semblables ? Comment construire une relation avec quelqu’un, lorsqu’il est conscient de la moindre de nos pensées ?

Je préfère ne pas aller plus loin, par peur de dévoiler plus encore l’intrigue de ce roman. D’autant plus que sur les 528 pages que compte ce livre, il ne faut pas en lire plus de 50 pour voir apparaître les premiers rebondissements…

Comme vous l’aurez compris, j’ai donc beaucoup apprécié la lecture de ce roman, dont l’intrigue m’a tenu en haleine jusqu’à la fin. J’ai beaucoup aimé la relation qui se noue petit à petit entre Todd et V., régulièrement perturbée par le Bruit du premier.

Pour un roman jeunesse, j’ai trouvé ce premier tome particulièrement travaillé… Il mène à des réflexions assez dures et perturbantes, sur le rôle de la femme dans la société ou encore la façon dont une société s’accommode de ses contraintes (ici, le Bruit qui arrive d’un seul coup). Je me demande d’ailleurs s’il devrait être classé dans la littérature jeunesse.

J’ai quand même parfois trouvé ma lecture assez longue, et je me demande si l’auteur n’aurait pas pu raccourcir certains passages. Malgré cela, j’ai été facilement emportée dans cette intrigue, et j’ai déjà hâte de me plonger dans le tome 2, intitulé « Le Cercle et la Flèche » (« The Ask and the Answer » en VO).

Autour du livre :

  • La série « Le Chaos en Marche » est composé de trois tomes : « La Voix du Couteau », « Le Cercle et la Flèche » et « La Guerre du Bruit », sortis entre 2008 et 2010. Le premier a gagné le « Booktrust Teenage Prize » en 2008. La liste des nominés à ce prix, qui a également été décerné à Neil Gaiman pour « L’étrange vie de Nobody Owens » et à Mark Haddon pour « Le bizarre incident du chien pendant la nuit », regorge d’ailleurs d’idées en littérature jeunesse. Il a également été récompensé par le « Guardian Award » et le « Prix James Tiptree Jr », qui récompense « des ouvrages de science-fiction ou de fantasy qui développent ou explorent notre compréhension de la sexuation » (voir cette page pour plus d’explications sur ce prix).
  • Patrick Ness est un écrivain et journaliste américano-britannique né en 1971, qui vit actuellement à Londres. En plus de la série « Le Chaos en Marche », il a également écrit « The Crash of Hennington » en 2003, « Topics About Which I Know Nothing » en 2005, ainsi que le roman jeunesse « A Monster Calls » en 2011.

Pour aller plus loin, vous pouvez également aller voir les avis de Soundandfury et de Radicale.

La malédiction du cloporte – Christine Coustau & Olivier Hertel

Éditeur : Points

Collection : Série Sciences

Date de parution originale : 2008

187 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Pourquoi des bactéries changent-elle le sexe des cloportes ? Pourquoi ne faut-il jamais tuer les rats lors d’une épidémie de peste ? Pourquoi le paludisme a-t-il résisté jusqu’ici à toutes les méthodes de lutte ? Le parasitisme est un phénomène aussi vieux que l’évolution. Entre des hôtes multipliant les tactiques de défense et des parasites redoublant d’innovations jusqu’à changer d’identité génétique pour contourner ces défenses, la bataille n’est pas près de s’arrêter. Aucune espèce n’échappe au monde des parasites, pique-assiettes et autres profiteurs. Ils sont partout et prennent toutes les formes : vers, virus, bactéries, microbes, mollusques, crustacés, insectes et même oiseaux. Et chacun a ses petites ruses. Celui-ci jette ses hôtes dans la gueule de prédateurs pour mieux les coloniser, celui-là les bourre de toxines assassines quand tel autre s’occupe de régler tous les détails de leur vie sexuelle. De petites histoires savoureuses, où parasites et parasités s’affrontent clans une lutte dont l’enjeu est simple : survivre.

Mon avis :

Je suis tombée sur ce livre par hasard, car j’aime bien parfois traîner au rayon « Sciences » des librairies, où les livres de vulgarisation scientifique notamment me permettent de me remettre dans les domaines scientifiques que j’étudiais au lycée ou au début des mes études.

Comme vous l’avez donc compris, ce livre traite de toutes les formes de parasitisme possibles, qui sont  bien plus présentes sur la planète que je ne l’aurais cru. Ainsi, des milliers voire des millions de bactéries, de microbes, de virus, d’insectes, d’invertébrés, de poissons et d’oiseaux utilisent chaque jour ce système afin de survivre et d’assurer leur descendance. Ce qui est intéressant, c’est également de constater que parfois le parasitisme mène à la mort de l’espèce parasitée, mais que dans d’autres cas le parasite et la parasité cohabitent très bien ensemble, dans une sorte de relation donnant-donnant.

Puisqu’à mon humble avis, l’unique manière de convaincre quelqu’un de lire un tel livre est de susciter sa curiosité, voici pour vous les quelques exemples qui m’ont le plus intéressée :

  • Le coucou est une espèce d’oiseau qui a choisi le parasitisme pour survivre. Pas très motivée à élever seule ses rejetons, la femelle coucou a trouvé une méthode imparable pour contrer ce problème : leur trouver des parents adoptifs, sans que ceux-ci s’en rendent compte, qui plus est. En effet, les femelles de cette espèce pondent leur œuf dans le nid d’une autre espèce, qui ne se doute a priori de rien. Lorsque l’oisillon naît, il va alors jeter par-dessus bord les autres œufs non éclos du nid (ceux du couple d’oiseaux parasité donc), devenant l’unique oiseau de la couvée. Il sera ainsi élevé par ses parents adoptifs, pendant que sa mère biologique continuera de parasiter d’autres nids.
  • La douve du foie, Dicrocoelium dentriticum de son petit nom, est un ver qui est contraint pour survivre de suivre un cycle assez complexe, puisqu’il doit passer successivement dans le corps d’un escargot, d’une fourmi et d’un mouton. Les choses se compliquent lors du passage de la fourmi au mouton, car celui-ci est végétarien et la fourmi ne fait pas partie de son régime alimentaire. Le Dicrocoelium dentriticum va donc prendre le contrôle du cerveau de la fourmi et ainsi la forcer à se faire manger par le mouton. L’insecte « manipulé »  s’installe donc au sommet d’un brin d’herbe, et persiste dans son attitude suicidaire jusqu’à ce qu’un mouton passe par là et le mange par mégarde. Le parasite se retrouve ainsi dans le corps du mouton, où il pourra enfin de reproduire et perpétuer son espèce.
  • Le Botox, produit connu notamment pour permettre à certaines personnes d’avoir un visage figé (mais sans rides) pendant quelques semaines, est désigné dans le monde des parasites sous le terme d’acide botulinique, qui n’est rien de moins que le poison le plus violent pour l’espèce humaine. Il est synthétisé par la bactérie Clostridium botulinum, qui est l’agent responsable du botulisme, maladie grave menant à la paralysie et qui a fait des ravages en Europe entre le 18ème et le 19ème siècle. Lorsque des médecins utilisent du Botox afin d’estomper les rides de leurs patient(e)s, ils n’injectent le produit paralysant que dans les muscles responsables de la formation des rides, qui sont donc bloqués. S’ils visent mal, le Botox pourra être injecté par erreur dans un muscle proche, ce qui pourra provoquer un affaissement de la paupière par exemple. Rassurez-vous, l’effet s’estompe heureusement en quelques semaines…
  • Le lapin, espèce aujourd’hui bien connue de nos régions, était jusqu’en 1859 absent des terres australiennes. Mais c’était sans compter sur le colon britannique Thomas Austin, qui libère un jour 24 lapins dans sa propriété, afin de s’entraîner au tir. Au bout de dix ans, les lapins se sont reproduits et répandus dans le pays, atteignant une population de 10 milliards d’individus en 1926. Même en éliminant 80% de la population à coups de pièges et de tirs au lapin, les 20% restants parviennent toujours à se reproduire et à reconstituer leur communauté. C’est alors que les spécialistes s’intéressent au virus de la myxomatose afin d’éradiquer le mammifère. Après quelques décennies durant lesquelles les Australiens préfèrent bien étudier le problème afin d’éviter une épidémie dangereuse au sein de l’île, le virus  s’échappe accidentellement en 1951, tuant 99,8% de la population de lapins de l’île. Ce qui aurait pu être une bonne nouvelle révèle uniquement les limites et les dangers des parasites, puisque les 0,2% des lapins restants, les plus résistants au virus donc, parviennent à se multiplier et à transmettre peu à peu leur immunité face au virus à leurs descendants. Au final, au cours d’une troisième épidémie, seulement 30 à 40% de la population de lapins sera décimée…

Si ces quelques exemples vous ont intéressés, sachez que ce court livre regorge d’autres anecdotes plus intéressantes les unes que les autres sur d’autres formes de parasitisme. Celles-ci vont des plus graves en termes de santé publique, comme l’anthrax, le paludisme (maladie causée par un parasite transmis à l’homme par l’anophèle, une espèce de moustique, et qui tue chaque année entre 1 et 3 millions de personnes dans le monde), la mouche tsé-tsé, les salmonelles ou encore les tiques, à celles présentes dans la nature comme la Wolbachia, qui parasite coccinelles et  cloportes ou encore la sacculine, crustacé parasite qui castre et féminise son hôte afin d’assurer sa survie…

Ce livre propose également en introduction une réflexion sur la vulgarisation scientifique et le langage technique ou non qu’elle nécessite. Ainsi, parler comme je l’ai fait parfois dans cet article d’un virus qui choisit, décide ou pense gêne parfois les spécialistes, puisqu’on ne considère pas actuellement que ces espèces soient conscientes de ce qu’elles font, mais plutôt que leur comportement résulte de leur évolution…

J’ai trouvé ce livre très intéressant, car il est accessible et qu’il propose souvent une approche historique  du sujet à l’origine plutôt technique, notamment lorsqu’il mentionne les différentes épidémies qui ont touché les hommes au cours du temps. D’autre part, même si de nombreux sujets graves comme les pandémies sont étudiés, les autres formes de parasitisme sont plutôt traitées sur le ton de l’humour, ce qui rend la lecture plus facile et agréable. « La malédiction du cloporte » est donc un livre que je conseille aux personnes curieuses, intéressées ou non par le sujet, et qui souhaiteraient agrémenter leurs discussions dans les repas de famille de quelques anecdotes intéressantes…