Curiosités et vérités à propos de la Lune – Nicolas Fauveau

Éditeur : Éditions Alternatives

Collection : Petits carnets (f)utiles

Date de parution originale : 2009

141 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Qui n’a jamais voulu décrocher la Lune ? Au-delà de toute perspective physique ou historique, la Lune, « sœur nocturne du Soleil », a toujours joué un rôle majeur dans l’imaginaire humain, et le 40e anniversaire de sa conquête par Neil Armstrong et Buzz Aldrin méritait bien un hommage particulier. Nicolas Fauveau dévoile ici les mille et un visages d’un satellite dont les cycles et les phases n’ont cessé de rythmer notre rapport notre temps. Astronomie, proverbes, calendriers, chansons, explorations spatiales, savoirs populaires ou physique fondamentale… rien n’échappe à cet inventaire à la Prévert. Demandez tout sur la Lune et vous l’obtiendrez !

Mon avis :

Dans la veine des nombreuses encyclopédies, miscellanées et autres dictionnaires traitant des sujets les plus variés et fourmillant actuellement dans les librairies, voici un petit livre très intéressant sur l’astre lunaire. L’auteur y concentre une multitude d’anecdotes, d’informations et de citations touchant de près ou de loin à la Lune, faisant prendre conscience aux lecteurs de la riche symbolique qui entoure cet astre.

On y apprend ainsi la traduction du mot « Lune » en hawaïen ou en japonais (pour info, c’est respectivement « Maïna » et « Tsuki »), le contexte de création des fameux après-skis de la marque « Moon Boots », les légendes qui entourent le phénomène dit de « Lune rousse », les bienfaits du sélénite sur l’homme (la « pierre de Lune » dans laquelle on est doit voir l’éclat de la Lune), les arguments selon lesquels l’Homme n’aurait jamais marché sur la Lune ou encore le discours que le Président Nixon aurait du prononcer si la mission Apollo 11 avait été dans l’incapacité de quitter la Lune après s’y être posée….

Saviez-vous également qu’au 18ème siècle en Angleterre, un meurtrier qui avait commis son crime un soir de pleine Lune pouvait invoquer la démence (lunacy en anglais), et ainsi espérer voir sa peine réduite ?

Ou bien qu’au cours de leurs 6 missions sur la Lune, les différentes équipes d’astronautes y avaient laissé pas moins de 3 jeeps, 6 modules lunaires et 6 stations scientifiques, ou encore des objets plus personnels comme une Bible, une photo de famille ou les initiales de sa fille gravées sur le sol dans le cas de l’astronaute Eugène Cernan ?

Tout comme le livre sur les parasites dont je vous avais parlé en février 2011, cet ouvrage regorge de détails passionnants, qui feront sûrement la joie de votre interlocuteur si vous les ressortez à un repas de famille ou à un entretien d’embauche…

Autour du livre :

  • Nicolas Fauveau est l’auteur de plusieurs livres humoristiques et de guides pratiques tels que Numbers, la folie des chiffres en 2007 ou Petite anthologie du sport & de l’olympisme en 2008. En dehors de cela, il est surtout journaliste à Radio France, au sein de laquelle il présente un magazine d’actualités (sur France Bleu Gironde). Il conçoit également des chroniques et feuilletons radiophoniques.
  • Les « Éditions Alternatives » sont issues de la rencontre entre Gérard Aimé, Patrice Aoust, Philippe Bone et Marie-Paule Nougaret, qui donna naissance en 1975 au Catalogue des Ressources, concentré de « recettes diverses, de centaine d’adresses, de fiches pratiques, de références d’associations, de bibliographie » tentant de « donner à chacune et à chacun le maximum d’infos pour essayer de construire une vie différente, écologique, anticapitaliste, jouissive, en un mot : alternative » (je ne fais que citer leur site internet, il serait inutile de tente de mieux décrire ce livre que de cette manière). Actuellement, la maison d’édition publie des ouvrages traitant des arts urbains, d’architecture et design, d’art culinaire, de graphisme, de photographie, de musique ou encore de sujets de société, d’une manière toujours « alternative ».
  • Parmi la collection des « Petits carnets (f)utiles », on retrouve des titres traitant de sujets variés, tels que Les plus beaux prénoms de la littérature, 50 mots pour comprendre le développement durable, Petites histoires des grandes recettes, 50 innovations pour demain ou encore Croyances et superstitions des gens de mer.

L’univers expliqué à mes petits-enfants – Hubert Reeves

Éditeur : Seuil

Date de parution originale : 2011

136 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

« Je dédie ce livre à mes petits-enfants. En commençant à l’écrire, j’ai pris conscience de la valeur symbolique que je pouvais lui donner : celle d’un testament spirituel. Que voudrais-je leur raconter sur ce grand Univers qu’ils continueront à habiter après moi ? J’ai alors songé à ces conversations avec l’une de mes petites-filles, où nous observons, étendus confortablement sur des chaises longues, le ciel étoilé. Je me suis senti revivre ces soirées de mois d’août avec mes enfants qui me bombardaient de questions pendant que nous attendions les étoiles filantes.

La contemplation de la voûte céleste et le sentiment de notre présence parmi les astres provoquent un désir partagé d’en savoir plus sur ce mystérieux cosmos que nous habitons. Il sera ici question de science, ce qui n’exclut pas la poésie. »

H. R.

Mon avis :

Quand je pense à Hubert Reeves, j’ai tout de suite en tête l’image de ce vieux monsieur à la barbe blanche, le son de sa voix à l’accent québécois décrivant de la manière la plus claire et passionnante possible l’histoire de la Terre, du ciel ou des hommes… Ce monsieur a le don de rendre clairs ces sujets pourtant si vastes et compliqués. J’aime également la place qu’il donne dans ses ouvrages au rôle et aux devoirs de l’homme sur la planète. Dans « L’univers expliqué à mes petits-enfants », il a beau traiter du fonctionnement de l’univers, des étoiles, de l’apparition de la vie sur Terre ou des atomes, les questionnements sur l’Homme, nos responsabilités et nos connaissances sont toujours sous-jacents… Le but n’est pas seulement ici de donner à sa petite-fille (et donc aux adolescents auxquels est directement destiné cet ouvrage) des connaissances sur l’univers, mais également de faire d’elle une adulte responsable et consciente du monde qui l’entoure.

http://www.terra-economica.info

Concernant le sujet même de ce livre, Hubert Reeves nous parle d’abord des étoiles, de leur forme, de la méthode permettant de calculer leur distance à la Terre, ou encore de leur composition, dans le but de nous faire comprendre le sens de sa formule selon laquelle nous sommes tous des « poussières d’étoiles ». Il traite ensuite de notre univers en expansion et des galaxies qui s’y déplacent, avant de s’intéresser à la possible existence d’une forme de vie en dehors de la Terre. Hubert Reeves s’attarde enfin sur une notion qui semble lui être chère, selon laquelle « l’univers est structuré comme une écriture ». Je m’arrête là, mais sachez que si vous avez également envie d’en savoir plus sur les trous noirs, l’antimatière ou l’énergie sombre, ce livre vous plaira.

Pas besoin de m’étaler davantage, vous avez du comprendre que ce livre m’a beaucoup plu ! Je vous le conseille donc fortement si ce sujet vous intéresse (et même d’ailleurs s’il ne vous intéresse pas à première vue…). N’hésitez pas, même si vous n’avez pas de bagages scientifiques derrière vous, car il a été conçu pour des adolescents d’environ 14 ans et est donc très bien expliqué et accessible. De la vulgarisation scientifique au sens noble du terme !

Illustration de la couverture :

J’inaugure en même temps cette mini-rubrique, car je suis souvent attirée par la page de garde d’un livre avant même d’en avoir lu le résumé. Et savoir qui a illustré tel ou tel livre m’a permis de découvrir de nombreux peintres, photographes et illustrateurs à côté desquels je serais sans doute passer sinon…
Sachez donc que la couverture de mon édition Seuil est illustrée par Olivier Balez, qui est également dessinateur et scénariste de bandes dessinées et dont le blog est ici.

http://olivierbalez.blogspot.com/

La malédiction du cloporte – Christine Coustau & Olivier Hertel

Éditeur : Points

Collection : Série Sciences

Date de parution originale : 2008

187 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Pourquoi des bactéries changent-elle le sexe des cloportes ? Pourquoi ne faut-il jamais tuer les rats lors d’une épidémie de peste ? Pourquoi le paludisme a-t-il résisté jusqu’ici à toutes les méthodes de lutte ? Le parasitisme est un phénomène aussi vieux que l’évolution. Entre des hôtes multipliant les tactiques de défense et des parasites redoublant d’innovations jusqu’à changer d’identité génétique pour contourner ces défenses, la bataille n’est pas près de s’arrêter. Aucune espèce n’échappe au monde des parasites, pique-assiettes et autres profiteurs. Ils sont partout et prennent toutes les formes : vers, virus, bactéries, microbes, mollusques, crustacés, insectes et même oiseaux. Et chacun a ses petites ruses. Celui-ci jette ses hôtes dans la gueule de prédateurs pour mieux les coloniser, celui-là les bourre de toxines assassines quand tel autre s’occupe de régler tous les détails de leur vie sexuelle. De petites histoires savoureuses, où parasites et parasités s’affrontent clans une lutte dont l’enjeu est simple : survivre.

Mon avis :

Je suis tombée sur ce livre par hasard, car j’aime bien parfois traîner au rayon « Sciences » des librairies, où les livres de vulgarisation scientifique notamment me permettent de me remettre dans les domaines scientifiques que j’étudiais au lycée ou au début des mes études.

Comme vous l’avez donc compris, ce livre traite de toutes les formes de parasitisme possibles, qui sont  bien plus présentes sur la planète que je ne l’aurais cru. Ainsi, des milliers voire des millions de bactéries, de microbes, de virus, d’insectes, d’invertébrés, de poissons et d’oiseaux utilisent chaque jour ce système afin de survivre et d’assurer leur descendance. Ce qui est intéressant, c’est également de constater que parfois le parasitisme mène à la mort de l’espèce parasitée, mais que dans d’autres cas le parasite et la parasité cohabitent très bien ensemble, dans une sorte de relation donnant-donnant.

Puisqu’à mon humble avis, l’unique manière de convaincre quelqu’un de lire un tel livre est de susciter sa curiosité, voici pour vous les quelques exemples qui m’ont le plus intéressée :

  • Le coucou est une espèce d’oiseau qui a choisi le parasitisme pour survivre. Pas très motivée à élever seule ses rejetons, la femelle coucou a trouvé une méthode imparable pour contrer ce problème : leur trouver des parents adoptifs, sans que ceux-ci s’en rendent compte, qui plus est. En effet, les femelles de cette espèce pondent leur œuf dans le nid d’une autre espèce, qui ne se doute a priori de rien. Lorsque l’oisillon naît, il va alors jeter par-dessus bord les autres œufs non éclos du nid (ceux du couple d’oiseaux parasité donc), devenant l’unique oiseau de la couvée. Il sera ainsi élevé par ses parents adoptifs, pendant que sa mère biologique continuera de parasiter d’autres nids.
  • La douve du foie, Dicrocoelium dentriticum de son petit nom, est un ver qui est contraint pour survivre de suivre un cycle assez complexe, puisqu’il doit passer successivement dans le corps d’un escargot, d’une fourmi et d’un mouton. Les choses se compliquent lors du passage de la fourmi au mouton, car celui-ci est végétarien et la fourmi ne fait pas partie de son régime alimentaire. Le Dicrocoelium dentriticum va donc prendre le contrôle du cerveau de la fourmi et ainsi la forcer à se faire manger par le mouton. L’insecte « manipulé »  s’installe donc au sommet d’un brin d’herbe, et persiste dans son attitude suicidaire jusqu’à ce qu’un mouton passe par là et le mange par mégarde. Le parasite se retrouve ainsi dans le corps du mouton, où il pourra enfin de reproduire et perpétuer son espèce.
  • Le Botox, produit connu notamment pour permettre à certaines personnes d’avoir un visage figé (mais sans rides) pendant quelques semaines, est désigné dans le monde des parasites sous le terme d’acide botulinique, qui n’est rien de moins que le poison le plus violent pour l’espèce humaine. Il est synthétisé par la bactérie Clostridium botulinum, qui est l’agent responsable du botulisme, maladie grave menant à la paralysie et qui a fait des ravages en Europe entre le 18ème et le 19ème siècle. Lorsque des médecins utilisent du Botox afin d’estomper les rides de leurs patient(e)s, ils n’injectent le produit paralysant que dans les muscles responsables de la formation des rides, qui sont donc bloqués. S’ils visent mal, le Botox pourra être injecté par erreur dans un muscle proche, ce qui pourra provoquer un affaissement de la paupière par exemple. Rassurez-vous, l’effet s’estompe heureusement en quelques semaines…
  • Le lapin, espèce aujourd’hui bien connue de nos régions, était jusqu’en 1859 absent des terres australiennes. Mais c’était sans compter sur le colon britannique Thomas Austin, qui libère un jour 24 lapins dans sa propriété, afin de s’entraîner au tir. Au bout de dix ans, les lapins se sont reproduits et répandus dans le pays, atteignant une population de 10 milliards d’individus en 1926. Même en éliminant 80% de la population à coups de pièges et de tirs au lapin, les 20% restants parviennent toujours à se reproduire et à reconstituer leur communauté. C’est alors que les spécialistes s’intéressent au virus de la myxomatose afin d’éradiquer le mammifère. Après quelques décennies durant lesquelles les Australiens préfèrent bien étudier le problème afin d’éviter une épidémie dangereuse au sein de l’île, le virus  s’échappe accidentellement en 1951, tuant 99,8% de la population de lapins de l’île. Ce qui aurait pu être une bonne nouvelle révèle uniquement les limites et les dangers des parasites, puisque les 0,2% des lapins restants, les plus résistants au virus donc, parviennent à se multiplier et à transmettre peu à peu leur immunité face au virus à leurs descendants. Au final, au cours d’une troisième épidémie, seulement 30 à 40% de la population de lapins sera décimée…

Si ces quelques exemples vous ont intéressés, sachez que ce court livre regorge d’autres anecdotes plus intéressantes les unes que les autres sur d’autres formes de parasitisme. Celles-ci vont des plus graves en termes de santé publique, comme l’anthrax, le paludisme (maladie causée par un parasite transmis à l’homme par l’anophèle, une espèce de moustique, et qui tue chaque année entre 1 et 3 millions de personnes dans le monde), la mouche tsé-tsé, les salmonelles ou encore les tiques, à celles présentes dans la nature comme la Wolbachia, qui parasite coccinelles et  cloportes ou encore la sacculine, crustacé parasite qui castre et féminise son hôte afin d’assurer sa survie…

Ce livre propose également en introduction une réflexion sur la vulgarisation scientifique et le langage technique ou non qu’elle nécessite. Ainsi, parler comme je l’ai fait parfois dans cet article d’un virus qui choisit, décide ou pense gêne parfois les spécialistes, puisqu’on ne considère pas actuellement que ces espèces soient conscientes de ce qu’elles font, mais plutôt que leur comportement résulte de leur évolution…

J’ai trouvé ce livre très intéressant, car il est accessible et qu’il propose souvent une approche historique  du sujet à l’origine plutôt technique, notamment lorsqu’il mentionne les différentes épidémies qui ont touché les hommes au cours du temps. D’autre part, même si de nombreux sujets graves comme les pandémies sont étudiés, les autres formes de parasitisme sont plutôt traitées sur le ton de l’humour, ce qui rend la lecture plus facile et agréable. « La malédiction du cloporte » est donc un livre que je conseille aux personnes curieuses, intéressées ou non par le sujet, et qui souhaiteraient agrémenter leurs discussions dans les repas de famille de quelques anecdotes intéressantes…