Challenge Livra’deux pour PAL’addict

Bonjour tout le monde !

Un petit article pour annoncer ma participation au challenge Livra’deux pour PAL’addict, organisé par l’équipe du site Livraddict.

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Le principe est de s’associer avec un binôme, dans mon cas ce sera Touloulou, qui a pour mission de choisir 3 livres présents dans ma PAL et qu’il souhaiterait me voir lire. Sur ces trois livres, je devrai en choisir un, le lire et en donner mon avis dans un délai imparti.

Pour plus d’informations, le sujet est ici. Au niveau des dates, voici les quelques délais à respecter :

  • Clôture des inscriptions : le 20 mai à 12h00
  • Choix de la lecture finale : jusqu’au 25 mai
  • Lecture du livre : du 25 mai au 15 juillet
  • Clôture du challenge : le 30 juillet

Parmi les livres présents sur mes étagères, Touloulou a donc choisi pour moi les 3 suivants :

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  • Sur la route de Jack Kerouac, parce que Touloulou le lit en ce moment et qu’il lui plait beaucoup. Et que le film va bientôt sortir…
  • Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, parce que c’est une pièce magnifique (dixit Touloulou).
  • Les chaussures italiennes de Henning Mankell, parce qu’il est aussi dans la PAL de Touloulou et qu’elle entend beaucoup de bien.

Autant dire que son choix était parfait, puisque ce sont trois livres que je veux vraiment lire en ce moment.. Parmi ces trois livres, j’ai donc choisi de lire Sur la route de Jack Kerouac. Le film qui en a été adapté me tente en effet beaucoup, et j’aimerais donc pouvoir lire le livre avant de voire le film…

De mon côté, j’ai choisi dans la PAL de Touloulou les trois livres suivants :

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  • Orgueil et préjugés de Jane Austen, parce que c’est mon livre préféré de Jane Austen, et parce que je veux son avis sur les trois personnages que j’aime particulièrement dans ce roman : Elizabeth, Darcy et Jane.
  • Tokyo Sanpo de Florent Chavouet, parce que Florent Chavouet est un illustrateur et auteur que j’aime beaucoup, et dont je suis le blog avec plaisir (ses sushis détournés sont vraiment très drôles…). Et parce que j’ai ce livre chez moi, que je l’ai feuilleté mais pas encore lu.
  • Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee, parce que c’est un de mes livres préférés et que je souhaite justement le relire prochainement en anglais (d’où la couverture utilisée au-dessus..).

Face à ce choix cornélien, Touloulou a finalement choisi Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, et évidemment je ne peux qu’être ravie de son choix ! Pour voir directement son article, ça se passe donc ici !

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L’étrange disparition d’Esme Lennox – Maggie O’Farrell

The Vanishing Act of Esme Lennox

Éditeur :  10-18

Collection :  Domaine Étranger

Date de parution originale : 2006

Date de parution française : 2008

231 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

A Édimbourg, un asile ferme ses portes, laissant ses archives et quelques figures oubliées ressurgir à la surface du monde. Parmi ces anonymes se trouve Esme, internée depuis plus de soixante ans et oubliée des siens. Une situation intolérable pour Iris qui découvre avec effroi l’existence de cette grand-tante inconnue. Quelles obscures raisons ont pu plonger la jeune Esme, alors âgée de seize ans, dans les abysses de l’isolement ? Quelle souffrance se cache derrière ce visage rêveur, baigné du souvenir d’une enfance douloureuse ? De l’amitié naissante des deux femmes émergent des secrets inavouables ainsi qu’une interrogation commune : peut-on réellement échapper aux fantômes de son passé ?

Mon avis :

« L’étrange disparition d’Esme Lennox » est un roman que j’ai découvert un peu par hasard, notamment grâce à sa couverture que je trouvais très jolie et captivante. Je l’ai lu il y a quelques mois, à une époque où je lisais peut-être un peu trop de romans traitant de familles et de leurs secrets enfouis (« Le goût des pépins de pomme » de Katharina Hagena, « La pluie, avant qu’elle tombe » de Jonathan Coe…), ce qui explique le léger flou dans lequel je place aujourd’hui ce livre. Je me souviens l’avoir beaucoup apprécié, mais je crois que je confonds beaucoup d’éléments avec le livre de Jonathan Coe. On va donc voir ce que j’arrive à récupérer de mes souvenirs.

Dans ce roman, on suit Iris, une jeune femme indépendante et bien dans sa peau vivant à Édimbourg. Un jour, elle découvre avec surprise qu’elle a une grande-tante , prénommée Esme, ayant vécu toute sa vie dans un hôpital psychiatrique. Rapidement touchée par cette femme dont elle se sent proche, elle va tenter de découvrir les raisons du mystère qui entoure cette femme haute en couleurs : pourquoi n’a-t-elle jamais entendu parler d’elle ? Pourquoi Esme a-t-elle été enfermée dans cet hôpital à l’âge de 16 ans ?

Au début de ma lecture, j’ai parfois été quelque peu décontenancée par les changements de narration, puisqu’on passe de scènes racontées par un narrateur extérieur à l’histoire à des passages reprenant les pensées de certains personnages du roman. Ces derniers passages sont au début assez obscurs à saisir, d’autant plus qu’ils sont racontés par des personnages dont la mémoire s’effrite peu à peu..

Passé cela cependant, on entre rapidement dans le cœur même de la vie d’Esme, et des évènements qui l’ont menée dans cet hôpital. On débute avec son enfance en Inde (les ambiances m’ont d’ailleurs fait penser à la bande dessinée « India dreams » de Maryse et Jean-François Charles), auprès de sa sœur Kitty et de ses parents, jusqu’à l’année fatidique de ses 16 ans. Sa courte enfance puis adolescence voit défiler des évènements pour le moins traumatisants, mais elle vit malheureusement à une époque où l’on ne montre pas ses sentiments, et où la meilleure chose à faire est d’encaisser et de se taire..

Dès le début, j’ai été touchée par le personnage atypique d’Esme. Ses proches ne la comprennent pas, la voyant capricieuse quand elle est d’une sensibilité extrême, irrespectueuse et désobéissante quand elle se montre anticonformiste. A travers ce personnage, on conçoit les difficultés que pouvait éprouver une femme éprise de liberté et d’autonomie, à une époque où la société ne l’y autorisait pas.

J’ai aimé également le lien tendre et teinté de respect mutuel qui se tisse rapidement entre Esme et Iris. Ces deux femmes, qui ont vécu à des décennies d’écart, sont pourtant éprises des mêmes envies de liberté dans leurs choix de vie. La redécouverte du quotidien par Esme, elle qui n’a jamais été libre de ses mouvements durant ces années en hôpital psychiatrique, est particulièrement touchante. C’est avec une joie parfois enfantine qu’elle s’approprie peu à peu la vie dans l’appartement d’Iris.

Ce roman est pour moi un roman fort sur la liberté de vivre, mais qui traite également des notions de jalousie, de pardon et de souvenir. Ce n’est pas un roman extrêmement gai, c’est certain, plutôt un livre émouvant et parfois révoltant, dans lequel on est rapidement happé par la vie trop tôt brisée de cette drôle et touchante Esme Lennox.

 » Toute sa famille […] se résume à présent à cette fille, la seule qui reste. Ils se sont tous réduits à cette brune assise sur le sable, qui ignore que ses mains, ses yeux, sa façon de pencher la tête, le mouvement de ses cheveux sont ceux de la mère d’Esme. Nous ne sommes que des vaisseaux par lesquels circulent des identités, songe Esme : on nous transmet des traits, des gestes, des habitudes, et nous les transmettons à notre tour. Rien ne nous appartient en propre. Nous venons au monde en tant qu’anagrammes de nos ancêtres. » p.119

 » « Pose ton livre, Esme, lui avait dit sa mère. Tu as assez lu pour ce soir. »
Elle en était incapable, car les personnages et le lieu de l’action la captivaient. Soudain, voilà que son père se tenait devant elle, lui arrachait le livre, le fermait sans marquer la page. Ne restait plus alors que la pièce dans laquelle elle se trouvait. « Fais ce que dit ta mère, pour l’amour de Dieu », disait-il.
Elle se redressa, la rage bouillonnant en elle, et, au lieu de demander : « S’il te plaît, rends-moi mon livre », elle lâcha : « Je veux continuer l’école ».
Ce n’était pas prévu. Elle savait que le moment était mal choisi pour aborder ce sujet, que la discussion ne servirait à rien, mais ce désir était aigu en elle, et elle n’avait pas pu s’en empêcher. Les mots avaient jailli de leur cachette. Sans son livre, ses mains se sentaient curieuses et inutiles, et le besoin de continuer l’école s’était exprimé par sa bouche à son insu.
Un silence s’empara de la pièce. La grand-mère regarda son fils, Kitty leva les yeux sur leur mère, puis les baissa sur son ouvrage. […]
« Non, répondit son père.
– S’il te plaît ». Esme se leva, s’étreignant les mains pour les empêcher de trembler. « Mlle Murray dit que je pourrais obtenir une bourse et ensuite, peut-être, tenter l’université et…
– Ça ne servirait à rien, trancha son père en se rasseyant dans son fauteuil. Pas question que mes filles travaillent pour vivre. » « 

Autour du livre :

  • Maggie O’Farrell est une écrivaine britannique née en 1972 en Irlande du Nord. Elle a grandi au Pays de Galles et en Écosse. Après une courte carrière de critique littéraire, elle se consacre totalement à l’écriture à la suite du succès de son premier roman, « Quand tu es parti« , publié en 2000. Elle a publié par la suite « La Maîtresse de mon amant » en 2002, « La distance entre nous » en 2004, qui a reçu le prix Somerset-Maugham, et « Cette main qui a pris la mienne » en 2010.
  • Sur la page Wikipédia consacrée à l’écrivaine, une analyse très intéressante des thèmes récurrents dans ses romans est proposée. On y apprend que ses romans se caractérisent avant tout par une intrigue se déroulant dans des pays anglo-saxons dans lesquels Maggie O’Farrell a vécu, par une pluralité des voix, un mélange du passé et du présent dans la narration, ainsi qu’un sujet souvent centré autour d’une famille, généralement sur plusieurs générations. L’émancipation des femmes, la difficulté des relations fraternelles, la perte des être chers et la sentimentalité extrême des personnages sont également des thèmes fortement développés par l’auteure dans ses œuvres.

Le monde dans la main – Mikaël Ollivier

Éditeur :  Thierry Magnier

Collection : Grands Romans

Date de parution : 2011

288 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Dans la vie de Pierre, adolescent timide et sans histoire, tout semble normal et lisse. Il partage son temps entre le lycée et le conservatoire, et entretient une correspondance assidue avec sa sœur partie de la maison.
Un samedi après-midi, après des courses chez Ikea, sa mère leur tourne le dos, à lui et à son père. Elle disparaît, sans rien dire. Quelques heures plus tard, elle envoie un SMS : « Ne vous inquiétez pas pour moi. Je n’en peux plus, c’est tout. »
Après le choc, la peur et de vaines recherches policières, la vie s’organise autour de cette absence inexplicable. Les repères s’écroulent. Le vernis se fendille et dans cette famille où l’on parlait peu, les langues se délient soudain, révélant des secrets et des drames insoupçonnés. La violence de ce bouleversement transforme le jeune homme réservé, lui apprenant à se débarrasser de ses peurs et de son excessive sagesse.

Mon avis :

Mikaël Ollivier est un auteur que j’ai découvert lorsque j’étais au lycée à travers deux de ses précédents romans, « La vie, en gros » et « Star-crossed lovers« , que j’avais tous deux beaucoup appréciés (il faudrait que je le relise d’ailleurs..). Voilà pourquoi je n’ai pas hésité longtemps à lire son nouveau roman, dont la couverture me plaisait en plus beaucoup..

Malgré le sujet pas forcément heureux traité dans ce livre, on comprend dès les premières pages que sa lecture ne sera pas triste, au contraire. Mikaël Ollivier est particulièrement doué pour faire rire, ou au moins sourire, en toutes circonstances, et il le prouve parfaitement dans ce roman. Il maîtrise en fait très bien ce que j’appellerais le « comique de situation », soit quelque chose qui me fait très souvent rire. Dans le cas présent, on assiste en particulier à une scène assez mémorable à Ikea où Pierre et ses parents, munis d’un « chariot aussi facilement maniable qu’un âne mort » (p.19), s’impatientent un à un au fur et à mesure de leur lente progression dans le magasin…

« Pour parvenir aux rayons des chambres, il fallait passer par les salons, les canapés, faire un arrêt aux bureaux puis traverser les cuisines. Pas le choix. Chez Ikea, on n’avance pas, on chemine, on piétine, on tourne, on a l’impression de faire des kilomètres alors qu’on fait du surplace entre les fausses cloisons qui abrite les faux intérieurs. » (p.14)

Au final, comme le dit si bien Pierre, « Ikea, c’est drôle au début. » (p.13). Et je ne vous parle pas des scènes en présence du vieux couple voisin des grands-parents de Pierre, dont la femme a été renommée par Pierre Madame Faisandée, du fait de son âge et de la couleur de sa peau…

Pour en revenir au sujet du roman en lui-même, on assiste donc au départ de la mère de Pierre, qui disparaît un jour sans prévenir, et ne donne plus de signe de vie mis à part un SMS leur demandant de ne pas s’inquiéter. Commence alors pour Pierre et son père une vie à deux un peu bancale, dans laquelle les rôles sont vite inversés.. Pierre récupère, étrangement avec un certain plaisir, le rôle du chef de famille devant veiller sur son père.

« J’avais envie de le prendre dans mes bras mais est-ce qu’on est capable, à seize ans, de serrer son père pour le consoler ? » (p.142)

J’ai beaucoup aimé la relation qui se noue petit à petit entre ces deux personnages.. Pierre semble redécouvrir son père à travers cette épreuve, et l’on sent que leur relation en sort renforcée. J’ai particulièrement aimé le fait qu’on ne tombe pas dans un scénario qui aurait pu être classique : l’adolescent qui part en vrille, les relations avec son père qui se détériorent, les notes qui diminuent inexorablement à l’école, et éventuellement pour finir : la drogue et la fugue qui sait ! Mais non, rien de tout cela ici, les changements qui s’opèrent au sein de ces deux êtres s’avèrent au final bien plus subtils..

 » Pierre, quand je serai vieux, vraiment vieux, et que tu seras un homme, un père peut-être, avec des responsabilités, des soucis, une vie à toi dont je ne saurai rien, n’oublie pas qui j’ai été. N’oublie pas, même si je n’ai plus toute ma tête, même si j’ai rapetissé, que je suis tout tassé et que je pue le vieux, n’oublie pas que j’ai été ton père, que j’ai mené ma vie, essayer de guider le début de la tienne. Que j’ai été un homme. » (p.180)

J’ai été surprise que l’absence de la mère, qui demeure à l’origine l’élément déclencheur de ce récit, reste malgré tout en toile de fond et ne constitue pas forcément l’essentiel de l’intrigue. C’est un point qui pourrait déconcerter mais que j’ai finalement trouvé ici intéressant. Je pense que cela permet en effet au lecteur de s’attacher ainsi plus aux changements qui s’opèrent dans la vie de Pierre et de son père. Cela dit, le départ de la mère et les éléments qui auraient pu la conduire à les quitter ne sont pas non plus totalement absents du roman, et heureusement. Au final, on a comme l’impression à la fin de ce roman d’en savoir très peu sur cette femme, qui semble être toujours restée une sorte de mystère pour ses proches.. Et c’est d’ailleurs ce que Pierre semblait ressentir dès le début. Connait-il vraiment sa mère ? Que sait-il de ses goûts, de son passé, de sa vie ?

 » Mais il faut bien comprendre que ce n’était pas envisageable que ma mère disparaisse pour de bon. C’était ma mère, c’était sa femme, c’était comme le jour qui se lèvre chaque matin, tellement normal qu’on n’y fait plus attention.  » (p.25)

Au cours de ses réflexions, Pierre se pose beaucoup de questions sur l’influence que peuvent avoir nos choix sur le cours de notre vie. Quand votre mère quitte la voiture au beau milieu d’un parking et s’en va, faut-il la rattraper ou la laisser partir ? Cela aurait-il changé quelque chose à sa disparition ? Notre vie dépend-elle vraiment des choix arbitraires que nous sommes amenés à faire, ou existe-t-il une sorte de destin auquel nous sommes voués, peu importe nos choix ?

 » – En prenant à gauche, je choisis sans le savoir une vie et je tourne le dos à une autre ! Comment savoir laquelle aurait été la meilleure, celle de la rue de gauche, ou celle de la rue de droite ?
– On ne peut pas savoir.
– Mais c’est des coups à rester au lit de peur de bouleverser l’avenir au moindre pas!
– Sauf que c’est pas en restant au lit que tu vas la rencontrer, la femme de ta vie. » (p.134)

Pour finir, je crois que le plaisir que j’ai pris à lire ce livre tient en grande partie à la richesse de ses personnages. Au-delà des deux personnages centraux, Pierre et son père, Mikaël Ollivier nous offre une palette de personnages secondaires toujours surprenants et attachants : Mathias le meilleur ami de Pierre, dont les réflexions sont toujours pertinentes et à contre-courant de ce que l’on pourrait imaginer dans un roman destiné aux adolescents, la grand-mère maternelle de Pierre, Bonne Maman, qui sous ses airs bourgeois et froids cache une attitude protectrice qui m’a touchée, la grand-mère paternelle de Pierre cette fois, à l’opposé de l’autre, et aux remarques impertinentes, sans oublier mon personnage préféré : Marie-Bertille (je précise que la famille dont est issue la mère de Pierre est assez bourgeoise, ce qui explique certains des prénoms..), la tante de Pierre, qui sous ses airs timides et coincés cache une personnalité forte et réfléchie (excusez-moi pour la longueur de la citation suivante, mais j’aime vraiment beaucoup ce passage…).

 » J’ai compris ce soir-là ce que j’aimais chez ma tante. C’était qu’elle ne m’avait jamais traité comme un enfant, ni comme un adolescent. Jamais elle ne m’avait demandé comment allait l’école, si j’avais une amoureuse, ce que je voulais faire plus tard. Avec elle, je n’avais même pas l’impression d’être son neveu, mais moi-même, tout simplement. Un individu qu’elle prenait tel qu’il était. S’il était très difficile à quelqu’un qui ne la connaissait pas de lui donner un âge (sans même parler de ses tenues vestimentaires hors d’âge et de modes), c’était parce que le temps n’avait pas de prise sur elle car pas d’importance. Et du coup, il en allait de même pour l’âge des personnes qu’elle fréquentait. Elle s’en moquait et se comportait de la même façon avec tout le monde, ne cherchant à plaire à personne, ni professionnellement […], ni amicalement, ni amoureusement. Elle ne jouait pas à la vie comme nous tous, et cela faisait d’elle un être reposant. Et sans doute plus libre malgré ses airs coincés que bon nombre d’entre nous qui passons notre temps à vouloir démontrer aux autres combien nous le sommes. » (p.189-190)

Et j’allais oublier le personnage qui est sans doute le plus important pour Pierre : sa sœur, Alix, qui n’est plus à la maison mais avec laquelle il communique tout le temps, dès qu’il se sent mal ou se pose des questions.. J’ai trouvé cette relation extrêmement touchante et bien amenée, et c’est sans doute ces dialogues avec sa sœur qui m’ont tant fait aimer le personnage de Pierre, auquel je me suis beaucoup attachée durant ma lecture.

 » La beauté n’a pas besoin qu’on la voit pour exister. » (p.74)

Pour finir, « Le monde dans la main » est un roman que je conseille vraiment, aux adultes comme aux plus jeunes, et qui nous fait nous poser de très belles questions sur l’absence et le souvenir que l’on garde des gens qui ne sont plus là, mais également sur les choix que l’on peut être amené à faire dans la vie. Ce livre insiste également, et ce de manière originale et pertinente, sur la notion de liberté et d’indépendance d’esprit vis-à-vis des autres, ainsi que sur la nécessité qu’il y a à saisir la différence entre ce que nous souhaitons faire de notre vie et ce que les autres attendent de nous. Enfin, les différents personnages nous donnent dans ce roman une discrète leçon de courage et surtout d’espoir, que j’ai eu beaucoup de plaisir à recevoir.

 » Est-ce que tout passe avec le temps ? » (p.181)

Autour du livre :

  • Mikaël Ollivier est un écrivain français né en 1968. Alors qu’il n’aimait pas lire étant enfant (voir son roman « Celui qui n’aimait pas lire »), c’est d’abord pour le cinéma qu’il se passionne. Il travaillera par la suite à Canal Plus. Parmi ses romans destinés aux plus jeunes, on peut citer :
  • Mikaël Ollivier a également publié des romans destinés aux adultes.
  • A noter les références littéraires et musicales présentes dans ce roman, qui font toujours plaisir : la Prélude de la 1ère Suite de Bach, toujours elle (on en parlait aussi dans « Si je reste » de Gayle Forman), une Prélude de Chopin, la Gnossienne n°1 de Satie, le roman « La Quête d’Ewilan » de Pierre Bottero, le Concerto pour piano n°5 de Beethoven (« Concerto Empereur »), et j’en oublie sans doute… J’aime beaucoup découvrir de telles références dans mes lectures, dans le cas présent cela me permet de combler une partie mes lacunes en ce qui concerne la musique classique…

Mon enfant de Berlin – Anne Wiazemsky

Éditeur : Gallimard

Collection : Folio

Date de parution : Mars 2011

260 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

En septembre 1944, Claire, ambulancière à la Croix-Rouge française, se trouve à Béziers avec sa section, alors que dans quelques mois elle suivra les armées alliées dans un Berlin en ruine. Elle a vingt-sept ans, c’est une très jolie jeune femme avec de grands yeux sombres et de hautes pommettes slaves. Si on lui en fait compliment, elle feint de l’ignorer. Elle souhaite n’exister que par son travail depuis son entrée à la Croix-Rouge, un an et demi auparavant. Son courage moral et physique, son ardeur font l’admiration de ses chefs. Ses compagnes, parfois issues de milieux sociaux différents du sien, ont oublié qu’elle est la fille d’un écrivain célèbre, François Mauriac, et la considèrent comme l’une d’entre elles, rien de plus. Au volant de son ambulance, quand elle transporte des blessés vers des hôpitaux surchargés, elle se sent vivre pour la première fois de sa jeune vie. Mais à travers la guerre, sans même le savoir, c’est l’amour que Claire cherche. Elle va le trouver à Berlin.

Mon avis :

« Mon enfant de Berlin » est un livre lu il y a un peu trop longtemps pour en écrire un avis très détaillé, mais dont je souhaitais tout de même parler un peu.. J’ai découvert ce livre suite à une émission de radio, dans laquelle j’avais pu entendre qu’Anne Wiazemsky, petite-fille de François Mauriac, racontait dans ce livre l’histoire de la rencontre de ses parents.

C’est à travers le personnage de Claire Mauriac (la mère de l’auteure donc) que cette histoire nous est racontée. On la suit de 1944 à Béziers à 1945 à Berlin, où elle est ambulancière à la Croix-Rouge et vient donc en aide aux armées alliées. Du haut de ses vingt-sept ans, la jeune femme ressent le besoin de se rendre utile, et s’active sans compter dans la capitale en ruine. C’est dans cette ville détruite qu’elle va rencontrer Yvan (Jean) Wiazemsky, surnommé Wia, émigré russe issu d’une des plus anciennes familles princières de Russie.

J’ai aimé dans ce livre l’atmosphère qui se dégage de cette ville en ruines qu’est devenue Berlin. Les ambulancières de la Croix-Rouge s’affairent autour des armées alliées, et leur sont rapidement indispensables. Mais malgré ce contexte dramatique et cette nécessité d’être toujours sur le qui-vive, c’est une ambiance festive et sympathique qui ressort de ces passages : on fait la fête, on rigole, on s’offre des cadeaux, on voyage même.. J’ai beaucoup aimé l’amitié qui se crée entre ces ambulancières, ainsi que leur courage et leur abnégation face aux missions qui leur sont dévolues..

Le couple formé par Claire et Wia, quant à lui, semble comme une bulle qui se forme au sein de ce groupe d’ami(e)s et de collègues. J’ai été touchée par la douceur avec laquelle Anne Wiazemsky décrit le couple formé par ses parents, de leur rencontre à sa naissance le 14 mai 1947, à Berlin, ville symbole de l’amour du couple.

Mariage de Claire Mauriac et Yvan Wiazemsky – Source : BibliObs

J’ai aussi particulièrement aimé les nombreuses lettres qui ponctuent ce récit, notamment celles entre Claire et ses parents, ainsi que les extraits du journal de Claire, qui apportent une authenticité touchante au roman. La confrontation entre la famille Mauriac et la famille Wiazemsky, issues de milieux totalement différents, se révèle également très intéressante.

« Mon enfant de Berlin » est au final un roman dont j’ai apprécié la lecture. Il se lit rapidement, les évènements s’enchaînant d’une manière à la fois efficace et agréable. Cela dit, je ne suis pas non plus ressortie de cette lecture totalement emportée, même si j’ai du mal à discerner ce qui m’a manqué dans cette lecture, et ce qui m’a empêchée de complétement l’apprécier. J’espère tout de même que les éléments que j’ai indiqués plus haut vous donneront envie de découvrir ce roman.

Autour du livre :

  • Anne Wiazemsky est une écrivaine, comédienne et réalisatrice française née en 1947 à Berlin (d’où le roman..). Elle est la fille de Claire Mauriac et d’Yvan Wiazemsky, dont il est question dans ce roman, et donc la petite-fille de l’écrivain François Mauriac. Elle a été l’épouse du cinéaste Jean-Luc Godard, période dont elle parle dans son nouveau roman, « Une année studieuse« .
  • Un point de vue détaillé de ce roman est disponible sur le site du Nouvel Observateur, ici.
  • A noter dans ce roman, une rapide référence (il est juste cité..) à Stéphane Hessel, l’auteur du court livre « Indignez-vous !« , sorti en 2010.
  • Quelques autres écrits d’Anne Wiazemsky :
  • Filmographie sélective d’Anne Wiazemsky :

De pierre et de cendre – Linda Newbery

Set in stone

Éditeur :  Le Livre de Poche

Collection : Littérature & Documents

Date de parution originale : 2006

Date de parution française : 2009

384 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Lorsque, par un soir brumeux de 1898, le jeune peintre Samuel Godwin pousse les grilles de la propriété de Fourwinds, il est immédiatement envoûté. Engagé pour enseigner l’art aux deux filles de Mr. Farrow, il ignore encore que cette luxueuse demeure sera pour lui le décor de ses plus belles peintures. Intrigué par la personnalité ombrageuse du maître des lieux, séduit par les jeunes demoiselles, Marianne et Juliana, désarçonné par Charlotte Agnew, leur gouvernante et dame de compagnie, Samuel comprend vite que le raffinement du décor et des êtres dissimule de bien sombres mystères et que le vent souffle pour mieux balayer les cendres d’un passé scandaleux. Entre désirs de possession, obsessions et illusions, les deux demoiselles, leur père, l’ombre de leur mère décédée et leur gouvernante entament devant Samuel une subtile danse aussi fascinante que macabre…

Mon avis :

« De pierre et de cendre » étant un livre que j’ai lu en juin 2011, je m’excuse par avance si mes lointains souvenirs ne me permettent pas de vous offrir un avis très détaillé… Quand je suis tombée sur ce roman, j’ai tout de suite été attirée par sa jolie couverture, son résumé et l’atmosphère qui s’en dégage. Nous sommes en 1898 en Angleterre, dans un contexte tout à fait adapté à mes goûts donc.

A travers le personnage de Samuel Godwin, le récit commence par la découverte de la magnifique demeure des Farrow, Fourwinds. Celle-ci, qui tient son nom des quatre vents qui la parcourent depuis les différents points cardinaux, semble entourer d’une aura particulière. Samuel le perçoit rapidement, et les dires des deux demoiselles de la maison ne font que confirmer son impression. Tout au long du roman, cette demeure restera d’ailleurs un personnage à part entière, renfermant ses mystères, ses secrets et ses drames…

Au sein de cette propriété vivent Mr. Farrow, ses deux filles, Marianne et Juliana, ainsi que leur gouvernante Charlotte Agnew, dont le dévouement pour les deux adolescentes semble absolu. Samuel comprend vite que de nombreux secrets tournent autour de cette famille, et que l’apparente sérénité avec laquelle Mr. Farrow le reçoit n’est qu’illusion…

J’ai beaucoup aimé dans ce roman découvrir peu à peu les mystères qui se cachent derrière cette famille et cette propriété. Samuel étant le professeur de peinture des deux adolescentes, j’ai également apprécié la manière avec laquelle l’auteure intègre le thème de l’art dans cette intrigue : les gargouilles encadrant la maison, qui semblent si importantes, mais pour des raisons différentes, à chacun des membres de cette famille, les cours de peinture données sur la terrasse, le rapport entre l’artiste et son œuvre, le rapport entre le statut d’homme et d’artiste…

Durant ce roman, je me suis d’ailleurs souvent surprise à stopper ma lecture pour observer le tableau illustrant la couverture, que je trouve magnifique et très onirique… J’avais la sensation que ce tableau représentait parfaitement l’atmosphère qui se dégage de ce roman : onirique et doux, mystérieux et intriguant.

Les personnages sont également intéressants : Marianne et Juliana aux caractères si différents, Charlotte Agnew si proche des jeunes filles et bien plus intelligente qu’elle ne le laisse voir, Mr. Farrow, à la fois charismatique, épuisant et dérangeant, et enfin Samuel Godwin, l’un des deux narrateurs (l’autre étant Charlotte), qui tente de percer les mystères de cette demeure sans se douter que c’est en partie elle qui le dirige…

Cependant, alors que j’ai beaucoup apprécié, pour des raisons diverses, les premiers personnages, le personnage de Samuel m’a plus gênée et énervée. J’ai eu du mal à comprendre son comportement et sa quête d’ascension sociale.. La famille Farrow représente son unique chance d’être enfin reconnu pour ses œuvres, d’être enfin accepté dans cette société qui l’attire tant. Mais les sacrifices qu’il est prêt à faire et les pactes moraux qu’il est prêt à conclure m’ont rendu ce personnage dérangeant sous certains aspects, même si l’on comprend vite qu’il est lui-même déchiré entre ses devoirs et ses envies.

Le personnage de Charlotte Agnew, la gouvernante, m’a elle beaucoup plu. Son intelligence, sa perspicacité et sa droiture me l’ont rendue très sympathique. J’ai particulièrement aimé la légère intrigue tournant autour de sa propre famille. C’est plus précisément dans ces passages que l’on se rend compte de l’origine de la force et du courage qui émanent d’elle.

Les références à des romans tels que « Jane Eyre » sont palpables (j’ai lu dans d’autres avis des références aux livres de Wilkie Collins, que je n’ai encore jamais lus), que ce soit dans l’atmosphère qui se dégage du roman ou dans les thèmes traités comme l’hystérie et les secrets de famille. Peut-être trop justement. Car contrairement à de tels romans, j’ai trouvé dans celui-ci certains éléments trop évidents et trop simples. J’ai du mal à comprendre qu’un roman dont l’intrigue occupe la quasi-totalité du livre ne nous propose qu’un dénouement rapide et trop facile. Je pense que c’est cet aspect qui m’a empêchée d’apprécier pleinement cette lecture.

Au final, je suis ressortie de ce roman très partagée, puisque je me suis imprégnée et j’ai beaucoup apprécié son atmosphère pendant une grande partie de ma lecture, avant d’être déçue par la facilité des dénouements. Je trouve que ces personnages méritaient quelque chose de plus abouti.

Enfin, cela peut paraître étrange, mais quand j’ai compris à la fin de ma lecture que le personnage de Samuel avait réellement existé, mon point de vue plutôt négatif sur le personnage s’est un peu adouci (voir plus bas dans la partie « Autour du livre » les détails de sa vie)… De même, cet aspect « biographique » du roman pourrait également expliquer la rapidité du dénouement, qui suivrait alors le déroulement réel des évènements. Cela dit, étant donné que je ne sais pas jusqu’à quel point ce roman s’inspire de la vie du peintre et où commence la fiction, je reste sur ce que j’ai dit concernant les quelques points négatifs que j’ai précisés plus haut.

Mais puisque j’aime finir mes avis sur une note positive, je dirais que « De pierre et de cendre » est un roman qui m’a beaucoup touchée et dont on ne voit pas passer la lecture. On est totalement pris dans les aventures de ce jeune peintre et surtout dans le cadre merveilleux et mystérieux de cette famille. Si le mélange de mystère, d’art et d’aventures vous intéresse, n’hésitez donc pas !

Autour du livre :

  • Linda Newbery est un écrivain britannique qui a d’abord surtout écrit des romans pour enfants, adolescents et jeunes adultes. Sur de nombreux sites, « De pierre et de cendre » est d’ailleurs considéré comme un roman pour jeunes adultes. Personnellement, je ne le rangerai pas forcément dans cette catégorie…
  • Peu de ses romans ont actuellement été traduits en français : « Sisterland« , « The Shell House« , « The Treasure House« …
  • Vous pouvez obtenir plus d’informations sur cette auteure sur son site internet.
  • En commençant ce roman, je me suis demandée si le personnage de Samuel Godwin était réel ou imaginaire. Les quelques recherches faites sur internet n’ayant pas été fructueuses, j’ai donc imaginé durant ma lecture que son personnage était fictif. Cependant, à la fin de ma lecture, j’ai pu lire la notice bibliographique écrite par l’auteure et donc constater que le peintre Samuel James Godwin avait réellement existé (même si je n’en trouve aucune trace sur Internet). Né en 1878 et disparu en 1941, il faisait partie d’un petit groupe de peintres mineurs dont les œuvres ont suscité l’intérêt au début du 20ème siècle. Son œuvre a ensuite eu son heure de gloire après la Première Guerre Mondiale, en partie grâce au mécénat de Rupert Vernon-Dale (personnage présent dans le roman). Après une exposition particulière en 1920, il a cessé définitivement d’exposer et n’a plus participé à la vie artistique de l’époque. Ses tableaux les plus célèbres sont « La Sauvageonne« , mentionné dans le roman et qui semble représenter Marianne Farrow, ainsi que « Les Quatre Vents« , représentant les gargouilles de la demeure décrites là encore dans le roman.

Illustration de la couverture :

  • Mon édition est illustrée par un extrait d’un tableau peint par Charles Courtney Curran en 1909 et intitulé « Sur les hauteurs« . Curran était un peintre impressionniste américain né en 1861 et décédé en 1942. Vous pouvez voir une partie de ses magnifiques tableaux ici.

« Sur les hauteurs », Charles Courtney Curran (1909) – Source

« Songs of childhood », Charles Courtney Curran – Source

« The Lanterns », Charles Courtney Curran (1910) – Source

« On the cliff », Charles Courtney Curran (1910) – Source

« A breezy day », Charles Courtney Curran (1887) – Source

Le clan des Otori, tome 1 : Le silence du rossignol – Lian Hearn

Tales of the Otori, book 1 : Across the nightingale floor

Éditeur : Gallimard

Collection : Folio

Date de sortie originale : 2002

Date de sortie française : 2002

372 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Au XIVème siècle, dans un Japon médiéval mythique, le jeune Takeo grandit au sein d’une communauté paisible qui condamne la violence, mais elle est massacrée par les hommes d’Iida, chef du clan des Tohan. Takeo, sauvé par sire Shigeru, du clan des Otori, se trouve plongé au cœur de luttes sanglantes entre les seigneurs de la guerre. Il doit suivre son destin. Mais qui est-il ? Paysan, seigneur ou assassin ? D’où tient-il ses dons prodigieux ? Lorsqu’il rencontre la belle Kaede, un amour fou naît entre les deux jeunes gens : devra-t-il choisir entre cet amour, sa dévotion à sire Shigeru et son désir de vengeance ? Sa quête le mènera jusqu’à la forteresse d’Inuyama, lorsqu’il marchera sur le « parquet du Rossignol ». Cette nui-là, le rossignol chantera-t-il ?

Mon avis :

Depuis le temps que j’entendais dire du bien de cette série, il était temps que je m’y mette. Et bien je ne regrette pas de m’être plongée dedans ! Cette immersion dans un Japon imaginaire aux allures médiévales m’a totalement emportée, et j’ai maintenant terriblement envie d’en lire les tomes suivants.

On suit donc dans ce premier tome le destin de Takeo, membre de la pacifique communauté des Invisibles, qui voit sa vie bouleversée le jour où des guerriers du clan des Tohan décime son village, en tue ses habitants et l’oblige à fuir. Il est alors sauvé et recueilli par sire Shigeru, seigneur du clan des Otori, qui décide de l’adopter et de l’élever comme son fils. Afin de devenir un honorable guerrier Otori, il doit subir un apprentissage rigoureux, au cours duquel il développe des facultés impressionnantes. Peu à peu, il en découvre également plus sur ses origines et sur les luttes engagées entre les différents clans du royaume. Mais je vous laisse découvrir par vous-mêmes les nombreuses péripéties que devra affronter Takeo…

Après un début assez lent à se mettre en place (le temps de nous éclairer sur les différents clans vivant dans ce monde et les luttes qui peuvent exister entre ceux-ci…), j’ai été totalement transportée par ce roman. Je me suis rapidement imaginée dans les décors de films tels que « Princesse Mononoké » de Hayao Miyazaki. On se balade dans ce Japon imaginaire au sein duquel les rivalités sont nombreuses. J’ai beaucoup aimé le soin apporté aux personnages de ce premier tome. Sire Shigeru est devenu mon modèle, une sorte de Dumbledore à la japonaise, en plus jeune et plus séduisant. On prend également plaisir à voir évoluer Takeo, qui devient au fil du tome un adulte et observe lui-même l’évolution inquiétante de ses émotions, du pacifique Invisible qu’il était au guerrier combattif et en quête de vengeance qu’il devient peu à peu… Kaede est elle aussi un personnage intéressant, qui prend au cours du récit de plus en plus d’ampleur.

J’ai beaucoup aimé les passages faisant référence au parquet du rossignol, parquet ayant réellement existé et sur lequel le moindre appui produit un petit grincement imitant le chant d’un oiseau, et destiné à trahir la présence d’intrus dans le bâtiment. Les références aux coutumes médiévales japonaises ou à la vie quotidienne à cette époque m’ont également beaucoup plu (même si l’auteur revendique elle-même le fait que son récit ne soit pas réellement « historique »…).

J’ai apprécié également le fait que ce premier tome ne se contente pas seulement de « poser » la suite de l’histoire. L’histoire racontée dans ce tome est en effet une aventure à part entière, et j’espère que les prochains tomes permettront eux aussi de le voir évoluer parmi les différentes périodes de sa vie… J’ai très hâte de savoir ce qui l’attend par la suite.

Ce premier tome du « Clan des Otori » est donc un livre que je vous conseille fortement, notamment si vous aimez les récits d’aventure historiques et la magie des ambiances japonaises.

Autour du livre :

  • Lian Hearn est le pseudonyme de l’écrivaine anglaise Gillian Rubinstein, qui vit depuis 40 ans en Australie. Elle a choisi d’utiliser un pseudonyme pour cette série qui était sa première destinée à des adultes, afin que son œuvre soit jugée de manière indépendante et non par rapport à ses précédents romans.
  • Lian Hearn a choisi son pseudonyme en hommage à Lafcadio Hearn, écrivain irlandais qui s’exile au Japon à la fin du 19ème siècle, se marie à la fille d’un samouraï, prend la nationalité japonaise et y devient professeur d’université en littérature anglaise. Hearn était également le traducteur en langue anglaise des œuvres de Maupassant, Flaubert, Hugo, Zola ou encore Anatole France (source : Wikipedia).

Illustration de la couverture :

  • La couverture de mon édition représente un détail du tableau de Hirosada intitulé L’acteur Kataoka Ichizo (Source)

Baby challenges Livraddict 2012

Cette année encore, Livraddict organise ses Baby Challenges, le but étant de lire le maximum de livres dans chacune des catégories choisies. Malgré l’échec cuisant du challenge de l’année dernière (sur les 4 catégories choisies, seulement 6 nouveaux livres lus…), j’ai décidé de retenter ma chance cette année. Mais en choisissant mieux mes catégories, et surtout sans me prendre la tête. Le but de cette année est vraiment pour moi de découvrir de nouveaux livres vers lesquels je n’aurais pas forcément été en temps normal…

Pour plus d’informations sur ces challenges, rendez-vous ici.

Je participe donc cette année à 8 baby challenges (dans les listes, les titres en couleur correspondent aux livres que j’ai déjà lus au début de ce challenge, ceux en gras à ceux que je possède mais que je n’ai pas encore lus) :

  • Baby Challenge Classique : 6/20

1 – Les Trois Mousquetaires de Alexandre Dumas
2 – Orgueil et Préjugés de Jane Austen
3 – Jane Eyre de Charlotte Brontë
4 – La Confusion des sentiments de Stefan Zweig
5 – Autant en emporte le vent, tome 1 de Margaret Mitchell
6 – Cyrano de Bergerac de Edmond Rostand
7 – Le Comte de Monte-Cristo, tome 1 de Alexandre Dumas
8 – Les Raisins de la colère de John Steinbeck
9 – Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos De Laclos
10 – Des souris et des hommes de John Steinbeck
11 – Nana de Emile Zola
12 – Les Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur
13 – Les Hauts de Hurle-Vent de Emily Brontë
14 – Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig → mon avis ici
15 – Notre-Dame de Paris de Victor Hugo
16 – Persuasion de Jane Austen
17 – Les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur
18 – Au bonheur des dames de Emile Zola
19 – Hamlet de William Shakespeare
20 – La Ferme des animaux de George Orwell

  • Baby Challenge Littérature Contemporaine : 7/20

1 – La Couleur des sentiments de Kathryn Stockett
2 – De l’eau pour les éléphants de Sara Gruen → mon avis ici
3 – L’Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon
4 – Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan
5 – Le Cercle des poètes disparus de Nancy H. Kleinbaum
6 – Oscar et la dame rose de Eric-Emmanuel Schmitt
7 – La Porte des Enfers de Laurent Gaudé
8 – Kafka sur le rivage de Haruki Murakami
9 – Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer
10 – La Saga Malaussène, tome 1 : Au bonheur des ogres de Daniel Pennac
11 – Ensemble, c’est tout de Anna Gavalda
12 – Une prière pour Owen de John Irving
13 – Le Monde Selon Garp de John Irving 8.46 27 votes
14 – L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera
15 – À Mélie, sans mélo de Barbara Constantine
16 – Le Soleil des Scorta de Laurent Gaudé
17 – Les cœurs fêlés de Gayle Forman
18 – L’Enfant de Noé de Eric-Emmanuel Schmitt
19 – La Part de l’autre de Eric-Emmanuel Schmitt
20 – Cosmétique de l’ennemi de Amélie Nothomb

  • Baby Challenge Drame : 6/20

1 – Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay
2 – Les Cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini
3 – Le Comte de Monte-Cristo, tome 1 de Alexandre Dumas
4 – La Voleuse de livres de Markus Zusak → mon avis ici
5 – Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee
6 – Là où j’irai de Gayle Forman
7 – Neige de Maxence Fermine
8 – La Jeune Fille à la perle de Tracy Chevalier → mon avis ici
9 – Le Temps n’est rien / De toute éternité de Audrey Niffenegger
10 – Ne t’inquiète pas pour moi de Alice Kuipers
11 – L’Attentat de Yasmina Khadra
12 – PS : I love you de Cecelia Ahern
13 – Le Parfum de Patrick Süskind
14 – Le maître des illusions de Donna Tartt
15 – Le procès de Franz Kafka
16 – Le Liseur de Bernhard Schlink → mon avis ici
17 – L’Homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle
18 – Junk de Melvin Burgess
19 – L’homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy
20 – Le Vieil Homme et la Mer de Ernest Hemingway

  • Baby Challenge Théâtre : 6/20

1 – Cyrano de Bergerac de Edmond Rostand
2 – Hamlet de William Shakespeare
3 – Roméo et Juliette de William Shakespeare
4 – On ne badine pas avec l’amour de Alfred de Musset
5 – La Machine infernale de Jean Cocteau
6 – Macbeth de William Shakespeare
7 – La Cantatrice chauve, suivi de La Leçon de Eugène Ionesco
8 – Le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare
9 – Ruy Blas de Victor Hugo
10 – Antigone de Jean Anouilh
11 – Le Cid de Pierre Corneille
12 – Rhinocéros de Eugène Ionesco
13 – Lorenzaccio de Alfred de Musset
14 – Les Fourberies de Scapin de Molière
15 – Le Misanthrope de Molière
16 – Knock ou le Triomphe de la médecine de Jules Romains
17 – Andromaque de Jean Racine
18 – L’Avare de Molière
19 – Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux
20 – L’École des femmes de Molière

  • Baby Challenge Jeunesse : 5/20

1 – Miss Charity de Marie-Aude Murail
2 – Le Ciel est partout de Jandy Nelson
3 – Irrésistible alchimie, tome 1 de Simone Elkeles
4 – Chi, une vie de chat, tome 1 de Konami Kanata
5 – Entre chiens et loups, tome 1 de Malorie Blackman
6 – Divergent, tome 1 de Veronica Roth
7 – Hunger Games, tome 1 de Suzanne Collins → mon avis ici
8 – Simple de Marie-Aude Murail
9 – Le Pacte des Marchombres, tome 1 : Ellana de Pierre Bottero
10 – Harry Potter, tome 1 : Harry Potter à l’école des sorciers de J.K. Rowling
11 – Le Dernier jardin, tome 1 : Éphémère de Lauren DeStefano
12 – Le Passeur de Lois Lowry
13 – À la croisée des mondes, intégrale de Philip Pullman
14 – Birth Marked, tome 1 : Rebelle de Caragh M. O’Brien
15 – Oh, boy ! de Marie-Aude Murail
16 – Chroniques de la fin du monde, tome 1 : Au commencement de Susan Beth Pfeffer
17 – Terrienne de Jean-Claude Mourlevat
18 – Indiana Teller, tome 1 : Lune de printemps de Sophie Audouin-Mamikonian
19 – Delirium de Lauren Oliver
20 – Matilda de Roald Dahl

  • Baby Challenge Bande Dessinée : 7/20

1 – Maus, intégrale de Art Spiegelman
2 – Simon’s Cat, tome 1 : Une calamité de chat de Simon Tofield
3 – Lou, tome 1 de Julien Neel
4 – La théorie de la contorsion de Margaux Motin
5 – Les aventures de Tintin, tome 2 : Tintin au congo de Hergé
6 – Blacksad, tome 1 : Quelque part entre les ombres de Juan Diaz Canales
7 – Ma vie est tout à fait fascinante, tome 1 de Pénélope Bagieu
8 – Le Combat ordinaire, tome 1 : Le Combat ordinaire de Manu Larcenet
9 – Astérix, tome 01 : Astérix le gaulois de René Goscinny
10 – Seuls, tome 1 : La disparition de Bruno Gazzotti
11 – Autobiographie d’une fille Gaga de Diglee
12 – Kaamelott (BD), tome 1 : L’Armée du Nécromant de Alexandre Astier
13 – Aya de Yopougon, tome 1 de Marguerite Abouet
14 – Elinor Jones, tome 1 : Le bal d’hiver de Algésiras
15 – Maliki, tome 1 : Broie la vie en rose de Maliki
16 – Le Chat du Rabbin, tome 1 : La Bar-Mitsva de Joann Sfar
17 – J’aurais adoré être ethnologue de Margaux Motin
18 – Zombillénium, tome 1 : Gretchen de Arthur de Pins
19 – Lanfeust de Troy, tome 1 : L’ivoire du Magohamoth de Christophe Arleston
20 – Murena, tome 1 : La Pourpre et l’or de Jean Dufaux

  • Baby Challenge Mangas : 0/20 (j’ai des lacunes visiblement…)

1 – Pluto, tome 1 de Naoki Urasawa
2 – Fruits Basket, tome 01 de Natsuki Takaya
3 – Quartier Lointain, intégrale de Jirô Taniguchi
4 – Bride Stories, tome 1 de Kaoru Mori
5 – Nana, tome 01 de Ai Yazawa
6 – Chi, une vie de chat, tome 1 de Konami Kanata
7 – Death Note, tome 01 de Tsugumi Ohba
8 – Switch Girl, tome 01 de Natsumi Aida
9 – Chobits, tome 1 de Clamp
10 – xxx Holic, tome 01 de Clamp
11 – Vampire Knight, tome 01 de Matsuri Hino
12 – Tsubasa RESERVoir CHRoNiCLE, tome 01 de Clamp
13 – Monster, tome 01 : Herr Doktor Tenma de Naoki Urasawa
14 – Ikigami, préavis de mort, tome 01 de Motorô Mase
15 – Doubt, tome 1 de Yoshiki Tonogai
16 – Black Butler, tome 01 de Yana Toboso
17 – Alice 19th, tome 1 de Yuu Watase
18 – Fullmetal Alchemist, tome 01 de Hiromu Arakawa
19 – Love Hina, tome 01 de Ken Akamatsu
20 – Bakuman, tome 01 de Takeshi Obata

  • Baby Challenge Polar : 2/20

1 – Dix petit nègres de Agatha Christie
2 – Le Crime de l’Orient-Express de Agatha Christie
3 – Le Poète de Michael Connelly
4 – Spellman et associés de Lisa Lutz
5 – La Trilogie Berlinoise  de Philip Kerr
6 – Les Dossiers Dresden, tome 02 : Lune enragée / Lune fauve de Jim Butcher
7 – Un lieu incertain de Fred Vargas
8 – L’anneau de Moebius de Franck Thilliez
9 – Le huit de Katherine Neville
10 – L’étrangleur de Cater Street de Anne Perry
11 – Millénium, tome 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de Stieg Larsson
12 – Le Nom de la rose de Umberto Eco
13 – La Clinique du Docteur H. de Mary Higgins Clark
14 – L’Affaire Jane Eyre de Jasper Fforde
15 – Pars vite et reviens tard de Fred Vargas
16 – Le Chien des Baskerville de Arthur Conan Doyle
17 – Les Enquêtes d’Enola Holmes, tome 1 : La Double Disparition de Nancy Springer
18 – Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg
19 – Les dossiers Dresden, tome 1 : Dans l’oeil du cyclone/Avis de tempête de Jim Butcher
20 – Le Prédicateur de Camilla Läckberg

J’essaierai de mettre à jour dans les jours qui viennent (avant 2012 évidemment) ma page « Challenges 2011 » en « Challenges 2012 ».