Passeuse de rêves – Lois Lowry

Gossamer

Éditeur :  École des Loisirs

Collection : Medium

Date de parution originale : 2006

Date de parution française : 2010

164 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

Fiche École des Loisirs

4ème de couverture :

Petite est toute nouvelle, mais elle est très douée. Quand elle effleure de ses doigts translucides le bouton d’un pull, elle capte l’histoire de ce bouton : un pique-nique sur une colline, une nuit d’hiver au coin du feu, et même la fois où on lui a renversé dessus un peu de thé…

Bientôt, Petite sera capable de combiner ces fragments d’histoires avec d’autres souvenirs collectés à partir d’une photo, d’une assiette ou d’un tapis afin d’en faire des rêves très doux pour les humains. Chaque nuit, elle s’entraîne à devenir passeuse de rêves dans la maison où vivent une vieille femme et son chien.

Mais la formation s’accélère brutalement lorsque la vieille femme se voit confier par les services sociaux un jeune garçon. Il s’appelle John et il est très en colère. Une colère si profonde que les Saboteurs, maîtres des cauchemars, risquent de le repérer. Petite sera-t-elle suffisamment forte pour leur résister?

Mon avis :

Lois Lowry est une auteure en qui j’ai confiance depuis mon adolescence, lorsque j’avais découvert son superbe livre « Le passeur » (j’espère d’ailleurs pouvoir en parler ici un de ces jours). Encore une fois, je n’ai pas été déçue avec ce court roman de l’auteure.

Nous suivons donc l’apprentissage de Petite, qui aspire à devenir un jour comme ses pairs une « Passeuse de Rêves ». Ces minuscules êtres, qui vivent dans les murs de nos maisons, ont en effet pour mission de récolter au sein de nos foyers des souvenirs, qu’ils combinent ensuite du mieux qu’ils peuvent afin de nous les envoyer sous forme de rêves…

Accompagnée de son professeur Vieux et Mince, elle va donc apprendre à collecter les souvenirs d’une personne auprès des objets qui composent sa maison. Apprendre à combiner ces fragments pour en faire des rêves qui font du bien et rendent plus forts. Apprendre également l’importance de sa mission, et le rôle qu’elle tient petit à petit dans la vie des humains dont elle s’occupe. Apprendre à lutter contre les Hordes de Saboteurs, qui viennent insuffler des cauchemars aux hommes et détruisent en une nuit son travail d’une semaine.

J’ai beaucoup aimé l’explication de l’origine des rêves qui est donnée ici par Lois Lowry. Ces petits Passeurs de Rêves qui passent la nuit dans nos maisons à récolter des parts de nous sur les objets que nous avons touchés. La façon de combiner ces fragments pour en faire un rêve le plus agréable possible. Je trouve l’imagination de Lois Lowry vraiment débordante et poétique…

Le lien inconscient qui se tisse petit à petit entre John et la Passeuse de Rêves est touchant, j’aurais presque aimé qu’il aille plus loin. John, qui a connu plus de moments tristes qu’heureux dans sa vie, représente un exercice difficile pour Petite, qui doit puiser dans son énergie pour assembler ces quelques instants en un rêve réconfortant. J’ai également beaucoup aimé le personnage de la vieille dame, dont la vie a été jalonnée elle aussi de difficultés, mais de laquelle émane une force bienveillante et émouvante.

Ce livre est vraiment une pépite, pleine de poésie et de douceur, que je vous conseille vraiment.

Autour du livre :

  • Lois Lowry est une écrivain américaine née en 1937 à Honolulu, à Hawaï. Elle a beaucoup écrit pour les enfants. Parmi ses romans, on trouve entre autres « Le Passeur« , « L’élue« , « Compte les étoiles« , « Messager » et la série des Anastasia, l’essentiel ayant été traduit en français par l’écrivain Agnès Desarthe.
  • Elle compare les livres à « des torrents qui dégringolent des montagnes, emportant avec eux cailloux et filets d’eau qui viennent petit à petit les transformer en rivières. À l’instar des rivières, les livres se nourrissent de souvenirs, d’images, de blessures et ce faisant « ouvrent les portes d’un Ailleurs ». » (Source : L’École des Loisirs)
  • Elle a remporté deux fois la médaille Newbery (à laquelle j’ai consacré un article il y a quelque temps), qui récompense chaque année le meilleur livre américain pour la jeunesse, pour ses romans « Le passeur » et « Compte les étoiles ».
  • Vous pouvez consulter son site internet ici.
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16 Lunes – Kami Garcia & Margaret Stohl

Beautiful creatures

Éditeur : Hachette Roman

Collection :  Black Moon

Date de parution originale : 2009

Date de parution française : 2010

656 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

J’ai longtemps rêvé de cette fille. Elle apparaissait dans un cauchemar où, malgré tous mes efforts, elle tombait sans que je ne puisse la sauver. Je me savais lié à elle d’une façon particulière. Et puis un jour, elle est arrivée en chair et en os dans au lycée de Gatlin, notre petite bourgade du Sud des Etats-Unis. Elle était belle et mystérieuse. Si j’avais su qu’en même temps que cette fille, dont j’allais tomber éperdument amoureux, surgirait aussi une malédiction… Nous étions menacés. Et cette fois, j’allais devoir la sauver… L’amour sera-t-il plus fort que le destin ?

Mon avis :

Un court avis pour ce livre auquel je n’ai pas vraiment accroché (après relecture, mon avis n’est en fait pas si court, désolé je me suis laissée emportée comme d’habitude..). Après avoir littéralement dévoré la série des « Hunger Games » et avoir été agréablement surprise par « Divergent« , j’ai décidé de m’intéresser de plus près au mouvement de la littérature young adult (qui est bien fournie en ce moment il faut le dire..). Je pensais apprécier ce roman écrit à quatre mains, d’autant plus que j’en avais lu de très bonnes critiques ici ou là. Malheureusement, je crois que j’adhère largement plus aux écrits de Suzanne Collins ou Veronica Roth…

Bon, tout n’est pas négatif, quelques points m’ont quand même plu dans ce roman, notamment les références au passé de la ville de Gatlin à l’époque de la guerre de Sécession. J’ai trouvé très agréable d’être plongée dans cette époque à travers les flashbacks que subissent Lena et Ethan. Cela m’a d’ailleurs donné envie de lire d’autres romans se déroulant à cette époque (Scarlett O’Hara me voilà !). J’ai aussi beaucoup aimé les personnages d’Amma, de Marian, de Macon ou des vieilles tantes, même si je trouve qu’ils ne sont pas assez présents.

J’aurais aimé en savoir plus sur les parents d’Ethan, personnages qui semblaient tellement intéressants à creuser, ou sur le manoir dans lequel vit Lena avec son oncle… D’autant plus que vue la longueur du livre, il y avait de la place pour en parler.

Durant ma lecture, j’ai en fait été plus intéressée par les détails annexes (la bibliothèque de Marian, les révélations sur les parents d’Ethan…) que par l’histoire entre Ethan et Lena. Le fait que je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher à Ethan ne m’a pas non plus aidée.. Lena remonte un peu le niveau, heureusement. J’ai qui plus est trouvé l’intrigue un peu tarabiscotée et facile, avec quelques lourdeurs et incohérences.

Au final, je pense que je ne suis pas parvenue à suffisamment croire en l’intrigue pour l’apprécier, et j’ai donc eu du mal à finir les 600 pages de ce livre (étaient-elles nécessaires d’ailleurs ?).

Enfin, dernier point, après lequel je m’arrêterai, j’ai eu la désagréable impression, et ce pendant au moins tout le 1er quart du livre, d’être dans une intrigue littéralement calquée sur celle de « Twilight » :

  • un personnage principal qui vit dans une ville un peu paumée du sud des États-Unis / du nord des États-Unis, dans laquelle il ne se passe rien, mais où tout le monde se connaît,
  • ce même personnage qui a des copains au lycée, mais qui ne se sent pas pleinement « lui » / « elle » dans cet environnement, à qui il manque quelque chose sans qu’il sache quoi, l’amour fou peut-être ?
  • un autre personnage étrange, autour duquel des phénomènes étranges se produisent, qui a une famille étrange autour de laquelle des rumeurs étranges circulent…
  • des scènes qui se déroulent pour 90% au lycée, notamment sur le parking, qui comme chacun sait est toujours le lieu le plus important dans un lycée, le lieu où tout se passe : une manif anti-élèves turbulents / un accident de voiture miraculeusement sans victime (non mais franchement, moi dans mon lycée le parking était beaucoup plus calme..)
  • une rencontre entre ces deux personnages qui aboutit au coup de foudre quasi immédiat, pour l’un d’entre eux au moins.. malheureusement pour eux, cet amour est IMPOSSIBLE !!
  • un personnage principal qui jusque-là était un enfant modèle (qui lisait beaucoup et nous parlait toujours de ses livres préférés), mais qui est bientôt prêt à tout (même à se faire gronder par sa gouvernante / à se faire punir par son papa) pour voir son amour, et même si cette dernière / ce dernier le rejette un peu au début..

Bref, je m’arrête là, mais j’aurais pu aussi parler des espèces de décharges électriques qu’Ethan reçoit quand il touche Lena, de la famille de Lena plus que bizarre avec chacun des dons différents, du père pas bavard, des histoires anciennes que la ville se traîne depuis des siècles, de l’unique magasin qui vend de tout et devant lequel les jeunes se retrouvent, des capacités musicales ou littéraires du personnage « étrange »… Je trouve ces éléments tellement gros qu’ils en sont presque grotesques.

D’autant plus qu’il y avait quand même du potentiel, notamment, comme je l’ai dit, au niveau du passé de la ville et du lien avec la Guerre de Sécession, ou des personnages secondaires.. Je vous redirige vers les quelques points positifs que j’ai cités au début de cet article, il ne faudrait pas non plus croire que j’ai tout détesté quand même !

Bon voilà, comme vous pouvez le constater je n’ai pas trop accroché et je ne pense pas que je lirai les suites de ce premier tome. Mais comme j’ai lu de très nombreux avis positifs sur ce livre, je vous invite à aller les lire, peut-être vous donneront-ils plus envie de le lire que le mien !

Autour du livre :

  • Kami Garcia et Margaret Stohl sont deux écrivains américaines vivant à Los Angeles. Vous pouvez consulter leur site internet ici.
  • Ce roman est le premier d’une série intitulée en français « Chroniques des Enchanteurs« , et est suivi de « 17 Lunes » et « 18 Lunes« .
  • Cette série va bientôt faire l’objet d’une adaptation cinématographique.

Une petite remarque :

Je voulais dans cet article masquer en partie les spoilers, car je me rends compte que c’est un truc auquel je ne pense jamais dans mes articles, alors que pourtant je n’aime pas trop en lire moi-même dans ceux des autres… Cependant, en me relisant, je n’ai rien trouvé qui valait le coup que je le masque. Mais peut-être que je ne me rends pas compte.. Voilà pourquoi je vous demande votre avis, pour ceux qui ont déjà lu ce livre ou non, y a-t-il des détails dans mon article qui dévoilent trop l’intrigue et que j’aurais du taire ou masquer ? Merci pour vos éventuels conseils !

Divergent, tome 1 – Veronica Roth

Divergent

Éditeur :  Nathan Jeunesse

Collection : Blast

Date de parution originale : 2011

Date de parution française : 2011

444 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Dans un monde post-apocalyptique, la société est divisée en 5 factions. A 16 ans, Béatrice, issue de la faction des Altruistes, doit choisir sa nouvelle appartenance, pour la vie ! Cas rarissime, ses tests d’évaluation lui donnent le choix : elle est divergente… Elle doit cacher ce secret, susceptible de la mettre en danger de mort…

Mon avis :

« Divergent » est un livre à côté duquel il aurait été difficile de passer en 2011. Mais malgré le matraquage commercial qui a été réalisé autour de ce roman, j’ai décidé de lui laisser une chance, et au final je ne suis pas mécontente de cette découverte !

Dès le début, on est plongé dans cette société régie par une organisation différente et divisée en cinq factions, censées matérialiser les différents caractères existants : les Altruistes, les Sincères, les Érudits, les Fraternels et les Audacieux. Chaque faction occupe un rôle bien défini au sein de la société : les Fraternels soignent et assistent les personnes, les Sincères s’occupent essentiellement de la justice, les Érudits de l’enseignement et de la recherche, les Audacieux de la défense et de la protection de la société, et enfin les Altruistes s’occupent des autres et, du fait de leur incorruptibilité, des services politiques.

Alors que l’on est élevé durant son enfance dans la faction de sa famille, à 16 ans arrive le moment de choisir soi-même sa voie, et de quitter ou non son clan d’origine afin d’intégrer celui qui correspond le mieux à sa personnalité et à ses goûts. S’ajoutent à cela les inévitables rivalités entre les différentes factions, et les tensions qui émergent forcément lorsqu’une personne quitte sa faction pour adhérer à une autre..

Tris, le personnage principal, appartient à la faction des Altruistes, même si elle a du mal à s’adapter aux convenances de celle-ci. L’année de ses 16 ans et du test censé les aider à faire leur choix, elle se rend compte qu’elle est « divergente », c’est-à-dire qu’elle ne rentre dans aucune case et ne correspond théoriquement à aucune faction spécifique… Elle comprend vite que cette information doit être gardée secrète, sans quoi sa vie serait en danger.

Je vous vois déjà avec votre air sceptique, le même que celui que j’ai pris à l’annonce de cette nouvelle.. Durant cette lecture, je n’ai évidemment pas pu m’empêcher de me demander à quelle faction j’aurais pu appartenir, avant de me rendre compte que c’était en fait impossible pour moi d’en choisir une, comme pour beaucoup j’imagine.. Aurions-nous tous été divergents et en danger de mort ??

Comme vous l’avez compris, j’ai trouvé cette notion de divergence (sur laquelle repose quand même une grande partie de l’intrigue…) un peu facile, car pour moi, la moitié au moins des adolescents de cette société aurait du l’être. Comment se contenter d’être rangé dans des cases aussi fermées à cet âge-là (à cet âge-là ou à n’importe quel autre d’ailleurs..) ? Comment choisir de quitter la seule faction que l’on ait jamais connue, dans le but de rejoindre un groupe d’inconnus (les membres des différentes factions ne se mélangeant pas du tout) ?

Cette séparation en 5 factions me semblait donc peu crédible, d’autant plus qu’à cela s’ajoutent les clichés associés à chacun de ces clans : les Audacieux sont courageux, donc ont une grande gueule, des piercings et des tatouages ; les Érudits sont des rats de bibliothèque pète-secs et incapables de ne pas étaler leurs connaissances ; au contraire les Altruistes sont tellement… altruistes, qu’ils s’écrasent devant les autres et font toujours passer les besoins des autres avant les leurs. Cela m’a un peu gênée car ce n’est pas forcément l’image que je me fais de l’audace, de l’érudition ou de l’altruisme… A ce moment de l’intrigue, je trouvais donc le concept de cette société assez peu crédible, et je restais sceptique sur la capacité de l’auteure à me convaincre du contraire. Au final, disons qu’elle ne s’en sort pas trop mal, notamment grâce au personnage de Quatre qui apporte des réflexions intéressantes sur l’altruisme et le courage, mais également sur les choix qu’il a été amené à faire.

Je pense aussi que le fait d’être happée dans l’intrigue de ce roman m’a parfois fait oublier de me pencher sur la crédibilité du tout.. Et oui, car faible que je suis, j’ai finalement beaucoup aimé suivre l’apprentissage de Tris et les nombreuses épreuves qu’elle est amenée à affronter. Je me suis surprise à trouver séduisante la faction dans laquelle elle entre brusquement, même si je ne partage absolument pas les principes sur lesquels elle repose (trop de violence, d’injustice, de faux courage et de bluff..). Les personnes qu’elle y rencontre sont souvent mystérieuses et imprévisibles, en particulier Quatre (oui le prénom est étrange..), qui est de loin mon personnage préféré dans ce début de série. Dommage que j’aie moins accroché au personnage de Tris, souvent épuisante et très longue à la détente (ah ! si on pouvait entrer dans l’esprit des personnages et leur expliquer tout ce qu’on a compris 3 chapitres avant qu’ils ne le comprennent par eux-mêmes..), même si elle s’améliore largement sur la deuxième partie du livre, quand elle se met à réfléchir un peu plus.. La relation qui se noue peu à peu entre ces deux personnages est sans doute l’un des aspects qui m’a le plus plu dans ma lecture, car j’ai eu du mal à cerner le personnage de Quatre et l’auteure est réellement parvenue à me surprendre !

J’aurais aimé que les autres membres de la famille de Tris soient plus présents et plus travaillés, notamment sa mère, mais en même temps cela s’accorde bien avec le détachement de Tris de sa fratrie d’origine.. De même, j’aurais souhaité mieux comprendre le fonctionnement des autres factions que l’on connaît moins, mais j’imagine que les prochains tomes seront l’occasion de les découvrir. Enfin, j’aurais vraiment apprécié d’en savoir plus sur l’histoire de cette société, et sur les raisons qui ont poussé ses habitants à s’organiser de cette manière, sous forme de factions. Il y avait vraiment matière à développer selon moi, mais là encore j’imagine et j’espère que cela sera présent dans les prochains tomes.

Au final, « Divergent » est un premier tome qui se défend très bien, et qui donne envie d’en savoir davantage sur Tris et la société dans laquelle elle évolue. Les réflexions autour des notions de courage, des choix que l’on peut être amenés à faire dans sa vie, et du sentiment d’appartenance que l’on peut avoir par rapport à son milieu d’origine, sont également des points que j’ai trouvés intéressant, même si pas suffisamment développés à mon goût. Je lirai sûrement le deuxième tome, qui sort en mai prochain en langue anglaise (je pense par contre que j’attendrai la sortie française).

Autour du livre :

  • Veronica Roth est une écrivaine américaine née en 1988 près de Chicago. « Divergent » est son premier roman.
  • Le second tome de cette série, « Insurgent« , sera disponible en langue anglaise en mai 2012. Vous pouvez cependant le réserver sur cette page. Un troisième tome est également prévu, qui devrait sortir en 2013.
  • Les droits du livre ont été vendus à Summit Entertainment (distributeur notamment des films « Twilight« ..) et un scénario en a été écrit, un film devrait donc voir le jour dans un avenir proche..

Cette lecture entre dans le cadre du Baby Challenge Jeunesse organisé par Livraddict.

6/20

Hunger Games, tome 3 : La Révolte – Suzanne Collins

Mockingjay

Éditeur : Pocket Jeunesse

Date de parution originale : 2010

Date de parution française : 2011

417 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Mes avis sur le tome 1 et le tome 2.

4ème de couverture :

Je m’appelle Katniss Everdeen.
Je devrais être morte.
Maintenant je vais mener la révolte.

Contre toute attente, Katniss a survécu une seconde fois aux Hunger Games. Mais le Capitole crie vengeance. Katniss doit payer les humiliations qu’elle lui a fait subir. Et le président Snow a été très clair : Katniss n’est pas la seule à risquer sa vie. Sa famille, ses amis et tous les anciens habitants du district Douze sont visés par la colère sanglante du pouvoir. Pour sauver les siens, Katniss doit redevenir le geai moqueur, le symbole de la rébellion. Quel que soit le prix à payer.

Mon avis (à ne pas lire si vous n’avez pas lu les tomes précédents ! ) :

Ah, enfin j’ai pu avoir ce tome 3 entre les mains ! C’est donc une nouvelle série qui s’achève avec cet ultime roman intitulé « La révolte« … Suite à son sauvetage in extremis par les Rebelles au cours des derniers Hunger Games, on retrouve Katniss en compagnie de sa famille, de Gale, de Haymitch et de Finnick au sein du District 13, centre stratégique de la lutte contre le Capitole. Le District 12 a été détruit et Peeta, n’ayant pu être récupéré par les Rebelles, est maintenant aux mains des ennemis…

L’ambiance dans la première partie de ce 3ème tome est légèrement oppressante : Katniss passe ses journées dans les bâtiments enterrés du District 13, sans quasiment jamais voir le jour, alternant entre réunions obscures des rebelles, au sein desquelles elle n’a pas toujours son mot à dire, et repas sans saveur au réfectoire du district (chez eux, tout est cultivé sous terre…). Katniss ne sait pas ce qu’est devenu Peeta, et ne pardonne pas aux rebelles d’avoir pu l’abandonner dans l’arène.

Les évènements se débrident un peu lorsque Katniss accepte de tenir son rôle de « geai moqueur », symbole de la lutte contre le pouvoir du Capitole, et seul moyen selon les rebelles de fédérer les derniers districts à leur cause. S’en suivent quelques scènes parfois traitées de manière comique par l’auteure, au cours desquelles Katniss doit notamment faire semblant de se battre, suivie de près par des cameramen chargés d’immortaliser l’évènement. J’ai beaucoup aimé la pointe d’humour qui perçait dans certaines de ces scènes, Katniss appelant ces deux cameramen les « hommes-insectes », tant ils sont empêtrés dans leur équipement…

C’est d’ailleurs un point qui m’a beaucoup frappée dans ce 3ème tome, plus encore que dans les deux premiers : l’importance de l’image, le marketing de guerre mis en place de part et d’autre par les deux ennemis. Le Capitole avait ses Hunger Games, horrible et grossière émission de télé-réalité au cours de laquelle des enfants s’entretuaient, les Rebelles ont leurs spots publicitaires avec pour mascotte Katniss en geai moqueur : Katniss qui se bat dans un District en ruines, Katniss qui rend visite à des enfants, Katniss face à la caméra qui menace directement le Président Snow… Malgré leurs oppositions sur le fond, les deux parties utilisent finalement une stratégie similaire.

Katniss accepte d’endosser ce rôle un peu à contre cœur, car c’est la seule manière pour elle d’assurer l’immunité à Peeta, maintenant considéré comme un traître par les rebelles, et surtout la seule solution pour qu’on lui accorde le droit de détruire elle-même l’objet de sa haine au parfum de roses blanches…

Ce tome m’a semblé présenter beaucoup plus d’action que les deux autres. On n’est plus dans les « jeux » du Capitole mais dans une guerre réelle, au sein de laquelle Katniss semble souvent perdue. Elle a parfois du mal à comprendre les motivations des deux camps, que ce soit le Capitole ou les Rebelles. Elle devient encore une fois un pion, cette fois aux mains des Rebelles, avec lesquels elle doit parfois accepter des compromis.

J’ai aimé la relation nouvelle qui se lie dans ce tome entre Finnick et Katniss. Déjà dans le tome 2 on pressentait un personnage au-delà de ce qu’il paraissait au premier abord. Cela se confirme dans le tome 3. Gale est là lui aussi, totalement engagé à la cause des Rebelles, s’éloignant dans ce sens de Katniss pour qui le seul ennemi semble plutôt être le Président Snow. Elle est moins intransigeante envers les habitants du Capitole, qui selon elle sont juste stupides et doivent leur comportement à leur éducation. Elle est en cela quelque peu influencée par les personnes avec qui elle a pu sympathiser lors de ses premiers Hunger Games (son équipe de préparation, les domestiques du Capitole, et surtout Cinna).

La relation entre Katniss et Prim s’étoffe également dans ce tome, ce dernier personnage prenant un peu d’ampleur, même si j’aurais apprécié que cela soit plus développé. Le rôle de Peeta est crucial dans ce tome, et j’ai beaucoup aimé toutes les scènes dans lesquelles il est présent. C’est vraiment l’un des personnages les plus intéressants de cette série selon moi, et celui auquel je me suis le plus attachée dans ce tome, contrairement aux précédents.

Les pointes d’humour présentes dans ce tome m’ont surprise mais m’ont beaucoup plu. Elles sont souvent liées à l’image médiatique portée par Katniss. Les scènes avec les cameramen, Cobbs qui protège Katniss jusqu’au bout sans que celle-ci en soit toujours consciente, Plutarch et sa vision télévisuelle de la guerre, le fait que leur « guerre » semble au début un peu ridicule puisque les personnages se plaignent souvent de s’ennuyer…

On évolue petit à petit vers la résolution finale de cette série, et je dois dire que je suis tout à fait satisfaite du résultat. Les dernières pages sont surprenantes, audacieuses même parfois, et se lisent évidemment beaucoup trop rapidement… Quand j’ai refermé ce dernier tome, je me suis dit que cela ne pouvait finalement finir que de cette manière… Une série dont la fin n’a pas été bâclée selon moi donc…

Si je devais citer les points qui m’ont un peu déçue dans cette série, c’est sans doute que j’aurais préféré que l’auteure accorde plus d’importance à l’histoire de certains personnages, de même qu’à la genèse de Panem. Certains personnages comme Rue, Cinna, Gale, Finnick ou même Johanna, sont vraiment des personnages intéressants, et j’aurais aimé en connaître plus sur leur histoire. Pourquoi Cinna a-t-il ce comportement si protecteur envers Katniss alors qu’il est du Capitole ? Comment la conscience des habitants du Capitole devenus des Rebelles s’est-elle développée ? Comment Panem est-il devenu Panem ?J’aurais également aimé que le point de vue de Peeta soit plus développé dans ce 3ème tome.

Je pense donc qu’il aurait été intéressant de consacrer plus de pages à ces personnages, quitte à diminuer la partie relative à la guerre et aux moments pendants lesquels tout le monde s’ennuie (je parle des personnages, pas du lecteur !)… Mais en même temps, comme le parti pris de l’auteur est de suivre Katniss et seulement elle, il aurait peut-être été difficile de mettre en avant toutes ces informations.

« Hunger Games » est au final une série que je conseille vraiment au plus grand monde, même si on en fait actuellement tout un foin et que ça pourrait en énerver certains !

Autour du livre :

  • Pour les infos concernant l’auteure de cette série et l’adaptation qui sortira le 21 mars 2012, je vous renvoie vers mon article sur le tome 1, dans lequel j’en avais parlé. J’ai vraiment hâte de voir ce film, et surtout de voir comment les acteurs parviendront à incarner ces superbes personnages (en particulier Jennifer Lawrence en Katniss, Donald Sutherland en Président Snow et Lenny Kravitz en Cinna)
  • En feuilletant un peu sur le net, je suis tombée plusieurs fois sur des recettes de cuisine inspirées de la série (et oui le marketing autour des livres va très loin…). Cela dit, je trouve l’idée amusante et je vous mets donc le lien vers un site sur lequel sont répertoriées quelques-unes de ces recettes (notamment la « Soupe au goût de printemps du Capitole » (j’ai oublié le nom qui lui est donné dans le tome 1)), ainsi que de nombreuses informations sur l’adaptation cinématographique de la série.
  • Un autre lien, en passant, vers ce site, Fictional Food, qui répertorie des recettes ou des idées concernant les plats croisés dans certains romans, séries ou films. On y retrouve notamment le fameux ragoût d’agneau de Katniss et les pains aux noix et aux raisins de Peeta dans « Hunger Games » ou encore le toast à l’œuf de « V pour Vendetta« …
  • Enfin, pour ceux qui sont parfois perdus dans le nom des personnages de cette série, je vous conseille cette « encyclopédie » consacrée à la série, qui m’a souvent aidée durant ma lecture pour associer leurs noms aux personnages.
  • Vous pouvez aussi aller lire les avis des personnes suivantes sur ce livre : Sita, Frankie, Lasardine, Shanaa, Radicale, Matilda, Livr0ns-n0us, Marmotte, Elise, Kelith, Bykiss

Autres petits papiers :

     

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Si je reste – Gayle Forman

If I stay

Éditeur : Pocket

Date de parution originale : 2009

Date de parution française : 2009

186 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Mia a 17 ans. Un petit ami, rock star en herbe. Des parents excentriques. Des copains précieux. Un petit frère craquant. Beaucoup de talent et la vie devant elle. Quand, un jour, tout s’arrête. Tous ses rêves, ses projets, ses amours. Là, dans un fossé, au bord de la route. Un banal accident de voiture… Commue détaché, son esprit contemple son propre corps, brisé. Mia voit tout, entend tout. Transportée à l’hôpital, elle assiste à la ronde de ses proches, aux diagnostics des médecins. Entre rires et larmes, elle revoit sa vie d’avant, imagine sa vie d’après. Sortir du coma, d’accord, mais à quoi bon ? Partir, revenir ? Si je reste…

Mon avis :

En relisant la 4ème de couverture, je me rends compte que ce roman a de quoi faire peur au premier abord, entre un petit ami « rock star en herbe » (je vous rassure, cette expression n’est pas dans le roman) et l’annotation présente en gros sur fond rouge sur la couverture de mon édition : « Le livre le plus émouvant depuis Twilight » (notons que ce commentaire est d’autant plus pertinent qu’il est écrit par Erik Feig, le producteur du-dit Twilight…). Mais ce serait dommage de se cantonner à cela, car ce serait passer à côté d’un très bon livre qui m’a beaucoup surprise et a surpassé les attentes que je pouvais avoir.

Premières pages… Mia nous raconte son début de journée point par point. La neige qui est tombée toute la nuit, le petit-déjeuner familial dans la cuisine, la joie de son petit frère qui n’aura pas à aller à l’école aujourd’hui, l’odeur du tabac à pipe de son père, les pancakes préparés par sa mère qui ne cuisine d’habitude jamais, la décision de rendre visite à des amis pour profiter de la journée, la vieille Buick qui s’accorde si bien aux vêtements rétros de son père, le trajet en voiture… Puis l’accident. Et Mia qui observe : la voiture, le fossé, le grincement de la voiture, les vêtements, ses parents, la neige… Au milieu de tout ça, la radio qui continue de diffuser la Sonate pour violoncelle et piano n°3 de Beethoven, le morceau sur lequel elle devait travailler cet après-midi.

Dès le début de ce roman, nous sommes emportés par les paroles de Mia à travers son accident, nous voyons ce qu’elle voit, ce dont elle a conscience et ce qu’elle observe sans comprendre. Son regard extérieur sur les évènements rend la scène encore plus frappante. Elle observe, note méticuleusement tous les détails de ce qui se passe sous ses yeux, et sous les nôtres aussi.

« Si je reste » est un livre que j’ai lu en quelques heures, incapable de le lâcher et d’abandonner Mia à son sort. J’avais l’impression de faire partie de son entourage, attendant son réveil et la fin de ce cauchemar. Les flashbacks qu’elle mentionne au fur et à mesure du récit nous la font aimer plus encore. Elle, son entourage et sa famille si particulière. Son père en notamment, l’ancien rocker devenu professeur et s’habillant à la mode des années 50.

Le personnage d’Adam est également intéressant. J’ai beaucoup aimé tous les passages qui traitaient de leur vie avant l’accident : leur rencontre surprenante au lycée, leurs goûts musicaux parfois opposés, elle la violoncelliste prodige et lui le guitariste d’un groupe de rock, leurs disputes, leurs désaccords, leur vision de la musique. J’espère qu’en lisant ceci vous comprendrez que ce roman n’est pas du tout un roman mièvre ou niaiseux… C’est un livre touchant et très prenant. Certaines scènes sont surprenantes et font même sourire, malgré la situation dramatique dans laquelle les personnages se trouvent.

Ce roman a vraiment été une bouffée d’air frais pur pour moi. J’en suis sortie avec quelques larmes sur les joues, mais totalement ébahie. Il y a surtout une phrase qui m’a touchée au plus haut point, c’est celle que le grand-père de Mia lui souffle à l’oreille à un certain moment. Pour ceux qui l’ont lu, je ne sais pas si vous voyez de quelle scène je parle, mais elle m’a particulièrement émue.

Voilà, je ne sais pas trop quoi dire de plus sur ce livre à part qu’il m’a vraiment beaucoup touchée (je me répète je crois..). A noter aussi que ce roman est bourré de petites références culturelles très agréables, j’ai d’ailleurs essayé d’en citer quelques-unes ci-dessous.

Gayle Forman a écrit une suite à ce roman, « Là où j’irai« , dont la chronique arrivera sans doute prochainement..

Autour du livre :

  • Gayle Forman est une écrivaine américaine née en 1970. Elle écrit des articles pour différents magazines et a à ce jour publié trois romans : « Si je reste« , « Là où j’irai » (la suite de « Si je reste« ) et « Les cœurs fêlés« .
  • L’adaptation du livre « Si je reste » est actuellement en cours de tournage, avec le réalisateur brésilien Heitor Dhalia derrière la caméra.
  • Dans le roman, le livre que Mia considère comme son préféré est « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper Lee.
  • Vous pouvez lire un extrait du roman en anglais sur le site de Gayle Forman, ici (il s’agit des premières pages).

  • Dans le roman, Mia parle souvent de Yo Yo Ma, violoncelliste qu’elle admire énormément. Cet Américain d’origine chinoise, né en 1955 à Paris, a été initié à la musique très tôt par ses parents eux-mêmes musiciens (sa mère était chanteuse et son père violoniste et professeur de musique). Après avoir vécu à Paris jusqu’à ses 6 ans, il part avec ses parents à New-York afin d’étudier dans la prestigieuse école de spectacle Juilliard School (elle aussi largement mentionnée dans le livre…). Après avoir été musicien dans des orchestres français, il sort en 2004 son premier album, sous la direction d’Ennio Morricone (rien que ça), dans lequel il reprend des titres de ce dernier aux côtés du Roma Sinfonietta Orchestra. Il a également beaucoup travaillé avec des musiciens issus du milieu du tango ou du jazz. Il a également travaillé avec le compositeur de musiques de film John Williams (à qui l’on doit la BO de l’essentiel des films de Spielberg et George Lucas, celle de certains des « Harry Potter » ou encore de « Maman j’ai raté l’avion » et « Sept ans au Tibet »), avec lequel il a créé la musique d’investiture de Barack Obama en 2009 (Source Wikipedia). Je vous mets ci-dessous quelques-unes de ses interprétations :
  • « Prélude de la 1ère Suite pour violoncelle » de Bach (interprété par Yo Yo Ma) :
  • « Libertango » d’Ástor Piazzolla (interprété par Yo Yo Ma au violoncelle, Nestor Marconi au bandonéon) :
  • « Gabriel’s Oboe » (extrait du film « The Mission« ) d’Ennio Morricone (interprété par Yo Yo Ma) :
  • Improvisation avec Andrew Bird autour de la mélodie « Dona Nobis Pacem » :
  • « Hush Little Baby« , berceuse anglophone d’origine inconnue (interprété par Yo Yo Ma (violoncelle), Bobby Mc Ferrin (chant) et Mark O’Connor (violon)) :
  • Les deux personnages principaux, Mia et Adam, étant deux passionnés de musique, celle-ci tient une place importante dans ce roman. A la fin, Gayle Forman cite d’ailleurs quelques titres et groupes de musique qui l’ont inspirée. Sur son site, on peut parcourir la playlist composée par l’auteure autour de ce roman (ici). Je vous mets ci-dessous mes préférées :
  • « Cello Sonata No. 3, A major, Op. 69: Allegro vivace » de Beethoven (interprété par Meta Weiss au violoncelle et Emely Phelps au piano) :
  • « P.S., You Rock my World » de Eels :
  • « Something in the Way » de Nirvana (MTV Unplugged in New-York) :
  • « Girlfriend in a coma » des Smiths (chanson de circonstance..) :
  • « Three little brids » de Bob Marley & The Wailers :

Hunger Games, tome 2 : L’embrasement – Suzanne Collins

Catching Fire

Éditeur : Pocket Jeunesse

Date de parution originale : 2009

Date de parution française : 2010

378 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Mes avis sur le tome 1 et le tome 3

4ème de couverture :

Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s’agit surtout d’une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d’une rébellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n’hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l’aube des Jeux de l’Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss…

Mon avis (si vous n’avez pas lu le 1er tome, je vous conseille de ne pas lire mon avis..) :

Dans ce deuxième tome, nous retrouvons Katniss et Peeta après leur victoire aux Hunger Games, vivant désormais dans le quartier du district réservé aux anciens gagnants. La vie semble plus simple pour Katniss, puisqu’elle a un toit, de l’argent, à manger à volonté et sa famille autour d’elle. Elle continue à chasser clandestinement afin d’aider la famille de Gale à se nourrir, mais n’a plus les vies de sa mère et de sa sœur entre ses mains. Katniss ne parvient cependant pas à profiter pleinement de cette vie plus facile, partagée entre la culpabilité qu’elle ressent : envers Peeta à qui elle a menti, envers Gale pour la vie facile qu’elle peut aujourd’hui avoir et envers les personnes qu’elle a vu mourir durant les Jeux…

Sa volonté d’oublier pour toujours les Hunger Games et tout ce qui se rapporte au Capitole n’est cependant pas pour tout de suite, puisqu’elle doit entamer avec Peeta la « Tournée de la Victoire », au cours de laquelle ils ont pour mission de visiter un à un les 12 districts de Panem. Katniss comprend rapidement que son geste à la fin des Hunger Games, qui les a sauvés Peeta et elle, a été perçu par le Capitole comme une défiance vis-à-vis de son pouvoir. Afin d’assurer la sécurité de ses proches, elle va donc devoir rendre crédible son pseudo-amour pour Peeta…

J’ai pris plaisir à retrouver Katniss dans ce 2ème tome, même si je me demandais un peu comment l’auteure allait pouvoir nous tenir en haleine durant 400 pages, puisque les Hunger Games étaient terminés… J’avoue avoir eu un peu peur en comprenant la solution trouvée par l’auteure. Peur que ce soit répétitif, que ce ne soit qu’une redite du tome précédent. Mais finalement, Suzanne Collins parvient à nous surprendre encore une fois. Même si la situation dans ce 2ème tome est comparable au 1er, les choses différent selon moi dans la façon dont Katniss voit les choses. Alors que dans le 1er tome elle effectuait en quelque sorte ce qu’elle avait à faire par devoir, pour tenir la promesse qu’elle avait faite à sa sœur de revenir saine et sauve, ici on la sent plus détachée de tout cela. Katniss a un nouveau but, lié également à la nature différente de ses sentiments pour Peeta. J’ai trouvé Katniss plus calme, plus résignée, à la limite du sacrifice.

Et même s’il paraît peu probable que je réussisse, il est important que je sois au mieux de ma forme. Ce qui ne sera pas le cas si je passe mon temps à pleurer mes proches. « Laisse-les s’éloigner, me dis-je. Dis-leur adieu et oublie-les. » Je fais de mon mieux, j’évoque tour à tour chaque personne, je les libère comme on sortirait des oiseaux d’une cage et je referme soigneusement derrière eux pour m’assurer qu’ils ne reviennent pas.

Mon avis sur Peeta a également changé dans ce 2ème tome. Alors que dans le 1er, j’avais un cœur de pierre et étais insensible à son personnage que je trouvais un peu mollasson, j’ai trouvé qu’il se révélait totalement dans ce 2ème tome. Il semble plus maître de ses décisions, prêt à tout pour sauver celle qu’il aime. Peut-être que cela était déjà le cas dans le 1er tome, mais personnellement je ne l’avais pas perçu de cette manière.

Si un point m’a un peu gênée dans ce tome, c’est la pseudo-histoire d’amour à laquelle Peeta et Katniss doivent faire croire. Je trouve que l’accent est un peu trop mis là-dessus dans l’intrigue.. Je ne vois pas vraiment comment Katniss peut imaginer une seule seconde que faire croire à leur histoire pourrait les sauver de la haine du Capitole. Elle qui est pourtant toujours sur ses gardes, qui donne rarement sa confiance et qui hait à ce point le Capitole, je n’arrive pas à croire que cette solution lui suffise. En fait, je l’ai trouvée bien naïve pour quelqu’un qui ne fait confiance à personne. J’aurais plutôt imaginer quelque chose de plus direct, et c’est pourquoi j’ai beaucoup cru à un moment à l’idée de l’évasion… Bon, ça c’était une petite divagation sur le fond, je ne sais pas si beaucoup de monde me comprendra !

Pour finir, j’ai encore une fois beaucoup aimé retrouver les autres personnages de ce roman, Cinna et Gale particulièrement. Même si ce dernier est très peu présent dans ce tome, j’espère toujours qu’il pourra trouver la place qui lui convient dans le tome 3. J’ai également aimé la courte tournée dans les districts, qui nous permet de découvrir un peu plus le monde de Panem. Enfin, même si elle est peu présente, le personnage de la mère de Katniss m’a particulièrement touchée, j’ai aimé le changement de direction que prend son caractère. Elle semble plus active, plus forte, plus sûre.

Je dois être forte. Je me redresse sur mon séant, écarte mes cheveux humides de mes tempes douloureuses, et me prépare à ce qui va suivre. Elles apparaissent sur le seuil, avec du thé et des tartines, le visage soucieux. J’ouvre la bouche, prête à lancer je ne sais quelle plaisanterie… et j’éclate en sanglots.
Tant pis pour la force.

Je me rends compte en écrivant cet article qu’il est très dur de parler des différents tomes d’une série de manière séparée. J’ai du mal à dissocier les différents tomes de cette série, d’autant plus que je viens de commencer le 1er chapitre du 3ème.. Je perçois vraiment ce 2ème tome comme un tome de transition, avant « La révolte » promise dans le tome 3…

Pas la peine de vous trouver des arguments pour lire ce 2ème tome, je pense que ceux qui ont lu et apprécié le 1er ne pourront s’empêcher de se jeter dessus ! C’est un livre dont les pages se tournent plus rapidement qu’on ne le voudrait, et qu’il est au final très difficile de lâcher…

Autour du livre :

  • Suzanne Collins est une écrivaine américaine née en 1962. Avant de publier la série “Hunger Games”, elle écrivait essentiellement des scénarios de programmes jeunesse pour la télévision.
  • Elle a également publié d’autres romans destinés à la jeunesse : la série “The Underland Chronicles” (composé de 5 tomes), “Fire Proof Shelby Woo #11“, “When Charlie McButton Lost Power” et “When Charlie McButton Gained Power”.
  • Vous pouvez aussi aller lire les avis sur ce tome de Radicale, Frankie, Sita, Elizabeth-Bennet, Marmotte, Shanaa, Livr0ns-n0us.

Autres petits papiers :

           

Extrêmement fort et incroyablement près – Jonathan Safran Foer

Extremely Loud and Incredibly Close

Éditeur : Points

Date de parution originale : 2005

Date de parution française : 2006

460 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Oskar, 9 ans, est surdoué, ultrasensible, fou d’astrophysique, fan des Beatles et collectionneur de cactées miniatures. Son père est mort dans les attentats du World Trade Center en lui laissant une clé. Persuadé qu’elle expliquera cette disparition injuste, le jeune garçon recherche la serrure qui lui correspond. Sa quête désespérée l’entraîne aux quatre coins de la ville où règne le climat délétère de l’après 11-Septembre.

Mon avis :

Comme le résumé l’indique très bien, nous suivons dans ce roman le jeune Oskar, surdoué de 9 ans aux passions toutes plus originales les unes que les autres, et dont le papa vient tragiquement de décéder. La découverte d’une clé dans les affaires de son papa va le mener dans une sorte de quête, à la recherche d’indices sur les derniers moments et la vie de celui-ci. Ce roman ne tourne en fait pas seulement autour du personnage d’Oskar, mais également autour des autres membres de sa famille, et traite plus particulièrement de ses grands-parents paternels et de la relation tragique et pourtant belle qui les a unis.

Je me suis beaucoup attachée au personnage d’Oskar durant cette lecture. J’ai aimé partir dans ses aventures parfois improbables à travers New-York, à la rencontre de tous les Black de cette ville. Cette quête se déroule comme une sorte de chasse au trésor, au cours de laquelle le jeune personnage se construit lui aussi et affronte peu à peu le décès de son papa. Ses remarques sont souvent judicieuses et pleines de malice. On découvre à travers ses souvenirs la relation pleine de complicité et de confiance qu’il entretenait avec son papa.

« Ce secret était un trou au milieu de moi dans lequel tombaient toutes les choses heureuses. »

Sa relation avec sa grand-mère est également émouvante. L’histoire de cette dernière, qui est racontée en parallèle de celle d’Oskar, est touchante et tragique, ramenant le lecteur aux origines européennes de la famille et à l’émigration forcée des grands-parents après la Seconde Guerre Mondiale. Plus on découvre son passé, et plus on est touché par cette grand-mère qui semble vivre pour et à travers ses proches. J’ai aimé le double sens que certains évènements prennent au cours du récit, suivant qu’ils soient traités du point de vue de l’histoire d’Oskar ou de celle de sa grand-mère (les messages collés sur la vitre entre les deux immeubles, les signatures sur les papiers dans la papeterie, le locataire…).

Certains des personnages rencontrés par Oskar au cours de sa quête sont eux aussi intéressants, particulièrement M. Black (rappelons qu’Oskar est à la recherche d’une personne se nommant Black, et rend donc visite à toutes les personnes de New-York portant ce nom de famille, ce qui lui prend un peu de temps… 75% des personnages de ce roman se nomment donc ainsi…), le voisin du dessus qui offre rapidement à Oskar un semblant de figure paternelle. J’ai aimé les messages cachés derrière chacune de ces rencontres, de la femme qui n’a pas quitté l’Empire State Building depuis des années au voisin et sa surdité choisie. Les histoires se croisent, sans forcément se relier, mais s’emboîtent pourtant bien les unes avec les autres…

« Je me suis senti ce soir-là, […], incroyablement près de tout ce qu’il y a dans l’univers, mais aussi extrêmement seul. Je me demandais, pour la première fois de ma vie, si la vie valait tout ce travail que c’est de vivre. Qu’y avait-il exactement qui en valait la peine ? Qu’y a t-il de si horrible à être mort pour toujours, et à ne rien sentir, à ne pas même rêver? Qu’y a t-il de si formidable à sentir et à rêver ? »

Je ne pense pas que le but de l’auteur était de rendre compte d’une histoire crédible (c’est vrai qu’un enfant de 9 ans qui se promène seul dans les rues de New-York à la rencontre d’inconnus, cela peut laisser sceptique…). A travers les histoires croisées d’Oskar et de ses grands-parents, on suit une histoire de famille souvent triste et pourtant si dynamique. Les remarques et le comportement inhabituels d’Oskar donnent en effet une touche de fraîcheur à l’histoire, que ce soit à travers ses inventions qu’il a toujours en tête (une eau traitée afin de donner une couleur différente à la peau selon l’humeur de celui qui se douche, un réservoir situé sous l’oreiller de chaque new-yorkais afin de recueillir les larmes de celui-ci, une limousine extrêmement longue dont le début se situerait au lieu de départ et le bout au lieu d’arrivée, ce qui éviterait de déplacer la-dite voiture…). Les lettres qu’Oskar envoie à des centaines de personnes, et notamment la courte relation épistolaire qu’il parvient à entretenir avec le scientifique Stephen Hawking, sont comme un fil rouge que j’ai retrouvé avec plaisir tout au long de ce roman.

J’aurais aimé en apprendre davantage sur le personnage du père, décédé au cours des attentats du 11 septembre, dont finalement on ne sait que peu de choses… J’aurais souhaité en connaître davantage sur la vie de ce personnage qui demeure au final la figure centrale de ce roman, à travers les souvenirs de ses proches.

« On ne peut se protéger de la tristesse sans se protéger du bonheur. »

« Extrêmement fort et incroyablement près » est un roman que je conseille fortement, tant j’ai eu du mal à le lâcher. En plus, il est bourré de petites références culturelles et scientifiques, ce qui est toujours agréable pour quelqu’un de curieux comme moi, et j’ai de plus trouvé sa mise en page particulièrement originale (insertion de photos et d’images au sein du texte, jeux sur la typographie, pages blanches…).

Autour du livre :

  • Jonathan Safran Foer est un écrivain américain né en 1977. Il a sorti un roman en 2002, « Tout est illuminé« , qui a connu un succès très important et a d’ailleurs été adapté au cinéma en 2005 par Liev Schreiber, avec Elijah Wood dans le rôle principal. Il a également sorti en 2009 l’ouvrage « Faut-il manger les animaux ?« , qui combat l’élevage industriel et l’abattage des animaux (et dont la sortie en poche est prévue pour février 2012). Ses autres ouvrages n’ont pour le moment pas encore été traduits en français.

  • Une adaptation du roman, réalisée par Stephen Daldry (Monsieur « The reader« , « Billy Elliot » et « The Hours« ) sortira le 29 février 2012. C’est Tom Hanks et Sandra Bullock qui interprèteront les parents d’Oskar. La bande-annonce est visible ici.

     

  • Dans ce roman, le livre de chevet d’Oskar est « Une brève histoire du temps » du physicien et cosmologiste anglais Stephen Hawking. Ce livre, sorti en 1988, est un livre de médiation scientifique qui tente d’expliquer des phénomènes comme le Big Bang ou les trous noirs (source : Wikipedia).
  •  L’épouse de Jonathan Safran Foer est l’écrivaine Nicole Krauss, dont le roman « L’histoire de l’amour » devrait rejoindre rapidement mes étagères…

Illustration de la couverture :

  • La couverture de mon édition est illustrée par une œuvre de l’artiste Jon Gray, dont le nom d’artiste est Gray318. Il avait déjà illustré l’édition américaine de « Tout est illuminé« .