Mes lectures 2014 – Romans

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En 2014, j’ai eu l’occasion de lire 37 romans (dont deux étaient des relectures).

Je suis plutôt contente de mes choix, car parmi ces lectures je n’ai eu que très peu de déceptions. Voici donc les heureux élus (n’ayant fait aucune chronique en 2014 sur ces lectures, les liens dirigent vers les fiches Livraddict des livres…).

Pas de classement spécifique pour ces lectures, mais je commence tout de même par les romans qui m’ont le plus marquée :

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  • « La couleur des sentiments » de Kathryn Stockett (« The Help »): quatre ans après sa sortie française, j’ai enfin pu découvrir ce roman en 2014. Et j’en suis bien contente, il fait partie de mes coups de cœur 2014. J’ai depuis visionné le film qui en a été tiré, et je l’ai également beaucoup apprécié.
  • « Cyrano de Bergerac » d’Edmond Rostand : ce livre est resté longtemps sur mes étagères, car je dois dire que j’avais un peu peur de commencer ce monument de la littérature française… Maintenant je me demande comment j’ai fait pour attendre si longtemps, ce livre est une merveille, il se lit facilement et est à la fois tendre et drôle. J’ai maintenant hâte de voir le film tiré de cette pièce avec Gérard Depardieu dans le rôle de Cyrano.
  • « Emma » de Jane Austen : ce roman, je l’ai commencé le cœur un peu lourd, puisque c’était le dernier « roman majeur » de Jane Austen qu’il me restait à lire. J’avoue que j’ai eu une toute petite déception en le refermant, dans le sens où ce n’est pas mon roman préféré de Jane Austen. Je crois que j’aurais bien aimé finir la lecture de ses romans sur un coup de cœur, mais bon, il est quand même très bien ! Maintenant, il ne me reste plus qu’à lire ses autres travaux (« Juvenilia« , « The Watsons« , « Sanditon« …) et à relire encore et encore tous ses romans. ♦♦♦
  • « Le manoir de Tyneford » de Natasha Solomons (« The House at Tyneford ») : une lecture qui a été une très bonne surprise, je ne m’attendais pas à autant l’apprécier. Résultat, je n’ai pas réussi à le lâcher durant les 200 dernières pages… ♦♦♦

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  • « Maintenant, c’est ma vie » de Meg Rosoff (« How I live now ») : un roman lu en anglais qui m’a beaucoup surprise et m’a donné envie de découvrir les autres romans de cette auteure. J’ai vraiment été touchée par cette histoire. J’ai depuis vu le film qui en avait été adapté, et bien que j’ai été au début déçue par certains aspects (c’est toujours le cas quand on a beaucoup aimé un livre j’imagine…), j’ai au final énormément apprécié, notamment la photographie du film qui est juste sublime par moments. ♦♦♦
  • « Le château de Cassandra » de Dodie Smith (« I capture the Castle ») : un roman que je souhaitais lire depuis longtemps, tant j’en avais entendu du bien. J’ai beaucoup aimé ce livre, qui date de 1948 mais qui m’a semblé plus moderne. Je regarderai sans doute le film qui en a été adapté. ♦♦♦
  • « No et moi » de Delphine de Vigan : j’avais déjà beaucoup aimé « Rien ne s’oppose à la nuit« , autre roman de l’auteure que j’avais lu l’année précédente. « No et moi » est plus axé « jeunesse », mais je l’ai beaucoup aimé. Je pense que je regarderai aussi le film de Zabou Breitman. ♦♦♦
  • « Agnès Grey » d’Anne Brontë : j’ai continué ma découverte des romans des sœurs Brontë avec celui-ci qui m’a beaucoup plu. On y voit notamment les difficiles conditions de travail des gouvernantes à l’époque. ♦♦♦

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  • « Le ciel est partout » de Jandy Nelson (« The sky is everywhere ») : un roman lu en anglais et qui m’a beaucoup plu. J’ai désormais énormément envie de découvrir le nouveau roman de l’auteure, « I’ll give you the sun« . ♦♦♦
  • « Du domaine des murmures » de Carole Martinez : là encore, cela faisait très longtemps que je souhaitais découvrir le travail de Carole Martinez, et je n’ai pas été déçue. J’ai été totalement prise par cette lecture. Je pense que je lirai par la suite un autre de ses romans, « Le cœur cousu« . ♦♦♦
  • « Sally Lockhart, tome 2 : Le mystère de l’étoile polaire » de Philip Pullman (« The Shadow in the North ») : j’ai poursuivi cette année ma lecture de cette série jeunesse de Philip Pullman (dont il faut d’ailleurs que je finisse la série « A la croisée des mondes« …). Série jeunesse qui n’est d’ailleurs pas très tendre avec notre héroïne dans ce tome… Je continuerai ma lecture de la série, c’est sûr ! ♦♦♦
  • « Maine » de J. Courtney Sullivan : j’avais beaucoup aimé le précédent roman de cette auteure, « Les débutantes« , et c’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé son écriture. Encore un très bon cru qui me donne envie de découvrir le troisième roman de l’auteure. ♦♦♦

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  • « Les quatre filles du Docteur March » de Louisa May Alcott (« Little women ») : un roman qui aura traîné longtemps sur ma table de chevet, puisque je l’avais commencé il y a plus de cinq ans sans jamais arriver au bout. La faute à une lecture en anglais un peu vieilli, qui n’a pas toujours été des plus faciles. C’est un roman que je conseille toutefois de lire en anglais si possible, tant les traductions françaises tronquent le récit originel (pour plus d’informations sur ce sujet, voir le très bon article de Cachou). ♦♦♦
  • « La part de l’autre » d’Eric-Emmanuel Schmitt : je souhaitais lire ce roman depuis longtemps, et j’ai bien apprécié ma lecture, même si j’ai ressenti une toute petite déception par rapport à ce que j’en attendais. ♦♦
  • « Lettre d’une inconnue » de Stefan Zweig (« Brief einer Unbekannten ») : ce roman est souvent l’un des préférés des lecteurs de Zweig. J’ai en effet beaucoup aimé. ♦♦
  • « Attachement » de Rainbow Rowell (« Attachments ») : roman lu en anglais, j’ai beaucoup apprécié l’humour et le style de l’auteure, ainsi que les personnages attachants de ce roman. Je lirai sûrement en 2015 d’autres romans de Rainbow Rowell. ♦♦

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  • « Lettres du Père-Noël » de J.R.R. Tolkien (« Letters from Father Christmas ») : j’ai lu ce court livre au moment des fêtes, et j’ai été ébahie par les dessins et l’imagination dont Tolkien a fait preuve pour ses enfants. Un livre à se lire à soi-même et aux enfants. ♦♦
  • « Divergente, tome 2 » de Veronica Roth (« Insurgent ») : j’ai poursuivi cette année ma lecture de la série « Divergent » avec le tome 2, lu en anglais cette fois-ci (mon avis sur le premier tome ici). J’ai beaucoup aimé ma lecture, et je lirai avec plaisir le tome 3, en 2015 a priori. ♦♦
  • « Waterloo Necropolis » de Mary Hooper (« Fallen Grace ») : un roman jeunesse que je souhaitais lire depuis longtemps et que j’ai beaucoup apprécié, même si je l’ai trouvé un peu trop « facile » à mon goût, notamment en ce qui concerne l’intrigue. ♦♦
  • « L’homme qui plantait des arbres » de Jean Giono : un tout petit roman (une vingtaine de pages dans mon édition) dont j’avais entendu parler de nombreuses fois et que j’ai beaucoup apprécié. ♦♦

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  • « Hate List » de Jennifer Brown : un roman que j’avais laissé passer à sa sortie, mais que j’ai lu en 2014 avec plaisir. ♦♦
  • « Holden, mon frère » de Fanny Chiarello : un roman édité à « L’Ecole des Loisirs », tournant autour de la lecture et que j’ai bien apprécié (avec beaucoup de références à d’autres romans comme « L’attrape-cœurs » de J.D. Salinger…). ♦♦
  • « La belle année » de Cypora Petitjean-Cerf : un roman dont j’avais entendu parler en 2012, dans une émission de France Inter au cours de laquelle l’auteure était présente. Une lecture très tendre sur la sortie de l’enfance. ♦♦
  • « Gatsby le magnifique » de Francis Scott Fitzgerald (« The Great Gatsby ») : depuis le temps que l’on me parlait de ce roman de Fitzgerald, je l’ai enfin lu (après avoir vu le film, malheureusement…). J’ai apprécié ma lecture, même si j’avoue avoir été un petit peu déçue, j’en attendais plus je crois (le fait que j’aie vu le film avant y est d’ailleurs peut-être pour quelque chose…). ♦♦

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  • « Catherine Certitude » de Patrick Modiano & Sempé : un court roman de Patrick Modiano illustré par Sempé, très agréable à lire. ♦♦
  • « Amok » de Stefan Zweig (« Der Amokläufer« : un autre roman de Stefan Zweig que j’ai plutôt apprécié, même si l’histoire ne m’a pas autant touchée que d’autres romans de cet auteur. ♦
  • « La ruelle au clair de Lune » de Stefan Zweig : même remarque que ci-dessus, même si j’ai trouvé l’histoire racontée ici un peu trop glauque à mon goût. ♦
  • « Les Willoughby » de Lois Lowry (« The Willoughbys ») : un roman que je souhaitais lire depuis longtemps, par l’une de mes romancières jeunesse préférée (c’est elle qui a écrit « Le passeur » et ses suites, ainsi que « Passeuse de rêves« , romans que j’aime beaucoup). J’en attendais donc beaucoup et j’avoue que j’ai été un peu déçue par cette histoire, même si cela se lit tout de même avec plaisir. ♦

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 En 2014, j’ai également lu quelques non-fictions (trop peu à mon goût, j’essaierai de corriger cela en 2015) :

  • « Ces extravagantes sœurs Mitford » d’Annick Le Floc’hmoan : cela faisait longtemps que je souhaitais lire cette biographie des sœurs Mitford, fratrie anglaise qui avait l’originalité de compter parmi ses membres une romancière amoureuse de la France (Nancy), une fasciste (Diana), une proche d’Hitler (Unity), une communiste (Jessica) et une duchesse (Deborah). Je n’ai pas spécialement apprécié ces sœurs (mis à part Jessica qui s’est rapidement éloignée de sa famille), mais il faut bien avouer que leurs parcours ont été pour le moins originaux. J’ai également apprécié, à travers l’histoire de cette famille, le portrait qui est fait de la noblesse de l’époque, et de son déclin au début du 20ème siècle. ♦♦
  • « La haine de l’arbre n’est pas une fatalité » d’Alain Baraton : l’auteur de ce livre, jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand parc de Versailles, est une personne que j’apprécie beaucoup, dont j’écoute toujours avec plaisir les chroniques « jardinage » sur France Inter. Il s’indigne régulièrement du sort réservé aux arbres dans notre société, puisque ceux-ci n’ont en effet quasiment aucune existence juridique, et des spécimens remarquables, parfois multi-centenaires, sont parfois abattus uniquement pour créer un parking ou élargir une route… Au-delà de l’aspect politique, sécuritaire et économique que j’ai trouvé très intéressant, j’ai beaucoup apprécié les références aux arbres remarquables, à la symbolique des arbres dans certaines cultures ou religions, et au rôle de ceux-ci dans la lutte contre la pollution et le réchauffement climatique. ♦♦
  • « Des bibliothèques pleines de fantômes » de Jacques Bonnet : un livre idéal pour la passionnée de livres que je suis. Il traite notamment de notre rapport aux livres (les nôtres, ceux que l’on a achetés), de notre façon de les lire ou justement de ne pas les lire, de ce que l’auteur appelle « la ramification infinie des lectures », qui fait que l’on passe d’une lecture à l’autre parce qu’un livre en mentionne un autre par exemple. Il est bourré de petites anecdotes ou informations autour des livres et des bibliothèques : les différentes manières de ranger une bibliothèque, les bibliothèques célèbres ou celles de personnes célèbres, les annotations laissées par l’ancien possesseur d’un livre dans les marges… Un livre que je recommande donc évidemment aux amoureux des livres ! ♦♦

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2014 a également été l’occasion de deux relectures : « Si je reste » de Gayle Forman (mon avis en 2012 ici) et « Chaque soir à 11 heures » de Malika Ferdjoukh (mon avis en 2012 ici). Concernant le premier, mon plaisir a été quelque peu atténué par rapport à ma première lecture, mais j’ai tout de même apprécié. Concernant le second, j’ai encore une fois été sous le charme de l’écriture de Malika Ferdjoukh ! J’adore cette auteure et j’espère que 2015 sera l’occasion pour moi de découvrir d’autres de ses romans.

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Enfin, quatre petites déceptions également en 2014, que ce soit des lectures qui me tentaient depuis longtemps (pour les deux premières) ou des lectures choisies un peu au hasard en librairie (les deux suivantes) :

  • « Les vestiges du jour » de Kazuo Ishiguro (« The remains of the day ») : j’avais beaucoup aimé « Auprès de moi toujours » (« Never let me go« ) du même auteur, et je pensais donc retrouver dans ce roman le même esprit. Une déception finalement puisque je ne me suis pas trop attachée à l’histoire de ce majordome.
  • « L’affaire Lolita » de Penelope Fitzgerald (« The Bookshop ») : un roman dont j’avais entendu du bien, un sujet qui me donnait envie (une veuve décide d’ouvrir une librairie dans un petit village, ce qui déplaît aux notables de la ville), mais là encore je n’ai pas vraiment accroché, bien que ce livre soit très court et se lise plutôt bien.
  • « Le livre d’un été » de Tove Jansson (« Sommarboken ») : roman autobiographique de l’auteure finlandaise des « Moomin« , que j’ai sans doute lu un peu trop tard dans l’année par rapport à la saison décrite dans le livre (je l’ai fini début octobre). Ce n’est pas non plus une grosse déception car certains passages m’ont plu, mais j’étais contente de le terminer. Par contre, cela m’a permis d’en apprendre plus sur la très intéressante personne qu’était Tove Jansson, et m’a donné envie de découvrir la Finlande.
  • « La dactylographe de Mr James » de Michiel Heyns (« The Typewriter’s Tale ») : là je l’avoue, c’est un peu la machine à écrire sur la couverture du roman qui m’a motivée à l’acheter. Et bien, cela m’apprendra à juger un livre sur sa couverture ! Au final, je n’ai pas vraiment saisi où l’auteur voulait en venir, et je ne me suis pas du tout attachée au personnage de la dactylographe que j’ai trouvée énervante. Ma plus grosse déception de l’année je pense.

J’espère que 2015 sera pour moi aussi riche en découvertes livresques.

Et vous, quels ont été vos coups de cœur en 2014 ?

Northanger Abbey – Jane Austen

Éditeur : 10/18

Collection : Domaine étranger

Date de parution originale : Décembre 1817 (achevé en 1803)

Date de parution française : 1824

285 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Une jeune provinciale de bonne famille est envoyée à Bath, prendre les eaux, pour faire son apprentissage du monde et des intermittences du cœur. L’héroïne se retrouve égarée au milieu de conjonctures qui la rabaissent aux yeux du lecteur. En toute occasion, elle se comporte en référence à son livre de chevet, « Les mystères d’Udolphe » de Mrs Radcliffe.

Mon avis :

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en commençant ce roman de Jane Austen. « Northanger Abbey » n’étant pas le roman de l’auteure dont on parle le plus, je m’attendais peut-être à être un peu déçue par rapport aux quatre autres romans que j’avais lus, me disant qu’il ne serait peut-être pas aussi bien.. Et bien je dois dire que je me suis trompée, et que pour la 5ème fois, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures des personnages mis en scène par cette chère Jane, et plus particulièrement celles entourant le personnage de Catherine Morland.

Je trouve d’ailleurs que les 4èmes de couverture que l’on peut lire de ce roman sont un peu sévères avec ce personnage principal. Alors oui, Catherine Morland vit dans ses livres et est un peu naïve, oui elle croit aux histoires racontées dans ses romans gothiques et ne rêve que d’une chose, vivre dans une ancienne abbaye en ruine, mais j’ai personnellement trouvé sa naïveté très touchante. Tout au long de ma lecture, je me suis attendue à un retournement de situation qui me ferait ne plus apprécier ce personnage, mais non, il faut bien dire ce qui est, j’ai trouvé cette Catherine Morland droite et honnête, et elle fait même partie des personnages de Jane Austen auxquels je me suis le plus attachée.

J’ai beaucoup aimé mon incursion dans la ville de Bath, dans laquelle la bonne société anglaise de l’époque « prenait les eaux ». Comme d’habitude dans les romans de Jane Austen, on observe les journées fort remplies et mouvementées des personnages : on se balade, on va au bal, on discute, on va au théâtre, on critique les autres, on s’esclaffe, et finalement on ne fait rien d’autre… Comment mieux retranscrire cela qu’à travers la tournure de la page 73, « une laborieuse journée d’oisiveté« . Au milieu de cela, Catherine découvre pour la première fois la vie mondaine, l’amitié aussi, et les premiers émois amoureux évidemment.. J’ai beaucoup aimé la voir appréhender ce monde mystérieux pour elle, j’ai aussi eu un peu peur pour elle, notamment qu’elle se fasse manipuler par ses nouveaux « amis », mais non, Catherine reste droite dans ses bottines et c’est pour cela que j’ai beaucoup aimé ce personnage.

Comme toujours, Jane Austen égraine son roman de quelques pointes d’humour, que j’ai parfois trouvées un peu moins subtiles que d’habitude, ce qui ne veut pas dire qu’elles soient moins drôles. Dès le début, on comprend que l’auteure se moque gentiment de son héroïne et justement de son caractère de non-héroïne. L’amie de Catherine, Mrs Allen, a elle aussi droit à quelques remarques ironiques très plaisantes, qui m’ont fait apprécier mon irruption dans cette société mondaine aux relations superficielles. Les gens se parlent, mais ne s’écoutent pas.. On s’extasie de se retrouver, mais on préfèrerait être ailleurs. Mais le summum de l’exaspération revient pour moi à Mr. Thorpe (et à sa sœur dans une certaine mesure), symboles de l’hypocrisie et de la fierté mal placée… Comme d’habitude dans les romans de Jane Austen, j’ai été ravie de la fin de ce roman, et du destin dévolu à chacun de ces personnages.

Je vous laisse avec quelques extraits du roman que je trouve particulièrement bien écrits et bien sentis, notamment ceux qui se moquent des romans en général. Après cela, qu’on ne vienne pas me dire que les classiques sont ennuyeux et sans humour..

 » Personne ayant jamais vu Catherine Morland dans son enfance ne l’eût supposée née pour être une héroïne. Sa situation dans l’existence, le caractère de son père et celui de sa mère, sa propre personne et son tempérament, tout s’opposait également à ce qu’elle en fût une un jour. Son père était clergyman sans être pour cela ni méprisé ni pauvre, et c’était un monsieur très respectable, bien qu’il eût pour nom celui de Richard*… […] La mère de Catherine était une femme dotée d’un gros sens pratique, d’un caractère aimable et, ce qui est plus remarquable, d’une bonne constitution. Elle avait eu trois fils avant la naissance de Catherine et au lieu de mourir en mettant cette dernière au monde, comme on pourrait s’y attendre, continua à vivre, et cela pour avoir encore six enfants, les voir grandir autour d’elle et jouir elle-même d’une excellente santé. On dit toujours d’une famille de dix enfants que c’est une belle famille, du moment qu’elle compte assez de têtes, bras et jambes pour chacun, mais les Morland avaient peu d’autres droits pour prétendre à ce titre, car ils étaient dans l’ensemble des plus quelconques, et Catherine fut pendant de nombreuses années aussi quelconque que n’importe lequel d’entre eux.  » p.9-10
* Dans mon édition, il est écrit que « ce prénom de Richard que Jane Austen semble reprocher à Mr. Morland serait une allusion à une plaisanterie entre Jane et sa sœur Cassandra au sujet d’un certain Richard Harvey ».

« Elle lut tous ces ouvrages que doivent lire les héroïnes pour emplir leur mémoire de ces citations qui s’avèrent tellement utiles et tellement apaisantes dans les vicissitudes de leur existence mouvementée. » p.12

« Il faut à présent décrire un peu Mrs. Allen, pour que le lecteur puisse juger dans quelle mesure ses actions favoriseront par la suite le climat de désolation de cette œuvre, et comprendre comment elle risque de contribuer à réduire la pauvre Catherine à l’infortune et au désespoir que peut décrire le dernier tome d’un roman, si elle y contribuera par son imprudence, sa vulgarité ou sa jalousie, en interceptant ses lettres, en ruinant sa réputation ou en la chassant de chez elle. » p.17 (cet extrait fait un peu peur à la première lecture, mais rassurez-vous, Jane Austen s’amuse..)

« Mrs. Allen appartenait à cette nombreuse catégorie de femmes dont la société ne peut éveiller d’autre émotion que la surprise à la pensée qu’il s’est trouvé au monde un homme capable de les aimer au point de les épouser. Elle n’avait ni beauté, ni esprit, ni talent, ni distinction. » p.17

« Mrs. Allen avait toujours le plus grand désir d’avoir à Bath des relations nombreuses, et elle le répétait chaque jour après avoir eu la preuve qu’elle n’y connaissait absolument personne. » p.23

« Il parlait avec beaucoup d’aisance et d’esprit, et il y avait dans ses manières une malice et une gaieté qui forçaient l’attention, bien que Catherine ne s’en rendît pas très bien compte. » p.23

« Mrs. Thorpe était une veuve et une veuve sans fortune. Elle avait un excellent caractère ; c’était une femme bonne et une mère indulgente. Sa fille aînée était pour sa part d’une grande beauté et les plus jeunes, en ayant la prétention d’être aussi belles que leur sœur, en imitant son air et en s’habillant dans le même style, étaient tout à fait charmantes.
Cette brève description de la famille Thorpe a pour but de remplacer l’inévitable, interminable et minutieux récit détaillé que Mrs. Thorpe ferait elle-même sur ses aventures passées, ses souffrances… récit que l’on devrait s’attendre à voir occuper les trois ou quatre chapitres suivants ; on y verrait l’indignité des lords et des avoués occuper le devant de la scène et l’on y trouverait rapportées par le menu des conversations vieilles de vingt ans. » p.34

« Si une matinée pluvieuse les privait d’autres plaisirs, elles tenaient quand même à se voir au mépris de la pluie et de la boue, et s’enfermaient ensemble pour lire des romans. Des romans, oui, car je refuse d’obéir à cette coutume mesquine et peu politique qu’adoptent si souvent les auteurs et qui consiste à déconsidérer, par une censure des plus méprisantes, le genre d’œuvres même dont ils sont en train d’accroître le nombre. Ils rejoignent là leurs pires ennemis pour octroyer à de tels ouvrages les épithètes les plus cruelles et n’autorisent presque jamais leur héroïne à lire des romans. […] Je ne saurais défendre une telle attitude. Laissons aux critiques le soin de dénigrer à loisir toute effusion d’imagination, laissons-leur le soin de parler, à propos de tout nouveau roman et en un style rebattu, de la camelote sur laquelle ahanent de nos jours les presses. […] Bien que nos productions aient offert aux lecteurs un plaisir plus grand, plus sincère que celles d’aucune autre corporation littéraire en ce monde, aucun genre, jamais, ne fût plus décrié. Quelle qu’en soit la cause, la vanité, l’ignorance ou la mode, nous avons presque autant d’ennemis que de lecteurs, et […] il semble presque correspondre à une volonté générale de décrier le talent et de mésestimer le travail du romancier, de dédaigner des œuvres qui n’ont pour les recommander que le génie, l’esprit et le bon goût. » p.37-38 (je m’excuse pour la longueur de celle-ci..)

« Par la force de l’habitude, elle n’était guère dérangée par les remarques et exclamations de Mrs. Allen qui, étant donné le vide de son esprit et son incapacité à penser, ne parlait jamais beaucoup mais ne pouvait jamais non plus rester tout à fait silencieuse. » p.65

« Elle souffrit cependant le mercredi soir d’une insomnie de dix minutes […] » p.80

Et enfin, pour finir, un extrait que je trouve particulièrement bien écrit, et qui m’a fait aimer plus encore le personnage d’Henry Tilney :

« Je dois finir de lire quelques brochures avant de pouvoir aller dormir, dit-il à Catherine, et les affaires de la nation m’occuperont peut-être encore quand vous serez endormie depuis bien longtemps déjà. Pouvons-nous, chacun de notre côté, mieux employer notre temps ? Mes yeux se fatigueront pour le bien d’autrui, et les vôtres, par le sommeil, prépareront les ravages qu’ils feront demain. » p. 204

Autour du livre :

  • Jane Austen est une écrivaine anglaise née le 16 décembre 1775 et décédée le 18 juillet 1817. Elle a d’abord connu le succès avec la parution de « Raison et sentiments » en 1811 (publié de façon anonyme), « Orgueil et préjugés » en 1813, « Mansfield Park » en 1814 et « Emma » en 1816. Deux autres de ses romans, « Northanger Abbey » et « Persuasion« , ont tous deux été publiés de manière posthume en 1818. Elle a commencé en janvier 1817 son dernier roman, qui sera nommé « Sanditon« , mais ne l’a pas achevé.
  • La page Wikipédia qui lui est consacrée est tellement bien faite que je ne peux que vous diriger vers elle pour en savoir plus sur cette superbe auteure.

Cette lecture entre dans le cadre du challenge « Gilmore Girls » organisée par Karine.

2/3

Bilan trimestriel n°1 – 2012

L’année 2012 a très bien commencé pour moi, puisque j’ai eu pendant ces trois premiers mois de très plaisantes lectures.. Du côté des romans, j’ai pu lire une quinzaine de livres (incluant une relecture), dont :

  • La fin d’une superbe série : « Hunger Games, tome 3 : La révolte » de Suzanne Collins, qui clôt en beauté cette trilogie. Je crois que ces trois livres font partie de mes meilleures découvertes en 2011.
  • La lecture d’un roman de ma très chère Jane Austen : « Northanger Abbey« , que j’ai savouré avec beaucoup de plaisir. Après cela, il me reste « Emma« , « Lady Susan« , ainsi que ses autres œuvres plus courtes..
  • Un coup de cœur qui m’a emportée : « Un jour » de David Nicholls : LE gros coup de cœur de ce début d’année, dont je ne vous ai malheureusement pas encore parlé.. Pendant ma lecture, je suis passée des éclats de rire aux larmes sans arrêt, et j’ai trouvé l’ensemble original et très juste, je m’y suis beaucoup retrouvée.. Fiches Dialogues et Livraddict.
  • Une lecture qui m’a beaucoup marquée : « The perks of being a wallflower » de Stephen Chbosky (« Pas raccord » en français), que je n’ai pas encore chroniqué mais qui m’a beaucoup marquée. Je vous mets ici les fiches Dialogues et Livraddict, si vous souhaitez y jeter un coup d’œil, mais je vous conseille quand même de le lire en anglais si vous le pouvez.. Fiches Amazon (en anglais), Dialogues (en français) et Livraddict.

  • Le début de deux nouvelles séries qui risquent de m’emporter loin :
    • « Divergent » de Veronica Roth : une dystopie que je ne m’attendais pas à tant apprécier. Depuis, j’ai même envie de l’acheter en anglais pour le relire…
    • « L’assassin royal, tome 1 : L’apprenti assassin » de Robin Hobb : enfin, je l’ai lu ! Une lecture qui fût des plus agréables mais malheureusement trop longue (presque un mois) pour que je l’apprécie pleinement… Je me rattraperai sans doute avec le tome 2 ! Fiches Dialogues et Livraddict.
  • Des lectures jeunesse et jeunes adultes que j’ai beaucoup aimées :
    • « Chaque soir à 11 heures » de Malika Ferjoukh : le nouveau livre de cette auteure dont j’apprécie beaucoup les romans. Comme je le dis dans mon article, j’ai beaucoup aimé.
    • « Là où j’irai » de Gayle Forman : cette suite du roman « Si je reste » dont je vous parlais en janvier n’a pas tenu longtemps.. Je crois bien que je l’ai dévorée en une journée. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Mia et Adam dans ce second tome, mon avis normalement à venir.. Fiches Dialogues et Livraddict.
    • « Le monde dans la main » de Mikaël Ollivier, un livre jeunesse que j’ai trouvé très juste et touchant.
    • « Quatre sœurs, tome 1 : Enid » de Malika Ferdjoukh : je vous parlais en novembre de l’adaptation en bande dessinée de ce roman jeunesse par Cati Baur, une adaptation qui m’avait beaucoup plu. Cela m’avait donné envie de relire le premier tome de cette série, ainsi que les trois tomes suivants : « Hortense« , « Bettina » et « Geneviève » (ils ne sont malheureusement jamais à la bibliothèque quand j’ai besoin d’eux). J’ai retrouvé avec plaisir l’écriture de Malika Ferdjoukh, et j’ai donc plus que hâte de continuer cette série. Mon avis le plus vite possible ! Fiches Dialogues et Livraddict.
    • « Passeuse de rêves » de Lois Lowry : un autre livre de cette auteure dont j’ai énormément aimé le roman « Le passeur » (que je devrais d’ailleurs relire prochainement). Un pur moment de poésie et de douceur, je me suis régalée.
    • « Taille 42 » de Malika Ferdjoukh & Charles Pollak : là encore, c’est une auteure culte de mon enfance que j’ai relue, avec ce roman dont je n’avais pas entendu parler jusqu’à récemment.. Un très beau livre racontant la vie de la famille Pollak sous l’Occupation..
    • « Au rebond » de Jean-Philippe Blondel : allez, je le mets là même si je l’ai peut-être moins apprécié que les quatre précédents. J’ai aimé ce roman, mais je crois que je l’ai trouvé trop court pour exploiter à fond ce sujet pourtant intéressant.. J’ai cependant beaucoup apprécié le style de ce roman, et j’ai été très touchée par l’histoire d’amitié qui en le sujet principal. En plus, je lis rarement de livres sur l’amitié masculine, alors ça m’a fait du bien de changer un peu.. Fiches Dialogues et Livraddict.

  • Un OVNI littéraire :
    • « Harry Potter’s bookshelf » de John Granger : un livre dont j’avais entendu parler par Touloulou et que j’ai lu sur plusieurs mois avec beaucoup de plaisir ! L’auteur présente de nombreux livres ayant un lien plus ou moins direct avec la saga Harry Potter, que ce soient les romans gothiques, les boarding school novels (livres se déroulant dans un pensionnat) ou les romans traitant de l’alchimie.. Autant dire qu’on en ressort avec des listes entières de livres à lire et d’auteurs à découvrir. Fiches Amazon et Livraddict (uniquement disponible en anglais).
  • Deux petites déceptions :
    • « 16 lunes » de Kami Garcia & Margaret Stohl : mon article suffit, disons que ce livre partait bien mais que je n’ai pas accroché..
    • « La belle aux oranges » de Jostein Gaarder : un livre que je pensais véritablement aimer, mais que j’ai trouvé lent et alambiqué. Je n’ai pas vraiment compris le message de l’auteur, ou alors il ne me plaît pas je ne sais pas.. Toujours est-il qu’après l’abandon de son autre livre « Le monde de Sophie » et la déception autour de celui-ci, je crois que je vais un peu mettre de côté cet auteur.. Fiches Dialogues et Livraddict.

  • Une petite lecture de dernière minute :

    • « Matilda » de Roald Dahl : une relecture en fait, puisque je me souviens de l’avoir lu au collège, même si je n’en gardais pas beaucoup de souvenirs.. Une lecture courte que j’ai adorée, le personnage de Matilda est attachant et très drôle, je pense que c’est elle qui fait tout dans ce roman.. J’ai beaucoup aimé également le style très humour noir de Roald Dahl.

En ce qui concerne les bandes dessinées et mangas, j’ai pu pendant ce premier trimestre :

  • Découvrir de très bons mangas :
    • « Bride Stories tome 1 » de Kaoru Mori : je n’en ai pas encore parlé mais ce manga a vraiment été un coup de cœur pour moi ! J’ai vraiment été  charmée par le trait précis, foisonnant et impressionnant de la jeune Kaoru Mori. Je lirai rapidement les tomes suivants, ainsi que d’autres mangas de l’auteure (je pense notamment à la série « Emma« ). Fiches Dialogues et Livraddict.
    • « Quartier Lointain » de Jirô Taniguchi : dont j’ai parlé en février. Une très bonne découverte, je n’ai qu’une envie maintenant, c’est de découvrir ses autres (nombreux) mangas.
  • Poursuivre une série que j’apprécie beaucoup :
    • « Magasin général, tome 7 : Charleston » de Régis Loisel et Jean-Louis Tripp : une série dont je parlerai peut-être un jour ici. Fiches Dialogues et Livraddict.
  • Relire quelques classiques :
    • « Le tour de Gaule d’Astérix » de René Goscinny et Albert Uderzo.
    • « Astérix et le bouclier arverne » des mêmes auteurs.. Deux albums qu’il est toujours agréable de relire à tout âge !

  • Découvrir une série agréable :
    • « Le troisième testament » : tome 1 : « Marc ou le réveil du lion » , tome 2 : « Mathieu ou le visage de l’ange« , tome 3 : « Luc ou le souffle du taureau » et tome 4 : « Jean ou le jour du corbeau » de Xavier Dorison et Alex Alice. Une série qui s’améliore selon moi au fil des tomes et qui traite de la quête d’un manuscrit mystérieux par un homme au passé trouble et une jeune femme… Cette série est partiellement tirée d’évènements historiques, et traite en partie de l’Inquisition ainsi que de l’Ordre des Templiers. Fiches Dialogues et Livraddict.

Challenges :

Parmi ces livres, le point sur mes challenges en cours :

« The perks of being a wallflower » de Stephen Chbosky et « Northanger Abbey » de Jane Austen entrent dans le cadre du challenge « Gilmore Girls » → 2/3

« Là où j’irai » de Gayle Forman entre dans le cadre du baby-challenge « Drame » de Livraddict → 7/20

« Divergent, tome 1 » de Veronica Roth entre dans le cadre du baby-challenge « Jeunesse » de Livraddict → 6/20

« Bride Stories, tome 1 » de Kaoru Mori et « Quartier lointain » de Jirô Taniguchi entrent dans le cadre du baby-challenge « Mangas » de Livraddict → 2/20

Mademoiselle se meurt – Billet de François Morel

En attendant de prochains avis, qui devraient normalement arriver rapidement, je vous fais patienter avec ce joli billet de ce très cher Monsieur François Morel, daté du 9 mars dernier.

Si cela vous plaît, n’oubliez pas que vous avez la possibilité d’écouter ses chroniques tous les vendredis sur France Inter à 8h55. Vous pouvez aussi consulter son site internet ici.

Une autre façon de parler de ce débat (en est-ce vraiment un ?) sur l’utilisation du terme Mademoiselle

Chaque soir à 11 heures – Malika Ferdjoukh

Éditeur :  Flammarion

Collection : Émotion

Date de parution : 2011

401 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Willa Ayre s’est classée dans la catégorie des filles que les garçons ne voient jamais, des insignifiantes, des petits chats caustiques mais frileux. Iago, lui, attire tous les regards. Il est le garçon dont rêvent toutes les filles du lycée.

Dès la rentrée, Iago pose les yeux sur Willa et la choisit. Mais à une fête, Willa rencontre le bizarre et ténébreux Edern. Dès lors, sa vie prend une tournure étrange. De la grande maison obscure cachée au fond de l’impasse, la jeune fille doit découvrir les secrets, sonder son coeur, et faire un choix…

Mon avis :

Depuis le temps que j’attendais de lire ce livre, je ne regrette pas de l’avoir enfin commencé ! Après avoir lu beaucoup de ses romans durant mon adolescence, j’ai donc retrouvé Malika Ferdjoukh avec ce nouveau livre, publié dans la nouvelle collection « Émotion » de chez Flammarion (ladite émotion étant ici l’amûûûr…).

Dès le début, nous plongeons directement dans un univers so Ferdjoukhien, dans lequel les personnages ont des prénoms étranges (Wilhelmina, Iago, Isebelle, Roch, Melville, Rosemonde et j’en passe), un humour ravageur et des références culturelles plein la tête (on prend le temps de s’arrêter devant « Beau fixe sur New-York » de Stanley Donen ou « La joyeuse divorcée » de Mark Sandrich, mais aussi « Massacre à la tronçonneuse » ou Tim Burton, on y lit « Papa longues jambes » de Jean Webster ou « L’invitation à la valse » de Rosamond Lehmann, on y écoute Charlie Parker, on y croise les œuvres de Gustave Moreau ou Niki de Saint Phalle…). Et surtout, et c’est ce qui m’a fait le plus grand bien, on est face à une héroïne irrésistiblement attachante, qui n’a pas sa langue dans sa poche, est intelligente, sérieuse, courageuse, curieuse et se passionne donc pour tout et n’importe quoi. Qu’est-ce que ça fait du bien de temps en temps une fille pas nunuche comme Willa !

A noter également l’importance de la ville de Paris dans ce roman, à travers les rues de laquelle Willa court toute la journée… On la suit dans le métro, dans le bus, en voiture et en taxi, dans l’hôtel de luxe particulier de son amie Fran, dans la lugubre mais tellement attirante maison d’Edern, mystérieusement appelée « Fausse Malice » (et qui n’est pas sans rappeler la Vill’Hervé des romans « Quatre sœurs« …), dans l’appartement glauque de son professeur de saxo, et enfin dans son appartement cosy dans lequel on mange des Bounty glacés en regardant des comédies musicales.

Au-delà du cadre et des personnages, on se laisse rapidement emporter par l’intrigue de ce roman et les nombreuses aventures qui jalonnent la vie de Willa. L’enquête qu’elle mène peut parfois paraître tarabiscotée, mais cela ne gâche en rien le roman. Certains passages en présence des camarades de classe de Willa, toutes nunuches et de vraies gosses de riche, m’ont parfois un peu énervée. Mais c’est le milieu très parisien dans lequel évolue Willa qui veut ça j’imagine… Heureusement que les trois personnages principaux relèvent un peu le niveau de réflexion (Willa, Edern et Iago) et rendent ce livre totalement addictif. J’oubliais le personnage de Marni, qui est adorable et m’a fait penser à Enid des « Quatre sœurs« . Enfin, chose qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps, j’ai eu des papillons dans le ventre en lisant une scène de ce livre en particulier, j’espère qu’elle vous fera le même effet !

En bref, « Chaque soir à 11 heures » est un livre que j’ai eu beaucoup de mal à lâcher et que je conseille donc fortement, que l’on connaisse Malika Ferdjoukh ou que l’on souhaite la découvrir…

Autour du livre :

  • Malika Ferdjoukh est une écrivaine française née en 1957, auteure de scénarios pour la télévision et le cinéma, ainsi que de nombreux romans jeunesse, comme « Sombres citrouilles« , « Minuit-cinq« , « Fais-moi peur » ou encore « Aggie change de vie« . « Chaque soir à 11 heures » est son dernier roman. Elle est passionnée de cinéma, plus particulièrement des comédies musicales et mélodrames de la première moitié du 20ème siècle. Pour plus d’informations sur l’auteure, un entretien réalisé par le forum Whoopsy Daisy (forum des amoureux de la Littérature anglaise) est disponible ici.
  • On retrouve les prénoms de plusieurs personnages de ce livre dans de célèbres romans. Wilhelmina est ainsi présent dans « Dracula » de Bram Stoker, puisqu’il est porté par le personnage féminin principal, Wilhelmina « Mina » Murray. Iago est quant à lui le prénom du personnage manipulateur de la tragédie de Shakespeare « Othello« .

Autres petits papiers :

  • Du même auteur, j’ai aussi donné mon avis sur :
    • Quatre sœurs, tome 1 : Enid (2011) : adaptation en bande dessinée par Cati Baur du premier tome de la série de romans “Quatre sœurs”, écrit par Malika Ferdjoukh et publié en 2003.
    • Taille 42, écrit par Malika Ferdjoukh et Charles Pollak, et sorti en 2007.

        

 

Hunger Games, tome 3 : La Révolte – Suzanne Collins

Mockingjay

Éditeur : Pocket Jeunesse

Date de parution originale : 2010

Date de parution française : 2011

417 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Mes avis sur le tome 1 et le tome 2.

4ème de couverture :

Je m’appelle Katniss Everdeen.
Je devrais être morte.
Maintenant je vais mener la révolte.

Contre toute attente, Katniss a survécu une seconde fois aux Hunger Games. Mais le Capitole crie vengeance. Katniss doit payer les humiliations qu’elle lui a fait subir. Et le président Snow a été très clair : Katniss n’est pas la seule à risquer sa vie. Sa famille, ses amis et tous les anciens habitants du district Douze sont visés par la colère sanglante du pouvoir. Pour sauver les siens, Katniss doit redevenir le geai moqueur, le symbole de la rébellion. Quel que soit le prix à payer.

Mon avis (à ne pas lire si vous n’avez pas lu les tomes précédents ! ) :

Ah, enfin j’ai pu avoir ce tome 3 entre les mains ! C’est donc une nouvelle série qui s’achève avec cet ultime roman intitulé « La révolte« … Suite à son sauvetage in extremis par les Rebelles au cours des derniers Hunger Games, on retrouve Katniss en compagnie de sa famille, de Gale, de Haymitch et de Finnick au sein du District 13, centre stratégique de la lutte contre le Capitole. Le District 12 a été détruit et Peeta, n’ayant pu être récupéré par les Rebelles, est maintenant aux mains des ennemis…

L’ambiance dans la première partie de ce 3ème tome est légèrement oppressante : Katniss passe ses journées dans les bâtiments enterrés du District 13, sans quasiment jamais voir le jour, alternant entre réunions obscures des rebelles, au sein desquelles elle n’a pas toujours son mot à dire, et repas sans saveur au réfectoire du district (chez eux, tout est cultivé sous terre…). Katniss ne sait pas ce qu’est devenu Peeta, et ne pardonne pas aux rebelles d’avoir pu l’abandonner dans l’arène.

Les évènements se débrident un peu lorsque Katniss accepte de tenir son rôle de « geai moqueur », symbole de la lutte contre le pouvoir du Capitole, et seul moyen selon les rebelles de fédérer les derniers districts à leur cause. S’en suivent quelques scènes parfois traitées de manière comique par l’auteure, au cours desquelles Katniss doit notamment faire semblant de se battre, suivie de près par des cameramen chargés d’immortaliser l’évènement. J’ai beaucoup aimé la pointe d’humour qui perçait dans certaines de ces scènes, Katniss appelant ces deux cameramen les « hommes-insectes », tant ils sont empêtrés dans leur équipement…

C’est d’ailleurs un point qui m’a beaucoup frappée dans ce 3ème tome, plus encore que dans les deux premiers : l’importance de l’image, le marketing de guerre mis en place de part et d’autre par les deux ennemis. Le Capitole avait ses Hunger Games, horrible et grossière émission de télé-réalité au cours de laquelle des enfants s’entretuaient, les Rebelles ont leurs spots publicitaires avec pour mascotte Katniss en geai moqueur : Katniss qui se bat dans un District en ruines, Katniss qui rend visite à des enfants, Katniss face à la caméra qui menace directement le Président Snow… Malgré leurs oppositions sur le fond, les deux parties utilisent finalement une stratégie similaire.

Katniss accepte d’endosser ce rôle un peu à contre cœur, car c’est la seule manière pour elle d’assurer l’immunité à Peeta, maintenant considéré comme un traître par les rebelles, et surtout la seule solution pour qu’on lui accorde le droit de détruire elle-même l’objet de sa haine au parfum de roses blanches…

Ce tome m’a semblé présenter beaucoup plus d’action que les deux autres. On n’est plus dans les « jeux » du Capitole mais dans une guerre réelle, au sein de laquelle Katniss semble souvent perdue. Elle a parfois du mal à comprendre les motivations des deux camps, que ce soit le Capitole ou les Rebelles. Elle devient encore une fois un pion, cette fois aux mains des Rebelles, avec lesquels elle doit parfois accepter des compromis.

J’ai aimé la relation nouvelle qui se lie dans ce tome entre Finnick et Katniss. Déjà dans le tome 2 on pressentait un personnage au-delà de ce qu’il paraissait au premier abord. Cela se confirme dans le tome 3. Gale est là lui aussi, totalement engagé à la cause des Rebelles, s’éloignant dans ce sens de Katniss pour qui le seul ennemi semble plutôt être le Président Snow. Elle est moins intransigeante envers les habitants du Capitole, qui selon elle sont juste stupides et doivent leur comportement à leur éducation. Elle est en cela quelque peu influencée par les personnes avec qui elle a pu sympathiser lors de ses premiers Hunger Games (son équipe de préparation, les domestiques du Capitole, et surtout Cinna).

La relation entre Katniss et Prim s’étoffe également dans ce tome, ce dernier personnage prenant un peu d’ampleur, même si j’aurais apprécié que cela soit plus développé. Le rôle de Peeta est crucial dans ce tome, et j’ai beaucoup aimé toutes les scènes dans lesquelles il est présent. C’est vraiment l’un des personnages les plus intéressants de cette série selon moi, et celui auquel je me suis le plus attachée dans ce tome, contrairement aux précédents.

Les pointes d’humour présentes dans ce tome m’ont surprise mais m’ont beaucoup plu. Elles sont souvent liées à l’image médiatique portée par Katniss. Les scènes avec les cameramen, Cobbs qui protège Katniss jusqu’au bout sans que celle-ci en soit toujours consciente, Plutarch et sa vision télévisuelle de la guerre, le fait que leur « guerre » semble au début un peu ridicule puisque les personnages se plaignent souvent de s’ennuyer…

On évolue petit à petit vers la résolution finale de cette série, et je dois dire que je suis tout à fait satisfaite du résultat. Les dernières pages sont surprenantes, audacieuses même parfois, et se lisent évidemment beaucoup trop rapidement… Quand j’ai refermé ce dernier tome, je me suis dit que cela ne pouvait finalement finir que de cette manière… Une série dont la fin n’a pas été bâclée selon moi donc…

Si je devais citer les points qui m’ont un peu déçue dans cette série, c’est sans doute que j’aurais préféré que l’auteure accorde plus d’importance à l’histoire de certains personnages, de même qu’à la genèse de Panem. Certains personnages comme Rue, Cinna, Gale, Finnick ou même Johanna, sont vraiment des personnages intéressants, et j’aurais aimé en connaître plus sur leur histoire. Pourquoi Cinna a-t-il ce comportement si protecteur envers Katniss alors qu’il est du Capitole ? Comment la conscience des habitants du Capitole devenus des Rebelles s’est-elle développée ? Comment Panem est-il devenu Panem ?J’aurais également aimé que le point de vue de Peeta soit plus développé dans ce 3ème tome.

Je pense donc qu’il aurait été intéressant de consacrer plus de pages à ces personnages, quitte à diminuer la partie relative à la guerre et aux moments pendants lesquels tout le monde s’ennuie (je parle des personnages, pas du lecteur !)… Mais en même temps, comme le parti pris de l’auteur est de suivre Katniss et seulement elle, il aurait peut-être été difficile de mettre en avant toutes ces informations.

« Hunger Games » est au final une série que je conseille vraiment au plus grand monde, même si on en fait actuellement tout un foin et que ça pourrait en énerver certains !

Autour du livre :

  • Pour les infos concernant l’auteure de cette série et l’adaptation qui sortira le 21 mars 2012, je vous renvoie vers mon article sur le tome 1, dans lequel j’en avais parlé. J’ai vraiment hâte de voir ce film, et surtout de voir comment les acteurs parviendront à incarner ces superbes personnages (en particulier Jennifer Lawrence en Katniss, Donald Sutherland en Président Snow et Lenny Kravitz en Cinna)
  • En feuilletant un peu sur le net, je suis tombée plusieurs fois sur des recettes de cuisine inspirées de la série (et oui le marketing autour des livres va très loin…). Cela dit, je trouve l’idée amusante et je vous mets donc le lien vers un site sur lequel sont répertoriées quelques-unes de ces recettes (notamment la « Soupe au goût de printemps du Capitole » (j’ai oublié le nom qui lui est donné dans le tome 1)), ainsi que de nombreuses informations sur l’adaptation cinématographique de la série.
  • Un autre lien, en passant, vers ce site, Fictional Food, qui répertorie des recettes ou des idées concernant les plats croisés dans certains romans, séries ou films. On y retrouve notamment le fameux ragoût d’agneau de Katniss et les pains aux noix et aux raisins de Peeta dans « Hunger Games » ou encore le toast à l’œuf de « V pour Vendetta« …
  • Enfin, pour ceux qui sont parfois perdus dans le nom des personnages de cette série, je vous conseille cette « encyclopédie » consacrée à la série, qui m’a souvent aidée durant ma lecture pour associer leurs noms aux personnages.
  • Vous pouvez aussi aller lire les avis des personnes suivantes sur ce livre : Sita, Frankie, Lasardine, Shanaa, Radicale, Matilda, Livr0ns-n0us, Marmotte, Elise, Kelith, Bykiss

Autres petits papiers :

     

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Si je reste – Gayle Forman

If I stay

Éditeur : Pocket

Date de parution originale : 2009

Date de parution française : 2009

186 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Mia a 17 ans. Un petit ami, rock star en herbe. Des parents excentriques. Des copains précieux. Un petit frère craquant. Beaucoup de talent et la vie devant elle. Quand, un jour, tout s’arrête. Tous ses rêves, ses projets, ses amours. Là, dans un fossé, au bord de la route. Un banal accident de voiture… Commue détaché, son esprit contemple son propre corps, brisé. Mia voit tout, entend tout. Transportée à l’hôpital, elle assiste à la ronde de ses proches, aux diagnostics des médecins. Entre rires et larmes, elle revoit sa vie d’avant, imagine sa vie d’après. Sortir du coma, d’accord, mais à quoi bon ? Partir, revenir ? Si je reste…

Mon avis :

En relisant la 4ème de couverture, je me rends compte que ce roman a de quoi faire peur au premier abord, entre un petit ami « rock star en herbe » (je vous rassure, cette expression n’est pas dans le roman) et l’annotation présente en gros sur fond rouge sur la couverture de mon édition : « Le livre le plus émouvant depuis Twilight » (notons que ce commentaire est d’autant plus pertinent qu’il est écrit par Erik Feig, le producteur du-dit Twilight…). Mais ce serait dommage de se cantonner à cela, car ce serait passer à côté d’un très bon livre qui m’a beaucoup surprise et a surpassé les attentes que je pouvais avoir.

Premières pages… Mia nous raconte son début de journée point par point. La neige qui est tombée toute la nuit, le petit-déjeuner familial dans la cuisine, la joie de son petit frère qui n’aura pas à aller à l’école aujourd’hui, l’odeur du tabac à pipe de son père, les pancakes préparés par sa mère qui ne cuisine d’habitude jamais, la décision de rendre visite à des amis pour profiter de la journée, la vieille Buick qui s’accorde si bien aux vêtements rétros de son père, le trajet en voiture… Puis l’accident. Et Mia qui observe : la voiture, le fossé, le grincement de la voiture, les vêtements, ses parents, la neige… Au milieu de tout ça, la radio qui continue de diffuser la Sonate pour violoncelle et piano n°3 de Beethoven, le morceau sur lequel elle devait travailler cet après-midi.

Dès le début de ce roman, nous sommes emportés par les paroles de Mia à travers son accident, nous voyons ce qu’elle voit, ce dont elle a conscience et ce qu’elle observe sans comprendre. Son regard extérieur sur les évènements rend la scène encore plus frappante. Elle observe, note méticuleusement tous les détails de ce qui se passe sous ses yeux, et sous les nôtres aussi.

« Si je reste » est un livre que j’ai lu en quelques heures, incapable de le lâcher et d’abandonner Mia à son sort. J’avais l’impression de faire partie de son entourage, attendant son réveil et la fin de ce cauchemar. Les flashbacks qu’elle mentionne au fur et à mesure du récit nous la font aimer plus encore. Elle, son entourage et sa famille si particulière. Son père en notamment, l’ancien rocker devenu professeur et s’habillant à la mode des années 50.

Le personnage d’Adam est également intéressant. J’ai beaucoup aimé tous les passages qui traitaient de leur vie avant l’accident : leur rencontre surprenante au lycée, leurs goûts musicaux parfois opposés, elle la violoncelliste prodige et lui le guitariste d’un groupe de rock, leurs disputes, leurs désaccords, leur vision de la musique. J’espère qu’en lisant ceci vous comprendrez que ce roman n’est pas du tout un roman mièvre ou niaiseux… C’est un livre touchant et très prenant. Certaines scènes sont surprenantes et font même sourire, malgré la situation dramatique dans laquelle les personnages se trouvent.

Ce roman a vraiment été une bouffée d’air frais pur pour moi. J’en suis sortie avec quelques larmes sur les joues, mais totalement ébahie. Il y a surtout une phrase qui m’a touchée au plus haut point, c’est celle que le grand-père de Mia lui souffle à l’oreille à un certain moment. Pour ceux qui l’ont lu, je ne sais pas si vous voyez de quelle scène je parle, mais elle m’a particulièrement émue.

Voilà, je ne sais pas trop quoi dire de plus sur ce livre à part qu’il m’a vraiment beaucoup touchée (je me répète je crois..). A noter aussi que ce roman est bourré de petites références culturelles très agréables, j’ai d’ailleurs essayé d’en citer quelques-unes ci-dessous.

Gayle Forman a écrit une suite à ce roman, « Là où j’irai« , dont la chronique arrivera sans doute prochainement..

Autour du livre :

  • Gayle Forman est une écrivaine américaine née en 1970. Elle écrit des articles pour différents magazines et a à ce jour publié trois romans : « Si je reste« , « Là où j’irai » (la suite de « Si je reste« ) et « Les cœurs fêlés« .
  • L’adaptation du livre « Si je reste » est actuellement en cours de tournage, avec le réalisateur brésilien Heitor Dhalia derrière la caméra.
  • Dans le roman, le livre que Mia considère comme son préféré est « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper Lee.
  • Vous pouvez lire un extrait du roman en anglais sur le site de Gayle Forman, ici (il s’agit des premières pages).

  • Dans le roman, Mia parle souvent de Yo Yo Ma, violoncelliste qu’elle admire énormément. Cet Américain d’origine chinoise, né en 1955 à Paris, a été initié à la musique très tôt par ses parents eux-mêmes musiciens (sa mère était chanteuse et son père violoniste et professeur de musique). Après avoir vécu à Paris jusqu’à ses 6 ans, il part avec ses parents à New-York afin d’étudier dans la prestigieuse école de spectacle Juilliard School (elle aussi largement mentionnée dans le livre…). Après avoir été musicien dans des orchestres français, il sort en 2004 son premier album, sous la direction d’Ennio Morricone (rien que ça), dans lequel il reprend des titres de ce dernier aux côtés du Roma Sinfonietta Orchestra. Il a également beaucoup travaillé avec des musiciens issus du milieu du tango ou du jazz. Il a également travaillé avec le compositeur de musiques de film John Williams (à qui l’on doit la BO de l’essentiel des films de Spielberg et George Lucas, celle de certains des « Harry Potter » ou encore de « Maman j’ai raté l’avion » et « Sept ans au Tibet »), avec lequel il a créé la musique d’investiture de Barack Obama en 2009 (Source Wikipedia). Je vous mets ci-dessous quelques-unes de ses interprétations :
  • « Prélude de la 1ère Suite pour violoncelle » de Bach (interprété par Yo Yo Ma) :
  • « Libertango » d’Ástor Piazzolla (interprété par Yo Yo Ma au violoncelle, Nestor Marconi au bandonéon) :
  • « Gabriel’s Oboe » (extrait du film « The Mission« ) d’Ennio Morricone (interprété par Yo Yo Ma) :
  • Improvisation avec Andrew Bird autour de la mélodie « Dona Nobis Pacem » :
  • « Hush Little Baby« , berceuse anglophone d’origine inconnue (interprété par Yo Yo Ma (violoncelle), Bobby Mc Ferrin (chant) et Mark O’Connor (violon)) :
  • Les deux personnages principaux, Mia et Adam, étant deux passionnés de musique, celle-ci tient une place importante dans ce roman. A la fin, Gayle Forman cite d’ailleurs quelques titres et groupes de musique qui l’ont inspirée. Sur son site, on peut parcourir la playlist composée par l’auteure autour de ce roman (ici). Je vous mets ci-dessous mes préférées :
  • « Cello Sonata No. 3, A major, Op. 69: Allegro vivace » de Beethoven (interprété par Meta Weiss au violoncelle et Emely Phelps au piano) :
  • « P.S., You Rock my World » de Eels :
  • « Something in the Way » de Nirvana (MTV Unplugged in New-York) :
  • « Girlfriend in a coma » des Smiths (chanson de circonstance..) :
  • « Three little brids » de Bob Marley & The Wailers :