Top Ten Tuesday n°2 – Les 10 livres qui m’ont fait pleurer

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog d’Iani.

Voici donc pour ma seconde participation :

Les 10 livres qui m’ont fait pleurer

1°) Harry Potter et l’ordre du phénix et Harry Potter et le prince de sang-mêlé – J.K. Rowling :

Parce que les fins respectives de ces deux tomes m’ont beaucoup surprise à ma 1ère lecture et émue. D’autant plus que dans ces deux tomes, il y a je trouve une sorte de tension permanente tout au long du récit. Même maintenant lorsque je relis ces livres, j’ai du mal à me retenir de verser quelques larmes à la fin… Et bizarrement, le dernier tome de la série m’a de son côté moins émue, même si je l’étais quand même un peu parce que je savais qu’un pan de mon enfance/adolescence se refermait avec ce tome.

2°) La voleuse de livres – Markus Zusak :

Un livre qui m’a profondément touchée et que j’ai littéralement terminé en pleurs. Et pourtant dès le début, la Mort nous prévient d’une partie des évènements dès le début.. Mais ce qui est justement magnifique dans ce livre, c’est qu’on a beau connaître une partie du dénouement, l’auteur parvient tout de même à nous le faire oublier, et à nous emporter dans son récit pour finalement nous surprendre totalement.

3°) Hunger Games, tome 3 : La Révolte – Suzanne Collins :

J’ai lu les 50 dernières pages de ce roman dans un état à la fois de fébrilité et d’émotion intense. J’ai même dû les relire une deuxième fois pour être sûre d’avoir bien tout compris. Je ne m’attendais pas vraiment à tous les évènements qui se déroulent dans ces derniers chapitres, et je trouve que l’auteur y conclut magistralement sa série.

4°) La solitude des nombres premiers – Paolo Giordano :

Je me suis beaucoup attachée aux personnages d’Alice et de Mattia, et j’ai suivi leurs parcours chaotiques la boule au ventre. Certains dialogues ou situations en particulier m’ont profondément touchée. J’en profite pour vous conseiller une nouvelle fois la lecture de roman..

5°) Si je reste – Gayle Forman :

Comme je l’ai dit dans mon article, ce roman m’a tellement émue qu’il m’a été impossible de le reposer avant la fin. Je suis donc restée des heures assise sur ma chaise à dévorer ces pages, particulièrement émue par certaines scènes, notamment lorsque le grand-père de Mia ou Adam lui parle dans sa chambre d’hôpital. De même, les scènes dans lesquelles Mia mentionne son petit frère Teddy sont très touchantes.

6°) Speak – Laurie Halse Anderson :

Un roman que j’avais découvert un peu au hasard, grâce à l’adaptation qui en a été faite pour la télévision américaine, et qui n’est pas encore traduit en français. Je ne vous en ai pas encore parlé bien que ce soit un roman qui m’ait beaucoup touchée (l’adaptation également, Kristen Stewart y est d’ailleurs impressionnante..). On y suit donc Melinda Sordino, une jeune adolescente cachant un lourd secret. Elle décide de ne plus parler, en se demandant si quelqu’un s’en rendra compte. Renfermée sur elle-même, elle a perdu ses anciennes amies et ne parvient pas à communiquer avec sa mère. « Speak » est vraiment un beau roman sur l’adolescence et le mutisme qui peut survenir suite à un traumatisme. C’est d’ailleurs dommage qu’il ne soit pas traduit en français.

7°) L’élégance du hérisson – Muriel Barbery :

https://laissezparlerlesptitspapiers.files.wordpress.com/2011/03/muriel_barbery_elegance_herisson.jpg

Dans ce roman, ce sont les personnages de Paloma et de Renée qui m’ont vraiment touchée, et en particulier la relation de cette dernière avec son voisin japonais. Un point en particulier m’a bien évidemment touchée encore plus touchée, d’autant plus qu’il est relativement surprenant.

8°) La nostalgie de l’ange – Alice Sebold :

L’émotion que j’ai ressentie en lisant ce roman est en grande partie due au récit que Susie nous fait de sa vie, du haut de son Ciel. Elle observe ses proches qui continuent à vivre malgré sa mort, et ça m’a souvent fait monter les larmes aux yeux…

9°) La petite fille de Monsieur Linh – Philippe Claudel :


Ce roman lu il y a quelques années m’avait lui aussi beaucoup touchée, même si ce sentiment s’est surtout manifesté dans les dernières pages. Quand j’ai compris ce qu’il en était réellement de Monsieur Linh, je me souviens avoir bien une grande claque, qui nous fait regarder le roman avec un œil neuf.

10°) Sur la route de Madison – Robert James Waller :

Ce roman, que j’avais découvert dans un premier temps à travers son adaptation (avec Clint Eastwood et Meryl Streep), m’a vraiment émue durant ma lecture. C’est surtout le personnage de Francesca qui est sublime dans ce récit, elle qui a sacrifié son amour pour le bien de sa famille et assumé son choix toute sa vie. La nostalgie qui émane de ce roman est puissante, et j’en garde encore aujourd’hui un souvenir très fort.

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Bilan trimestriel n°4 – 2011

Pour une fois, mon bilan trimestriel sera publié en temps et en heure, et même en avance. Durant ces trois mois donc, encore de belles découvertes, en fait je ne me souviens même plus du dernier livre qui m’ait déçue…

On commence donc avec les romans, soit l’essentiel de mes lectures (je ne lis plus beaucoup de BD ces temps-ci, malheureusement..). Il manque une bonne partie des articles correspondants, mais ça viendra petit à petit promis… Ce trimestre, j’ai donc lu :

  • Harry Potter and the order of the phoenix de J.K. Rowling : une relecture en anglais qui fait toujours du bien, je ne m’en lasse pas !
  • L’amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder : bon alors voilà, je me contredis déjà, elle est là la petite déception de ce trimestre… Premier Beigbeder que je lis, sans doute pas le dernier, mais j’avoue avoir été un peu déçue. Je ne suis pas habituée à ce genre de littérature, ça parle trop de soi selon moi… Il manque quelque chose pour que ça me passionne.
  • La pluie, avant qu’elle tombe de Jonathan Coe : une pépite ! Je suis ravie d’avoir enfin découvert cet auteur dont on me disait si grand bien.
  • Qui es-tu Alaska ? de John Green : un livre jeunesse qui m’a beaucoup plu, toujours dans la superbe collection Pôle Fiction de chez Gallimard Jeunesse (c’est à travers cette collection que j’ai déjà découvert Cher inconnu, Toi et moi à jamais ou encore Le chaos en marche).
  • Delirium Tremens de Ken Bruen : ma première rencontre avec le fameux Jack Taylor, détective privé dépressif et alcoolique en Irlande.. J’ai beaucoup aimé.
  • Le chaos en marche, tome 1 : la voix du couteau de Patrick Ness : lecture du premier tome de cette superbe série, j’ai hâte de commencer le deuxième, Le cercle et la flèche.
  • Bliss, métamorphose d’une fille ordinaire de Shauna Cross : lecture du roman qui a inspiré ce film Bliss que j’adore, avec Ellen Page et Drew Barrymore. Une petite déception par rapport au film (ce n’est pas courant), mais une bonne découverte tout de même.
  • Une Anglaise à bicyclette de Didier Decoin : un très beau roman qui me tentait depuis sa sortie. Il m’a fait découvrir la plume de Didier Decoin, dont je lirai sans doute prochainement d’autres livres.
  • Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay : je suis contente d’avoir enfin lu ce livre qui avait plu à beaucoup de personnes à sa sortie. Une toute petite déception quand même, je me suis beaucoup attachée à l’histoire de Sarah mais moins à celle de la narratrice… Mais cela reste un beau livre tout de même.
  • Hunger Games, tome 1 de Suzanne Collins : enfin je l’ai lu et je ne regrette pas ! Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi bien construit, j’ai été agréablement surprise. Le tome 2 a d’ailleurs rapidement suivi..
  • Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer : une chouette découverte là encore. Comme d’habitude, cela m’a donné envie de lire tous les autres livres de l’auteur…
  • Hier tu comprendras de Rebecca Stead : un court livre jeunesse que j’ai pris plaisir à lire. Pas transcendant mais très sympathique !
  • Le clan des Otori, tome 1 : Le silence du rossignol de Lian Hearn : depuis le temps qu’il traînait chez moi, je suis contente de l’avoir enfin lu. Et j’attends avec impatience d’en lire les prochains tomes…
  • Hunger Games, tome 2 : L’embrasement de Suzanne Colllins : j’ai apprécié ce deuxième tome tout autant que le premier. Et j’ai très hâte de retrouver Katniss dans le 3ème et dernier tome..

Du côté de la bande dessinée, encore très peu de lectures ce trimestre, puisque je n’ai lu que le tome 1 de la série Quatre sœurs, intitulé Enid, par Cati Baur et Malika Ferjoukh, qui est une adaptation réussie du roman de cette dernière (que j’avais lu il y a de nombreuses années). Comme je l’ai dit dans mon article, j’ai beaucoup aimé. J’espère que les tomes suivants seront également adaptés en bande dessinée par Cati Baur.

Du côté du cinéma, un bilan pas top top pour ce dernier trimestre durant lequel j’ai vu 14 films :

  • L’armée des douze singes (12 Monkeys) de Terry Gilliam : je ne l’avais encore jamais vu, mais je suis ravie d’avoir enfin découvert ce classique du cinéma ! J’ai beaucoup apprécié.
  • Une fiancée pas comme les autres (Lars and the real girl) de Craig Gillespie : découverte de l’acteur Ryan Gosling qui monte qui monte, mais que je n’ai malheureusement pas encore vu, ni dans Drive, ni dans Half Nelson, ni dans aucun de ses films qui ont l’air si bien… Le film traite de manière réussie un sujet particulièrement singulier..
  • Toi moi les autres d’Audrey Estrougo : une très jolie découverte avec cette comédie musicale à la française, très entraînante, et dans laquelle j’ai beaucoup aimé retrouver Leïla Bekhti.
  • Et soudain tous le monde me manque de Jennifer Devoldere : là encore, une belle découverte du cinéma français. J’ai beaucoup aimé l’originalité de cette comédie et j’ai été bluffée et émue par certains des acteurs.
  • Les aventures de Tintin : le secret de la licorne de Steven Spielberg : je ne pensais pas autant aimer cette adaptation. Je l’ai trouvée très fidèle à l’image que je me fait de cette bande dessinée, et je me suis bien amusée. On retrouve bien l’esprit Indiana Jones, ce qui n’est pas pour me déplaire..
  • Intouchables d’Eric Toledano et Olivier Nakache : un très chouette film qui met la patate et dans lequel les acteurs sont vraiment impressionnants.
  • Mon père est femme de ménage de Saphia Azzeddine : une petite déception pour ce film avec François Cluzet…
  • Moi, moche et méchant de Pierre Coffin & Chris Renaud  : j’ai été très agréablement surprise par ce film d’animation que j’avais loupé à sa sortie.
  • Le seigneur des anneaux : La Communauté de l’Anneau de Peter Jackson (revisionnage) : une petite pointe de déception à revoir ce film 10 après (je pensais qu’il avait moins vieilli). Mais il me fait tellement rêver que je lui pardonne…
  • Burn after reading de Joel et Ethan Coen (revisionnage) : j’ai encore autant ri lors de ce deuxième visionnage ! Les acteurs sont géniaux, l’histoire complètement insensée et loufoque comme dans tous les Coen…
  • Tous les soleils de Philippe Claudel : une très belle surprise pour ce film qui m’a donné envie de découvrir l’Italie et la tarentelle..
  • L’illusionniste de Sylvain Chomet : un très chouette film adapté d’un scénario de Jacques Tati, même si j’avais préféré Les triplettes de Belleville du même réalisateur… Mais cela reste un film très tendre et poétique.
  • De l’eau pour les éléphants de Francis Lawrence : un film sympa mais sans plus, comme le livre au final…
  • Le parrain de Francis Ford Coppola : j’ai enfin découvert ce monstre du cinéma américain ! J’aurais peut-être du le voir en VO, car la voix française de Marlon Brando est quelque peu dérangeante, mais sinon j’ai beaucoup aimé. Et puis surtout, pourquoi avoir affublé Brando de ces horribles bajoues dégoutantes et ridicules ? Il aurait tellement plus la classe sans…

Et bientôt, mon bilan de l’année 2011…

Bilan trimestriel n°3 – 2011

Et voilà, encore un bilan en retard, ce présent article traitant de mes lectures et visionnages de films des mois de juillet, août et septembre 2011. J’essaierai bien entendu de mettre à jour les chroniques correspondantes au fur et à mesure…

Alors, durant ces trois mois, qu’ai-je donc lu ?  Je dirais que ce trimestre a encore été l’occasion de faire de très belles découvertes. Je me suis également remise à la lecture jeunesse pour mon plus grand plaisir…

  • Auprès de moi toujours de Kazuo Ishiguro, une très jolie découverte que j’ai pu prolonger par le visionnage de son adaptation ciné.
  • Les cinq quartiers de l’orange de Joanne Harris, auquel je n’ai pas vraiment accroché durant les longs mois qu’a duré sa lecture.
  • Mon enfant de Berlin d’Anne Wiazemsky, un livre sympa mais quelque peu décevant.
  • L’école des saveurs d’Erica Bauermeister, une très jolie découverte, rapide, sympa et touchante, qui donne envie de cuisiner et surtout de savourer…
  • 84 Charing Cross Road de Helene Hanff, une petite déception pour ce livre dont j’avais entendu tellement de bien.
  • Nord et Sud d’Elizabeth Gaskell, un classique que j’ai lu avec plaisir.
  • Le liseur de Bernhard Schlink, un livre agréable que je connaissais déjà pour avoir vu son adaptation au cinéma.
  • Harry Potter and the prisoner of Azkaban de J.K. Rowling, une relecture en anglais qui m’a fait encore une fois du bien.
  • Howl’s moving castle de Dianna Wynne Jones, la découverte en anglais du livre qui a inspiré l’un de mes films préférés du sutdio Ghibli, « Le Château ambulant ». J’ai adoré retrouver tous ces personnages que j’adore.
  • Si je reste de Gayle Forman, une lecture jeunesse qui m’a, avec surprise, énormément plu et qui m’a touchée.
  • Harry Potter – Film Wizardry, dont j’avais déjà parlé en avril, mais que j’ai enfin fini après en avoir savouré une à une toutes les pages.
  • L’étrange disparition d’Esme Lennox de Maggie O’Farrell, une très chouette découverte pour un roman dont on avait tellement parlé en bien. Je me suis passionnée pour le récit d’Esme et la relation qu’elle noue petit à petit avec Iris.
  • La pelouse de Camomille de Mary Wesley, une première découverte réussie de cette auteure dont un autre roman m’attend dans ma pile.
  • L’attrape-cœurs de J.D. Salinger, une étrange découverte de ce roman culte aux Etats-Unis, quelques détails ont eu du mal à passer mais j’en garde globalement un bon souvenir.
  • Je veux vivre de Jenny Downham, une lecture qui m’a énervée dans sa première partie et bouleversée dans la seconde. Visiblement c’est le cas de plusieurs personnes ayant lu ce livre…
  • Toi et moi à jamais d’Ann Brashares, une très belle découverte jeunesse pour cette auteure que je connaissais déjà à travers la série des « Quatre filles et un jean ».
  • Harry Potter and the goblet of fire de J.K. Rowling, encore une relecture en anglais, cette fois du tome 4 (je relis les tomes en anglais les uns après les autres). Encore une fois, j’ai redécouvert avec plaisir des milliers de petits détails que j’avais oubliés…
  • The tales of Beedle the Bard de J.K. Rowling, une lecture toute courte en anglais qui m’a permis de retrouver Dumbledore et ses analyses des contes de Beedle le barde…

En ce qui concerne la bande dessinée, je dirais que ce trimestre a été plutôt pauvre puisque je n’en ai lu qu’une, l’intégrale du Sursis de Jean-Pierre Gibrat. Lecture unique mais réussie, j’ai une fois de plus adoré le travail de Gibrat, que j’avais découvert avec la série Le vol du corbeau.

Concernant les films, pas mal de bonnes surprises (notamment, un regain de passion pour quelques bons films français récents, et pour quelques petits films américains) mais aussi évidemment des déceptions…

  • Harry Potter et les reliques de la mort Partie 1 de David Yates, que j’ai revu en VO avec un immense plaisir (celui-ci est définitivement mon préféré des 8 films). 
  • Black Swan de Darren Aronofsky, un très beau film porté par Natalie Portman, parfois angoissant mais surtout époustouflant.  
  • Winter’s bone de Debra Granik, une très très jolie découverte que je conseille à tout le monde, ne serait-ce que pour l’actrice principale, Jennifer Lawrence, dont on va sûrement entendre parler de plus en plus… Pour plus de renseignements, c’est ici.
  • Tout ce qui brille de Géraldine Nakache & Hervé Mimran, un film français surprenant et attachant, j’ai été bluffée par les deux actrices principales. En cadeau, une superbe vidéo qui me fout la patate dès que je la vois :

 

  • Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, un film sur lequel je ne sais pas que dire au final. Il est beau, silencieux. 
  • Loin d’elle (Away from her) de Sarah Polley, sur la maladie d’Alzheimer, à la fois dur et touchant.
  • Wall-E de Andrew Stanton, une pépite, rien que pour son générique de fin représentant différents mouvements artistiques de l’histoire humaine :
  • Le come-back (Music & Lyrics) de Mark Lawrence, une vraie surprise, que je ne m’attendais pas à trouver si bien et décalée. Pour le plaisir des yeux et des oreilles, « Pop ! Goes my heart » :
  • Burn after reading de Joel & Ethan Coen, un très bon film, très drôle, et dans lequel les acteurs sont parfaits et surprenants (Aah… Brad Pitt en coach sportif à polo rouge…)
  • Harry Potter et les reliques de la mort Partie 2 de David Yates, ça y est, la saga se termine sur ce volet réussi mais trop court !
  • Underworld de Len Wiseman, pas grand chose à dire sur ce film, je crois que je suis partie me faire à manger pendant qu’il tournait… Ce que j’en ai vu m’a fait penser à un mélange entre Matrix, les orques du Seigneur des Anneaux et Twilight (et j’ai bien aimé ces trois films pourtant…).
  • Bagdad Café de Percy Adlon, un film étrange mais plaisant, à la musique envoûtante…


  • Légendes d’automne d’Edward Zwick, sympa mais sans plus, m’a permis de compléter ma connaissance de la filmo de Brad Pitt.
  • Nord et Sud de Brian Percival (BBC), l’adaptation du-dit bouquin, un peu décevante…
  • Le premier jour du reste de ta vie de Rémi Bezançon, une très belle découverte !
  • Le goût des autres d’Agnès Jaoui, je souhaitais le voir depuis longtemps, Bacri y est superbe…
  • Super 8 de J.J Abrams, une bonne découverte, les personnages des enfants sont attachants et nous ramènent en enfance…
  • Le pari de Didier Bourdon & Bernard Campan, revisionnage de ce film que j’ai trouvé mieux que le souvenir que j’en avais gardé.
  • Usual suspects de Bryan Singer, une grosse grosse déception, je pensais adorer, ce n’est pas trop passé…
  • The Commitments d’Alan Parker, idem.
  • Never let me go de Mark Romanek, un film sympa et esthétiquement beau.
  • Retour à Cold Mountain de Anthony Minghella, mouais, une sensation de déjà-vu …
  • Le Château ambulant de Hayao Miyazaki, revu pour la dixième fois après avoir lu le livre, que dire de plus, ce film est parfait !
  • Le patient anglais d’Anthony Minghella, pratiquement 3 heures de film pour ça, je me suis un peu ennuyée…
  • Coraline de Henry Selick, une petite perle ! J’ai envie de lire le livre maintenant !
  • Goodbye Bafana de Bille August, une déception.
  • Le petit Nicolas de Laurent Tirard, une surprise, un film pas si mal réussi malgré mes a prioris…

Les enfants du marais – Georges Montforez

Éditeur : Gallimard

Collection : Folio

Date de parution originale : 1958

296 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Résumé :

Ragris et Pignolle sont les derniers habitants du marais. Alors que Pignolle, affligé d’une femme revêche et de trois enfants, cherche dans le vin rouge le souvenir de sa première femme, Ragris, secret et généreux, vit seul et voue un amour chaste et méconnu à Marie. Tane, le conducteur du train local, Amédée, rêveur et oisif, Pépé, ancien du marais devenu un riche industriel, complètent l’équipe.

Ce livre est un livre heureux. Il parle d’amitié et de liberté et raconte les joies, les bonheurs, les attentes des enfants du marais.

Mon avis :

J’ai découvert ce roman à travers son adaptation, que j’avais appréciée il y a quelques années. Même si cela ne m’arrive pas couramment de lire un livre après en avoir vu l’adaptation, le bon souvenir que je gardais de ce film m’a donné envie de me replonger dans l’univers de ces marais…

Comme le résumé l’explique très bien, nous suivons donc dans ce roman Ragris, personnage discret et peu loquace, Pignolle, bon buveur et peu responsable, et toute la troupe de personnages gravitant autour de ces deux amis. Leur vie au marais est rythmée par de petits boulots de cueillette, de pêche ou de jardinage, qui leur permettent de voir venir les mois suivants de manière peu régulière. Ragris soutient Pignolle, rattrape ses nombreuses erreurs et s’occupe en partie de la famille de celui-ci.

La relation qui lie ces deux personnages est une profonde amitié, même si la dépendance de Pignolle vis-à-vis de Ragris a souvent pu m’énerver au cours de ma lecture. Pignolle boit trop, est peu prévoyant, se plaint souvent et dépense son argent sans réfléchir, ce qui oblige souvent son ami à se sacrifier pour lui. Seulement voilà, un lien profond unit tout de même ces deux êtres un peu paumés.

Ce roman est avant tout une ode à la vie auprès de la nature, à la pêche et à la cueillette, aux soirées et repas entre amis… Les incursions des deux personnages principaux dans la ville sont d’ailleurs souvent à l’origine de situations improbables, que ce soit pour y rencontrer leurs amis Amédée et Pépé, pour y rencontrer la jolie Marie ou pour y vendre au marché leurs prises et récoltes de la matinée.

J’ai particulièrement aimé le personnage de Pépé, ancien du marais devenu riche, perdu dans une vie bourgeoise et au sein d’une famille qu’il ne supporte plus. Ses tentatives pour faire découvrir le marais à son petit-fils sont touchantes, et le symbole d’une période perdue qui ne reviendra sans doute pas… Amédée, ancien riche oisif aujourd’hui ruiné, est également émouvant. Il connait tous les livres de sa bibliothèque par cœur, mais ne connaît au final que très peu de la vie…

« Ce sont précisément ceux qui mènent une vie monotone qui tiennent un journal, parce qu’ils en ont le temps, parce qu’ils veulent se persuader, avec le recul, que leur existence a tout de même été bien remplie – remplie de vent. »

Dans ce roman, le marais est lui aussi un personnage à part entière, plein de mystères et riche d’une nature toujours présente dans la vie quotidienne des personnages. Mais ce roman parle surtout de liberté, et de cette vie que les personnages ont choisie, libre mais incertaine.

« Le gars du marais, c’est celui qui vit de l’air et du temps. Il ne touche pas le chômage. Il vend du muguet, du poisson, des grenouilles, selon la saison. Et quand il n’a rien à vendre, il ne vend rien et il vit tout de même. Les bourgeois n’aiment pas cela, Pignolle. Ils pensent que ce n’est pas régulier. »

Adaptation :

Comme je vous l’ai dit, ce beau roman a fait l’objet en 1999 d’une adaptation par Jean Becker, à qui l’on doit également « Elisa », « Effroyables jardins », « Dialogue avec mon jardinier » ou encore plus récemment « La tête en friche ». Ce film a la chance de bénéficier d’un superbe casting : Pignolle (rebaptisé pour l’occasion Pignol) est ainsi interprété par Jacques Villeret, Ragris (rebaptisé Garris) par Jacques Gamblin, Pépé la Reinette par Michel Serrault et Amédée par André Dussollier. On peut également noter la présence rapide d’Eric Cantona (chic chic) et d’Isabelle Carré dans le rôle de Marie.

Ce film m’avait beaucoup marquée étant plus jeune, je me souvenais particulièrement de certaines scènes autour du marais (la pêche à la grenouille) et d’une scène avec Michel Serrault qui m’avait beaucoup touchée (la scène où il neige, pour ceux qui connaissent…). J’avais en tête l’acteur en lisant le livre, ce qui explique en partie pourquoi j’ai tant aimé son personnage.

Mais revenons au film, que j’ai donc revu après avoir lu le livre. Pour tout dire, je trouve que l’adaptation de ce roman est très réussie. Je pense que Jean Becker est particulièrement doué pour peindre les personnages simples, « les petites gens », comme il l’a également très bien fait d’ailleurs dans « La tête en friche » avec le personnage joué par Gérard Depardieu. Sa vision du marais me plaît également. Je pense même qu’il a réussi à rendre le film plus prenant que le livre, sans doute avec la complicité des acteurs encore une fois…

Autour du livre :

  • Georges Montforez est un écrivain français né en 1921, romancier, nouvelliste, auteur d’ouvrages pour la jeunesse, scénarios de bandes dessinées et de nombreux contes pour enfants. Il existe assez peu d’informations le concernant, je peux donc juste vous indiquer qu’il est né en Cochinchine (actuel Viêt-Nam), de parents originaires de Roanne dans la Loire et qu’il a passé son enfance et sa jeunesse à Roanne. C’est d’ailleurs là qu’il a écrit son premier roman. Quatre autres de ses romans ont été publiés après « Les enfants du marais » : « La presqu’île Martin », « L’ombre d’un chêne », « Le pacte » et « La glaisière ».

Cette lecture rentre dans le cadre du Challenge « Regarde ce que tu lis » organisé par Nodrey.

Nord et Sud – Elizabeth Gaskell

North and South

Éditeur : Points

Collection : Les Grands Romans

Date de parution originale : 1854-1855

Date de parution française : 2010

685 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Après une enfance passée dans un village riant du Hampshire, Margaret Hale, fille de pasteur, s’installe dans une ville du Nord. Témoin des luttes entre ouvriers et patrons, sa conscience sociale s’éveille. John Thornton, propriétaire d’une filature, incarne tout ce qu’elle déteste : l’industrie, l’argent et l’ambition […].

Mon avis :

En commençant ce livre, je m’attendais à y trouver le même style d’écriture que celui de Jane Austen, sans doute parce qu’avec Charlotte et Emily Brontë, celle-ci est la seule auteure du 19ème siècle que j’ai jamais lue. Le début du récit m’a confortée dans cette idée : une jeune femme, sûre d’elle et n’ayant pas peur d’exprimer ses opinions, Margaret Hale, se retrouve confrontée à un monde auquel elle n’a jamais été habituée.

Cela m’a rappelé le début de Mansfield Park ou même de Persuasion, lorsque Anne s’éloigne des repères qu’elle a toujours connus. Elizabeth Gaskell réussit également à placer quelques notes d’humour tout au long de son récit, et se moque gentiment des habitudes des membres de la haute société anglaise.

« Cependant, depuis peu, son état de santé lui inspirait de l’appréhension ; elle souffrait d’une petite toux nerveuse qui survenait toutes les fois qu’elle y pensait ; et un docteur complaisant lui avait prescrit précisément ce qu’elle souhaitait, à savoir de passer l’hiver en Italie. Mrs Shaw avait des désirs aussi impérieux que la plupart des gens, mais il lui déplaisait de faire quoi que ce fût en admettant ouvertement qu’elle obéissait à sa propre initiative ou à son bon plaisir ; elle préférait être contrainte de satisfaire ses inclinations en se pliant aux ordres ou aux désirs d’une autre personne. Véritablement persuadée alors qu’elle se soumettait à une dure nécessité extérieure, elle pouvait gémir et se plaindre à sa manière discrète tout en faisant exactement ce dont elle avait envie. » p.27-28

La légère différence entre les romans que j’ai pu lire de Jane Austen et celui-ci réside essentiellement je trouve dans la description qui est faite ici de la classe ouvrière de Milton (même si l’on retrouve en partie cela dans Mansfield Park, lors des scènes se déroulant dans la famille de Fanny). On assiste ici à la vie dans la cité ouvrière de Milton, durant une période de grève touchant les filatures de coton. La famille Higgins, dont le père est ouvrier et la fille gravement malade, décide de se mettre en grève afin d’obtenir une hausse des salaires.

«  […] je préfère mourir à mon poste plutôt que céder. Chez un soldat on appelle ça de l’honneur. Alors pourquoi pas chez un pauvre ouvrier des filatures ? » p.214

A l’arrivée du personnage de M. Thornton, patron d’une des filatures de la ville, on se demande comment l’auteur va réussir à nous le faire aimer, tant il représente l’idée que l’on se fait de l’égoïsme patronal de l’époque.

« Mais M. Thornton n’était pas un philanthrope et ne pratiquait pas la bienveillance universelle. » p. 338 (c’est dit au moins…)

Mais, sans savoir comment, elle y parvient malgré tout, et on se laisse avoir par ce personnage finalement juste, travailleur et toujours désireux d’apprendre de nouvelles choses. Le personnage de Margaret Hale a une position difficile. Elle tente de se retrouver entre les connaissances qui lui sont chères au sein des ouvriers et les personnes plus proches de son rang qu’elle fréquente aux dîners mondains, mais se sent rapidement une « fieffée hypocrite ».

« Fais quelque chose, ma sœur, fais du bien si tu le peux, mais fais quelque chose. » p.391

Les relations qu’elle noue avec Nicholas Higgins et sa fille Beth d’un côté, et avec John Thornton d’un autre côté, sont attendrissantes et permettent de réduire en partie le fossé qui existe entre le monde des ouvriers et celui des patrons. Margaret prend position pour les premiers, mais tout en restant attachée au monde au sein duquel elle a grandi. J’ai également beaucoup aimé la relation qui lie peu à peu Margaret et son parrain, M. Bell, qui a envers elle un comportement à la fois protecteur et admiratif devant son courage et sa franchise.

 « Vous pensez que c’est pour moi que je fais la grève cette fois ? C’est tout autant pour les autres que ce soldat que vous parliez, seulement lui, il meurt pour quelqu’un qu’il a jamais vu ni entendu causer […] » p.214

Juste une petite remarque en passant. Dans ce livre, lorsque les femmes pleurent, elles « pleurent » donc tout simplement, mais lorsqu’il s’agit d’hommes, ce sont des « larmes viriles » qui leur montent aux yeux (j’ai repéré cet euphémisme au moins deux fois…). Savez-vous ce que sont des larmes viriles ? Ce sont les larmes dont on n’a pas honte parce qu’on est un homme ? J’aurais bien apprécié un traitement plus équitable des scènes de pleurs…

« Margaret l’anglicane, son père le dissident et Higgins le mécréant s’agenouillèrent ensemble. Cela ne leur fit aucun mal. »

Pour conclure, Nord et Sud est un classique que je vous conseille avidement de lire et qui m’a donné envie de découvrir d’autres romans de l’auteure.

Adaptation :

Ce livre a été adapté en mini-série par la BBC en 2004. C’est Brian Percival qui a réalisé les 4 épisodes réunissant dans les rôles de Margaret Hale et de John Thornton les acteurs Daniela Denby-Ashe et Richard Armitage.

Suite à la lecture de ce roman, j’étais toute heureuse de découvrir l’adaptation qu’en avait fait la BBC, d’autant plus que les adaptations de cette chaîne sont souvent à la hauteur des classiques dont elles sont inspirées. Malheureusement, j’ai été un peu déçue par cette adaptation…

J’aime regarder les adaptations des romans qui m’ont plu, car elles me permettent de prolonger l’œuvre que je viens de finir, et de passer encore un peu de temps avec ses personnages. Le grand reproche que je fais justement à cette mini-série, c’est de ne pas avoir réussi d’après moi à retranscrire les caractères des différents personnages du roman.

J’ai ainsi trouvé Margaret largement moins indépendante que dans le livre. Alors que dans ce dernier elle cache beaucoup de choses à ses parents, soit pour ne pas les effrayer, soit parce qu’elle aime gérer les choses à sa manière, j’ai eu l’impression que dans l’adaptation elle était traitée comme n’importe quelle jeune femme de son époque, ne sachant taire ses secrets à son entourage (l’exemple que j’ai particulièrement en tête est la proposition d’Henry Lennox, qui dans le livre demeure en quelque sorte un secret jusqu’au bout).

De même, le personnage de la mère de Margaret, qui dans le livre critiquait en continu sa vie à la campagne lorsqu’elle y était et se calmait à son arrivée à Milton, a dans le film le comportement inverse. J’ai également noté des changements similaires dans les comportements de Mr et Mrs Thornton, de Mr Bell ou encore de Nicholas Higgins et de sa fille.

Je sais bien qu’une adaptation ne peut pas toujours respecter à la moindre virgule l’œuvre originale, et que les quelques ajustements du metteur en scène peuvent même parfois ajouter un petit quelque chose à l’œuvre, mais là j’ai trouvé que ces changements modifiaient l’opinion que l’on pouvait se faire des personnages. Je crois que quand j’aime un personnage dans un roman, il faut que je l’aime également dans son adaptation pour apprécier celle-ci.

Mis à part cela, de très jolies scènes tout de même dans cette adaptation, notamment certains plans de la filature (on y voit notamment voler des bouts de coton dans la lumière du jour) qui m’ont particulièrement marquée. A noter également la présence de l’acteur Brendan Coyle dans le rôle de Higgins, et que j’avais déjà repéré dans le rôle de John Bates dans la série Downton Abbey, diffusée sur la chaîne ITV1.

Cette adaptation est donc une petite déception pour moi, pour ce livre que j’ai pour sa part trouvé très bon.

Autour du livre :

  • Elizabeth Gaskell était une femme de lettres anglaise. Elle est née en 1810 et décédée en 1865. Mariée à un pasteur, amie de Charles Dickens et de Charlotte Brontë, dont elle a écrit la première biographie, elle est connue pour ses romans industriels décrivant la société anglaise industrielle du 19ème siècle, aux personnages féminins prononcés.
  • Elle a également publié les romans Wives and Daughters, an Every-Day Story en 1865 et Cranford entre 1851 et 1853.

Illustration de la couverture :

  • La couverture de cette édition est tirée d’un tableau de John Dawson Watson de 1871, Jeune femme à l’éventail. Ce tableau illustre d’ailleurs également le roman Chez les heureux du monde de la romancière américaine Edith Wharton.

Ce livre entre dans le cadre du challenge Regarde ce que tu lis organisé par Nodrey :

Le Liseur – Bernhard Schlink

Der Vorleser

Éditeur : Gallimard

Collection : Folio

Date de parution originale : 1995

Date de parution française : 1996

242 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Mon avis sur le livre :

Tout d’abord, un conseil, ne lisez pas la 4ème de couverture de ce livre, en tout cas pas dans son édition Folio Gallimard, car elle mentionne un à un tous les éléments clés de ce roman… Voilà pourquoi je ne l’ai pas indiquée ici.

J’ai découvert ce livre à travers l’adaptation qu’en a fait Stephen Daldry, et je dois dire que je ne l’aurais peut-être jamais lu si Sybille  ne m’avait pas proposé de m’envoyer son exemplaire dans le cadre de ses livres voyageurs.

Nous suivons donc dans ce roman Michael, qui se remémore son adolescence et notamment la relation qu’il a eue à cette époque avec Hanna, de vingt ans son aînée. On comprendra plus tard les raisons qui l’ont poussé à se remémorer ces instants avec cette femme.

« Sur son visage d’alors sont venus se poser, dans ma mémoire, ses visages ultérieurs. Quand je veux l’évoquer devant mes yeux telle qu’elle était alors, elle apparaît sans visage. Il faut que je la reconstitue. » p.20

J’ai beaucoup aimé ce roman, j’ai notamment été rapidement passionnée par les évènements de la vie d’Hanna, qui nous sont racontés par Michael au fur et à mesure que celui-ci les découvre. Les séances au cours desquelles il lui lisait des livres sont émouvantes, elles prendront cependant tous leur sens dans la suite du récit, lorsque l’on découvre les secrets entourant la vie d’Hanna.

Le point m’ayant le plus gênée au cours de cette lecture est sans doute la relation entre Michael et Hanna en elle-même, en tout cas lorsque celui-ci est un adolescent. Au-delà de leur différence d’âge, qui m’a empêchée d’y voir une certaine forme de romantisme, je ne suis pas parvenue à apprécier le personnage d’Hanna, du moins dans la première partie du roman. Je l’ai trouvé froide et brutale, et j’ai eu du mal à comprendre l’attachement obstiné que ressent Michael pour elle. Il est vrai que la suite du récit nous permet de mieux comprendre les attitudes et réactions brusques de Hanna, mais c’est un point qui ne m’a toutefois pas plu. J’ai pu cependant constater que je m’attachais plus facilement à son personnage dans le film que dans le livre, sans doute est-ce dû à l’actrice qui l’incarne (voir plus bas mon avis sur le film)…

Au-delà de cela, l’écriture de Bernhard Schlink est impressionnante de justesse. Il parvient parfaitement à traduire l’influence que cette histoire d’amour précoce a eue sur Michael, en particulier sur ses relations amoureuses ultérieures. La peur d’être abandonné une nouvelle fois, et surtout de ne pas retrouver la même passion que celle qui l’unissait à Hanna l’empêche de s’engager totalement dans une nouvelle relation, même des années plus tard.

« Pourquoi ce qui était beau nous paraît-il rétrospectivement détérioré parce que cela dissimulait de vilaines vérités ? Pourquoi le souvenir d’années de mariage heureux est-il gâché lorsque l’on découvre que, pendant tout ce temps-là, l’autre avait un amant ? […] Parce que le bonheur n’est pas vrai s’il ne dure pas éternellement ? » p.48

Les scènes de procès sont très prenantes, on découvre en même temps que le narrateur les charges pesant contre Hanna, les accusations, les non-dits et leurs conséquences. Paradoxalement, c’est dans cette partie du roman que j’ai apprécié le personnage de Hanna, qui semble si manipulable face au jury et aux autres accusées, incapable de comprendre qu’elle s’enfonce elle-même dans ses explications et se demandant sans cesse ce qu’il aurait fallu qu’elle fasse, plutôt que de se questionner sur ce qu’elle aurait faire. Les réflexions sur la culpabilité et le devoir sont ainsi intéressantes : est-on moins responsable lorsque l’on a agi sous les ordres de quelqu’un d’autre ? A partir de quel moment doit-on arrêter de respecter les ordres et commencer à prendre en compte sa propre conscience ?

J’ai également beaucoup aimé la seconde partie de la relation qui s’instaure entre Michael et Hanna, des années plus tard. Je pense que le fait que ce dernier soit alors adulte m’a permis de dépasser le blocage que j’avais au début du fait de leur différence d’âge. Les cassettes qu’il enregistre pour elle deviennent alors les uniques témoignages d’amitié (d’amour ?) qu’il est encore capable de lui donner.

« Non que j’aie oublié Hanna, mais au bout d’un certain temps, mon souvenir d’elle cessa de m’accompagner. Elle resta en arrière comme une ville quand le train repart. Elle est là quelque part derrière nous, on pourrait s’y rendre et s’assurer qu’elle existe bien. Mais pourquoi ferait-on cela ? »

Mon avis sur le film :

Contrairement à mon habitude, j’ai donc vu ce film avant de lire le livre, mais j’en ai revisionné depuis des passages pour capter les éventuelles différences entre le roman et son adaptation. L’adaptation a été réalisée en 2008 par Stephen Daldry, qui avait également adapté en 2002 un autre roman, « The Hours » de Michael Cunningham, avec Nicole Kidman, Meryl Streep et Julianne Moore dans les rôles principaux.

Michael jeune est incarné par David Kross, acteur de 21 ans que l’on verra bientôt dans le prochain film de Steven Spielberg, « Cheval de guerre »,  et adulte par Ralph Fiennes, acteur que l’on ne présente plus (disons juste qu’il a joué dans de petits films comme « La Liste de Schindler », « Le Patient Anglais », « The Duchess », « Les Hauts de Hurlevent » ou encore la série des « Harry Potter »…).

Hannah pour sa part est jouée du début à la fin par Kate Winslet. Ces deux derniers sont des acteurs dont j’apprécie beaucoup le travail, et ils sont là encore excellents dans leurs rôles. Ralph Fiennes a un visage hallucinant, qui traduit très bien les sentiments de ses personnages, sans avoir besoin de parler. J’ai l’habitude de voir Kate Winslet dans des rôles de femmes fortes et sûres d’elle, souvent incomprises par leurs proches (je pense notamment à son rôle dans « Les noces rebelles », « Little children », « Eternal sunshine of the spotless mind » ou même encore dans « Titanic »).  Le rôle d’Hannah rentre donc selon moi dans ce genre de personnages dans lequel elle excelle.

Le jeune David Kross joue également très bien, notamment durant les scènes qu’il partage avec Kate Winslet, qui ne devaient pas toujours être faciles à jouer du fait de son âge… J’ai retrouvé avec plaisir l’actrice allemande Alexandra Maria Lara, que j’avais déjà pu voir dans les films « Control » ou « L’affaire Farewell », et qui joue ici la jeune victime du procès.

Le film suit globalement le même déroulement que le livre, et les nombreux flashbacks qui ponctuent le récit de Michael s’intègrent très bien dans celui-ci. Je trouve l’adaptation très réussie, l’image est superbe, la musique juste là quand il faut.

Petit effet collatéral non voulu : durant tout le film, j’ai été incapable de regarder l’acteur Ralph Fiennes sans voir en lui Lord Voldemort, dont il incarne le personnage dans les adaptations des Harry Potter. Perturbant donc…

Autour du livre :

  • Stephen Daldry est né en 1944 en Allemagne. En plus d’être écrivain, il exerce également la profession de juge. Il a depuis « Le Liseur » écrit d’autres romans, notamment « Amours en fuite » en 2001 et « La circoncision » en 2003.

Illustration de la couverture :

  • La couverture de l’édition que j’ai lue est issue du travail de Barnaby Hall, photographe dont les œuvres servent régulièrement à illustrer des romans. Sur son site, on peut voir une partie des livres qu’il a illustrés.

Ce livre rentre dans le cadre du challenge « Regarde ce que tu lis », organisé par Nodrey.

Bilan trimestriel n°2 – 2011

Ouh la la, il est temps de réveiller ce blog ! Voilà donc, avec quelques semaines de retard, mon bilan pour le deuxième trimestre 2011, soit les mois d’avril, mai et juin. J’espère pouvoir mettre à jour les critiques correspondantes au fur et à mesure…

Durant ces trois mois, j’ai fait de très bonnes découvertes, et malgré quelques petites déceptions, je crois que tous les livres que j’ai lus m’ont plu :

  • La Jeune fille à la perle de Tracy Chevalier : une relecture d’un de mes livres préférés, dont j’ai parlé dans mon article du 18 avril.
  • Les enfants du marais de Georges Montforez : un très joli roman sur la simplicité, la liberté et l’oisiveté, que je souhaitais lire depuis longtemps. Il a été adapté au cinéma par Jean Becker.
  • De l’eau pour les éléphants de Sara Gruen : une petite déception pour un roman qui promettait pourtant. Mais je devais en attendre trop, car ce fût quand même une bonne lecture.
  • Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer : le fameux livre sur lequel je me questionne depuis que je l’ai lu : l’ai-je aimé ou pas ? Je vais avoir du mal à en faire la critique…
  • Si c’est un homme de Primo Levi : un très beau livre, que j’ai cru ne jamais pouvoir finir tant je l’ai trouvé dur.
  • La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano : un coup de cœur pour ce livre italien qui a été adapté au cinéma il y a quelques mois. On suit des personnages à vif et on ne peut petit à petit plus les lâcher…
  • Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom de Barbara Constantine : une jolie histoire sur l’amitié, mais je crois être passée un peu à côté. Je n’ai pas trop accroché au style de l’auteur, même si l’histoire en elle-même m’a touchée.
  • Fahrenheit 451 de Ray Bradbury : deuxième coup de cœur pour ce classique de la science-fiction. Je l’ai lu rapidement, je pense donc être passée à côté d’une multitude choses, mais il m’a beaucoup plu.
  • De pierre et de cendre de Linda Newbery : une demeure anglaise dont l’architecture est une histoire à elle toute seule, un père insaisissable et ses deux filles adolescentes, un jeune artiste engagé pour leur apprendre l’art de la peinture, des sculptures entourées de mystères et des secrets de famille… Que demander de plus ? Un roman autour du mensonge, de l’art et de la création qui m’a beaucoup plu.
  • Curiosités et vérités à propos de la Lune de Nicolas Fauveau : un petit livre passionnant, contenant une multitude d’anecdotes, de références, de proverbes, de superstitions et de poèmes sur le thème de la Lune.
  • Paola de Vita Sackville-West, dont j’ai parlé dans mon article du 14 juillet.
  • Prodigieuses créatures de Tracy Chevalier : le dernier Tracy Chevalier, sorti en poche en juin, et que j’ai enfin lu !

Allez, soyons fous, comme l’autre moitié de mon temps libre est consacrée à regarder des films, je vous mets également les films que j’ai vus :

  • Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki : un petit revisionnage de l’un de mes Miyazaki préférés. Les thèmes régulièrement abordés par le studio Ghibli sont toujours là : la destruction de la nature par l’homme, l’opposition entre la technique et la nature, l’amitié entre l’homme et les animaux et la Nature avec un grand « N », peuplée de Dieux et d’esprits de la forêt. Pour la fiche du film, c’est ici.
  • Les enfants du marais de Jean Becker : l’adaptation du roman du même nom, j’en parlerai également dans l’article qui lui est consacré. Un film qui regroupe de superbes acteurs : Michel Serrault, André Dussollier, Jacques Gamblin, Jacques Villeret, Isabelle Carré et Eric Cantona. Fiche Allociné.
  • Somewhere de Sofia Coppola : dernier film de cette réalisatrice que j’adore, où l’on suit Johnny Marco, un acteur passant sa vie dans les hôtels ou en promotion, qui doit s’occuper de sa fille Cleo pendant quelque temps. Un film qui doit beaucoup au superbe jeu de la jeune actrice Elle Fanning (sœur de Dakota), qui interprète le rôle de Cleo, et à la musique envoûtante du groupe français Phoenix. Certaines scènes sont vraiment superbes, comme celle où Johnny et sa fille prennent le thé sous l’eau dans la piscine, sur l’air de « I’ll try anything once » des Strokes. Fiche Allociné.
  • Le maître d’école de Claude Berri : premier visionnage de ce film culte pour certains, avec Coluche dans le rôle principal (je l’avoue, c’était la première fois que je voyais l’un de ses films…). Un film que j’ai trouvé drôle et étonnant, et qui, même si ce n’est pas son but principal j’imagine, réussi à faire passer de jolies réflexions sur le métier de prof et sur ce que l’on transmet aux enfants. Fiche Allociné.
  • Les émotifs anonymes de Jean-Pierre Améris : un très joli film qui esthétiquement m’a fait penser au « Fabuleux Destin d’Amélie Poulain ». Tendre et drôle à fois, dans le milieu du chocolat (ce qui ne gâche rien), et porté par les deux superbes acteurs que sont Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde, qui prouve encore une fois qu’en plus d’être un très bon acteur de comédie, il est également un parfait acteur dans des scènes plus « dramatiques ». Il a une façon intense de faire passer les émotions, notamment lorsqu’il joue un personnage crevé de peur en présence d’une femme… Fiche Allociné.
  • Le nom des gens de Michel Leclerc : un film drôle, original et surprenant dans sa façon de traiter la politique, il a été l’un de mes coups de cœur de ces derniers mois avec le précédent (je les ai vus à quelques jours d’intervalle). Sara Forestier est explosive, Jacques Gamblin comme à son habitude joue merveilleusement bien le gars calme, réservé, qui ne fait pas de bruit et n’aime pas trop qu’on parle de lui… Fiche Allociné.
  • Signes de M. Night Shyamalan : je n’avais pas encore vu ce très bon film, c’est chose faite maintenant ! Mel Gibson, Joaquin Phoenix et les enfants (Abigail Breslin, de « Little Miss Sunshine », et Rory Culkin, le frère Macauley) sont tout simplement parfaits… Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un aussi bon film de science-fiction. Fiche Allociné.
  • La conquête de Xavier Durringer : une bonne découverte, qui, avec surprise, m’a plu. Denis Podalydès est impressionnant, de même que Bernard Le Coq. Fiche Allociné.
  • Non ma fille, tu n’iras pas danser de Christophe Honoré : j’avais trouvé le seul autre film que j’ai vu de ce réalisateur (« Les Chansons d’amour ») un peu trop « parisien » à mon goût, mais là, la migration vers Guerlédan en Bretagne a du mieux passer avec moi… Un film intéressant avec de très bons acteurs (Chiara Mastroianni et Marina Foïs sont impressionnantes), qui retranscrit très bien les tensions qui peuvent survenir dans une famille, mais qui m’a tout de même laissée un peu perplexe sur la fin. Je suis donc légèrement partagée sur mon ressenti… Fiche Allociné.
  • Coco avant Chanel d’Anne Fontaine : un film que je souhaitais voir depuis sa sortie, et bien ça faisait longtemps que je n’avais pas trouvé Audrey Tautou aussi juste. Quant à Benoît Poelvoorde, comme je l’ai dit plus haut pour « Les émotifs anonymes », il est parfait dans ce genre de rôles. J’ai beaucoup aimé l’esprit, l’époque, les décors, les costumes… et également l’acteur jouant le rôle de Boy Capel, Alessandro Nivola, qui m’a totalement séduite ! Fiche Allociné.
  • Letters to Juliet de Gary Winick : pas grand chose à dire sur ce film, dont j’ai du sauter certains passages tellement il ne passait pas vite… Je crois que l’actrice principale n’a qu’un sourire. Même mon idole Gael Garcia Bernal n’a pas réussi à remonter le truc… Fiche Allociné.
  • Miss Pettigrew lives for a day de Bharat Nalluri : un film que je pensais adorer, mais non finalement ce n’est pas passé. Amy Adams, que j’ai beaucoup aimée dans « Julie & Julia », « Sunshine Cleaning » ou « Fighter » m’a ici un peu épuisée… Fiche Allociné.
  • La mémoire dans la peau de Doug Liman et La vengeance dans la peau de Paul Greengrass : une jolie découverte pour ces films que j’avais laissé passer à leur sortie il y a belle lurette. Bon, je me suis un peu plantée en les regardant puisque j’ai loupé le deuxième, mais je les ai trouvés dans l’ensemble très agréables et distrayants. D’ailleurs, quelqu’un peut-il me dire dans quel village du Centre ou de Bourgogne se cache-t-il dans le premier film (celui où vit le frère de sa chère et tendre) ? J’ai beau avoir repassé la scène plusieurs fois, je ne parviens pas à comprendre le nom du village… Fiche Allociné ici et ici.
  • Rabbit Hole de John Cameron Mitchell : un autre coup de cœur pour ce drame avec Nicole Kidman et Aaron Eckhart, traitant de manière sobre et tendre du deuil d’un couple venant de perdre son enfant. Ne passez pas à côté ! La bande-annonce est ici. Petit point noir : bien que la musique présente dans cette bande-annonce soit tout simplement merveilleuse (il s’agit du titre « The High Road » du groupe Broken Bells, dont le clip est ici), elle n’est malheureusement pas dans le film… Fiche Allociné.
  • Love actually de Richard Curtis : revisionnage de ce film qui fait tant d’émules partout partout… Je me demandais pourquoi, car je n’en avais pas un si bon souvenir. Maintenant je sais, il est tout simplement drôle et jouissif (et, ce qui n’est pas rien, il m’a réconciliée avec Hugh Grant grâce à la scène où il danse à travers sa maison…). Fiche Allociné.
  • The Switch de Josh Gordon & Will Speck (qui sonne bien mieux que sous son titre français Une famille très moderne) : une bonne comédie sans trop de chichis, très drôle par-dessus le marché, avec Jennifer Aniston et Jason Bateman (le « papa adoptif » dans « Juno »). Fiche Allociné.
  • The Beaver de Jodie Foster (ou Le complexe du castor en VF) : un nouveau coup de cœur pour ce film sur la dépression, sujet traité de manière originale et émouvante. Et puis, si ça permet à Mel Gibson de revenir, je dis oui ! Fiche Allociné.
  • Brothers de Jim Sheridan : un magnifique film sur le retour de guerre d’un soldat en Irak, sur la relation entre frères et sur la famille. J’ai beaucoup aimé, les acteurs y sont pour beaucoup (Natalie Portman et Jake Gyllenhaal sont sublimes, Tobey Maguire est flippant). Fiche Allociné.
  • Veronica Guerin de Joel Schumacher : grosse déception pour ce film inspiré de la vie de la journaliste irlandaise. C’était pourtant un sujet intéressant, mais je n’ai pas accroché. Fiche Allociné.
  • Gone Baby Gone de Ben Affleck : adaptation d’un roman de Dennis Lehane (qui depuis Shutter Island fait partie des auteurs dont je veux lire tous les livres…) par Ben Affleck, avec son frère Casey dans le rôle principal. Un acteur que j’avais déjà trouvé épatant auprès de Brad Pitt dans le très beau film L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford d’Andrew Dominik. Ben Affleck a décidément bien fait d’abandonner un peu le jeu d’acteur pour la réalisation, j’avais déjà beaucoup aimé son dernier film The Town. Fiche Allociné.

Je vous épargne le bilan de mes achats, cet article est déjà bien trop long…