C’est lundi, que lisez-vous ? #31

Le rendez-vous C’est lundi, que lisez-vous ? est actuellement géré par Galleane. Le principe est de répondre chaque semaine à trois questions sur nos lectures passées, du moment et prévues.

C'est lundi

Qu’ai-je lu la semaine dernière ?

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  • Le collier rouge de Jean-Christophe Rufin : Voici un court roman sur fond de Première Guerre Mondiale que j’ai vraiment adoré. D’une part, le style de Jean-Christophe Rufin m’a beaucoup plu, ce qui m’a d’ailleurs donné envie de découvrir ses autres romans. D’autre part, j’ai énormément apprécié dans ce roman les personnages bien construits, surprenants et attachants (j’ai en particulier beaucoup aimé le juge). J’ai aimé le personnage du chien qui est présent à tout instant du roman, en un attachant et touchant fil rouge. L’anecdote sur laquelle repose le roman est elle-même très percutante et pleine de sens, en particulier quand on comprend qu’elle est vraie dans les notes de l’auteur. J’ai aussi beaucoup aimé les réflexions qu’apporte le livre sur les notions d’héroïsme, d’humanisme, de justice et d’engagement. C’est vraiment un roman qui m’a plu et que j’offrirai sans doute autour de moi.
  • Zéro déchet de Béa Johnson : Une lecture qui m’a fait beaucoup réfléchir ces dernières semaines. En effet, dans ce livre, Béa Johnson nous explique comment elle et sa famille sont parvenues à réduire leurs déchets jusqu’à n’en produire qu’un bocal par an. L’auteure nous y explique notamment les raisons de son choix et insiste sur l’impact grandissant des déchets pour notre planète. Mais l’ouvrage est surtout consacré aux points sur lesquels nous pouvons nous-mêmes travailler afin de réduire nos déchets, de la cuisine à la salle de bains en passant par les sorties et les cadeaux. Cela passe notamment par ce crédo que j’essaie maintenant de garder en tête : 1°) Refusez (ce dont vous n’avez pas besoin), 2°) Réduisez (ce dont vous avez besoin), 3°) Réutilisez (ce que vous consommez), 4°) Recyclez (ce que vous ne pouvez ni refuser, ni réduire, ni réutiliser) et 5°) Compostez (le reste). Tous ces conseils sont indiqués de manière non culpabilisante, ce qui permet aussi de toucher plus de monde à travers ce livre. Alors évidemment, certains diront que ce choix de vie est plutôt extrême, mais c’est justement à chacun d’y piocher ce qui convient le mieux à ses habitudes et à celles de sa famille, en gardant en tête que ce mode de vie n’implique pas forcément de perte de temps (au contraire), et qu’il permet des économies importantes. Un livre dont je relirai sûrement certains passages et dans lequel j’essaie de puiser des idées régulièrement.
  • Broadway limited, tome 1 : Un dîner avec Cary Grant de Malika Ferdjoukh : Le dernier roman d’une auteure que j’apprécie énormément, et que je souhaitais donc lire depuis sa sortie. Finalement, je suis ravie d’avoir attendu un peu avant de le lire, car cela me fera moins à attendre d’ici la sortie du tome 2 ! Ce roman a vraiment été un coup de cœur pour moi, j’ai été littéralement emportée par cette histoire qui se déroule dans le New-York de la fin des années 40, et j’ai adoré cette ambiance. L’auteure a toujours le don de situer ses romans dans des endroits accueillants, où l’on a tout de suite envie de s’installer (par exemple la Vill’Hervé dans Quatre sœurs), et bien ici c’est la pension Giboulée ! J’ai tout de suite eu un coup de cœur pour cet endroit et ses pensionnaires. Les filles de la pension sont en effet toutes attachantes, drôles, touchantes, elles ont chacune une personnalité intéressante et j’ai apprécié leurs envies respectives d’entrer dans le monde du spectacle, leurs courses pour aller au cours de danse, de théâtre, de musique, leurs jobs de danseuse ou de cigarette girl dans des cabarets, leurs auditions pour des pubs de soupe… J’ai eu un faible particulier pour Manhattan, la danseuse aux lunettes à la recherche de son passé, et Hadley, l’ancienne danseuse devenue cigarette girl et vendeuse de doughnuts… Jocelyn Brouillard, le personnage principal, est attachant lui aussi, et c’est à travers ses yeux que l’on découvre cette Amérique énergique, explosive et artistique. Le tout donne un joyeux bordel à la fois décalé (parce que ça reste du Malika Ferdjoukh quand même) et enivrant (parce qu’en lisant ce livre, on a l’impression d’avoir une bande sonore dans les oreilles, une bande annonce devant les yeux, et on a soudain une irrépressible envie de danser) ! J’ai d’ailleurs apprécié de découvrir encore une fois des centaines de références culturelles, de croiser Grace Kelly ou encore le jeune Woody Allen au détour d’une audition, et que toutes les scènes se déroulent sur fond de musique jazz ou de cinéma américain de ces années-là. L’histoire en elle-même est aussi géniale, on glisse d’un personnage, d’une intrigue à l’autre de manière toujours subtile, parfois surprenante. J’ai bien aimé également que l’histoire montre aussi les côtés sombres de cette époque : les prémices du maccarthysme, la ségrégation, l’antisémitisme… Bref, une pépite ! J’ai maintenant hâte de lire le tome 2.

Que suis-je en train de lire en ce moment ?

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J’ai commencé hier soir une nouvelle lecture, Le quatrième mur de Sorj Chalandon. En parallèle, je continue également ma relecture de Harry Potter and the chamber of secrets de J.K. Rowling et ma lecture de Pourquoi pas ? de David Nicholls (un peu mis de côté ces dernières semaines…).

Que vais-je lire ensuite ?

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Cette semaine, si je parviens à terminer mes livres en cours, je pense que je commencerai L’armée des ombres de Joseph Kessel ou The old man and the sea d’Ernest Hemingway.

Sur ce, bonne semaine à vous et bonnes lectures !

Top Ten Tuesday n°12 – Les 10 auteurs dont j’ai lu le plus de livres

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Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire qui consiste chaque semaine à lister 10 livres, 10 auteurs ou autres, selon un thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé sur le blog The Broke and the Bookish, repris en français dans un premier temps sur le blog d’Iani, puis à partir du 1er septembre prochain par Froggy du blog Frogzine.

J’ai choisi cette semaine de ne pas suivre le Top Ten de la semaine, le sujet ne m’inspirant pas suffisamment. Je vais aujourd’hui vous parler des auteurs dont j’ai lu le plus de livres. Je me suis arrêtée à 6 livres lus, ce qui donne un total de 13 auteurs !

Les 10 13 auteurs dont j’ai lu le plus de livres

1°) Malika Ferdjoukh (10 livres et 4 BD adaptées de ses romans) : 

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Fiche Livraddict de l’auteure

Livres lus : Aggie change de vie, Chaque soir à 11 heures (mon avis ici), Comme sur des roulettes, Faux numéro, série Quatre sœurs : Enid, Hortense, Bettina et Geneviève, Sombres citrouilles, Taille 42 (mon avis ici).

BD lues : Quatre sœurs : Enid (mon avis ici) et Hortense par Cati Baur, Les quatre sœurs : Quatre saisons par Lucie Durbiano, Chaque soir à 11 heures par Camille Benyamina et Eddy Simon.

J’ai découvert Malika Ferdjoukh lorsque j’étais au collège, à travers des titres comme Faux numéro, Sombres citrouilles et Comme sur des roulettes. Depuis, c’est une auteure dont j’ai toujours plaisir à retrouver les romans, qui me séduisent par leur humour, leur tendresse, ainsi que les dizaines de références culturelles qu’ils contiennent. Mes romans préférés de cette auteure : la série en 4 tomes (ou en version intégrale) des Quatre sœurs, que je relis toujours avec plaisir, ainsi que Chaque soir à 11 heures, sorti il y a quelques années. Petite particularité de l’auteure, les derniers romans que je viens de citer ont été ou sont en cours d’adaptation en BD. La série des Quatre sœurs a en effet été adaptée par Cati Baur (d’abord chez Delcourt puis chez Rue de Sèvres, seuls les 2 premiers tomes sont sortis pour le moment, et le 3ème ne devrait par tarder !), ainsi que par Lucie Durbanio (chez Bayard). Le roman Chaque soir à 11 heures a également été adapté, cette fois par Camille Benyamina et Eddy Simon (chez Casterman). Dans ma PAL, j’ai également son dernier roman qui m’attend, Broadway limited, tome 1 : Un dîner avec Cary Grant.


2°) J.K. Rowling (10 livres) :

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Fiche Livraddict de l’auteure

Livres lus : Harry Potter à l’école des sorciers, Harry Potter et la chambre des secrets, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, Harry Potter et la coupe de feu, Harry Potter et l’ordre du Phénix, Harry Potter et le prince de sang-mêlé, Harry Potter et les reliques de la mort, Le Quidditch à travers les âges, Les animaux fantastiques, Les contes de Beedle le Barde.

De J.K. Rolwing, j’ai évidemment lu les 7 tomes de la série Harry Potter, qui m’ont suivie durant mon adolescence, et que je relis encore avec plaisir. J’ai également lu 3 livres issus de cet univers : Les Animaux fantastiques, Le Quidditch à travers les âges et Les contes de Beedle le Barde. Par contre, je ne me suis pas encore mise à ses derniers ouvrages plus « adulte », mais je les testerai sans doute à l’avenir. J’aime beaucoup cette auteure, d’une part parce que sa série jeunesse fétiche a énormément participé à mon amour de la lecture, d’autre part parce que j’apprécie particulièrement son esprit tolérant et engagé, plein d’humour et de tendresse.


3°) Jane Austen (7 livres) : 

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Fiche Livraddict de l’auteure

Livres lus : Emma, Lady Susan, Mansfield Park, Northanger Abbey (mon avis ici), Orgueil et préjugés, Persuasion, Raison et sentiments.

Jane Austen, je l’ai découverte il y a environ 6 ans à travers le roman Raison et sentiments. J’ai tout de suite adoré son écriture, son humour, ses personnages… notamment dans mon roman préféré de cette auteure, Orgueil et préjugés. J’ai par la suite tenté de faire durer le plus longtemps possible ses autres romans, mais il faut bien me rendre à l’évidence, il ne me reste plus que Sanditon et Juvenilia à lire d’elle, ainsi que ses lettres et autres écrits divers…


4°) Tracy Chevalier (7 livres) : 

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Fiche Livraddict de l’auteure

Livres lus : L’innocence, La dame à la licorne, La dernière fugitive, La jeune fille à la perle (mon avis ici), La vierge en bleu, Le récital des anges, Prodigieuses créatures (mon avis ici).

Une auteure que j’ai découverte à travers son magnifique roman, La jeune fille à la perle, qui reste mon préféré de cette auteure à ce jour. J’apprécie toujours ses romans historiques, qui nous font voyager à travers le temps, le monde et différents événements historiques (le combat des suffragettes et l’Angleterre post-victorienne dans Le récital des anges, les débuts du cirque moderne dans L’innocence, ou encore la création d’une tapisserie au Moyen-Age dans La dame à la licorne). C’est l’un des seuls écrivains dont je lis tous les romans, au fur et à mesure de leur sortie.


5°) Anne Perry (7 livres) :

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Fiche Livraddict de l’auteure

Livres lus : L’étrangleur de Cater Street, Le mystère de Callander Square, Le crime de Paragon Walk, Resurrection Row, Rutland Place, Le cadavre de Bluegate Fields, Mort à Devil’s Acre.

Anne Perry est une auteure de romans policiers, dont je n’ai pour l’instant lu que les romans de la série Charlotte et Thomas Pitt. J’apprécie beaucoup cette série qui se déroule dans le Londres des années 1880 et 1890, et particulièrement ses personnages principaux : Thomas et Charlotte Pitt, ainsi que la sœur de cette dernière, Emily. De cette même auteure, j’ai également dans ma PAL les 1ers tomes de ses séries Joseph et Matthew Reavley, qui se déroule durant la 1ère Guerre Mondiale, et William Monk, qui suit un inspecteur de police ayant perdu la mémoire.


6°) Stefan Zweig (7 livres) :

Photo by Hulton Archive – Getty Images

Fiche Livraddict de l’auteur

Livres lus : Amok, Clarissa, La ruelle au clair de LuneLe joueur d’échecs (mon avis ici), Le voyage dans le passé, Lettre d’une inconnue, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme.

Premier homme de ce Top Ten, Stefan Zweig est un auteur que j’ai découvert il y a quelques années à travers Le joueur d’échecs. Depuis, j’ai lu 6 autres de ses écrits, oscillant entre nouvelles et romans, parmi lesquels j’ai particulièrement aimé Lettre d’une inconnue et Vingt-quatre heures de la vie d’une femme. Je continuerai avec plaisir à lire ses romans et biographies.


7°) Gudule (7 livres) :

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Fiche Livraddict de l’auteure

Livres lus : J’ai 14 ans et je suis détestable, L’amour en chaussettes, L’envers du décor, La bibliothécaire, La vie en rose, La vie à reculons, Regardez-moi.

Disparue il y a quelques semaines, Gudule est une auteure que je lisais beaucoup au collège. Je me souviens avoir en particulier apprécié ses romans L’amour en chaussettes et La bibliothécaire. Il faudrait d’ailleurs que je relise ce dernier, qui semble avoir marqué de nombreux lecteurs.


8°) Bernard Werber (7 livres) :

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Fiche Livraddict de l’auteur

Livres lus : Les fourmis, tome 1Les thanatonautes, L’empire des anges, Nous les Dieux, L’encyclopédie du savoir relatif et absoluL’arbre des possibles et autres histoires, Nos amis les humains.

Bernard Werber est un auteur dont j’ai lu de nombreux livres en l’espace d’une ou deux années au lycée, mais que je n’ai jamais relu depuis. J’ai commencé par Les fourmis, dont j’ai plutôt apprécié le 1er tome mais jamais continué la série, puis j’ai enchaîné sur la série du Cycle des Anges que j’ai adorée. J’avais également beaucoup aimé son recueil de nouvelles L’arbre des possibles. Il est possible que je retente un jour cet auteur, mais ce n’est pas sûr car ses livres ne me tentent plus trop pour le moment…


9°) Judy Blume (6 livres) :

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Fiche Livraddict de l’auteure

Livres lus : Ce n’est pas la fin du monde, Dieu tu es là ? C’est moi Margaret !, Tiens bon Rachel !, Trois amies, Un exposé fatal, Œil de tigre.

Encore une auteure que j’ai découverte grâce à la maison d’édition L’Ecole des Loisirs. Judy Blume est une auteure jeunesse très connue aux Etats-Unis, où ses livres ont d’ailleurs plusieurs fois été censurés (cf. Wikipedia), car elle traite de sujets qui ont longtemps été tabous en littérature jeunesse. Trois amies a longtemps été mon livre préféré au collège, je l’ai d’ailleurs relu il y a quelques années avec tendresse. Là encore, il s’agit d’une auteure dont je pense lire ou relire les romans durant les prochaines années.


10°) Ann Brashares (6 livres) :

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Fiche Livraddict de l’auteure

Livres lus : Série Quatre filles et un jean : Quatre filles et un jean, Le deuxième été, Le troisième été, Le dernier été, Pour toujours ; Toi et moi à jamais (mon avis ici).

Encore une auteure lue pendant mon adolescence, durant laquelle j’ai découvert la série Quatre filles et un jean. En plus de ces 5 tomes, dont le dernier est sorti en 2011, j’ai également apprécié le roman jeunesse Toi et moi à jamais.


11°) Moka (Elvire Murail) (6 livres) :

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Fiche Livraddict de l’auteure

Livres lus : Ailleurs, rien n’est tout blanc ou tout noir, Cela, Derrière la porte, L’enfant des ombres, La chambre du pendu, Un ange avec des baskets.

Là encore, il s’agit d’une auteure que j’ai découverte enfant à travers L’Ecole des Loisirs, où était également éditée sa sœur, Marie-Aude Murail. A l’époque, je ne lisais pas trop les romans de la collection Chair de Poule, mais si je voulais avoir peur, il me suffisait d’emprunter un livre de Moka… Dans mes souvenirs (peut-être qu’en les relisant maintenant, mon impression changerait), la plupart de ses livres étaient empreints d’étrangeté et de mystère, et baignaient dans une atmosphère un peu oppressante… Dans un autre style, j’avais beaucoup aimé également son roman Un ange avec des baskets.


12°) Susie Morgenstern (6 livres) :

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Fiche Livraddict de l’auteure

Livres lus : Confessions d’une grosse patate, L’Amerloque, Les deux moitiés de l’amitié, Lettres d’amour de 0 à 10, Privée de bonbecs, Trois jours sans.

Découverte elle aussi grâce à L’Ecole des Loisirs, Susie Morgenstern est également une auteure que j’ai lue durant mon adolescence. Je ne me souviens plus précisément de tous ces livres lus, mais je me souviens que je les appréciais beaucoup. Il faudrait d’ailleurs que je relise Lettres d’amour de 0 à 10, dont j’entends toujours beaucoup de bien.


13°) Brigitte Smadja (6 livres) :

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Fiche Livraddict de l’auteure

Livres lus : Ce n’est pas de ton âge !, Des cœurs découpés, La vérité toute nue, Laisse-moi tranquille, Rollermania, Un poisson nommé Jean-Paul.

Et devinez comment j’ai découvert cette dernière auteure, Brigitte Smadja ? Grâce à L’Ecole des Loisirs bien sûr ! Encore une fois, je ne me souviens pas toujours très précisément de tous ces romans, plutôt des thématiques abordées. Une chose est sûre, elle fait partie de ces auteurs qui ont marqué mes lectures adolescentes.

Je constate à travers ce Top que depuis que j’ai passé l’adolescence, je suis très peu mono-maniaque d’un auteur en particulier. En effet, les seuls auteurs de ce Top découvert depuis mes 18 ans sont Jane Austen, Tracy Chevalier, Anne Perry et Stefan Zweig.

Et vous, quelles sont les auteurs que vous avez le plus lus ?

Bilan trimestriel n°1 – 2012

L’année 2012 a très bien commencé pour moi, puisque j’ai eu pendant ces trois premiers mois de très plaisantes lectures.. Du côté des romans, j’ai pu lire une quinzaine de livres (incluant une relecture), dont :

  • La fin d’une superbe série : « Hunger Games, tome 3 : La révolte » de Suzanne Collins, qui clôt en beauté cette trilogie. Je crois que ces trois livres font partie de mes meilleures découvertes en 2011.
  • La lecture d’un roman de ma très chère Jane Austen : « Northanger Abbey« , que j’ai savouré avec beaucoup de plaisir. Après cela, il me reste « Emma« , « Lady Susan« , ainsi que ses autres œuvres plus courtes..
  • Un coup de cœur qui m’a emportée : « Un jour » de David Nicholls : LE gros coup de cœur de ce début d’année, dont je ne vous ai malheureusement pas encore parlé.. Pendant ma lecture, je suis passée des éclats de rire aux larmes sans arrêt, et j’ai trouvé l’ensemble original et très juste, je m’y suis beaucoup retrouvée.. Fiches Dialogues et Livraddict.
  • Une lecture qui m’a beaucoup marquée : « The perks of being a wallflower » de Stephen Chbosky (« Pas raccord » en français), que je n’ai pas encore chroniqué mais qui m’a beaucoup marquée. Je vous mets ici les fiches Dialogues et Livraddict, si vous souhaitez y jeter un coup d’œil, mais je vous conseille quand même de le lire en anglais si vous le pouvez.. Fiches Amazon (en anglais), Dialogues (en français) et Livraddict.

  • Le début de deux nouvelles séries qui risquent de m’emporter loin :
    • « Divergent » de Veronica Roth : une dystopie que je ne m’attendais pas à tant apprécier. Depuis, j’ai même envie de l’acheter en anglais pour le relire…
    • « L’assassin royal, tome 1 : L’apprenti assassin » de Robin Hobb : enfin, je l’ai lu ! Une lecture qui fût des plus agréables mais malheureusement trop longue (presque un mois) pour que je l’apprécie pleinement… Je me rattraperai sans doute avec le tome 2 ! Fiches Dialogues et Livraddict.
  • Des lectures jeunesse et jeunes adultes que j’ai beaucoup aimées :
    • « Chaque soir à 11 heures » de Malika Ferjoukh : le nouveau livre de cette auteure dont j’apprécie beaucoup les romans. Comme je le dis dans mon article, j’ai beaucoup aimé.
    • « Là où j’irai » de Gayle Forman : cette suite du roman « Si je reste » dont je vous parlais en janvier n’a pas tenu longtemps.. Je crois bien que je l’ai dévorée en une journée. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Mia et Adam dans ce second tome, mon avis normalement à venir.. Fiches Dialogues et Livraddict.
    • « Le monde dans la main » de Mikaël Ollivier, un livre jeunesse que j’ai trouvé très juste et touchant.
    • « Quatre sœurs, tome 1 : Enid » de Malika Ferdjoukh : je vous parlais en novembre de l’adaptation en bande dessinée de ce roman jeunesse par Cati Baur, une adaptation qui m’avait beaucoup plu. Cela m’avait donné envie de relire le premier tome de cette série, ainsi que les trois tomes suivants : « Hortense« , « Bettina » et « Geneviève » (ils ne sont malheureusement jamais à la bibliothèque quand j’ai besoin d’eux). J’ai retrouvé avec plaisir l’écriture de Malika Ferdjoukh, et j’ai donc plus que hâte de continuer cette série. Mon avis le plus vite possible ! Fiches Dialogues et Livraddict.
    • « Passeuse de rêves » de Lois Lowry : un autre livre de cette auteure dont j’ai énormément aimé le roman « Le passeur » (que je devrais d’ailleurs relire prochainement). Un pur moment de poésie et de douceur, je me suis régalée.
    • « Taille 42 » de Malika Ferdjoukh & Charles Pollak : là encore, c’est une auteure culte de mon enfance que j’ai relue, avec ce roman dont je n’avais pas entendu parler jusqu’à récemment.. Un très beau livre racontant la vie de la famille Pollak sous l’Occupation..
    • « Au rebond » de Jean-Philippe Blondel : allez, je le mets là même si je l’ai peut-être moins apprécié que les quatre précédents. J’ai aimé ce roman, mais je crois que je l’ai trouvé trop court pour exploiter à fond ce sujet pourtant intéressant.. J’ai cependant beaucoup apprécié le style de ce roman, et j’ai été très touchée par l’histoire d’amitié qui en le sujet principal. En plus, je lis rarement de livres sur l’amitié masculine, alors ça m’a fait du bien de changer un peu.. Fiches Dialogues et Livraddict.

  • Un OVNI littéraire :
    • « Harry Potter’s bookshelf » de John Granger : un livre dont j’avais entendu parler par Touloulou et que j’ai lu sur plusieurs mois avec beaucoup de plaisir ! L’auteur présente de nombreux livres ayant un lien plus ou moins direct avec la saga Harry Potter, que ce soient les romans gothiques, les boarding school novels (livres se déroulant dans un pensionnat) ou les romans traitant de l’alchimie.. Autant dire qu’on en ressort avec des listes entières de livres à lire et d’auteurs à découvrir. Fiches Amazon et Livraddict (uniquement disponible en anglais).
  • Deux petites déceptions :
    • « 16 lunes » de Kami Garcia & Margaret Stohl : mon article suffit, disons que ce livre partait bien mais que je n’ai pas accroché..
    • « La belle aux oranges » de Jostein Gaarder : un livre que je pensais véritablement aimer, mais que j’ai trouvé lent et alambiqué. Je n’ai pas vraiment compris le message de l’auteur, ou alors il ne me plaît pas je ne sais pas.. Toujours est-il qu’après l’abandon de son autre livre « Le monde de Sophie » et la déception autour de celui-ci, je crois que je vais un peu mettre de côté cet auteur.. Fiches Dialogues et Livraddict.

  • Une petite lecture de dernière minute :

    • « Matilda » de Roald Dahl : une relecture en fait, puisque je me souviens de l’avoir lu au collège, même si je n’en gardais pas beaucoup de souvenirs.. Une lecture courte que j’ai adorée, le personnage de Matilda est attachant et très drôle, je pense que c’est elle qui fait tout dans ce roman.. J’ai beaucoup aimé également le style très humour noir de Roald Dahl.

En ce qui concerne les bandes dessinées et mangas, j’ai pu pendant ce premier trimestre :

  • Découvrir de très bons mangas :
    • « Bride Stories tome 1 » de Kaoru Mori : je n’en ai pas encore parlé mais ce manga a vraiment été un coup de cœur pour moi ! J’ai vraiment été  charmée par le trait précis, foisonnant et impressionnant de la jeune Kaoru Mori. Je lirai rapidement les tomes suivants, ainsi que d’autres mangas de l’auteure (je pense notamment à la série « Emma« ). Fiches Dialogues et Livraddict.
    • « Quartier Lointain » de Jirô Taniguchi : dont j’ai parlé en février. Une très bonne découverte, je n’ai qu’une envie maintenant, c’est de découvrir ses autres (nombreux) mangas.
  • Poursuivre une série que j’apprécie beaucoup :
    • « Magasin général, tome 7 : Charleston » de Régis Loisel et Jean-Louis Tripp : une série dont je parlerai peut-être un jour ici. Fiches Dialogues et Livraddict.
  • Relire quelques classiques :
    • « Le tour de Gaule d’Astérix » de René Goscinny et Albert Uderzo.
    • « Astérix et le bouclier arverne » des mêmes auteurs.. Deux albums qu’il est toujours agréable de relire à tout âge !

  • Découvrir une série agréable :
    • « Le troisième testament » : tome 1 : « Marc ou le réveil du lion » , tome 2 : « Mathieu ou le visage de l’ange« , tome 3 : « Luc ou le souffle du taureau » et tome 4 : « Jean ou le jour du corbeau » de Xavier Dorison et Alex Alice. Une série qui s’améliore selon moi au fil des tomes et qui traite de la quête d’un manuscrit mystérieux par un homme au passé trouble et une jeune femme… Cette série est partiellement tirée d’évènements historiques, et traite en partie de l’Inquisition ainsi que de l’Ordre des Templiers. Fiches Dialogues et Livraddict.

Challenges :

Parmi ces livres, le point sur mes challenges en cours :

« The perks of being a wallflower » de Stephen Chbosky et « Northanger Abbey » de Jane Austen entrent dans le cadre du challenge « Gilmore Girls » → 2/3

« Là où j’irai » de Gayle Forman entre dans le cadre du baby-challenge « Drame » de Livraddict → 7/20

« Divergent, tome 1 » de Veronica Roth entre dans le cadre du baby-challenge « Jeunesse » de Livraddict → 6/20

« Bride Stories, tome 1 » de Kaoru Mori et « Quartier lointain » de Jirô Taniguchi entrent dans le cadre du baby-challenge « Mangas » de Livraddict → 2/20

Taille 42 – Malika Ferdjoukh & Charles Pollak

Éditeur :  L’École des Loisirs

Collection : Médium

Date de parution : 2007

264 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Septembre 1939. J’ai onze ans et je pars à la mer avec l’école. C’est grâce à la guerre qui vient d’éclater. Il paraît que nous, les enfants, nous serons plus à l’abri là-bas qu’à Paris.
Je suis flâneur, rêveur, timide, sentimental. J’aime les illustrés et le cinéma. Mandrake, Fu Manchu, Prince Vaillant, Gary Cooper, Clark Gable.
Je fais un bisou pressé à ma grande sœur. Je ne sais pas encore que je la vois pour la dernière fois.
L’an prochain, je dois passer mon certificat d’études. Je ne sais pas encore que ce petit diplôme va me sauver la vie.
Eugène, mon père, va chercher du travail là où il y en a, dans un village en Baie de Somme. Je ne sais pas encore que bientôt, nous allons tous le rejoindre, changer de vie, tromper la mort, grâce à son aiguille de tailleur qui va faire des miracles.
Je suis Juif, c’est devenu un secret, et je ne comprends pas pourquoi tant de gens ont l’air de trouver que c’est mal.

Cette histoire est vraie. Charles Pollak l’a vécue. Malika Ferdjoukh l’a écrite.

Mon avis :

Suite à ma très appréciée lecture de « Chaque soir à 11 heures« , je me suis replongée avec envie dans la bibliographie de Malika Ferdjoukh. J’ai ainsi décidé de lire (ou relire) une bonne partie de ses romans (vaste programme n’est-ce pas..). J’ai donc commencé par ce roman édité à L’École des Loisirs (comme la plupart des romans de l’auteur d’ailleurs), et dont je n’avais bizarrement pas beaucoup entendu parler jusque là.

« Taille 42 » nous raconte donc l’histoire de Charles Pollak, à travers les mots de Malika Ferdjoukh. Le style de cette dernière est d’ailleurs perceptible de temps à autre dans le récit, ce qui est toujours très agréable. J’ai notamment noté les interjections qui rythment le début du récit, ainsi que bien évidemment l’humour toujours présent en toile de fond…

A travers le point de vue du plus jeune fils de la famille, Charles, dit Charly, nous suivons donc le parcours des Pollak, originaires de Hongrie et installés à Paris depuis les années 20. Le père de Charles, Eugène dit Apou, est un tailleur spécialisé dans le gilet, et aidé dans son travail par ses filles et sa femme. Le tissu et la coupe des vêtements est d’ailleurs un thème qui revient souvent dans ce roman, comme un fil rouge : les ourlets, les plis, les doublures, les matières…, élément qui m’a beaucoup plu durant ma lecture.

« Tu vois, répète mon père avec ce vibrato admiratif dans la voix dont il n’use que pour parler de la fortune des Rothschild ou de la cuisine de ma mère. Tu vois pourquoi M. Rosenfeld, il nous dépasse tous ? Personne ne sait, comme lui, cacher les bords et les replis de la coupe ! C’est un artiste.  » p.15

La vie est parfois dure, et la guerre s’installe peu à peu dans les esprits comme quelque chose d’inévitable, mais ce récit reste tout de même en grande partie pour Charles celui de souvenirs joyeux et tendres, partagés entre l’école, le cinéma, la vie quotidienne à la maison, et les jeux avec son frère et ses amis.

Avec l’arrivée de la guerre, la vie devient cependant plus dure pour les Français, et plus particulièrement pour les personnes juives comme la famille Pollak. Les fils sont contraints de partir avec leur classe loin de Paris, où ils seront tous les deux plus en sécurité. Décidé à garder sa famille en vie coûte que coûte, Apou décide de son côté de partir en Baie de Somme, afin d’y faire ce pour quoi il est le plus doué, la taille de costumes, et ensuite pouvoir y installer toute sa famille.

Au final, il est assez difficile de parler de ce récit sans trop en dévoiler sur l’histoire de cette famille. J’ai aimé le fait que ce récit nous soit raconté du point de vue de Charles, qui du haut de ses 12 ans n’a pas toujours des préoccupations aussi sérieuses que les adultes de sa famille… Cela mène d’ailleurs régulièrement à des scènes assez comiques. Et c’est là encore un point qui m’a beaucoup touchée dans ce roman, car malgré la gravité et la tristesse des évènements qui se déroulent autour d’eux, la famille Pollak reste toujours unie, aimante et prête à tout pour survivre et protéger au maximum les enfants.

J’ai du mal à en dire plus sur ce roman, mais selon moi il propose une approche de la vie durant la Seconde Guerre Mondiale différente de ce que j’ai eu l’habitude de lire sur ce sujet. Tout au long de ce livre, j’ai eu l’impression d’être moi-même « protégée » des évènements extérieurs par les parents de Charles, comme eux-mêmes parviennent à protéger leurs enfants des privations et des atrocités de la guerre.

« Il avait parlé en hongrois. Il tira sur sa cigarette, fixant la pointe étincelante de ses bottes. Ma mère continua de remuer son bois, mon père de repasser sa doublure, André de jouer avec Moska, Madeleine de coudre son ourlet, moi de caresser Frimousse. […] Le bois brûlait, le fer repassait, l’ourlet se cousait, la chienne remuait les oreilles, le chat ronronnait… Le tankiste leva les yeux derrière la fumée de sa cigarette. A brûle-pourpoint, il demanda : – Et vous ? Vous êtes de quelle religion ?  » p.231

J’ai été très touchée par les passages traitant de la religion et des efforts que les parents de Charles doivent faire pour abandonner leurs habitudes et rituels religieux, afin de ne pas dévoiler leur véritable identité. Particulièrement les passages sur la viande de porc, interdite par leur religion, mais qu’ils sont cependant contraints de manger afin de ne pas éveiller les soupçons mais aussi de survivre, ou encore ceux se déroulant à l’église, lorsque la famille doit faire semblant d’être catholique, comme toute le monde. Ces scènes sont touchantes et tristes à la fois, car elles mettent en évidence cette partie d’eux-mêmes que les Pollak doivent peu à peu mettre de côté, s’il veulent survivre à cette guerre… Mais elles restent aussi très drôles, à travers les remarques et questionnements de Charles et de son frère.

 » Le curé lui remit une effigie peinte, toute brillante, de Jésus. Mon père la prit, l’air de savoir parfaitement de quoi il retournait. L’assistance se cogna la poitrine en répétant : « Seigneur, je ne suis pas digne de Te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri… » Ensuite, ils allèrent à la queue leu leu devant le père Jean pour avaler un truc qui leur donnait un air crispé quand ils retournaient à leur place, comme s’ils avaient avalé du plâtre qui aurait durci dans leur bouche.
– C’est quoi ? chuchota mon frère.
– Le corps du Christ ! murmurai-je, me référant à ce que venait de dire le curé.
– Beurk… Si c’est comme la viande séchée, j’en prends pas.
On resta immobiles devant nos prie-Dieu, en priant (on ne savait plus tellement qui, à vrai dire) pour que personne ne remarque qu’on n’était pas allés avaler le plâtre ou viande séchée.  » p.201

Un autre point qui m’a plu est la réelle tendresse qu’on ressent entre Charles, ses sœurs et son frère. La scène durant laquelle Charles va à la pharmacie le ventre vide dans le seul but de demander des échantillons de crème de jour au pharmacien, et ainsi faire plaisir à sa grande sœur, alors que le plus important est surtout de se trouver à manger, est particulièrement touchante. J’ai enfin particulièrement aimé les relations que la famille Pollak noue petit à petit avec les habitants du village, et la façon avec laquelle elle parvient à s’y intégrer.

 » – Une reine des reinettes ! nota Nadine, la bouche pleine.
– La mienne, c’est une pomme à cidre.
– Les pommes, c’est comme les humains, soupira Eliane entre deux bouchées. Plein de variétés pour une seule espèce.
Croc, croc, dans un bruit de chair de fruit, tout fut bientôt englouti, les pommes et la philosophie.  » p.193

« Taille 42 » est un livre que je conseille à tout le monde, et qui est je pense particulièrement adapté aux enfants et adolescents qui souhaitent découvrir la vie quotidienne d’une famille juive touchante et attachante sous l’Occupation.

Autour du livre :

  • Malika Ferdjoukh est une écrivaine française née en 1957, auteure de scénarios pour la télévision et le cinéma, ainsi que de nombreux romans jeunesse, comme “Sombres citrouilles“, “Minuit-cinq“, “Fais-moi peur”, “Aggie change de vie“ ou encore «  »Chaque soir à 11 heures«  ». Elle est passionnée de cinéma, plus particulièrement des comédies musicales et mélodrames de la première moitié du 20ème siècle. Pour plus d’informations sur l’auteure, un entretien réalisé par le forum Whoopsy Daisy (forum des amoureux de la Littérature anglaise) est disponible ici.
  • Après la guerre, Charles Pollak est resté dans le village de Feuquières-en-Vimeu jusqu’en 1948. Il s’est ensuite marié et est aujourd’hui père de deux filles, grand-père et arrière-grand-père. C’est sa fille Ida qui lui a fait rencontrer Malika Ferdjoukh.

Autres petits papiers :

  • Du même auteur, j’ai aussi donné mon avis sur :
    • Chaque soir à 11 heures, le dernier roman de Malika Ferdjoukh, sorti en 2011.
    • Quatre sœurs, tome 1 : Enid (2011) : adaptation en bande dessinée par Cati Baur du premier tome de la série de romans “Quatre sœurs”, écrit par Malika Ferdjoukh et publié en 2003.

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Chaque soir à 11 heures – Malika Ferdjoukh

Éditeur :  Flammarion

Collection : Émotion

Date de parution : 2011

401 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Willa Ayre s’est classée dans la catégorie des filles que les garçons ne voient jamais, des insignifiantes, des petits chats caustiques mais frileux. Iago, lui, attire tous les regards. Il est le garçon dont rêvent toutes les filles du lycée.

Dès la rentrée, Iago pose les yeux sur Willa et la choisit. Mais à une fête, Willa rencontre le bizarre et ténébreux Edern. Dès lors, sa vie prend une tournure étrange. De la grande maison obscure cachée au fond de l’impasse, la jeune fille doit découvrir les secrets, sonder son coeur, et faire un choix…

Mon avis :

Depuis le temps que j’attendais de lire ce livre, je ne regrette pas de l’avoir enfin commencé ! Après avoir lu beaucoup de ses romans durant mon adolescence, j’ai donc retrouvé Malika Ferdjoukh avec ce nouveau livre, publié dans la nouvelle collection « Émotion » de chez Flammarion (ladite émotion étant ici l’amûûûr…).

Dès le début, nous plongeons directement dans un univers so Ferdjoukhien, dans lequel les personnages ont des prénoms étranges (Wilhelmina, Iago, Isebelle, Roch, Melville, Rosemonde et j’en passe), un humour ravageur et des références culturelles plein la tête (on prend le temps de s’arrêter devant « Beau fixe sur New-York » de Stanley Donen ou « La joyeuse divorcée » de Mark Sandrich, mais aussi « Massacre à la tronçonneuse » ou Tim Burton, on y lit « Papa longues jambes » de Jean Webster ou « L’invitation à la valse » de Rosamond Lehmann, on y écoute Charlie Parker, on y croise les œuvres de Gustave Moreau ou Niki de Saint Phalle…). Et surtout, et c’est ce qui m’a fait le plus grand bien, on est face à une héroïne irrésistiblement attachante, qui n’a pas sa langue dans sa poche, est intelligente, sérieuse, courageuse, curieuse et se passionne donc pour tout et n’importe quoi. Qu’est-ce que ça fait du bien de temps en temps une fille pas nunuche comme Willa !

A noter également l’importance de la ville de Paris dans ce roman, à travers les rues de laquelle Willa court toute la journée… On la suit dans le métro, dans le bus, en voiture et en taxi, dans l’hôtel de luxe particulier de son amie Fran, dans la lugubre mais tellement attirante maison d’Edern, mystérieusement appelée « Fausse Malice » (et qui n’est pas sans rappeler la Vill’Hervé des romans « Quatre sœurs« …), dans l’appartement glauque de son professeur de saxo, et enfin dans son appartement cosy dans lequel on mange des Bounty glacés en regardant des comédies musicales.

Au-delà du cadre et des personnages, on se laisse rapidement emporter par l’intrigue de ce roman et les nombreuses aventures qui jalonnent la vie de Willa. L’enquête qu’elle mène peut parfois paraître tarabiscotée, mais cela ne gâche en rien le roman. Certains passages en présence des camarades de classe de Willa, toutes nunuches et de vraies gosses de riche, m’ont parfois un peu énervée. Mais c’est le milieu très parisien dans lequel évolue Willa qui veut ça j’imagine… Heureusement que les trois personnages principaux relèvent un peu le niveau de réflexion (Willa, Edern et Iago) et rendent ce livre totalement addictif. J’oubliais le personnage de Marni, qui est adorable et m’a fait penser à Enid des « Quatre sœurs« . Enfin, chose qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps, j’ai eu des papillons dans le ventre en lisant une scène de ce livre en particulier, j’espère qu’elle vous fera le même effet !

En bref, « Chaque soir à 11 heures » est un livre que j’ai eu beaucoup de mal à lâcher et que je conseille donc fortement, que l’on connaisse Malika Ferdjoukh ou que l’on souhaite la découvrir…

Autour du livre :

  • Malika Ferdjoukh est une écrivaine française née en 1957, auteure de scénarios pour la télévision et le cinéma, ainsi que de nombreux romans jeunesse, comme « Sombres citrouilles« , « Minuit-cinq« , « Fais-moi peur » ou encore « Aggie change de vie« . « Chaque soir à 11 heures » est son dernier roman. Elle est passionnée de cinéma, plus particulièrement des comédies musicales et mélodrames de la première moitié du 20ème siècle. Pour plus d’informations sur l’auteure, un entretien réalisé par le forum Whoopsy Daisy (forum des amoureux de la Littérature anglaise) est disponible ici.
  • On retrouve les prénoms de plusieurs personnages de ce livre dans de célèbres romans. Wilhelmina est ainsi présent dans « Dracula » de Bram Stoker, puisqu’il est porté par le personnage féminin principal, Wilhelmina « Mina » Murray. Iago est quant à lui le prénom du personnage manipulateur de la tragédie de Shakespeare « Othello« .

Autres petits papiers :

  • Du même auteur, j’ai aussi donné mon avis sur :
    • Quatre sœurs, tome 1 : Enid (2011) : adaptation en bande dessinée par Cati Baur du premier tome de la série de romans “Quatre sœurs”, écrit par Malika Ferdjoukh et publié en 2003.
    • Taille 42, écrit par Malika Ferdjoukh et Charles Pollak, et sorti en 2007.

        

 

Quatre sœurs, tome 1 : Enid – Malika Ferdjoukh & Cati Baur

Éditeur : Delcourt

Collection : Encrages

Date de parution : 2011

160 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Bande dessinée adaptée du 1er roman de la série « Quatre sœurs« , « Enid« , par Malika Ferdjoukh.

Résumé (Delcourt) :

Orphelines depuis peu, les sœurs Verdelaine vivent à la Vill’Hervé, une grande maison en bord de mer. Enid, c’est la plus jeune, celle qui ne comprend pas vraiment les choses de l’amour, celle que personne ne croit quand elle dit qu’elle a entendu un fantôme hurler dans le parc. Ni Geneviève, ni Hortense, ni Bettina… Pas même Charlie l’aînée qui s’occupe de toute la petite tribu.

Mon avis :

Ah Malika Ferdjoukh ! On peut dire que cette auteure aura marqué une bonne partie de mes lectures de jeunesse (en collaboration avec Moka, Marie-Aude Murail, Judy Blume, Susie Morgenstern, Brigitte Smadja et j’en passe évidemment…). Parmi ces lectures, la série des « Quatre Sœurs », et plus particulièrement le premier tome nommé « Enid », est sans doute l’une des dernières que j’ai découverte, avant de m’éloigner petit à petit de ce merveilleux éditeur qu’est « L’École des Loisirs » (j’y reviens quand même parfois, ces livres étant pour moi des lectures doudous…). Quelle ne fût pas ma surprise donc de découvrir que Cati Baur avait adapté ce roman en bande dessinée, mais surtout que le résultat n’étais pas mal du tout…

Mais revenons à la Vill’Hervé et à ses habitantes… Comme l’indique ma quatrième de couverture :

« Tout comme les Trois Mousquetaires étaient quatre, les Quatre Sœurs Verdelaine sont cinq ».

Comment peut-on mieux débuter une histoire ? (Et on retrouve là tout l’humour de l’auteure) Nous suivons donc les sœurs Verdelaine, Charlie, Geneviève, Bettina, Hortense et Enid, orphelines depuis peu et vivant seules dans leur grande maison au bord de l’Atlantique, sous la responsabilité de la première.

Dessins issus du site de Cati Baur

Comme son nom l’indique, ce premier tome se concentre essentiellement sur les aventures d’Enid, la plus jeune, un peu perdue au sein de cette fratrie, mais également sur l’arrivée temporaire dans la famille d’une sixième jeune fille, Colombe, la jalousie de Bettina envers cette dernière, ou encore les recherches souterraines effectuées par Enid et son meilleur ami dans le jardin de la maison…

Mais au-delà de tout cela, Malika Ferdjoukh parvient surtout à nous parler d’une fratrie dans laquelle on rêverait de vivre, avec ses hauts et ses bas certes, mais toujours profondément soudée. Dès le début, on est happé dans la vie quotidienne de ces cinq sœurs, tentant de gérer comme elles le peuvent la vie à cinq. Charlie est émouvante en chef de famille à la fois organisée et malicieuse, de même que Geneviève en gestionnaire et mère poule, ou Hortense en timide jeune fille toujours un livre à la main… On a envie de se lover sur le canapé avec celle-ci et d’y lire un bon livre au chaud, de goûter aux confitures de Geneviève, de tester la merveilleuse salle de bains de Bettina, de prendre son petit-déjeuner sur la longue table de la cuisine aux chaises dépareillées et même de réparer la vieille chaudière avec Charlie.

Les dessins de Cati Baur sont joyeux et colorés, et rendent bien selon moi l’univers du roman et de la famille Verdelaine. Elle a su donner une âme à la maison familiale, notamment lors des scènes réunissant tout le monde dans la cuisine, le salon ou le jardin. Un court texte de Malika Ferdjoukh explique d’ailleurs comment les deux auteures se sont rencontrées et ce qui l’a convaincue de travailler avec Cati Baur.

Que l’on ait lu ou non le roman d’origine, cette adaptation en bande dessinée est selon moi vraiment réussie et apporte réellement un plus au roman déjà très bon de Malika Ferdjoukh. Je la conseille donc fortement !

Autour du livre :

  • Malika Ferdjoukh est une écrivaine française née en 1957, auteure de scénarios pour la télévision et le cinéma, ainsi que de nombreux romans jeunesse, comme « Sombres citrouilles », « Minuit-cinq », « Fais-moi peur » ou encore « Aggie change de vie ». Son dernier roman, « Chaque soir à 11 heures », est sorti en septembre 2011. Elle est passionnée de cinéma, plus particulièrement des comédies musicales et mélodrames de la première moitié du 20ème siècle. Les personnages de la série des « Quatre sœurs » ont d’ailleurs en partie été inspirés par les acteurs et actrices de cette époque. Pour plus d’informations sur l’auteure, un entretien réalisé par le forum Whoopsy Daisy (forum des amoureux de la Littérature anglaise) est disponible ici.
  • Cati Baur est née en 1973 à Genève. Elle a exercé de nombreux métiers (libraire, manutentionnaire en maison d’édition, « blonde de l’accueil », assistante d’édition), tenu un blog de dessin et publié trois bande dessinées à ce jour (« J’arrête de fumer », « Vacance » et bien sûr « Enid »). Pour plus d’infos, son site internet est ici.

Autres petits papiers :

  • Du même auteur (Malika Ferdjoukh), vous pouvez aussi lire mon avis sur :