Le goût des pépins de pomme – Katharina Hagena

Der Geschmack von Appelkernen

Éditeur : Anne Carrière

Date de parution originale : 2008

Date de parution française : 2010

268 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

A la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu’elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n’envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu’elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l’entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l’histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes. Katharina Hagena nous livre ici un grand roman sur le thème du souvenir et de l’oubli.

Mon avis :

Ce qui m’a d’abord attirée dans ce livre, je l’avoue, c’est sa couverture. Cette représentation d’une ancienne planche botanique représentant la pomme m’a tout de suite séduite. Petite déjà, j’aimais beaucoup observer ces vieilles planches, découvrant des coupes de tous ces fruits et légumes que je ne connaissais pas toujours… Cette couverture m’a donc rapidement rappelé l’enfance et la nostalgie qui l’entoure souvent. Je lui ai tout de suite trouvé un goût ancien et réconfortant, qui a perduré durant les premiers chapitres de ce roman.

Car dans ce roman il est beaucoup question de goût justement, du goût des pommes et de leurs pépins, des groseilles blanches qui ont un goût de larmes, des mûriers…, de leur parfum, de la sensation des aiguilles de pins sous les pieds nus… On déambule derrière Iris pendant qu’elle redécouvre le jardin et en même temps ses souvenirs, et on voudrait presque y être, passer les doigts dans les herbes aromatiques du potager, s’allonger sous ce pommier magique qui a été témoins de tant de choses… Jusqu’à ce que l’on comprenne qu’Iris n’a pas tourné le dos à ce paradis sans raisons. Car ce jardin est aussi rempli de secrets de familles, de drames remontant parfois à plusieurs générations et de souvenirs qui s’effritent…

« Le sol y était de couleur rouille, nappé d’une épaisse couche d’aiguilles de pin. Le pas, dès que l’on marchait dessus, se faisait élastique, silencieux, et l’on avançait, comme ensorcelé, jusqu’au moment où l’on débouchait de l’autre côté, sur le grand pré planté de fruitiers. » p.56

Ce roman m’a laissé un sentiment étrange. Je l’ai aimé c’est sûr, mais savoir pourquoi m’est plus difficile… J’ai aimé ces histoires de femmes s’étalant sur plusieurs générations, j’ai aimé la symbolique à la fois fertile et dramatique de cette maison et de ce jardin. J’ai aimé les tantes d’Iris, Inga si admirée et pourtant si seule, dont les doigts de fée produisent des étincelles, et que j’ai imaginée comme ces femmes des années folles, à la Louise Brooks. Harriet également, femme frêle mais pourtant si forte, que j’ai imaginée pour sa part comme Scarlett, la petite colocataire rousse de Hugh Grant dans « Quatre mariages et un enterrement ». Bref si vous pensez adapter ce roman, faites-moi signe, j’ai pleins d’idées…

Cela rejoint d’ailleurs ce que je disais précédemment sur l’aspect très « sensitif » de ce roman. Au cours des chapitres, tous mes sens ont tour à tour été stimulés, comme si j’étais moi-même Iris, Bertha, Mira ou Rosemarie. Plusieurs fois j’ai senti le goût des pommes (et des pépins) dans ma bouche.

Je conseille donc la lecture de ce roman, pas fortement mais quand même un petit peu, tant je me demande si je ne suis pas la seule à avoir ressenti cela à la lecture. Allez, si, lisez-le, en particulier si vous aimez les histoire de femmes, les secrets de famille, les jardins, les fleurs, les fruits, les confitures, les écluses, les robes en tulle et à paillettes cachées au fond des placards, les vieux escaliers qui craquent et les vélos qui couinent… Et puis les pommes surtout.

« Vous savez, les enfants, il y a trois choses que l’on peut contempler continuellement sans jamais s’en lasser. L’une de ces choses, c’est l’eau. L’autre, c’est le feu. Et la troisième, c’est le malheur des autres. » p.174

Autour du livre :

  • Katharina Hagena est née en 1967 à Karlsruhe en Allemagne. Elle a enseigné la littérature à Dublin puis à Hambourg. « Le goût des pépins de pomme », qui a été un best-seller en Allemagne, est son premier livre.

Illustration de couverture :

  • La planche botanique en couverture de mon édition a été réalisée par Friedrich Guimpel, un artiste et graveur spécialisé dans la réalisation de ce type de dessins didactiques.

Vous pouvez également consulter ici l’article que Soundandfury a consacré à ce roman il y a quelques mois.

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22 réflexions sur “Le goût des pépins de pomme – Katharina Hagena

  1. Hé bien je ne connaissais pas ce livre, mais ta critique me donne bien envie de le lire 🙂
    En parlant de livre qui réveille tout les sens, je ne sais pas si tu connais, mais « L’école des saveurs » (d’ Erica Bauermeister) est très doué pour cela aussi. Il parle de personnes prenant un cours de cuisine, et l’importance qu’elle a dans leur vie. Ce fut un réel coup de coeur pour moi. Je pense que je vais rajouter « Le goût des pépins de pommes » dans ma wish-list.
    A bientôt !

    • Non je ne connaissais pas du tout mais merci, il a l’air vraiment bien en effet ! Je m’étais fait une petite liste de livres tournant autour de la cuisine en plus, mais je n’en ai pas encore lu un seul… J’aime bien les livres comme ça en général, après on a plus qu’une envie : cuisiner !

      Dans « Le goût des pépins de pomme », ce n’est pas vraiment de cuisine dont il est question, mais plutôt du parfum des fruits dans le jardin, de celui des fleurs, de la texture de l’herbe sous les pieds nus, des branches d’arbres qui ploient sous le poids des fruits mûrs… On a vraiment l’impression de se promener dans le jardin avec la narratrice. C’est un livre qui donne envie d’être dans son jardin en plein été en gros ! Après, j’avoue que ce sont vraiment les passages qui moi m’ont marquée, il y a aussi une grande partie du livre où elle n’est pas dans son jardin à se promener !

      A bientôt !

  2. Ce roman me tente bien, je suis contente de lire un avis dessus. Surtout qu’il est plutôt positif. J’espère qu’il pourra faire partie de mes prochains achats.

    • Oui j’espère aussi. Pour l’instant, j’ai lu essentiellement des critiques faites par des critiques littéraires, dans des magazines ou des journaux, et elles étaient plutôt positives à son sujet…

      A la prochaine !

  3. J’ai lu pas mal de billets assez positifs mais j’hésitai toujours. Ton avis m’a convaincue de le noter dans ma Wish list! Les souvenirs d’enfance, la nostalgie, la famille… sont des thèmes qui m’intéressent ^^

    • Et bah… Je suis bien contente de t’avoir convaincue ! Oui, si tu aimes les souvenirs d’enfance, les secrets de famille et la nostalgie, tu devrais aimer. Mais j’espère que tu aimes un peu aussi les drames et les souvenirs enfouis, parce que c’est quand même assez présent dans ce roman… En fait, j’ai un doute maintenant, j’ai peur qu’à travers ma critique, les gens aient l’impression que ce livre est tout joyeux et parle uniquement de l’enfance, des pommes et des liens familiaux. Je n’ai peut-être pas assez insisté sur le côté dramatique du livre. Aaah je stresse maintenant…

      A la prochaine !

    • Oui n’hésite pas, je trouve qu’il vaut vraiment le coup d’être lu. J’ai l’impression de dire ça de tous les livres, mais c’est vrai !

      A bientôt !

    • Ah oui, « sensitif », c’est le mot ! A certains moments, on a vraiment l’impression d’être soi-même un personnage du récit, c’est fou…

  4. C’est entre ce livre là et « le Cercles Littéraires d’Amateurs d’épluchures de patates » que j’ai dû choisir. J’ai craqué pour la couverture du « goût des pépins de pomme » mais le prix m’a légèrement refroidie… donc j’ai préféré l’autre (comme quoi, après la tentation, d’autres éléments viennent peser dans la balance …) mais il sera lu un de ces jours V.V ( oui, ca fait beaucoup de livres en cours, à avoir et vouloir lire et à ne pas avoir mais à vouloir lire tout de même )

    • Je te comprends tout à fait Toons ! Tous ces livres que je note parce que je veux les lire, bien que je ne les ai pas et que je sois loin d’avoir du temps pour les lire… Mais c’est la magie des livres que veux-tu !

      J’avais beaucoup aimé « Le cercle littéraire des épluchures de patates », lu à sa sortie. On vient de me l’offrir en poche alors je le relirai peut-être bientôt !

      En tout cas, pour le prix du « goût des pépins de pomme », tu es sauvée, puisqu’il sort en poche le 27 avril (sa fiche amazon est , si jamais tu veux t’y préparer en avance…) !

  5. Oh j’aime beaucoup ton article =). C’est vrai, je trouve également ce roman très sensitif. J’ai beaucoup aimé, l’histoire mais également le style de l’auteur. Je suis pressée qu’elle en écrivent d’autres ET qu’ils soient traduits en français.

    • Merci beaucoup ! Moi aussi je crois que c’est une auteure que je suivrai de très près maintenant. Comme son livre a bien marché en France, il est probable qu’ils traduisent rapidement ses autres livres quand ils sortiront. Je l’espère en tout cas ! Et c’est vrai que son style est très agréable..

    • C’est vrai que le mot déprimant n’était peut-être pas le plus adapté. Maintenant que ça fait quelques mois que je l’ai lu, je n’en garde pas du tout un souvenir déprimant en tout cas ! Mais bon, si je l’ai écrit à l’époque c’est qu’il devait y avoir une part de vrai…

  6. Beaucoup de romans laissent au lecteur un sentiment étrange ! Je viens de finir Les chaussures italiennes et j’ai eu aussi un sentiment étrange en le lisant =) En tout cas, je note ce livre car la couverture est jolie =)

    • J’avoue que c’est aussi la couverture qui m’a attirée à l’origine, comme souvent ! J’aime beaucoup les planches anciennes comme celle-ci…
      « Les chaussures italiennes » est dans ma liste, je dois le lire prochainement !

  7. C’est vrai qu’il y a ce côté sensuel, dans le sens où ce sont les cinq sens qui travaillent à la lecture. C’est un bon point de vue.

    • Merci Anis. Ça fait maintenant quelques mois que j’ai lu ce livre, mais c’est vrai que lorsque je repense à cette lecture, c’est cette sensation qui me revient en premier.

  8. La couverture est superbe mais, hélas !, le récit n’est pas à la hauteur. Je m’attendais à de vraies révélations. Je ne me suis pas attachée aux personnages ni à l’écriture (à cause de la traduction ?)

    • Oui oui, je pense même que beaucoup de gens ont acheté ce livre juste pour la couverture !

      Au contraire de toi, je me suis facilement attachée à l’héroïne (dont j’ai oublié le nom…) et à l’écriture.

      C’est vrai que parfois, je me demande si j’apprécierais mieux un livre en le lisant dans sa langue originale, ou avec une traduction différente. Ça m’est par exemple arrivé avec « L’attrape-coeurs » de J.D. Salinger. Lis-tu en allemand ? Sinon, pourquoi ne pas tenter un jour ? (en même temps, se replonger dans un livre qu’on a déjà lu et peu apprécié, ça peut s’avérer complexe…)

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