L’étrange disparition d’Esme Lennox – Maggie O’Farrell

The Vanishing Act of Esme Lennox

Éditeur :  10-18

Collection :  Domaine Étranger

Date de parution originale : 2006

Date de parution française : 2008

231 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

A Édimbourg, un asile ferme ses portes, laissant ses archives et quelques figures oubliées ressurgir à la surface du monde. Parmi ces anonymes se trouve Esme, internée depuis plus de soixante ans et oubliée des siens. Une situation intolérable pour Iris qui découvre avec effroi l’existence de cette grand-tante inconnue. Quelles obscures raisons ont pu plonger la jeune Esme, alors âgée de seize ans, dans les abysses de l’isolement ? Quelle souffrance se cache derrière ce visage rêveur, baigné du souvenir d’une enfance douloureuse ? De l’amitié naissante des deux femmes émergent des secrets inavouables ainsi qu’une interrogation commune : peut-on réellement échapper aux fantômes de son passé ?

Mon avis :

« L’étrange disparition d’Esme Lennox » est un roman que j’ai découvert un peu par hasard, notamment grâce à sa couverture que je trouvais très jolie et captivante. Je l’ai lu il y a quelques mois, à une époque où je lisais peut-être un peu trop de romans traitant de familles et de leurs secrets enfouis (« Le goût des pépins de pomme » de Katharina Hagena, « La pluie, avant qu’elle tombe » de Jonathan Coe…), ce qui explique le léger flou dans lequel je place aujourd’hui ce livre. Je me souviens l’avoir beaucoup apprécié, mais je crois que je confonds beaucoup d’éléments avec le livre de Jonathan Coe. On va donc voir ce que j’arrive à récupérer de mes souvenirs.

Dans ce roman, on suit Iris, une jeune femme indépendante et bien dans sa peau vivant à Édimbourg. Un jour, elle découvre avec surprise qu’elle a une grande-tante , prénommée Esme, ayant vécu toute sa vie dans un hôpital psychiatrique. Rapidement touchée par cette femme dont elle se sent proche, elle va tenter de découvrir les raisons du mystère qui entoure cette femme haute en couleurs : pourquoi n’a-t-elle jamais entendu parler d’elle ? Pourquoi Esme a-t-elle été enfermée dans cet hôpital à l’âge de 16 ans ?

Au début de ma lecture, j’ai parfois été quelque peu décontenancée par les changements de narration, puisqu’on passe de scènes racontées par un narrateur extérieur à l’histoire à des passages reprenant les pensées de certains personnages du roman. Ces derniers passages sont au début assez obscurs à saisir, d’autant plus qu’ils sont racontés par des personnages dont la mémoire s’effrite peu à peu..

Passé cela cependant, on entre rapidement dans le cœur même de la vie d’Esme, et des évènements qui l’ont menée dans cet hôpital. On débute avec son enfance en Inde (les ambiances m’ont d’ailleurs fait penser à la bande dessinée « India dreams » de Maryse et Jean-François Charles), auprès de sa sœur Kitty et de ses parents, jusqu’à l’année fatidique de ses 16 ans. Sa courte enfance puis adolescence voit défiler des évènements pour le moins traumatisants, mais elle vit malheureusement à une époque où l’on ne montre pas ses sentiments, et où la meilleure chose à faire est d’encaisser et de se taire..

Dès le début, j’ai été touchée par le personnage atypique d’Esme. Ses proches ne la comprennent pas, la voyant capricieuse quand elle est d’une sensibilité extrême, irrespectueuse et désobéissante quand elle se montre anticonformiste. A travers ce personnage, on conçoit les difficultés que pouvait éprouver une femme éprise de liberté et d’autonomie, à une époque où la société ne l’y autorisait pas.

J’ai aimé également le lien tendre et teinté de respect mutuel qui se tisse rapidement entre Esme et Iris. Ces deux femmes, qui ont vécu à des décennies d’écart, sont pourtant éprises des mêmes envies de liberté dans leurs choix de vie. La redécouverte du quotidien par Esme, elle qui n’a jamais été libre de ses mouvements durant ces années en hôpital psychiatrique, est particulièrement touchante. C’est avec une joie parfois enfantine qu’elle s’approprie peu à peu la vie dans l’appartement d’Iris.

Ce roman est pour moi un roman fort sur la liberté de vivre, mais qui traite également des notions de jalousie, de pardon et de souvenir. Ce n’est pas un roman extrêmement gai, c’est certain, plutôt un livre émouvant et parfois révoltant, dans lequel on est rapidement happé par la vie trop tôt brisée de cette drôle et touchante Esme Lennox.

 » Toute sa famille […] se résume à présent à cette fille, la seule qui reste. Ils se sont tous réduits à cette brune assise sur le sable, qui ignore que ses mains, ses yeux, sa façon de pencher la tête, le mouvement de ses cheveux sont ceux de la mère d’Esme. Nous ne sommes que des vaisseaux par lesquels circulent des identités, songe Esme : on nous transmet des traits, des gestes, des habitudes, et nous les transmettons à notre tour. Rien ne nous appartient en propre. Nous venons au monde en tant qu’anagrammes de nos ancêtres. » p.119

 » « Pose ton livre, Esme, lui avait dit sa mère. Tu as assez lu pour ce soir. »
Elle en était incapable, car les personnages et le lieu de l’action la captivaient. Soudain, voilà que son père se tenait devant elle, lui arrachait le livre, le fermait sans marquer la page. Ne restait plus alors que la pièce dans laquelle elle se trouvait. « Fais ce que dit ta mère, pour l’amour de Dieu », disait-il.
Elle se redressa, la rage bouillonnant en elle, et, au lieu de demander : « S’il te plaît, rends-moi mon livre », elle lâcha : « Je veux continuer l’école ».
Ce n’était pas prévu. Elle savait que le moment était mal choisi pour aborder ce sujet, que la discussion ne servirait à rien, mais ce désir était aigu en elle, et elle n’avait pas pu s’en empêcher. Les mots avaient jailli de leur cachette. Sans son livre, ses mains se sentaient curieuses et inutiles, et le besoin de continuer l’école s’était exprimé par sa bouche à son insu.
Un silence s’empara de la pièce. La grand-mère regarda son fils, Kitty leva les yeux sur leur mère, puis les baissa sur son ouvrage. […]
« Non, répondit son père.
– S’il te plaît ». Esme se leva, s’étreignant les mains pour les empêcher de trembler. « Mlle Murray dit que je pourrais obtenir une bourse et ensuite, peut-être, tenter l’université et…
– Ça ne servirait à rien, trancha son père en se rasseyant dans son fauteuil. Pas question que mes filles travaillent pour vivre. » « 

Autour du livre :

  • Maggie O’Farrell est une écrivaine britannique née en 1972 en Irlande du Nord. Elle a grandi au Pays de Galles et en Écosse. Après une courte carrière de critique littéraire, elle se consacre totalement à l’écriture à la suite du succès de son premier roman, « Quand tu es parti« , publié en 2000. Elle a publié par la suite « La Maîtresse de mon amant » en 2002, « La distance entre nous » en 2004, qui a reçu le prix Somerset-Maugham, et « Cette main qui a pris la mienne » en 2010.
  • Sur la page Wikipédia consacrée à l’écrivaine, une analyse très intéressante des thèmes récurrents dans ses romans est proposée. On y apprend que ses romans se caractérisent avant tout par une intrigue se déroulant dans des pays anglo-saxons dans lesquels Maggie O’Farrell a vécu, par une pluralité des voix, un mélange du passé et du présent dans la narration, ainsi qu’un sujet souvent centré autour d’une famille, généralement sur plusieurs générations. L’émancipation des femmes, la difficulté des relations fraternelles, la perte des être chers et la sentimentalité extrême des personnages sont également des thèmes fortement développés par l’auteure dans ses œuvres.
Publicités

Taille 42 – Malika Ferdjoukh & Charles Pollak

Éditeur :  L’École des Loisirs

Collection : Médium

Date de parution : 2007

264 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Septembre 1939. J’ai onze ans et je pars à la mer avec l’école. C’est grâce à la guerre qui vient d’éclater. Il paraît que nous, les enfants, nous serons plus à l’abri là-bas qu’à Paris.
Je suis flâneur, rêveur, timide, sentimental. J’aime les illustrés et le cinéma. Mandrake, Fu Manchu, Prince Vaillant, Gary Cooper, Clark Gable.
Je fais un bisou pressé à ma grande sœur. Je ne sais pas encore que je la vois pour la dernière fois.
L’an prochain, je dois passer mon certificat d’études. Je ne sais pas encore que ce petit diplôme va me sauver la vie.
Eugène, mon père, va chercher du travail là où il y en a, dans un village en Baie de Somme. Je ne sais pas encore que bientôt, nous allons tous le rejoindre, changer de vie, tromper la mort, grâce à son aiguille de tailleur qui va faire des miracles.
Je suis Juif, c’est devenu un secret, et je ne comprends pas pourquoi tant de gens ont l’air de trouver que c’est mal.

Cette histoire est vraie. Charles Pollak l’a vécue. Malika Ferdjoukh l’a écrite.

Mon avis :

Suite à ma très appréciée lecture de « Chaque soir à 11 heures« , je me suis replongée avec envie dans la bibliographie de Malika Ferdjoukh. J’ai ainsi décidé de lire (ou relire) une bonne partie de ses romans (vaste programme n’est-ce pas..). J’ai donc commencé par ce roman édité à L’École des Loisirs (comme la plupart des romans de l’auteur d’ailleurs), et dont je n’avais bizarrement pas beaucoup entendu parler jusque là.

« Taille 42 » nous raconte donc l’histoire de Charles Pollak, à travers les mots de Malika Ferdjoukh. Le style de cette dernière est d’ailleurs perceptible de temps à autre dans le récit, ce qui est toujours très agréable. J’ai notamment noté les interjections qui rythment le début du récit, ainsi que bien évidemment l’humour toujours présent en toile de fond…

A travers le point de vue du plus jeune fils de la famille, Charles, dit Charly, nous suivons donc le parcours des Pollak, originaires de Hongrie et installés à Paris depuis les années 20. Le père de Charles, Eugène dit Apou, est un tailleur spécialisé dans le gilet, et aidé dans son travail par ses filles et sa femme. Le tissu et la coupe des vêtements est d’ailleurs un thème qui revient souvent dans ce roman, comme un fil rouge : les ourlets, les plis, les doublures, les matières…, élément qui m’a beaucoup plu durant ma lecture.

« Tu vois, répète mon père avec ce vibrato admiratif dans la voix dont il n’use que pour parler de la fortune des Rothschild ou de la cuisine de ma mère. Tu vois pourquoi M. Rosenfeld, il nous dépasse tous ? Personne ne sait, comme lui, cacher les bords et les replis de la coupe ! C’est un artiste.  » p.15

La vie est parfois dure, et la guerre s’installe peu à peu dans les esprits comme quelque chose d’inévitable, mais ce récit reste tout de même en grande partie pour Charles celui de souvenirs joyeux et tendres, partagés entre l’école, le cinéma, la vie quotidienne à la maison, et les jeux avec son frère et ses amis.

Avec l’arrivée de la guerre, la vie devient cependant plus dure pour les Français, et plus particulièrement pour les personnes juives comme la famille Pollak. Les fils sont contraints de partir avec leur classe loin de Paris, où ils seront tous les deux plus en sécurité. Décidé à garder sa famille en vie coûte que coûte, Apou décide de son côté de partir en Baie de Somme, afin d’y faire ce pour quoi il est le plus doué, la taille de costumes, et ensuite pouvoir y installer toute sa famille.

Au final, il est assez difficile de parler de ce récit sans trop en dévoiler sur l’histoire de cette famille. J’ai aimé le fait que ce récit nous soit raconté du point de vue de Charles, qui du haut de ses 12 ans n’a pas toujours des préoccupations aussi sérieuses que les adultes de sa famille… Cela mène d’ailleurs régulièrement à des scènes assez comiques. Et c’est là encore un point qui m’a beaucoup touchée dans ce roman, car malgré la gravité et la tristesse des évènements qui se déroulent autour d’eux, la famille Pollak reste toujours unie, aimante et prête à tout pour survivre et protéger au maximum les enfants.

J’ai du mal à en dire plus sur ce roman, mais selon moi il propose une approche de la vie durant la Seconde Guerre Mondiale différente de ce que j’ai eu l’habitude de lire sur ce sujet. Tout au long de ce livre, j’ai eu l’impression d’être moi-même « protégée » des évènements extérieurs par les parents de Charles, comme eux-mêmes parviennent à protéger leurs enfants des privations et des atrocités de la guerre.

« Il avait parlé en hongrois. Il tira sur sa cigarette, fixant la pointe étincelante de ses bottes. Ma mère continua de remuer son bois, mon père de repasser sa doublure, André de jouer avec Moska, Madeleine de coudre son ourlet, moi de caresser Frimousse. […] Le bois brûlait, le fer repassait, l’ourlet se cousait, la chienne remuait les oreilles, le chat ronronnait… Le tankiste leva les yeux derrière la fumée de sa cigarette. A brûle-pourpoint, il demanda : – Et vous ? Vous êtes de quelle religion ?  » p.231

J’ai été très touchée par les passages traitant de la religion et des efforts que les parents de Charles doivent faire pour abandonner leurs habitudes et rituels religieux, afin de ne pas dévoiler leur véritable identité. Particulièrement les passages sur la viande de porc, interdite par leur religion, mais qu’ils sont cependant contraints de manger afin de ne pas éveiller les soupçons mais aussi de survivre, ou encore ceux se déroulant à l’église, lorsque la famille doit faire semblant d’être catholique, comme toute le monde. Ces scènes sont touchantes et tristes à la fois, car elles mettent en évidence cette partie d’eux-mêmes que les Pollak doivent peu à peu mettre de côté, s’il veulent survivre à cette guerre… Mais elles restent aussi très drôles, à travers les remarques et questionnements de Charles et de son frère.

 » Le curé lui remit une effigie peinte, toute brillante, de Jésus. Mon père la prit, l’air de savoir parfaitement de quoi il retournait. L’assistance se cogna la poitrine en répétant : « Seigneur, je ne suis pas digne de Te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri… » Ensuite, ils allèrent à la queue leu leu devant le père Jean pour avaler un truc qui leur donnait un air crispé quand ils retournaient à leur place, comme s’ils avaient avalé du plâtre qui aurait durci dans leur bouche.
– C’est quoi ? chuchota mon frère.
– Le corps du Christ ! murmurai-je, me référant à ce que venait de dire le curé.
– Beurk… Si c’est comme la viande séchée, j’en prends pas.
On resta immobiles devant nos prie-Dieu, en priant (on ne savait plus tellement qui, à vrai dire) pour que personne ne remarque qu’on n’était pas allés avaler le plâtre ou viande séchée.  » p.201

Un autre point qui m’a plu est la réelle tendresse qu’on ressent entre Charles, ses sœurs et son frère. La scène durant laquelle Charles va à la pharmacie le ventre vide dans le seul but de demander des échantillons de crème de jour au pharmacien, et ainsi faire plaisir à sa grande sœur, alors que le plus important est surtout de se trouver à manger, est particulièrement touchante. J’ai enfin particulièrement aimé les relations que la famille Pollak noue petit à petit avec les habitants du village, et la façon avec laquelle elle parvient à s’y intégrer.

 » – Une reine des reinettes ! nota Nadine, la bouche pleine.
– La mienne, c’est une pomme à cidre.
– Les pommes, c’est comme les humains, soupira Eliane entre deux bouchées. Plein de variétés pour une seule espèce.
Croc, croc, dans un bruit de chair de fruit, tout fut bientôt englouti, les pommes et la philosophie.  » p.193

« Taille 42 » est un livre que je conseille à tout le monde, et qui est je pense particulièrement adapté aux enfants et adolescents qui souhaitent découvrir la vie quotidienne d’une famille juive touchante et attachante sous l’Occupation.

Autour du livre :

  • Malika Ferdjoukh est une écrivaine française née en 1957, auteure de scénarios pour la télévision et le cinéma, ainsi que de nombreux romans jeunesse, comme “Sombres citrouilles“, “Minuit-cinq“, “Fais-moi peur”, “Aggie change de vie“ ou encore «  »Chaque soir à 11 heures«  ». Elle est passionnée de cinéma, plus particulièrement des comédies musicales et mélodrames de la première moitié du 20ème siècle. Pour plus d’informations sur l’auteure, un entretien réalisé par le forum Whoopsy Daisy (forum des amoureux de la Littérature anglaise) est disponible ici.
  • Après la guerre, Charles Pollak est resté dans le village de Feuquières-en-Vimeu jusqu’en 1948. Il s’est ensuite marié et est aujourd’hui père de deux filles, grand-père et arrière-grand-père. C’est sa fille Ida qui lui a fait rencontrer Malika Ferdjoukh.

Autres petits papiers :

  • Du même auteur, j’ai aussi donné mon avis sur :
    • Chaque soir à 11 heures, le dernier roman de Malika Ferdjoukh, sorti en 2011.
    • Quatre sœurs, tome 1 : Enid (2011) : adaptation en bande dessinée par Cati Baur du premier tome de la série de romans “Quatre sœurs”, écrit par Malika Ferdjoukh et publié en 2003.

z__montages

Passeuse de rêves – Lois Lowry

Gossamer

Éditeur :  École des Loisirs

Collection : Medium

Date de parution originale : 2006

Date de parution française : 2010

164 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

Fiche École des Loisirs

4ème de couverture :

Petite est toute nouvelle, mais elle est très douée. Quand elle effleure de ses doigts translucides le bouton d’un pull, elle capte l’histoire de ce bouton : un pique-nique sur une colline, une nuit d’hiver au coin du feu, et même la fois où on lui a renversé dessus un peu de thé…

Bientôt, Petite sera capable de combiner ces fragments d’histoires avec d’autres souvenirs collectés à partir d’une photo, d’une assiette ou d’un tapis afin d’en faire des rêves très doux pour les humains. Chaque nuit, elle s’entraîne à devenir passeuse de rêves dans la maison où vivent une vieille femme et son chien.

Mais la formation s’accélère brutalement lorsque la vieille femme se voit confier par les services sociaux un jeune garçon. Il s’appelle John et il est très en colère. Une colère si profonde que les Saboteurs, maîtres des cauchemars, risquent de le repérer. Petite sera-t-elle suffisamment forte pour leur résister?

Mon avis :

Lois Lowry est une auteure en qui j’ai confiance depuis mon adolescence, lorsque j’avais découvert son superbe livre « Le passeur » (j’espère d’ailleurs pouvoir en parler ici un de ces jours). Encore une fois, je n’ai pas été déçue avec ce court roman de l’auteure.

Nous suivons donc l’apprentissage de Petite, qui aspire à devenir un jour comme ses pairs une « Passeuse de Rêves ». Ces minuscules êtres, qui vivent dans les murs de nos maisons, ont en effet pour mission de récolter au sein de nos foyers des souvenirs, qu’ils combinent ensuite du mieux qu’ils peuvent afin de nous les envoyer sous forme de rêves…

Accompagnée de son professeur Vieux et Mince, elle va donc apprendre à collecter les souvenirs d’une personne auprès des objets qui composent sa maison. Apprendre à combiner ces fragments pour en faire des rêves qui font du bien et rendent plus forts. Apprendre également l’importance de sa mission, et le rôle qu’elle tient petit à petit dans la vie des humains dont elle s’occupe. Apprendre à lutter contre les Hordes de Saboteurs, qui viennent insuffler des cauchemars aux hommes et détruisent en une nuit son travail d’une semaine.

J’ai beaucoup aimé l’explication de l’origine des rêves qui est donnée ici par Lois Lowry. Ces petits Passeurs de Rêves qui passent la nuit dans nos maisons à récolter des parts de nous sur les objets que nous avons touchés. La façon de combiner ces fragments pour en faire un rêve le plus agréable possible. Je trouve l’imagination de Lois Lowry vraiment débordante et poétique…

Le lien inconscient qui se tisse petit à petit entre John et la Passeuse de Rêves est touchant, j’aurais presque aimé qu’il aille plus loin. John, qui a connu plus de moments tristes qu’heureux dans sa vie, représente un exercice difficile pour Petite, qui doit puiser dans son énergie pour assembler ces quelques instants en un rêve réconfortant. J’ai également beaucoup aimé le personnage de la vieille dame, dont la vie a été jalonnée elle aussi de difficultés, mais de laquelle émane une force bienveillante et émouvante.

Ce livre est vraiment une pépite, pleine de poésie et de douceur, que je vous conseille vraiment.

Autour du livre :

  • Lois Lowry est une écrivain américaine née en 1937 à Honolulu, à Hawaï. Elle a beaucoup écrit pour les enfants. Parmi ses romans, on trouve entre autres « Le Passeur« , « L’élue« , « Compte les étoiles« , « Messager » et la série des Anastasia, l’essentiel ayant été traduit en français par l’écrivain Agnès Desarthe.
  • Elle compare les livres à « des torrents qui dégringolent des montagnes, emportant avec eux cailloux et filets d’eau qui viennent petit à petit les transformer en rivières. À l’instar des rivières, les livres se nourrissent de souvenirs, d’images, de blessures et ce faisant « ouvrent les portes d’un Ailleurs ». » (Source : L’École des Loisirs)
  • Elle a remporté deux fois la médaille Newbery (à laquelle j’ai consacré un article il y a quelque temps), qui récompense chaque année le meilleur livre américain pour la jeunesse, pour ses romans « Le passeur » et « Compte les étoiles ».
  • Vous pouvez consulter son site internet ici.

Extrêmement fort et incroyablement près – Jonathan Safran Foer

Extremely Loud and Incredibly Close

Éditeur : Points

Date de parution originale : 2005

Date de parution française : 2006

460 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Oskar, 9 ans, est surdoué, ultrasensible, fou d’astrophysique, fan des Beatles et collectionneur de cactées miniatures. Son père est mort dans les attentats du World Trade Center en lui laissant une clé. Persuadé qu’elle expliquera cette disparition injuste, le jeune garçon recherche la serrure qui lui correspond. Sa quête désespérée l’entraîne aux quatre coins de la ville où règne le climat délétère de l’après 11-Septembre.

Mon avis :

Comme le résumé l’indique très bien, nous suivons dans ce roman le jeune Oskar, surdoué de 9 ans aux passions toutes plus originales les unes que les autres, et dont le papa vient tragiquement de décéder. La découverte d’une clé dans les affaires de son papa va le mener dans une sorte de quête, à la recherche d’indices sur les derniers moments et la vie de celui-ci. Ce roman ne tourne en fait pas seulement autour du personnage d’Oskar, mais également autour des autres membres de sa famille, et traite plus particulièrement de ses grands-parents paternels et de la relation tragique et pourtant belle qui les a unis.

Je me suis beaucoup attachée au personnage d’Oskar durant cette lecture. J’ai aimé partir dans ses aventures parfois improbables à travers New-York, à la rencontre de tous les Black de cette ville. Cette quête se déroule comme une sorte de chasse au trésor, au cours de laquelle le jeune personnage se construit lui aussi et affronte peu à peu le décès de son papa. Ses remarques sont souvent judicieuses et pleines de malice. On découvre à travers ses souvenirs la relation pleine de complicité et de confiance qu’il entretenait avec son papa.

« Ce secret était un trou au milieu de moi dans lequel tombaient toutes les choses heureuses. »

Sa relation avec sa grand-mère est également émouvante. L’histoire de cette dernière, qui est racontée en parallèle de celle d’Oskar, est touchante et tragique, ramenant le lecteur aux origines européennes de la famille et à l’émigration forcée des grands-parents après la Seconde Guerre Mondiale. Plus on découvre son passé, et plus on est touché par cette grand-mère qui semble vivre pour et à travers ses proches. J’ai aimé le double sens que certains évènements prennent au cours du récit, suivant qu’ils soient traités du point de vue de l’histoire d’Oskar ou de celle de sa grand-mère (les messages collés sur la vitre entre les deux immeubles, les signatures sur les papiers dans la papeterie, le locataire…).

Certains des personnages rencontrés par Oskar au cours de sa quête sont eux aussi intéressants, particulièrement M. Black (rappelons qu’Oskar est à la recherche d’une personne se nommant Black, et rend donc visite à toutes les personnes de New-York portant ce nom de famille, ce qui lui prend un peu de temps… 75% des personnages de ce roman se nomment donc ainsi…), le voisin du dessus qui offre rapidement à Oskar un semblant de figure paternelle. J’ai aimé les messages cachés derrière chacune de ces rencontres, de la femme qui n’a pas quitté l’Empire State Building depuis des années au voisin et sa surdité choisie. Les histoires se croisent, sans forcément se relier, mais s’emboîtent pourtant bien les unes avec les autres…

« Je me suis senti ce soir-là, […], incroyablement près de tout ce qu’il y a dans l’univers, mais aussi extrêmement seul. Je me demandais, pour la première fois de ma vie, si la vie valait tout ce travail que c’est de vivre. Qu’y avait-il exactement qui en valait la peine ? Qu’y a t-il de si horrible à être mort pour toujours, et à ne rien sentir, à ne pas même rêver? Qu’y a t-il de si formidable à sentir et à rêver ? »

Je ne pense pas que le but de l’auteur était de rendre compte d’une histoire crédible (c’est vrai qu’un enfant de 9 ans qui se promène seul dans les rues de New-York à la rencontre d’inconnus, cela peut laisser sceptique…). A travers les histoires croisées d’Oskar et de ses grands-parents, on suit une histoire de famille souvent triste et pourtant si dynamique. Les remarques et le comportement inhabituels d’Oskar donnent en effet une touche de fraîcheur à l’histoire, que ce soit à travers ses inventions qu’il a toujours en tête (une eau traitée afin de donner une couleur différente à la peau selon l’humeur de celui qui se douche, un réservoir situé sous l’oreiller de chaque new-yorkais afin de recueillir les larmes de celui-ci, une limousine extrêmement longue dont le début se situerait au lieu de départ et le bout au lieu d’arrivée, ce qui éviterait de déplacer la-dite voiture…). Les lettres qu’Oskar envoie à des centaines de personnes, et notamment la courte relation épistolaire qu’il parvient à entretenir avec le scientifique Stephen Hawking, sont comme un fil rouge que j’ai retrouvé avec plaisir tout au long de ce roman.

J’aurais aimé en apprendre davantage sur le personnage du père, décédé au cours des attentats du 11 septembre, dont finalement on ne sait que peu de choses… J’aurais souhaité en connaître davantage sur la vie de ce personnage qui demeure au final la figure centrale de ce roman, à travers les souvenirs de ses proches.

« On ne peut se protéger de la tristesse sans se protéger du bonheur. »

« Extrêmement fort et incroyablement près » est un roman que je conseille fortement, tant j’ai eu du mal à le lâcher. En plus, il est bourré de petites références culturelles et scientifiques, ce qui est toujours agréable pour quelqu’un de curieux comme moi, et j’ai de plus trouvé sa mise en page particulièrement originale (insertion de photos et d’images au sein du texte, jeux sur la typographie, pages blanches…).

Autour du livre :

  • Jonathan Safran Foer est un écrivain américain né en 1977. Il a sorti un roman en 2002, « Tout est illuminé« , qui a connu un succès très important et a d’ailleurs été adapté au cinéma en 2005 par Liev Schreiber, avec Elijah Wood dans le rôle principal. Il a également sorti en 2009 l’ouvrage « Faut-il manger les animaux ?« , qui combat l’élevage industriel et l’abattage des animaux (et dont la sortie en poche est prévue pour février 2012). Ses autres ouvrages n’ont pour le moment pas encore été traduits en français.

  • Une adaptation du roman, réalisée par Stephen Daldry (Monsieur « The reader« , « Billy Elliot » et « The Hours« ) sortira le 29 février 2012. C’est Tom Hanks et Sandra Bullock qui interprèteront les parents d’Oskar. La bande-annonce est visible ici.

     

  • Dans ce roman, le livre de chevet d’Oskar est « Une brève histoire du temps » du physicien et cosmologiste anglais Stephen Hawking. Ce livre, sorti en 1988, est un livre de médiation scientifique qui tente d’expliquer des phénomènes comme le Big Bang ou les trous noirs (source : Wikipedia).
  •  L’épouse de Jonathan Safran Foer est l’écrivaine Nicole Krauss, dont le roman « L’histoire de l’amour » devrait rejoindre rapidement mes étagères…

Illustration de la couverture :

  • La couverture de mon édition est illustrée par une œuvre de l’artiste Jon Gray, dont le nom d’artiste est Gray318. Il avait déjà illustré l’édition américaine de « Tout est illuminé« .

Hier tu comprendras – Rebecca Stead

When you reach me

Éditeur : Nathan

Collection : Grand Format

Date de parution originale : 2009

Date de parution française : 2011

246 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Résumé (Source : Editions Nathan) :

1979. Miranda vit avec sa mère et son beau-père dans un quartier populaire de New York, partageant son quotidien de jeune adolescente avec son meilleur ami Sal. Mais, un jour, de curieux événements surviennent : sans raison apparente, Sal se fait frapper par un garçon et il cesse soudain d’adresser la parole à Miranda ; la clé de secours de l’appartement de Miranda disparaît, et celle-ci trouve une lettre énigmatique qui lui est adressée. Cette lettre déclare : « Je viens pour sauver la vie de ton ami, et aussi la mienne. J’ai deux services à te demander. ». De jour en jour, Miranda reçoit d’autres lettres de ce mystérieux expéditeur, qui semble connaître son avenir. Petit à petit, la jeune fille reconstitue le puzzle composé par son correspondant, pour découvrir les raisons de son appel à l’aide, empêcher une mort annoncée et retrouver son amitié perdue…

Mon avis :

J’ai découvert ce roman jeunesse un peu par hasard, au détour de ma bibliothèque (la couverture m’attirait particulièrement). Je dois dire que les premières pages m’ont d’abord semblé fastidieuses, et j’ai d’abord eu du mal à me laisser emporter par cette histoire, racontée par une petite fille à qui il arrive des évènements pour le moins étranges (évènements qui justement mettent un peu de temps à se mettre en place…). Finalement, quelques chapitres plus loin, j’ai très bien accroché à la suite de ce roman et je ne regrette pas d’avoir persévéré !

Il est difficile de parler de ce livre sans révéler les clés de son intrigue, ce qui ne m’aide pas à écrire cet avis.. Disons que nous suivons Miranda, jeune adolescente d’une dizaine d’années vivant dans un quartier populaire de New-York, avec sa mère, attachante et originale, et son beau-père, surprenant et touchant (j’ai particulièrement aimé ce personnage durant ma lecture). Du jour au lendemain, des évènements « étranges » surviennent dans la vie de Miranda (une clé perdue, des lettres qu’elle reçoit d’un inconnu..), ses relations avec ses amis évoluent et plus particulièrement son amitié avec Sal, qui s’éloigne petit à petit d’elle.

Jusque là, l’intrigue ne doit pas vous sembler réellement trépidante, mais disons que dès que les divers éléments de l’intrigue se mettent en place, le roman gagne en épaisseur et en intérêt. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai finalement continué et terminé ce roman, qui se lit rapidement et même parfois avec empressement. Je me suis laissée emporter par cette intrigue, cherchant à savoir qui pouvait bien chercher à communiquer avec Miranda de cette manière et où ces évènements allaient pouvoir nous mener.

Alors c’est vrai, ce livre reste malgré tout assez classique dans sa structure, et est plutôt destiné aux jeunes lecteurs qu’aux adolescents ou jeunes adultes. On a parfois l’impression de voir apparaître quelques incohérences (d’autant plus que le sujet précisément traité dans ce roman est parfois un peu casse-gueule, je ne préfère pas en dire plus pour vous laisser le découvrir…) et le comportement de certains personnages semble de temps en temps tiré par les cheveux. Mais cela dit, ce roman a été pour moi une lecture très agréable.

Au final, un roman sympa pour les plus jeunes, moins abouti dans le cas de lecteurs plus âgés je pense, qui n’y trouveront pas forcément leur compte… Je note tout de même le nom de cet auteur jeunesse dont je lirai bien un autre roman prochainement !

Autour du livre :

  • Rebecca Stead est une écrivaine américaine de romans pour les enfants et les jeunes adultes. Elle est née en 1968 à New-York.
  • « Hier tu comprendras » a gagné en 2010 la Médaille Newbery qui récompense chaque année un livre jeunesse américain. Cette distinction a déjà été décernée à Lois Lowry pour « Le Passeur » (un de mes livres préférés) en 1994, et à Neil Gaiman en 2009 pour « L’étrange vie de Nobody Owens« .
  • Dans ce roman, l’héroïne fait régulièrement référence à son livre préféré, « A wrinkle in time » de Madeleine L’Engle, livre jeunesse publié en 1962 qui a lui aussi gagné la Médaille Newbery en 1963. Ce livre a été traduit en français sous le titre « Un raccourci dans le temps« .
  • Rebecca Stead a également écrit un autre roman, « First Light« , sorti en 2007 et plutôt destiné aux jeunes adultes.

Source

La solitude des nombres premiers – Paolo Giordano

La solitudine dei numeri primi

Éditeur : Points

Date de parution originale : 2008

Date de parution française : 2009

342 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Elle aime la photo, il est passionné par les mathématiques. Elle se sent exclue du monde, il refuse d’en faire partie. Chacun se reconnaît dans la solitude de l’autre. Ils se croisent, se rapprochent puis s’éloignent, avant de se frôler à nouveau. Leurs camarades de lycée sont les premiers à voir ce qu’Alice et Mattia ne comprendront que bien des années plus tard : le lien qui les unit est indestructible.

Mon avis :

J’ai encore une fois découvert ce roman à travers l’adaptation qui en a été faite l’année dernière, et dont est tirée la photo de la couverture de mon édition. J’ai été captivée par le regard perdu de cette jeune fille (je sais que pour certains, elle fait plutôt peur…). Je me souviens que pendant quelques jours (ma lecture remonte quand même maintenant à quelques mois),  je n’ai plus pensé qu’à me procurer ce livre sorti en 2008 en Italie. En faisant mes petites recherches préliminaires (obligatoires avant d’acheter un livre !), j’ai également appris que l’auteur, Paolo Giordano, né en 1982, avait présenté une thèse en physique des interactions fondamentales. Je crois que ça a été l’élément déclencheur pour que j’achète ce roman, j’aime beaucoup lorsque les gens parviennent à faire coïncider dans leur vie sciences et littérature.

Bref, revenons au livre. Ce roman raconte donc l’histoire de deux êtres quelques peu paumés dans leur vie, dans leur famille et dans leurs études, un peu à l’écart du reste des élèves de leur lycée, volontairement ou non. On suit ces deux personnages tour à tour, comprenant peu à peu leur mal-être, les observant évoluer et grandir dans ce monde auquel ils ne semblent pas toujours vouloir adhérer. Certains passages en sont même parfois épuisants, tant on a envie de les voir avancer.

« Ils avaient traversé les années en apnée, lui, refusant le monde, elle, se sentant refusée par le monde, et ils s’étaient aperçus que cela ne faisait pas beaucoup de différence. »

J’ai beaucoup de mal à parler de ce roman. Il m’a beaucoup marquée et je m’y suis laissée emporter du début à la fin, quasiment en transe sur les dernières pages (j’étais peut-être malade…). Je me suis posée sur l’épaule de ces deux personnes et j’ai observé peu à peu leur évolution, espérant les voir avancer dans la vie, les voir faire ces pas vers les autres qu’ils semblent parfois incapables de faire, j’ai pleuré avec eux, j’ai été touchée par leurs paroles, par leurs secrets, par leur incapacité à exprimer ce qu’ils ressentent, j’ai été révoltée lorsque les autres ne les comprenaient pas ou leur faisaient du mal…

« Il l’avait appris : les choix se font en l’espace de quelques secondes et se paient le reste du temps. »

Je ne sais pas vraiment que dire de plus sur ce roman, je sais bien qu’il ne plaira pas à tout le monde car il n’est pas très gai, mais pour moi ce fut vraiment une belle découverte, à la fois puissante et épuisante (j’en suis sortie un peu exténuée, et j’ai eu du mal par la suite à me remettre dans un autre livre).

Et pis mince, regardez-moi ce titre, faut-il avoir fait des études en mathématiques pour le trouver magnifique ? Peut-être en fait… Bref, ceux que le résumé intéresse un peu, n’hésitez pas.

« Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes. Ils occupent leur place dans la série infinie des nombres naturels, écrasés comme les autres entre deux semblables, mais à un pas de distance. Ce sont des nombres soupçonneux et solitaires, raison pour laquelle Mattia les trouvait merveilleux. » p.149

Autour du livre :

  • Paolo Giordano est un écrivain italien né en 1982. Comme je l’ai dit plus haut, il a fait une thèse en physique des interactions fondamentales à Turin. Il a indiqué que ce livre était en partie autobiographique.
  • Il a été le plus jeune auteur à remporter le prix Strega en 2008 (l’un des prix les plus prestigieux en Italie) pour ce roman.
  • Ce livre a été adapté en film en 2010 par l’italien Saverio Costanzo.

Tom petit Tom tout petit homme Tom – Barbara Constantine

Éditeur : Le Livre de Poche

Collection : Littérature & Documents

Date de parution originale : 2010

224 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Tom a onze ans. Il vit dans un vieux mobile home avec Joss, sa mère (plutôt jeune : elle l’a eu à treize ans et demi). Comme Joss adore faire la fête et partir en week-end avec ses copains, Tom se retrouve souvent seul. Et il doit se débrouiller. Pour manger, il va chaparder dans les potagers voisins… Mais comme il a peur de se faire prendre et d’être envoyé à la Ddass (sa mère lui a dit que ça pouvait arriver et qu’elle ne pourrait rien faire pour le récupérer), il fait très attention. Un soir, en cherchant un nouveau jardin où faire ses courses, il tombe sur Madeleine (quatre-vingt-treize ans), allongée au milieu de ses choux, en larmes parce qu’elle n’arrive pas à se relever. Elle serait certainement morte, la pauvre vieille, si le petit Tom n’était pas passé par là…

Mon avis :

J’ai commencé ce livre car j’avais besoin d’une lecture facile et pleine de bons sentiments, le genre de lecture qui me repose et me rend toute guillerette… Et à ce niveau-là, le roman de Barbara Constantine tient largement ses promesses. On s’attache rapidement au personnage triplement éponyme de ce roman, courageux, intelligent et profondément gentil, qui tente de se faire aimer d’une maman pas tous les jours très tendre.

On sent beaucoup de non-dits dans leur relation, de la brutalité également de la part de Jo, qui est devenue maman avant même de devenir adulte. Mais en toile de fond, on ressent également l’amour et l’attachement qui les relient.

Dans ce roman, on suit donc Tom tout au long de ses journées, qu’il occupe essentiellement à trouver à manger pour le soir. Ceci l’amène à rencontrer un couple d’anglais s’essayant au jardinage, une vieille dame un peu perdue et un jeune employé des pompes funèbres au comportement pas toujours prévisible. J’ai particulièrement aimé tout ce qui touchait au couple anglais, à leur jardin potager et aux raisons qui les ont poussés à venir s’installer en France.

L’amitié entre Tom et la vieille dame est également très touchante. Tom décide de s’occuper d’elle et de la prendre sous son aile, comme il aimerait peut-être parfois le faire avec sa maman, sans que celle-ci ne lui en donne la possibilité. Le personnage de la mère est lui aussi peu à peu attachant, prenant de la hauteur au fur et à mesure du récit.

Petit point négatif, je n’ai par contre pas trop accroché au style de l’auteur, que j’ai trouvé un peu trop proche du langage parlé à mon goût. Malgré cela, j’ai été très touchée par l’histoire de ce roman et je pense retenter l’expérience Barbara Constantine très prochainement avec un autre de ses romans, A Mélie sans mélo sans doute.

Autour du livre :

  • Barbara Constantine est une écrivain française auteure de trois romans : Allumer le chat, A Mélie sans mélo et Tom petit Tom tout petit homme Tom. Elle a également été scripte pour le cinéma, notamment sur le film Les poupées russes de Cédric Klapisch.