Médaille Newbery

Après avoir lu « Hier tu comprendras » de Rebecca Stead, j’ai découvert que ce livre avait remporté en 2010 la Médaille Newbery (Newbery Medal en anglais). Comme je suis toujours à la recherche de titres de livres à découvrir, je me suis dit que ce serait une bonne idée de faire un point sur quelques prix comme celui-ci (je pense notamment au Prix Carnegie dont j’avais parlé dans mon article concernant « Cher inconnu » de Berlie Doherty ou au Booktrust Teenage Prize remporté en 2008 par « La voix du couteau » de Patrick Ness).

Aujourd’hui donc, la Médaille Newbery. Ce prix a été créé en 1922 et est organisé par l’Association for Library Service to Children, qui appartient elle-même à l’American Library Association. Il récompense chaque année l’auteur ayant, selon le jury, le mieux contribué à la littérature jeunesse américaine. Son nom fait référence à l’éditeur britannique John Newbery, qui fut l’un des premiers à rendre « rentable » la littérature jeunesse (Source : Wikipedia).

Je vous mets donc ci-dessous la liste des livres ayant remporté ce prestigieux prix au fil des ans. J’ai essayé pour chaque livre d’indiquer son titre en version française (lorsqu’elle existe), et de mettre le lien vers la fiche Bibliomania correspondante si celle-ci a été créée…

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Bilan trimestriel n°3 – 2011

Et voilà, encore un bilan en retard, ce présent article traitant de mes lectures et visionnages de films des mois de juillet, août et septembre 2011. J’essaierai bien entendu de mettre à jour les chroniques correspondantes au fur et à mesure…

Alors, durant ces trois mois, qu’ai-je donc lu ?  Je dirais que ce trimestre a encore été l’occasion de faire de très belles découvertes. Je me suis également remise à la lecture jeunesse pour mon plus grand plaisir…

  • Auprès de moi toujours de Kazuo Ishiguro, une très jolie découverte que j’ai pu prolonger par le visionnage de son adaptation ciné.
  • Les cinq quartiers de l’orange de Joanne Harris, auquel je n’ai pas vraiment accroché durant les longs mois qu’a duré sa lecture.
  • Mon enfant de Berlin d’Anne Wiazemsky, un livre sympa mais quelque peu décevant.
  • L’école des saveurs d’Erica Bauermeister, une très jolie découverte, rapide, sympa et touchante, qui donne envie de cuisiner et surtout de savourer…
  • 84 Charing Cross Road de Helene Hanff, une petite déception pour ce livre dont j’avais entendu tellement de bien.
  • Nord et Sud d’Elizabeth Gaskell, un classique que j’ai lu avec plaisir.
  • Le liseur de Bernhard Schlink, un livre agréable que je connaissais déjà pour avoir vu son adaptation au cinéma.
  • Harry Potter and the prisoner of Azkaban de J.K. Rowling, une relecture en anglais qui m’a fait encore une fois du bien.
  • Howl’s moving castle de Dianna Wynne Jones, la découverte en anglais du livre qui a inspiré l’un de mes films préférés du sutdio Ghibli, « Le Château ambulant ». J’ai adoré retrouver tous ces personnages que j’adore.
  • Si je reste de Gayle Forman, une lecture jeunesse qui m’a, avec surprise, énormément plu et qui m’a touchée.
  • Harry Potter – Film Wizardry, dont j’avais déjà parlé en avril, mais que j’ai enfin fini après en avoir savouré une à une toutes les pages.
  • L’étrange disparition d’Esme Lennox de Maggie O’Farrell, une très chouette découverte pour un roman dont on avait tellement parlé en bien. Je me suis passionnée pour le récit d’Esme et la relation qu’elle noue petit à petit avec Iris.
  • La pelouse de Camomille de Mary Wesley, une première découverte réussie de cette auteure dont un autre roman m’attend dans ma pile.
  • L’attrape-cœurs de J.D. Salinger, une étrange découverte de ce roman culte aux Etats-Unis, quelques détails ont eu du mal à passer mais j’en garde globalement un bon souvenir.
  • Je veux vivre de Jenny Downham, une lecture qui m’a énervée dans sa première partie et bouleversée dans la seconde. Visiblement c’est le cas de plusieurs personnes ayant lu ce livre…
  • Toi et moi à jamais d’Ann Brashares, une très belle découverte jeunesse pour cette auteure que je connaissais déjà à travers la série des « Quatre filles et un jean ».
  • Harry Potter and the goblet of fire de J.K. Rowling, encore une relecture en anglais, cette fois du tome 4 (je relis les tomes en anglais les uns après les autres). Encore une fois, j’ai redécouvert avec plaisir des milliers de petits détails que j’avais oubliés…
  • The tales of Beedle the Bard de J.K. Rowling, une lecture toute courte en anglais qui m’a permis de retrouver Dumbledore et ses analyses des contes de Beedle le barde…

En ce qui concerne la bande dessinée, je dirais que ce trimestre a été plutôt pauvre puisque je n’en ai lu qu’une, l’intégrale du Sursis de Jean-Pierre Gibrat. Lecture unique mais réussie, j’ai une fois de plus adoré le travail de Gibrat, que j’avais découvert avec la série Le vol du corbeau.

Concernant les films, pas mal de bonnes surprises (notamment, un regain de passion pour quelques bons films français récents, et pour quelques petits films américains) mais aussi évidemment des déceptions…

  • Harry Potter et les reliques de la mort Partie 1 de David Yates, que j’ai revu en VO avec un immense plaisir (celui-ci est définitivement mon préféré des 8 films). 
  • Black Swan de Darren Aronofsky, un très beau film porté par Natalie Portman, parfois angoissant mais surtout époustouflant.  
  • Winter’s bone de Debra Granik, une très très jolie découverte que je conseille à tout le monde, ne serait-ce que pour l’actrice principale, Jennifer Lawrence, dont on va sûrement entendre parler de plus en plus… Pour plus de renseignements, c’est ici.
  • Tout ce qui brille de Géraldine Nakache & Hervé Mimran, un film français surprenant et attachant, j’ai été bluffée par les deux actrices principales. En cadeau, une superbe vidéo qui me fout la patate dès que je la vois :

 

  • Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, un film sur lequel je ne sais pas que dire au final. Il est beau, silencieux. 
  • Loin d’elle (Away from her) de Sarah Polley, sur la maladie d’Alzheimer, à la fois dur et touchant.
  • Wall-E de Andrew Stanton, une pépite, rien que pour son générique de fin représentant différents mouvements artistiques de l’histoire humaine :
  • Le come-back (Music & Lyrics) de Mark Lawrence, une vraie surprise, que je ne m’attendais pas à trouver si bien et décalée. Pour le plaisir des yeux et des oreilles, « Pop ! Goes my heart » :
  • Burn after reading de Joel & Ethan Coen, un très bon film, très drôle, et dans lequel les acteurs sont parfaits et surprenants (Aah… Brad Pitt en coach sportif à polo rouge…)
  • Harry Potter et les reliques de la mort Partie 2 de David Yates, ça y est, la saga se termine sur ce volet réussi mais trop court !
  • Underworld de Len Wiseman, pas grand chose à dire sur ce film, je crois que je suis partie me faire à manger pendant qu’il tournait… Ce que j’en ai vu m’a fait penser à un mélange entre Matrix, les orques du Seigneur des Anneaux et Twilight (et j’ai bien aimé ces trois films pourtant…).
  • Bagdad Café de Percy Adlon, un film étrange mais plaisant, à la musique envoûtante…


  • Légendes d’automne d’Edward Zwick, sympa mais sans plus, m’a permis de compléter ma connaissance de la filmo de Brad Pitt.
  • Nord et Sud de Brian Percival (BBC), l’adaptation du-dit bouquin, un peu décevante…
  • Le premier jour du reste de ta vie de Rémi Bezançon, une très belle découverte !
  • Le goût des autres d’Agnès Jaoui, je souhaitais le voir depuis longtemps, Bacri y est superbe…
  • Super 8 de J.J Abrams, une bonne découverte, les personnages des enfants sont attachants et nous ramènent en enfance…
  • Le pari de Didier Bourdon & Bernard Campan, revisionnage de ce film que j’ai trouvé mieux que le souvenir que j’en avais gardé.
  • Usual suspects de Bryan Singer, une grosse grosse déception, je pensais adorer, ce n’est pas trop passé…
  • The Commitments d’Alan Parker, idem.
  • Never let me go de Mark Romanek, un film sympa et esthétiquement beau.
  • Retour à Cold Mountain de Anthony Minghella, mouais, une sensation de déjà-vu …
  • Le Château ambulant de Hayao Miyazaki, revu pour la dixième fois après avoir lu le livre, que dire de plus, ce film est parfait !
  • Le patient anglais d’Anthony Minghella, pratiquement 3 heures de film pour ça, je me suis un peu ennuyée…
  • Coraline de Henry Selick, une petite perle ! J’ai envie de lire le livre maintenant !
  • Goodbye Bafana de Bille August, une déception.
  • Le petit Nicolas de Laurent Tirard, une surprise, un film pas si mal réussi malgré mes a prioris…

Harry Potter : Film Wizardry (et tous les films Harry Potter par la même occasion…)

Titre français : Harry Potter : La magie des films

Éditeur : Bantam Press

Date de parution originale : 2010

Date de parution française : 2010

160 pages

Fiche Amazon

Fiche Livraddict

Résumé :

En attendant la sortie du dernier film de la série, « Harry Potter et les reliques de la mort – Partie 2 », en juillet 2011, voici un magnifique livre qui permet de découvrir les coulisses de plus de dix années de production. « Secrets de tournage et de trucages, photos des castings, photo de plateau, interviews exclusives des acteurs Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint, interview des réalisateurs, une foule de bonus comme les fac-similés des livres de magie, les tickets de train pour le quai 9 3/4, ou les règles du quidditch, photos inédites des deux films à venir : le livre est un coffre aux trésors ».

Mon avis :

J’ai reçu ce superbe livre en cadeau il y a quelques mois, et j’attendais de le finir pour vous en parler. Mais finalement, étant donné le plaisir que j’ai à le lire, j’ai décidé de le savourer le plus longtemps possible et de n’en lire donc qu’une ou deux pages par jour. Alors, voici ma première présentation d’un livre que je n’ai pas encore fini…

Avant de commencer, il faut savoir que j’ai longtemps été très sceptique sur les films « Harry Potter ». Je n’avais pas trop aimé le premier et le deuxième, que j’avais trouvés trop enfantins (en y repensant, c’est quand même assez logique, vu que les deux premiers livres sont eux aussi adaptés à des lecteurs de l’âge d’Harry…). Le troisième m’avait plu, mais le quatrième m’avait énervée, du fait de quelques scènes totalement différentes du livre (c’est souvent la même critique qui est faite face aux adaptations !). J’étais aussi énervée du fait qu’Hermione soit toute jolie dès le début, ça ne collait pas du tout avec l’image du personnage que j’en avais… Au final, je suis quand même allée voir tous les films les uns après les autres au cinéma, incapable de résister et espérant toujours que le prochain serait mieux…

Heureusement, car le 5ème et le 6ème films m’ont totalement réconciliée avec ces adaptations. Et la première partie des « Reliques de la mort » que j’ai vue dernièrement m’a, là encore, totalement séduite (j’ai même pleuré à un moment…).

L’une des choses me séduisant le plus dans ces adaptations, ce sont les acteurs secondaires (le trio principal est bien aussi, et même de mieux en mieux et de plus en plus surprenant). En revisionnant les six premiers films il y a quelque temps, j’ai pris conscience que 90% des grands acteurs britanniques ou irlandais étaient présents dans ces films (des acteurs que l’on voit également beaucoup dans les adaptations de la BBC, notamment celles des livres de Jane Austen, soit dit en passant…).

Je les cite en vrac, mais je suis totalement fan du jeu de Richard Harris (Dumbledore dans les deux premiers films, également présent dans « Gladiator » ou « Impitoyable »), Michael Gambon (Dumbledore dans les suivants), Robbie Coltrane (Hagrid, également présent dans « From Hell » et quelques James Bond), Kenneth Branagh (Gilderoy Lockhart, « Good-Morning England », « Walkyrie »), Maggie Smith (Professeur McGonagall, « Jane », « Les Dames de Cornouailles »), Julie Walters (Molly Weasley, « Jane », « Billy Elliot »), Mark Williams (Arthur Weasley, présent dans l’adaptation de « Raison et sentiments » diffusée sur BBC One en 2008), David Thewlis (Remus Lupin, « Sept ans au Tibet »), Imelda Staunton (Professeur Ombrage, « Hotel Woodstock », « Raison et sentiments ») ou encore Emma Thompson (Professeur Trelawney, « Love Actually », « Raison et sentiments »).

Sans oublier bien sûr mon trio de tête : Alan Rickman en Severus Rogue (présent également dans « Raison et sentiments », « Robin des Bois prince des voleurs »…), Helena Bonham Carter en Bellatrix Lestrange (Mme Tim Burton à la ville, elle est présente dans ses derniers films, « Alice au pays des merveilles », « Sweeney Todd » et « Big Fish », mais également dans « Fight Club » ou plus récemment dans « Le discours d’un roi ») et Gary Oldman en Sirius Black, l’un de mes acteurs fétiches, le monsieur méchant de plein de films (« Dracula », « Léon », « Le cinquième élément », « Air Force One »…) et le gentil détective dans derniers « Batman ». Et j’en ai sans doute oublié d’autres…

Enfin bref, tout ça pour dire que ce livre décrivant l’envers du décor de ces films est superbe, avec des surprises à toutes les pages (des étiquettes issues de la salle des potions, la Carte du Maraudeur, des prospectus du magasin de farces et attrapes, des lettres et tout plein d’éléments issus des livres et des films…). Il m’a également réconciliée avec les créateurs du film, qui se sont vraiment investis dans ces adaptations durant ces dix années.

Saviez-vous que chaque objet que l’on voit dans les films a réellement été réalisé « pour de vrai », même s’il n’est présent dans le film que pendant deux secondes ? C’est le cas pour la biographie de Dumbledore écrite par Rita Skeeter, les numéros de la « Gazette du Sorcier » et du « Chicaneur », les tickets de train du Poudlard Express, les Beuglantes, les baguettes magiques du magasin d’Ollivander, le Choixpeau magique… Saviez-vous également que la cabane d’Hagrid avait été construite en deux exemplaires, l’une avec des meubles de taille normale lorsque l’on y voit Hagrid, et une autre avec des meubles géants pour les scènes où l’on voit Harry, Hermione, Ron ou un autre personnage de taille normale, afin que la cabane semble appartenir à un géant ?

Tout est détaillé, expliqué et illustré par des photos inédites, des interviews, des dessins des membres de l’équipe technique. Comment s’est construit au fur et à mesure des films le château de Poudlard ou le Terrier, comment a-t-on choisi les tenus de Quidditch des joueurs et bien d’autres choses encore… Le graphisme est vraiment travaillé, tout semble avoir été fait avec soin et passion…

Je m’arrête là pour vous laisser le plaisir de découvrir le reste, mais sachez que ce livre vaut vraiment le coup ! Personnellement, je l’ai acheté dans sa version anglaise, d’une part parce qu’il coûtait moins cher, d’autre part parce que tout n’est pas traduit dans la version française, et puis aussi parce que j’adore ces films dans leurs versions originales, là où l’on peut vraiment se rendre compte de la qualité des acteurs présents…

According to Jane – Marilyn Brant

Éditeur : Kensington Publishing

Date de parution originale : 2009

352 pages

Fiche Kensington Publishing

Fiche Livraddict

Résumé :

Dans le cadre de son cours de littérature, Ellie Barnett doit étudier « Orgueil et Préjugés » de Jane Austen. Alors que ses pensées sont plutôt tournées vers Sam Blaine, son curieux et incontrôlable camarade de classe, elle s’aperçoit soudain que la voix de la romancière anglaise a pris place dans son esprit et qu’elle semble résolue à y rester… Jane Austen entreprend alors de guider, conseiller et aider la jeune fille à traverser son adolescence, puis à s’épanouir dans sa vie d’adulte (on suit Ellie de son adolescence à ses 34 ans).

Mon avis :

J’ai découvert ce livre en furetant sur le blog de « Fée Bourbonnaise », après ma découverte de Jane Austen. J’avoue avoir été d’abord attirée par la jolie couverture du livre. Et puis j’étais à ce moment-là en pleine recherche de lectures en anglais… Ce roman est pour moi une très bonne découverte, qui a su clore l’année 2010 sur une bonne note, même si je reste partagée sur le livre en lui-même… Beaucoup d’éléments m’ont gênée durant la lecture, mais bizarrement, j’en suis quand même sortie avec une très bonne impression (ça m’arrive souvent d’avoir ce sentiment en terminant un livre…).

Dès le début, les personnes ayant apprécié « Orgueil et Préjugés » seront contentes d’y retrouver des références au roman. L’auteur, à travers les pensées et remarques de Jane Austen, prend en effet un malin plaisir à comparer les garçons de l’entourage d’Ellie aux personnages du roman (il me semble, je n’ai pas le livre sous la main je ne peux donc pas vérifier, qu’on ne mentionne jamais de personnages des autres romans de Jane Austen, ce qui est peut-être un peu dommage d’ailleurs…). Un tel est le « Wickham » d’Ellie, un autre éventuellement son « Darcy »… J’ai trouvé cette utilisation du roman de Jane Austen amusante, d’autant plus que chaque chapitre présente en en-tête une citation du livre s’adaptant à un évènement de la vie d’Ellie qui y est décrit. D’autant plus que l’écriture de l’auteure est juste, et qu’elle sait parfaitement faire parler les adolescents avec tact et humour.

« I always thought Homer painted his character Odysseus as a real slow learner with that whole twenty-year-journey thing. I mean, what kind of an idiot needs two decades to understand a simple lesson like : “Don’t be arrogant in the eyes of the gods?” »

J’ai beaucoup aimé le lien qui se tisse entre Ellie et Jane Austen. Tous les évènements de la vie de la jeune fille, des plus anodins aux plus traumatisants, sont suivis et partagés par la romancière. Qu’elle soit touchée, irritée ou choquée  par le comportement de sa protégée, elle est toujours présente pour la conseiller et la consoler. J’ai aussi apprécié l’évolution de sa relation avec sa sœur, à la fois tyrannique et blessante durant l’adolescence, puis à l’écoute et attentive en grandissant. De même, j’ai beaucoup aimé l’amitié entre Ellie et sa cousine, Angelique, adolescente surdouée et hautaine au début du roman, qui se révèle finalement très drôle, sensible et à l’écoute en grandissant. Les passages où elle est présente sont souvent plus légers, et ils sont souvent les bienvenus après certaines scènes de la vie amoureuse d’Ellie.

Car il faut avouer qu’il arrive décidément beaucoup de péripéties à cette chère Ellie… C’est justement ce qui m’a un peu agacée dans ce livre, cette capacité d’Ellie à attirer le malheur (je sais que ce n’est pas vraiment sa faute, mais quand même…). Mais c’est aussi le message que Jane Austen cherche à faire passer à Ellie à travers ses remarques : à force de ne pas s’écouter soi-même, on finit souvent par refaire les mêmes erreurs.

« I didn’t know who I was. I didn’t know who I wanted to be with. »

D’autre part, les préoccupations d’Ellie m’ont souvent semblé si exagérées que je ne suis pas toujours parvenue à m’identifier et à m’attacher à son personnage. Le fait qu’elle pense au mariage et aux enfants à peine une semaine après être dans une nouvelle relation m’a semblé assez surprenant chez une personne de son âge… A ce niveau-là, mon point de vue est très personnel, mais ça m’a un peu déroutée de voir une jeune femme de 20 ans angoisser parce qu’elle n’a pas encore trouvé le grand amour et qu’elle n’est pas mariée ! C’est un point de vue justifiable mais qui ne m’a pas vraiment séduite…

Je crois que j’aurais souhaité parfois être face à une héroïne plus indépendante, un peu plus éloignée de toutes ces interrogations… et donc plus proche des héroïnes de Jane Austen. Ellie se fait souvent manipuler par son entourage et ne semble pas s’en rendre compte. J’ai souvent eu envie de la secouer et de lui demander d’agir un peu plus à la Elizabeth Bennet ! Mais bon, ce n’était pas forcément le but de l’auteure, et Ellie se rattrape bien par la suite…

Dans le même temps, Jane Austen m’a semblé quelque peu rabat-joie parfois. J’aurais préféré qu’elle fasse preuve de plus d’humour vis-à-vis des situations, puisque c’est l’image que je me fais de cette auteure. Malgré tout, on sent toujours une profonde affection de la part de Jane Austen pour la jeune fille.

« You are more imaginative than any of them. Your cousin. Your siblings. Even your schoolmates. They have talents, to be sure, but beyond an intelligent mind there must be a creative spirit. It is not enough to absorb mere facts. True inventions is in the application of vision.”

Malgré tout, au fur et à mesure du roman, cela évolue. On sent bientôt Ellie plus maîtresse de son destin, plus autonome dans ses relations. Elle sait ce qu’elle veut, elle ne se laissera plus marcher sur les pieds ni être manipulée par ses amis ou sa famille. Des scènes pleines d’humour font leur apparition, durant lesquelles Ellie a souvent des répliques cinglantes, et ce pour mon plus grand plaisir…

J’ai oublié un détail important, c’est le personnage de Sam Blaine. Ce petit arrogant, à la fois rebelle et bon en classe, inaccessible et au comportement souvent incompréhensible, m’a bizarrement tout de suite plu. Dès le début, c’est à ce personnage que je me suis attachée plutôt qu’à Ellie ou ses nombreuses conquêtes… Comme si, malgré ses idioties et ses maladresses, il était déjà un peu plus adulte, un peu plus clairvoyant au niveau de ses envies et de sa vision de la vie.

Je ne sais pas vraiment ce qu’il ressort de cette critique en la lisant, mais même si ce n’est pas clair, j’ai quand même beaucoup apprécié la lecture de ce roman ! Malgré l’écriture en anglais, je l’ai trouvé très facile à lire. Les scènes passent facilement de la tristesse à la tendresse et l’humour est souvent présent, ce qui en fait une lecture très agréable et qui remonte le moral. Je le conseille en priorité aux filles, et en particulier aux lectrices de Jane Austen.

Autour du livre :

Bilan 2010

Quoi de mieux que commencer un blog par un bilan ? Et oui, c’est décidé, 2011 sera pour moi l’année d’une rigueur toute nouvelle, voici donc une partie de mes résolutions :

  • Acheter des livres dès que tu rentres dans une librairie, tu éviteras.
  • Lire ce que tu as déjà chez toi, tu préféreras.
  • Plutôt que d’errer sur internet ou de regarder des séries, lire tu choisiras.
  • Mais regarder des films, cette année encore, tu pourras.

Après ces bonnes initiatives, revenons en 2010. Cette dernière n’a pas été très efficace niveau lecture… Même si j’ai incontestablement acheté beaucoup trop de livres, je ne suis pas parvenue à lire plus de 40 livres (BD comprises)… La faute aux études, au cinéma, à une certaine flemme aussi parfois… Voici donc une (trop longue) présentation de mes lectures :

  • 2010 a suivi 2009 (jusque là c’est plutôt simple…), qui fut marquée chez moi par la découverte de quelques superbes classiques de la littérature anglaise (« Orgueil et préjugés« , « Raison et sentiments » et « Jane Eyre » entre autres). J’ai poursuivi en 2010 ma découverte de la littérature d’outre-manche avec trois nouveaux livres :
    • « Les Hauts de Hurle-Vent » d’Emily Brontë : suivi du visionnage du film avec Juliette Binoche, une petite déception car j’en attendais beaucoup, mais très beau livre tout de même…
    • « Mansfield Park » de Jane Austen : très apprécié malgré des débuts décevants… Je n’ai pas trop accroché aux personnages principaux mais plutôt aux secondaires, ce qui doit expliquer ma déception. Lecture suivie du visionnage de deux adaptations, l’une d’ITV, que je n’ai pas du tout aimée, l’autre que j’ai trouvée superbe. La mise en scène très théâtrale de certains passages de cette dernière adaptation m’a beaucoup marquée (je me suis passée en boucle la dernière scène des dizaines de fois…).
    • « Persuasion » de Jane Austen : lu en anglais et en français en simultané, un de mes Jane Austen préférés pour l’instant… Ma « double lecture bilingue » n’a pas forcément facilité ma compréhension de l’histoire (je lisais chaque chapitre en anglais puis en français…), mais j’ai beaucoup aimé !
  • Ensuite quelques romans plus contemporains (six pour être exacte) :
    • « La nostalgie de l’ange » d’Alice Sebold : roman lu très rapidement (trop ?) avant d’aller voir le film. J’ai adoré le roman, j’ai été un peu déçue par le film.
    • « Le club Jane Austen » de Karen Joy Fowler : grosse grosse déception de l’année… Je l’ai lu avec envie après avoir découvert Jane Austen et je n’ai pas vraiment apprécié. Je n’ai pas accroché aux personnages et j’ai trouvé le film encore plus fade. Peut-être est-ce dû au fait que j’ai sauté les passages où l’on citait des romans de Jane Austen que je n’avais pas encore lus, par peur de révélations ? Peut-être bien…
    • « Beloved » de Toni Morrison : là encore, je n’ai pas accroché. Je ne suis pas parvenue à m’attacher aux personnages, et je crois que j’ai besoin de cela pour apprécier un livre… Pourtant il était prometteur ! Je lirai peut-être « Un don » du même auteur pour ne pas rester sur une déception.
    • « Va où ton cœur te porte » de Susanna Tamaro : encore une grosse déception… Je l’ai fini en le lisant en diagonal, tellement je n’accrochais pas. Ayant lu de bonnes critiques sur ce livre et me souvenant avoir aimé un de ses livres jeunesse (« Tobie et l’ange« ), je pensais l’apprécier mais j’ai été déçue.
    • « Speak » de Laurie Halse Anderson : un de mes premiers romans en anglais, mis à part les Harry Potter lus au fil de leur sortie… J’ai découvert ce livre après avoir vu le film qui en a été tiré, l’un des premiers rôles de Kristen Stewart (elle n’avait que 13 ans lorsqu’elle a joué dans ce film) et l’un de ses meilleurs… Après l’avoir vu plusieurs fois, je me suis rendue compte que, non seulement il était tiré d’un livre américain très salué par la critique, mais qu’en plus il n’avait jamais été traduit en français…  C’est un des livres qui m’a le plus émue durant ces dernières années, traitant d’un sujet difficile et d’adolescence de la manière la plus tendre qui soit. Il faudrait que tous les adolescents lisent ce livre, mais son absence de traduction française ne devait pas faciliter mon vœu !
    • « According to Jane » de Marilyn Brant (j’essaierai peut-être d’en faire une critique) : lu après avoir vu la critique de « Tout à Fée… Bourbonnaise ! », une belle découverte, particulièrement adaptée à la fan de Jane Austen que je suis… (Mon avis ici)
  • Deux romans qui font voyager et donnent envie de faire ses valises :
    • « La cité de la joie » de Dominique Lapierre : lu car j’ai eu envie de voir le film après le décès de Patrick Swayze (j’ai des envies parfois…). Un livre magnifiquement écrit, qui permet de découvrir l’Inde des années 80 (et surtout les bidonvilles de Calcutta). J’ai trouvé que le livre était une merveille, le film non.
    • « Passagère du silence » de Fabienne Verdier : récit autobiographique, Fabienne Verdier raconte son périple débuté à 20 ans lorsqu’elle décide de tout quitter afin de partir en Chine assouvir sa passion de la calligraphie chinoise. Etudiante dans les bâtiments universitaires extrêmement spartiates d’une école d’art chinoise, elle y découvre la Révolution culturelle chinoise et les révoltes étudiantes. Elle part ensuite à la recherche de l’enseignement des vieux peintres calligraphes chinois, ses démarches n’étant pas facilitées par le régime pour qui ces artistes ne répondent pas aux normes socialistes. C’est une perle pour ceux qui sont intéressés par l’art, la Chine et les récits de voyage…
  • Un recueil de lettres sur fond historique qui ne rentre dans aucune autre catégorie :
    • « Lettres et carnets » de Hans et Sophie Scholl : un recueil des carnets et des lettres écrits par Sophie Scholl et son frère Hans, jeunes adultes membres du mouvement allemand de résistance de « La Rose blanche » durant la seconde guerre mondiale. Lu après avoir vu le film « Sophie Scholl, les derniers jours », qui m’a beaucoup marquée (avec la merveilleuse actrice allemande Julia Jentsch).
  • Deux romans policiers et un thriller :
    • « Le cadavre de Bluegate Fields » d’Anne Perry : j’ai continué la série des « Charlotte et Thomas Pitt » d’Anne Perry avec ce 6ème tome toujours aussi bien écrit. J’ai l’intention de lire toute la série petit à petit, puis d’enchaîner sur les « William Monk », mais ça risque de faire un peu mal à mon porte-monnaie…
    • « La princesse des glaces » de Camilla Läckberg : un très bon policier, malheureusement entaché de quelques détails qui m’ont gênée et que j’ai approfondis avec Soundandfury… Ca ne m’empêchera pas d’essayer de lire les suivants.
    • « Shutter Island » de Dennis Lehane : un des mes plus gros coups de cœur de l’année et mon premier article sur ce blog (ma critique ici).
  • Un livre « de société », un peu plus politisé que mes lectures habituelles :
    • « Solutions locales pour un désordre global » de Coline Serreau : les interviews réalisées par Coline Serreau dans le cadre de son film du même nom… Cela traite à la fois d’agriculture, du mouvement bio, de féminisme, d’anti-capitalisme, d’OGM, de pesticides, du mouvement des « Sans Terres », de l’appauvrissement des sols, des catalogues de semences, de microcrédit et de diverses techniques agricoles… Une lecture qui m’a beaucoup marquée et que j’ai beaucoup conseillée autour de moi (et que je conseille vraiment, c’est très accessible et pas du tout technique!). Le livre est encore meilleur car plus complet.
  • Deux romans issus de la littérature jeunesse :
    • « A la croisée des mondes », tome 1 : « Les Royaumes du Nord » de Philip Pullman : une bonne lecture, même si je suis un peu déçue de moi, car persuadée que je l’aurais apprécié bien plus si je l’avais lu adolescente…
    • « Harry Potter à l’école des sorciers » de JK Rowling : « relecture » du premier tome, en audio-book cette fois, afin de tester ce nouveau support. Résultat pour le support : intéressant, idéal quand on veut « lire » dans les transports, en faisant la cuisine ou même en s’endormant… J’ai un peu tilté sur le lecteur, Bernard Giraudeau (très bon lecteur au demeurant), qui a « choisi » (sans doute le choix vient-il aussi de la maison d’édition…) d’en faire une lecture destinée à un public d’enfants, à grands coups de voix caricaturales… Ça m’a un peu bloquée, moi qui essaie de prouver à mon entourage que Harry Potter n’est pas forcément une lecture pour les enfants ! Je n’ai pas tellement accroché au cheveu sur la langue de Ron Weasley, à la voix hystérique à la limite du supportable de la Tante Pétunia ou encore à la voix de drag-queen du professeur McGonagall…
  • De la bande-dessinée (10 séries, pour un total de 22 BD), mon petit plaisir, particulièrement quand je n’ai pas le temps de m’investir dans la lecture d’un roman :
    • « Blacksad », tomes 1 et 2, de Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido (billet à venir suite à la lecture des tomes 3 et 4) : relecture de cette merveille de la bande dessinée, pour me remettre dans le bain avant la sortie du tome 4. Les planches sont toujours magnifiques, les personnages délicieusement travaillés, le tout dans une atmosphère de vieux polar, de bars sombres et de longs imperméables qui me ravit…
    • « Le vol du corbeau », tomes 1 et 2, de Gibrat : là encore, il s’agit d’une relecture. J’aime beaucoup le travail de Gibrat, même si je ne le connais malheureusement pas assez… C’est à la fois tendre, drôle et vif, les couleurs sont sublimes et l’histoire très prenante.
    • « De Gaulle à la plage » de Jean-Yves Ferri : découvert dans le journal, puis acheté, c’est très drôle et plein de références historiques… (Mon avis ici)
    • « Magasin Général », tome 5, de Régis Loisel et Jean-Louis Tripp : poursuite de cette série se déroulant dans le Québec des années 20. Toujours aussi sympa et dépaysant.
    • « Un homme est mort » de Kris et Etienne Davodeau : un récit poignant sur fond de grèves ouvrières dans le Brest des années 50. A lire, notamment pour ceux qui connaissent et/ou apprécient la ville…
    • « Djinn« , tomes 1 à 4, de Mirallès et Dufaux : une bonne découverte, très envoûtante et sensuelle… Un peu trop à mon goût peut-être !
    • « Les passagers du vent« , tomes 1 à 6.2, de François Bourgeon : une très belle découverte là encore ! Au début pas franchement séduite par le dessin, j’ai persisté et je ne regrette pas… Ça parle de voyage, de bateaux, de réputation volée, de commerce triangulaire et de colonies, et ça se lit très bien.
    • « Les idées noires » de Franquin : découvert (j’ai honte de ne pas l’avoir connu avant) après une visite au Musée de la Bande Dessinée de Bruxelles. Un humour… noir que j’adore, des histoires courtes, parfois absurdes mais toujours tellement vraies.
    • « Moi je » et « Moi je et caetera » de Aude Picault : sans doute l’une des mes auteur(e)s/dessinateurs préférés dans le monde de la bande dessinée indépendante… Aude Picault parvient en un dessin à nous montrer tout le comique d’une situation de la vie quotidienne. A lire quand on déprime, ça donne la patate !
    • « Papa » d’Aude Picault : un tout autre ton dans cette autre parution de Aude Picault… Un sujet grave, mais toujours la même émotion derrière les dessins d’Aude Picault…

Et voilà, ça fait donc un total de 18 livres et 22 bandes dessinées, soit exactement le même nombre qu’en 2009 (je suis régulière…) ! A côté des 133 films vus durant la même année, on voit cependant où passe l’essentiel de mon temps…

Ce bilan me permet d’ailleurs de me rendre compte du lien permanent qui existe entre mes lectures et les films que je vois. N’aimant pas trop (voire pas du tout) lire un livre après en avoir vu l’adaptation, mes envies cinéphiles se terminent souvent par l’acquisition du livre… Je m’en étais rendue compte, mais je ne pensais pas que c’était à ce point !