Otages intimes – Jeanne Benameur

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Éditeur : Actes Sud

Date de parution : 19 août 2015

176 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Photographe de guerre, Etienne a toujours su aller au plus près du danger pour porter témoignage. En reportage dans une ville à feu et à sang, il est pris en otage. Quand enfin il est libéré, l’ampleur de ce qu’il lui reste à réapprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une autre forme de péril.
De retour au village de l’enfance, auprès de sa mère, il tente de reconstituer le cocon originel, un centre depuis lequel il pourrait reprendre langue avec le monde.
Au contact d’une nature sauvage, familière mais sans complaisance, il peut enfin se laisser retraverser par les images du chaos. Dans ce progressif apaisement se reforme le trio de toujours. Il y a Enzo, le fils de l’Italien, l’ami taiseux qui travaille le bois et joue du violoncelle. Et Jofranka, « la petite fille qui vient de loin », devenue avocate à La Haye, qui aide les femmes victimes de guerres à trouver le courage de mettre en mots ce qu’elles ont vécu.
Ces trois-là se retrouvent autour des gestes suspendus du passé, dans l’urgence de la question cruciale : quelle est la part d’otage en chacun de nous ?
De la fureur au silence, Jeanne Benameur habite la solitude de l’otage après la libération. « Otages intimes » trace les chemins de la liberté vraie, celle qu’on ne trouve qu’en atteignant l’intime de soi.

Mon avis :

J’ai eu l’occasion de lire ce livre de Jeanne Benameur dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire organisés par PriceMinister.

Je connaissais plutôt Jeanne Benameur en tant qu’auteur jeunesse, car j’ai eu l’habitude de croiser ses romans (notamment ceux des éditions Thierry Magnier) sur les étagères de ma bibliothèque quand j’étais plus jeune. C’est donc avec plaisir que j’ai redécouvert cette auteure dans ce roman d’un autre genre.

Le sujet abordé dans ce roman peut effrayer. On y suit Etienne, ancien otage qui vient d’être libéré et revient en France. Plus encore que la thématique de la captivité, ce livre traite surtout de son retour à la vie, auprès de sa famille, de ses amis, et de sa réadaptation au monde.

Etienne revient auprès de sa mère, dans ce village où il a grandi auprès de ses amis d’enfance, Enzo et Jofranka. Ce village près du petit torrent et de la forêt où ils ont évolué tous les trois, suivant ensuite chacun leur propre chemin.

L’écriture de Jeanne Benameur est belle et surprenante. On passe des pensées d’un personnage à l’autre sans s’en rendre compte, d’une intimité à l’autre. Ces fréquents changements de point de vue pourraient gêner, ils nous entraînent en fait dans l’esprit des autres personnages, dont les émotions, les pensées, les envies ou les choix sont agités par le retour d’Etienne.

J’ai aimé la relation qui existe entre Etienne et sa mère d’une part, et entre lui et ses deux amis d’enfance d’autre part. Une relation à la fois pudique et respectueuse, attentive et juste, parfois confuse également. Je me suis sentie proche de tous ces personnages et j’ai eu l’impression de partager leurs doutes et leurs prises de décision pendant ces quelques 200 pages.

J’ai également pu effleurer à travers ce roman ce que peuvent ressentir les proches d’une personne retenue en otage : doit-on l’attendre ? Doit-on continuer à vivre durant son absence ? Et au fond le peut-on ?

Ce roman renvoie également à ce qui fait de nous des êtres humains : les émotions que l’on ressent, les choix que l’on fait, les automatismes auxquels on ne réfléchit plus… Toutes ces choses qu’Etienne a appris à contrôler et à taire durant sa captivité, ou qu’il a au contraire tenté de préserver. Ces choses qui font de lui un être vivant et libre.

Rien. Ne plus être rien. Ne plus rien savoir du monde, de personne. S’obligeant à parler à voix haute pour ne pas perdre la langue. Il paraît qu’on peut perdre jusqu’à l’articulation des mots. Peur de devenir une bête. Juste une bête qui attend de quoi se nourrir et tenir en vie, encore. Peur de ne plus jamais pouvoir être un visage face à un autre visage. Peur de devenir un sans-âme un plus rien.

« Otages intimes » est un roman que j’ai beaucoup aimé, malgré son sujet difficile et les vives émotions qu’il a pu parfois provoquer chez moi. Je pense que je relirai avec plaisir un autre roman de cette auteure.

Quelques citations de ce roman :

Ce soir, il laisse sa main ouvrir lentement les pages. Il a besoin du silence des mots écrits. L’évidence, elle est là. Il a besoin des mots. Lui qui a rapporté tant d’images qui laissent sans voix il lui faut des mots. Pour tenter de comprendre. Il a besoin de retrouver le sens à sa racine. Il lui faut retourner à l’étymologie pour se guider. Comprendre.

[…] Vous savez vraiment ce que ça va être votre vie si vous partez là-dedans ? On vous a avertis ? Les grands reportages, les guerres, on vous a dit que ça peut tuer la vie de ceux qui bêtement vous attendent pour vous tenir la main, vous dire qu’ils vous aiment. On vous a avertis que tout ça au fil des années ça s’effrite et qu’un jour il n’y a plus personne qui vous attend ?

Se remettre… non, il ne se remettra pas. On ne peut pas se remettre de ça. Les atrocités vues dans le monde vous prennent une part de vous. Pour toujours. Alors non, on ne se remet pas. Pour vivre, il faut inventer une nouvelle façon. On ne peut pas juste reprendre la vie d’avant. Son fils a connu la peur dans tout son être, la barbarie possible en chacun. Il lui faut inventer la douceur quand même, la paix quand même, la beauté quand même.
Il lui faut inventer le visage neuf des jours neufs.

Son pas aura désormais cette fragilité de qui sait au plus profond du cœur qu’en donnant la vie à un être on l’a voué à la mort. Et plus rien pour se mettre à l’abri de cette connaissance que les jeunes mères éloignent instinctivement de leur sein. Parce qu’il y a dans le premier cri de chaque enfant deux promesses conjointes : je vis et je mourrai. Par ton corps je viens au monde et je le quitterai seul.

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Ce livre a été lu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2015 organisés par PriceMinister. Merci à Noukette d’avoir sélectionné ce livre à cette occasion !

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Extrêmement fort et incroyablement près – Jonathan Safran Foer

Extremely Loud and Incredibly Close

Éditeur : Points

Date de parution originale : 2005

Date de parution française : 2006

460 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Oskar, 9 ans, est surdoué, ultrasensible, fou d’astrophysique, fan des Beatles et collectionneur de cactées miniatures. Son père est mort dans les attentats du World Trade Center en lui laissant une clé. Persuadé qu’elle expliquera cette disparition injuste, le jeune garçon recherche la serrure qui lui correspond. Sa quête désespérée l’entraîne aux quatre coins de la ville où règne le climat délétère de l’après 11-Septembre.

Mon avis :

Comme le résumé l’indique très bien, nous suivons dans ce roman le jeune Oskar, surdoué de 9 ans aux passions toutes plus originales les unes que les autres, et dont le papa vient tragiquement de décéder. La découverte d’une clé dans les affaires de son papa va le mener dans une sorte de quête, à la recherche d’indices sur les derniers moments et la vie de celui-ci. Ce roman ne tourne en fait pas seulement autour du personnage d’Oskar, mais également autour des autres membres de sa famille, et traite plus particulièrement de ses grands-parents paternels et de la relation tragique et pourtant belle qui les a unis.

Je me suis beaucoup attachée au personnage d’Oskar durant cette lecture. J’ai aimé partir dans ses aventures parfois improbables à travers New-York, à la rencontre de tous les Black de cette ville. Cette quête se déroule comme une sorte de chasse au trésor, au cours de laquelle le jeune personnage se construit lui aussi et affronte peu à peu le décès de son papa. Ses remarques sont souvent judicieuses et pleines de malice. On découvre à travers ses souvenirs la relation pleine de complicité et de confiance qu’il entretenait avec son papa.

« Ce secret était un trou au milieu de moi dans lequel tombaient toutes les choses heureuses. »

Sa relation avec sa grand-mère est également émouvante. L’histoire de cette dernière, qui est racontée en parallèle de celle d’Oskar, est touchante et tragique, ramenant le lecteur aux origines européennes de la famille et à l’émigration forcée des grands-parents après la Seconde Guerre Mondiale. Plus on découvre son passé, et plus on est touché par cette grand-mère qui semble vivre pour et à travers ses proches. J’ai aimé le double sens que certains évènements prennent au cours du récit, suivant qu’ils soient traités du point de vue de l’histoire d’Oskar ou de celle de sa grand-mère (les messages collés sur la vitre entre les deux immeubles, les signatures sur les papiers dans la papeterie, le locataire…).

Certains des personnages rencontrés par Oskar au cours de sa quête sont eux aussi intéressants, particulièrement M. Black (rappelons qu’Oskar est à la recherche d’une personne se nommant Black, et rend donc visite à toutes les personnes de New-York portant ce nom de famille, ce qui lui prend un peu de temps… 75% des personnages de ce roman se nomment donc ainsi…), le voisin du dessus qui offre rapidement à Oskar un semblant de figure paternelle. J’ai aimé les messages cachés derrière chacune de ces rencontres, de la femme qui n’a pas quitté l’Empire State Building depuis des années au voisin et sa surdité choisie. Les histoires se croisent, sans forcément se relier, mais s’emboîtent pourtant bien les unes avec les autres…

« Je me suis senti ce soir-là, […], incroyablement près de tout ce qu’il y a dans l’univers, mais aussi extrêmement seul. Je me demandais, pour la première fois de ma vie, si la vie valait tout ce travail que c’est de vivre. Qu’y avait-il exactement qui en valait la peine ? Qu’y a t-il de si horrible à être mort pour toujours, et à ne rien sentir, à ne pas même rêver? Qu’y a t-il de si formidable à sentir et à rêver ? »

Je ne pense pas que le but de l’auteur était de rendre compte d’une histoire crédible (c’est vrai qu’un enfant de 9 ans qui se promène seul dans les rues de New-York à la rencontre d’inconnus, cela peut laisser sceptique…). A travers les histoires croisées d’Oskar et de ses grands-parents, on suit une histoire de famille souvent triste et pourtant si dynamique. Les remarques et le comportement inhabituels d’Oskar donnent en effet une touche de fraîcheur à l’histoire, que ce soit à travers ses inventions qu’il a toujours en tête (une eau traitée afin de donner une couleur différente à la peau selon l’humeur de celui qui se douche, un réservoir situé sous l’oreiller de chaque new-yorkais afin de recueillir les larmes de celui-ci, une limousine extrêmement longue dont le début se situerait au lieu de départ et le bout au lieu d’arrivée, ce qui éviterait de déplacer la-dite voiture…). Les lettres qu’Oskar envoie à des centaines de personnes, et notamment la courte relation épistolaire qu’il parvient à entretenir avec le scientifique Stephen Hawking, sont comme un fil rouge que j’ai retrouvé avec plaisir tout au long de ce roman.

J’aurais aimé en apprendre davantage sur le personnage du père, décédé au cours des attentats du 11 septembre, dont finalement on ne sait que peu de choses… J’aurais souhaité en connaître davantage sur la vie de ce personnage qui demeure au final la figure centrale de ce roman, à travers les souvenirs de ses proches.

« On ne peut se protéger de la tristesse sans se protéger du bonheur. »

« Extrêmement fort et incroyablement près » est un roman que je conseille fortement, tant j’ai eu du mal à le lâcher. En plus, il est bourré de petites références culturelles et scientifiques, ce qui est toujours agréable pour quelqu’un de curieux comme moi, et j’ai de plus trouvé sa mise en page particulièrement originale (insertion de photos et d’images au sein du texte, jeux sur la typographie, pages blanches…).

Autour du livre :

  • Jonathan Safran Foer est un écrivain américain né en 1977. Il a sorti un roman en 2002, « Tout est illuminé« , qui a connu un succès très important et a d’ailleurs été adapté au cinéma en 2005 par Liev Schreiber, avec Elijah Wood dans le rôle principal. Il a également sorti en 2009 l’ouvrage « Faut-il manger les animaux ?« , qui combat l’élevage industriel et l’abattage des animaux (et dont la sortie en poche est prévue pour février 2012). Ses autres ouvrages n’ont pour le moment pas encore été traduits en français.

  • Une adaptation du roman, réalisée par Stephen Daldry (Monsieur « The reader« , « Billy Elliot » et « The Hours« ) sortira le 29 février 2012. C’est Tom Hanks et Sandra Bullock qui interprèteront les parents d’Oskar. La bande-annonce est visible ici.

     

  • Dans ce roman, le livre de chevet d’Oskar est « Une brève histoire du temps » du physicien et cosmologiste anglais Stephen Hawking. Ce livre, sorti en 1988, est un livre de médiation scientifique qui tente d’expliquer des phénomènes comme le Big Bang ou les trous noirs (source : Wikipedia).
  •  L’épouse de Jonathan Safran Foer est l’écrivaine Nicole Krauss, dont le roman « L’histoire de l’amour » devrait rejoindre rapidement mes étagères…

Illustration de la couverture :

  • La couverture de mon édition est illustrée par une œuvre de l’artiste Jon Gray, dont le nom d’artiste est Gray318. Il avait déjà illustré l’édition américaine de « Tout est illuminé« .

Une Anglaise à bicyclette – Didier Decoin

Éditeur : Stock

Collection : La Bleue

Date de parution originale : Juin 2011

336 pages

Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

Résumé (Source : Éditions Stock) :

Tout commence par un massacre d’Indiens en décembre 1890 dans le Dakota du Sud. Jayson Flannery, un photographe anglais veuf de son état, recueille une petite fille de trois ans dont la mère a été victime du massacre. Il songe bien sûr à confier Emily à un orphelinat, s’apprête à reprendre son paquebot pour l’Angleterre, mais il ne repartira pas seul et décide d’enlever la petite Emily aux sœurs qui l’ont prise en charge.
On les retrouve tous les deux dans un manoir du Yorkshire où Jayson a toujours vécu. Emily grandit, va à l’école, apprend à lire. Tous dans le village se posent mille questions à son sujet. Jayson l’a-t-il adoptée, kidnappée ? Viendra-t-on un jour la chercher ? […]

(Sur le lien des Éditions Stock, vous pouvez lire ce résumé en entier, mais personnellement je considère qu’il en dévoile beaucoup trop sur le livre, je le tronque donc là…)

Mon avis :

« Cette enfant est mon enfant parce que je l’ai sauvée. »

« Une Anglaise à bicyclette » est un roman que j’avais repéré à sa sortie, mais comme en général j’attends la sortie poche pour lire un livre, je l’avais un peu mis de côté dans ma tête… C’était sans compter sur ma médiathèque qui me l’a mis sous le nez sur sa table des nouveautés il y a quelques semaines. Et bien je ne regrette pas de m’être laissée tenter…

Quand j’ai commencé à lire, je ne connaissais rien du roman si ce n’est sa 4ème de couverture, assez succincte il faut le dire (celle située sur la fiche Livraddict du livre). Alors c’est sûr qu’avec les mots « massacre », « Indiens », « Dakota du Sud », « Angleterre victorienne », « bicyclette », « photographie », « Sir Arthur Conan Doyle » et « fées », on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Au final Didier Decoin touche justement à tout cela, comme une sorte de biopic de la vie d’Emily, du Dakota du Sud à l’Angleterre, de l’état d’orpheline à celui de jeune mariée, de la nature sauvage américaine à la campagne anglaise.

Le personnage d’Emily, jeune enfant Sioux Lakota recueillie par un photographe anglais, m’a tout de suite touchée. De ses terres d’origine à New-York, puis dans le bateau qui l’emmène en Angleterre, et enfin dans le manoir du Yorkshire dans lequel elle va grandir, elle semble être spectatrice de sa propre vie, parlant très peu mais acquérant rapidement la langue et les coutumes anglaises. Sa soif de liberté est émouvante, sa relation avec Jayson Flannery, le photographe, également.

Je n’ai pas toujours saisi la pertinence des passages traitant de Sir Arthur Conan Doyle, j’ai même trouvé qu’ils arrivaient parfois de manière impromptue et peu justifiée. Mais ils permettent cependant d’intégrer dans le récit l’affaire des « Fées de Cottingley », qui avait provoqué de vives réactions à l’époque. Pour info, cette affaire est liée à cinq photographies réalisées en 1917 par deux cousines, Elsie Wright et Frances Griffiths, âgées de 16 et 10 ans, qui seraient parvenues à photographier des fées dans leur jardin. L’affaire prit une plus grande proportion lorsque l’écrivain Sir Arthur Conan Doyle les défendit en quelque sorte en utilisant leurs photos. (Pour plus d’informations, voir la page Wikipedia)

J’ai trouvé que ce roman laissait la part belle aux sensations, notamment visuelles. La profession de Flannery amène de jolis passages traitant de la richesse des lumières, des couleurs et des textures. Cela se ressent jusque dans les descriptions qui sont faites d’Emily, à travers la sensualité que celle-ci dégage. Le goût est également mis en avant, notamment par l’intermédiaire des repas et menus de fêtes décrits dans le roman (j’ai essayé de retrouver un menu de repas de l’époque qui me donnait vraiment envie, mais je ne suis pas parvenue à retrouver la page après ma lecture).

La description de la vie quotidienne ou culturelle de l’époque (début du 20ème siècle en Angleterre) m’a encore une fois beaucoup plu. Les repas, comme je l’ai dit plus haut, mais également les passages sur la médecine de l’époque (à travers le personnage inconsciemment humoristique du médecin), le déroulement des mariages, l’école, les loisirs, la photographie, les relations mondaines ou encore le théâtre (à travers les vieilles actrices de Londres que Flannery photographie dans son atelier).

J’ai particulièrement apprécié retrouver rapidement les personnages de Christabel et Emmeline Pankhurst, grandes féministes anglaises des 19ème et 20ème siècles qui militèrent pour le droit de vote des femmes et créèrent l’Union Féminine Sociale et Politique en 1903. J’avais déjà pu rencontrer ces figures du mouvement des suffragettes dans le roman « Le récital des anges » de Tracy Chevalier, que j’avais beaucoup apprécié également.

Il ne me reste plus qu’à vous conseiller ce très joli roman de Didier Decoin (dont quelques-uns de ses autres ouvrages sont cités plus bas), qui parle des femmes, de féminisme, de couleurs, de parfums, de photographie, de féérie et bien évidemment de bicyclette.

« Rien, ni dans son langage ni dans ses manières, ne peut laisser supposer qu’Emily n’est pas irlandaise – et une irlandaise élevée en Angleterre, avec les exigences et la sévérité que cela implique. Désormais, ce qui pourrait trahir ses origines sioux lakotas n’est plus de l’ordre du visible : elle ne s’est pas contentée d’emprunter aux vieilles comédiennes leur accent irréprochablement anglais, elle a appris d’elles l’art d’enfouir sa propre vérité pour en endosser une autre .» p. 181

Autour du livre :

  • Didier Decoin est un scénariste et écrivain français né en 1945 à Boulogne-Billancourt. Il a débuté sa carrière en tant que journaliste, tout en écrivant en parallèle des romans. A ce jour, il a publié une vingtaine de romans, dont « John l’Enfer » (1977, Prix Goncourt), « Les trois vies de Babe Ozouf » (1983), « La femme de chambre du Titanic » (1991), « La promeneuse d’oiseaux » (1996) ou encore « Est-ce ainsi que les femmes meurent ? » (2009), ainsi que des essais traitant souvent de la religion.
  • Il a également signé les scénarios des mini-séries « Le Comte de Monte-Cristo » diffusée sur TF1 en 1998, adaptation du roman d’Alexandre Dumas, et « Les Misérables » diffusée sur TF1 en 2000, adaptation de l’œuvre de Victor Hugo.
  • Savez-vous ce qu’est un « tussy-mussy » (ou « tussie-mussie ») ? C’est le bouquet de mariée traditionnel de l’époque victorienne en Angleterre. Dans ce roman, il est composé de roses miniatures, de fougères, de gypsophile et de fenouil, « disposés dans un cône en argent ».
  • Pour aller plus loin, n’hésitez pas à aller lire les articles de Télérama, du Point ou de RFI, l’interview de Didier Decoin réalisée par RTBF, ainsi que les cinq questions posées à l’auteur par la librairie Dialogues de Brest.

Illustration de la couverture :

  • La couverture de mon édition est illustrée par une photographie réalisée en 1857 par Lewis Carroll, l’auteur d' »Alice au pays des merveilles« . Plus d’informations sur la photo ici (page en anglais). Il est à noter que dans l’un de ses essais, « Lewis et Alice » (1992), Didier Decoin inventait une correspondance imaginaire entre Dickens et Lewis Carroll…

Source

La solitude des nombres premiers – Paolo Giordano

La solitudine dei numeri primi

Éditeur : Points

Date de parution originale : 2008

Date de parution française : 2009

342 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Elle aime la photo, il est passionné par les mathématiques. Elle se sent exclue du monde, il refuse d’en faire partie. Chacun se reconnaît dans la solitude de l’autre. Ils se croisent, se rapprochent puis s’éloignent, avant de se frôler à nouveau. Leurs camarades de lycée sont les premiers à voir ce qu’Alice et Mattia ne comprendront que bien des années plus tard : le lien qui les unit est indestructible.

Mon avis :

J’ai encore une fois découvert ce roman à travers l’adaptation qui en a été faite l’année dernière, et dont est tirée la photo de la couverture de mon édition. J’ai été captivée par le regard perdu de cette jeune fille (je sais que pour certains, elle fait plutôt peur…). Je me souviens que pendant quelques jours (ma lecture remonte quand même maintenant à quelques mois),  je n’ai plus pensé qu’à me procurer ce livre sorti en 2008 en Italie. En faisant mes petites recherches préliminaires (obligatoires avant d’acheter un livre !), j’ai également appris que l’auteur, Paolo Giordano, né en 1982, avait présenté une thèse en physique des interactions fondamentales. Je crois que ça a été l’élément déclencheur pour que j’achète ce roman, j’aime beaucoup lorsque les gens parviennent à faire coïncider dans leur vie sciences et littérature.

Bref, revenons au livre. Ce roman raconte donc l’histoire de deux êtres quelques peu paumés dans leur vie, dans leur famille et dans leurs études, un peu à l’écart du reste des élèves de leur lycée, volontairement ou non. On suit ces deux personnages tour à tour, comprenant peu à peu leur mal-être, les observant évoluer et grandir dans ce monde auquel ils ne semblent pas toujours vouloir adhérer. Certains passages en sont même parfois épuisants, tant on a envie de les voir avancer.

« Ils avaient traversé les années en apnée, lui, refusant le monde, elle, se sentant refusée par le monde, et ils s’étaient aperçus que cela ne faisait pas beaucoup de différence. »

J’ai beaucoup de mal à parler de ce roman. Il m’a beaucoup marquée et je m’y suis laissée emporter du début à la fin, quasiment en transe sur les dernières pages (j’étais peut-être malade…). Je me suis posée sur l’épaule de ces deux personnes et j’ai observé peu à peu leur évolution, espérant les voir avancer dans la vie, les voir faire ces pas vers les autres qu’ils semblent parfois incapables de faire, j’ai pleuré avec eux, j’ai été touchée par leurs paroles, par leurs secrets, par leur incapacité à exprimer ce qu’ils ressentent, j’ai été révoltée lorsque les autres ne les comprenaient pas ou leur faisaient du mal…

« Il l’avait appris : les choix se font en l’espace de quelques secondes et se paient le reste du temps. »

Je ne sais pas vraiment que dire de plus sur ce roman, je sais bien qu’il ne plaira pas à tout le monde car il n’est pas très gai, mais pour moi ce fut vraiment une belle découverte, à la fois puissante et épuisante (j’en suis sortie un peu exténuée, et j’ai eu du mal par la suite à me remettre dans un autre livre).

Et pis mince, regardez-moi ce titre, faut-il avoir fait des études en mathématiques pour le trouver magnifique ? Peut-être en fait… Bref, ceux que le résumé intéresse un peu, n’hésitez pas.

« Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes. Ils occupent leur place dans la série infinie des nombres naturels, écrasés comme les autres entre deux semblables, mais à un pas de distance. Ce sont des nombres soupçonneux et solitaires, raison pour laquelle Mattia les trouvait merveilleux. » p.149

Autour du livre :

  • Paolo Giordano est un écrivain italien né en 1982. Comme je l’ai dit plus haut, il a fait une thèse en physique des interactions fondamentales à Turin. Il a indiqué que ce livre était en partie autobiographique.
  • Il a été le plus jeune auteur à remporter le prix Strega en 2008 (l’un des prix les plus prestigieux en Italie) pour ce roman.
  • Ce livre a été adapté en film en 2010 par l’italien Saverio Costanzo.

Quand souffle le vent du nord – Daniel Glattauer

Gut gegen Nordwind

Éditeur : Le Livre de Poche

Collection : Littérature & Documents

Date de parution originale : 2006

Date de parution française : 2010

348 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

En voulant résilier un abonnement, Emmi Rothner se trompe d’adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emmi s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l’autre… De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d’un chagrin d’amour. Un jour, pourtant – enfin ! –, ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s’imposent une règle : reconnaître l’autre qu’ils n’ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler…

Mon avis :

Ah, ces chers Emmi et Leo… On peut dire que ces deux personnages ont fait des émules sur la toile ces derniers temps. Malheureusement, de mon côté, j’ai eu beau avoir été rapidement happée par leurs échanges lors de ma lecture, j’avoue ne pas être parvenue à apprécier ces personnages.

Tout au long de ma lecture, j’ai petit à petit trouvé Emmi égoïste et incapable de se rendre compte du mal qu’elle pouvait faire autour d’elle, que ce soit envers son mari ou envers Leo. Face à elle, Leo m’a semblé lui incapable de prendre une décision, même s’il a à sa décharge l’excuse d’être aveuglément amoureux… Leurs échanges sans fin m’ont parfois épuisée, me poussant à finir ce livre rapidement afin de savoir enfin ce qu’ils allaient décider.

Je vais peut-être passer pour quelqu’un d’insensible, tant je n’ai pas accroché à leur histoire d’amour, mais de mon côté je ne considère pas du tout ces personnages comme romantiques. Perdre des mois voire des années de sa vie à travers une relation virtuelle est une idée qui me gêne beaucoup, me choque même. Pour être plus précise, si les deux personnages avaient été d’accord sur le sens qu’ils voulaient donner à leur relation, cet aspect virtuel ne m’aurait pas dérangée. Ce qui me gêne est surtout le moment à partir duquel l’un des deux n’est plus satisfait d’une telle relation et se retrouve même incapable d’avancer dans la vie réelle.

Malgré cela, j’avoue quand même avoir en partie pris plaisir à lire ce roman (si si c’est possible…), que j’ai lu d’une traite en quelques heures. J’ai notamment apprécié les passages traitant de leur rendez-vous anonyme dans un café, lorsqu’ils essaient par la suite de deviner qui ils étaient. J’ai trouvé ces passages particulièrement justes et bien écrits.

Comme d’habitude, je pense au final avoir été contre-influencée par les avis fleurissant sur internet quand je le lisais. Un très grand nombre de personnes ayant apprécié ce roman (voire vénéré), je m’attendais vraiment à quelque chose de génial, comme lorsque j’avais découvert (là encore grâce à internet) et adoré La voleuse de livres il y a quelques mois. Malheureusement ce livre n’a pas trop marché sur moi.

Si vous souhaitez lire d’autres avis sur ce livre (et éventuellement des avis plus enthousiastes), vous pouvez aller lire ceux de Soundandfury, Mrs Pepys (particulièrement bien écrit, même si ça ne se voit pas dans mon article, je crois être d’accord avec tout ce qui y est dit…), Radicale, Sita, Fée Bourbonnaise, Touloulou, Shanaa, Mam’zelle Bulle, Frankie, Nodrey, Lady K, Zatoun, Morgouille et bien d’autres encore ici.

Autour du livre :

  • Daniel Glattauer est né en 1960 à Vienne en Autriche. Après des études en pédagogie et en histoire de l’art, il est devenu journaliste.

Illustration de la couverture :

  • La couverture de mon édition est illustrée du travail de Barnaby Hall, photographe dont on peut voir le site ici.

Les enfants du marais – Georges Montforez

Éditeur : Gallimard

Collection : Folio

Date de parution originale : 1958

296 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Résumé :

Ragris et Pignolle sont les derniers habitants du marais. Alors que Pignolle, affligé d’une femme revêche et de trois enfants, cherche dans le vin rouge le souvenir de sa première femme, Ragris, secret et généreux, vit seul et voue un amour chaste et méconnu à Marie. Tane, le conducteur du train local, Amédée, rêveur et oisif, Pépé, ancien du marais devenu un riche industriel, complètent l’équipe.

Ce livre est un livre heureux. Il parle d’amitié et de liberté et raconte les joies, les bonheurs, les attentes des enfants du marais.

Mon avis :

J’ai découvert ce roman à travers son adaptation, que j’avais appréciée il y a quelques années. Même si cela ne m’arrive pas couramment de lire un livre après en avoir vu l’adaptation, le bon souvenir que je gardais de ce film m’a donné envie de me replonger dans l’univers de ces marais…

Comme le résumé l’explique très bien, nous suivons donc dans ce roman Ragris, personnage discret et peu loquace, Pignolle, bon buveur et peu responsable, et toute la troupe de personnages gravitant autour de ces deux amis. Leur vie au marais est rythmée par de petits boulots de cueillette, de pêche ou de jardinage, qui leur permettent de voir venir les mois suivants de manière peu régulière. Ragris soutient Pignolle, rattrape ses nombreuses erreurs et s’occupe en partie de la famille de celui-ci.

La relation qui lie ces deux personnages est une profonde amitié, même si la dépendance de Pignolle vis-à-vis de Ragris a souvent pu m’énerver au cours de ma lecture. Pignolle boit trop, est peu prévoyant, se plaint souvent et dépense son argent sans réfléchir, ce qui oblige souvent son ami à se sacrifier pour lui. Seulement voilà, un lien profond unit tout de même ces deux êtres un peu paumés.

Ce roman est avant tout une ode à la vie auprès de la nature, à la pêche et à la cueillette, aux soirées et repas entre amis… Les incursions des deux personnages principaux dans la ville sont d’ailleurs souvent à l’origine de situations improbables, que ce soit pour y rencontrer leurs amis Amédée et Pépé, pour y rencontrer la jolie Marie ou pour y vendre au marché leurs prises et récoltes de la matinée.

J’ai particulièrement aimé le personnage de Pépé, ancien du marais devenu riche, perdu dans une vie bourgeoise et au sein d’une famille qu’il ne supporte plus. Ses tentatives pour faire découvrir le marais à son petit-fils sont touchantes, et le symbole d’une période perdue qui ne reviendra sans doute pas… Amédée, ancien riche oisif aujourd’hui ruiné, est également émouvant. Il connait tous les livres de sa bibliothèque par cœur, mais ne connaît au final que très peu de la vie…

« Ce sont précisément ceux qui mènent une vie monotone qui tiennent un journal, parce qu’ils en ont le temps, parce qu’ils veulent se persuader, avec le recul, que leur existence a tout de même été bien remplie – remplie de vent. »

Dans ce roman, le marais est lui aussi un personnage à part entière, plein de mystères et riche d’une nature toujours présente dans la vie quotidienne des personnages. Mais ce roman parle surtout de liberté, et de cette vie que les personnages ont choisie, libre mais incertaine.

« Le gars du marais, c’est celui qui vit de l’air et du temps. Il ne touche pas le chômage. Il vend du muguet, du poisson, des grenouilles, selon la saison. Et quand il n’a rien à vendre, il ne vend rien et il vit tout de même. Les bourgeois n’aiment pas cela, Pignolle. Ils pensent que ce n’est pas régulier. »

Adaptation :

Comme je vous l’ai dit, ce beau roman a fait l’objet en 1999 d’une adaptation par Jean Becker, à qui l’on doit également « Elisa », « Effroyables jardins », « Dialogue avec mon jardinier » ou encore plus récemment « La tête en friche ». Ce film a la chance de bénéficier d’un superbe casting : Pignolle (rebaptisé pour l’occasion Pignol) est ainsi interprété par Jacques Villeret, Ragris (rebaptisé Garris) par Jacques Gamblin, Pépé la Reinette par Michel Serrault et Amédée par André Dussollier. On peut également noter la présence rapide d’Eric Cantona (chic chic) et d’Isabelle Carré dans le rôle de Marie.

Ce film m’avait beaucoup marquée étant plus jeune, je me souvenais particulièrement de certaines scènes autour du marais (la pêche à la grenouille) et d’une scène avec Michel Serrault qui m’avait beaucoup touchée (la scène où il neige, pour ceux qui connaissent…). J’avais en tête l’acteur en lisant le livre, ce qui explique en partie pourquoi j’ai tant aimé son personnage.

Mais revenons au film, que j’ai donc revu après avoir lu le livre. Pour tout dire, je trouve que l’adaptation de ce roman est très réussie. Je pense que Jean Becker est particulièrement doué pour peindre les personnages simples, « les petites gens », comme il l’a également très bien fait d’ailleurs dans « La tête en friche » avec le personnage joué par Gérard Depardieu. Sa vision du marais me plaît également. Je pense même qu’il a réussi à rendre le film plus prenant que le livre, sans doute avec la complicité des acteurs encore une fois…

Autour du livre :

  • Georges Montforez est un écrivain français né en 1921, romancier, nouvelliste, auteur d’ouvrages pour la jeunesse, scénarios de bandes dessinées et de nombreux contes pour enfants. Il existe assez peu d’informations le concernant, je peux donc juste vous indiquer qu’il est né en Cochinchine (actuel Viêt-Nam), de parents originaires de Roanne dans la Loire et qu’il a passé son enfance et sa jeunesse à Roanne. C’est d’ailleurs là qu’il a écrit son premier roman. Quatre autres de ses romans ont été publiés après « Les enfants du marais » : « La presqu’île Martin », « L’ombre d’un chêne », « Le pacte » et « La glaisière ».

Cette lecture rentre dans le cadre du Challenge « Regarde ce que tu lis » organisé par Nodrey.

Tom petit Tom tout petit homme Tom – Barbara Constantine

Éditeur : Le Livre de Poche

Collection : Littérature & Documents

Date de parution originale : 2010

224 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Tom a onze ans. Il vit dans un vieux mobile home avec Joss, sa mère (plutôt jeune : elle l’a eu à treize ans et demi). Comme Joss adore faire la fête et partir en week-end avec ses copains, Tom se retrouve souvent seul. Et il doit se débrouiller. Pour manger, il va chaparder dans les potagers voisins… Mais comme il a peur de se faire prendre et d’être envoyé à la Ddass (sa mère lui a dit que ça pouvait arriver et qu’elle ne pourrait rien faire pour le récupérer), il fait très attention. Un soir, en cherchant un nouveau jardin où faire ses courses, il tombe sur Madeleine (quatre-vingt-treize ans), allongée au milieu de ses choux, en larmes parce qu’elle n’arrive pas à se relever. Elle serait certainement morte, la pauvre vieille, si le petit Tom n’était pas passé par là…

Mon avis :

J’ai commencé ce livre car j’avais besoin d’une lecture facile et pleine de bons sentiments, le genre de lecture qui me repose et me rend toute guillerette… Et à ce niveau-là, le roman de Barbara Constantine tient largement ses promesses. On s’attache rapidement au personnage triplement éponyme de ce roman, courageux, intelligent et profondément gentil, qui tente de se faire aimer d’une maman pas tous les jours très tendre.

On sent beaucoup de non-dits dans leur relation, de la brutalité également de la part de Jo, qui est devenue maman avant même de devenir adulte. Mais en toile de fond, on ressent également l’amour et l’attachement qui les relient.

Dans ce roman, on suit donc Tom tout au long de ses journées, qu’il occupe essentiellement à trouver à manger pour le soir. Ceci l’amène à rencontrer un couple d’anglais s’essayant au jardinage, une vieille dame un peu perdue et un jeune employé des pompes funèbres au comportement pas toujours prévisible. J’ai particulièrement aimé tout ce qui touchait au couple anglais, à leur jardin potager et aux raisons qui les ont poussés à venir s’installer en France.

L’amitié entre Tom et la vieille dame est également très touchante. Tom décide de s’occuper d’elle et de la prendre sous son aile, comme il aimerait peut-être parfois le faire avec sa maman, sans que celle-ci ne lui en donne la possibilité. Le personnage de la mère est lui aussi peu à peu attachant, prenant de la hauteur au fur et à mesure du récit.

Petit point négatif, je n’ai par contre pas trop accroché au style de l’auteur, que j’ai trouvé un peu trop proche du langage parlé à mon goût. Malgré cela, j’ai été très touchée par l’histoire de ce roman et je pense retenter l’expérience Barbara Constantine très prochainement avec un autre de ses romans, A Mélie sans mélo sans doute.

Autour du livre :

  • Barbara Constantine est une écrivain française auteure de trois romans : Allumer le chat, A Mélie sans mélo et Tom petit Tom tout petit homme Tom. Elle a également été scripte pour le cinéma, notamment sur le film Les poupées russes de Cédric Klapisch.