Le monde dans la main – Mikaël Ollivier

Éditeur :  Thierry Magnier

Collection : Grands Romans

Date de parution : 2011

288 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Dans la vie de Pierre, adolescent timide et sans histoire, tout semble normal et lisse. Il partage son temps entre le lycée et le conservatoire, et entretient une correspondance assidue avec sa sœur partie de la maison.
Un samedi après-midi, après des courses chez Ikea, sa mère leur tourne le dos, à lui et à son père. Elle disparaît, sans rien dire. Quelques heures plus tard, elle envoie un SMS : « Ne vous inquiétez pas pour moi. Je n’en peux plus, c’est tout. »
Après le choc, la peur et de vaines recherches policières, la vie s’organise autour de cette absence inexplicable. Les repères s’écroulent. Le vernis se fendille et dans cette famille où l’on parlait peu, les langues se délient soudain, révélant des secrets et des drames insoupçonnés. La violence de ce bouleversement transforme le jeune homme réservé, lui apprenant à se débarrasser de ses peurs et de son excessive sagesse.

Mon avis :

Mikaël Ollivier est un auteur que j’ai découvert lorsque j’étais au lycée à travers deux de ses précédents romans, « La vie, en gros » et « Star-crossed lovers« , que j’avais tous deux beaucoup appréciés (il faudrait que je le relise d’ailleurs..). Voilà pourquoi je n’ai pas hésité longtemps à lire son nouveau roman, dont la couverture me plaisait en plus beaucoup..

Malgré le sujet pas forcément heureux traité dans ce livre, on comprend dès les premières pages que sa lecture ne sera pas triste, au contraire. Mikaël Ollivier est particulièrement doué pour faire rire, ou au moins sourire, en toutes circonstances, et il le prouve parfaitement dans ce roman. Il maîtrise en fait très bien ce que j’appellerais le « comique de situation », soit quelque chose qui me fait très souvent rire. Dans le cas présent, on assiste en particulier à une scène assez mémorable à Ikea où Pierre et ses parents, munis d’un « chariot aussi facilement maniable qu’un âne mort » (p.19), s’impatientent un à un au fur et à mesure de leur lente progression dans le magasin…

« Pour parvenir aux rayons des chambres, il fallait passer par les salons, les canapés, faire un arrêt aux bureaux puis traverser les cuisines. Pas le choix. Chez Ikea, on n’avance pas, on chemine, on piétine, on tourne, on a l’impression de faire des kilomètres alors qu’on fait du surplace entre les fausses cloisons qui abrite les faux intérieurs. » (p.14)

Au final, comme le dit si bien Pierre, « Ikea, c’est drôle au début. » (p.13). Et je ne vous parle pas des scènes en présence du vieux couple voisin des grands-parents de Pierre, dont la femme a été renommée par Pierre Madame Faisandée, du fait de son âge et de la couleur de sa peau…

Pour en revenir au sujet du roman en lui-même, on assiste donc au départ de la mère de Pierre, qui disparaît un jour sans prévenir, et ne donne plus de signe de vie mis à part un SMS leur demandant de ne pas s’inquiéter. Commence alors pour Pierre et son père une vie à deux un peu bancale, dans laquelle les rôles sont vite inversés.. Pierre récupère, étrangement avec un certain plaisir, le rôle du chef de famille devant veiller sur son père.

« J’avais envie de le prendre dans mes bras mais est-ce qu’on est capable, à seize ans, de serrer son père pour le consoler ? » (p.142)

J’ai beaucoup aimé la relation qui se noue petit à petit entre ces deux personnages.. Pierre semble redécouvrir son père à travers cette épreuve, et l’on sent que leur relation en sort renforcée. J’ai particulièrement aimé le fait qu’on ne tombe pas dans un scénario qui aurait pu être classique : l’adolescent qui part en vrille, les relations avec son père qui se détériorent, les notes qui diminuent inexorablement à l’école, et éventuellement pour finir : la drogue et la fugue qui sait ! Mais non, rien de tout cela ici, les changements qui s’opèrent au sein de ces deux êtres s’avèrent au final bien plus subtils..

 » Pierre, quand je serai vieux, vraiment vieux, et que tu seras un homme, un père peut-être, avec des responsabilités, des soucis, une vie à toi dont je ne saurai rien, n’oublie pas qui j’ai été. N’oublie pas, même si je n’ai plus toute ma tête, même si j’ai rapetissé, que je suis tout tassé et que je pue le vieux, n’oublie pas que j’ai été ton père, que j’ai mené ma vie, essayer de guider le début de la tienne. Que j’ai été un homme. » (p.180)

J’ai été surprise que l’absence de la mère, qui demeure à l’origine l’élément déclencheur de ce récit, reste malgré tout en toile de fond et ne constitue pas forcément l’essentiel de l’intrigue. C’est un point qui pourrait déconcerter mais que j’ai finalement trouvé ici intéressant. Je pense que cela permet en effet au lecteur de s’attacher ainsi plus aux changements qui s’opèrent dans la vie de Pierre et de son père. Cela dit, le départ de la mère et les éléments qui auraient pu la conduire à les quitter ne sont pas non plus totalement absents du roman, et heureusement. Au final, on a comme l’impression à la fin de ce roman d’en savoir très peu sur cette femme, qui semble être toujours restée une sorte de mystère pour ses proches.. Et c’est d’ailleurs ce que Pierre semblait ressentir dès le début. Connait-il vraiment sa mère ? Que sait-il de ses goûts, de son passé, de sa vie ?

 » Mais il faut bien comprendre que ce n’était pas envisageable que ma mère disparaisse pour de bon. C’était ma mère, c’était sa femme, c’était comme le jour qui se lèvre chaque matin, tellement normal qu’on n’y fait plus attention.  » (p.25)

Au cours de ses réflexions, Pierre se pose beaucoup de questions sur l’influence que peuvent avoir nos choix sur le cours de notre vie. Quand votre mère quitte la voiture au beau milieu d’un parking et s’en va, faut-il la rattraper ou la laisser partir ? Cela aurait-il changé quelque chose à sa disparition ? Notre vie dépend-elle vraiment des choix arbitraires que nous sommes amenés à faire, ou existe-t-il une sorte de destin auquel nous sommes voués, peu importe nos choix ?

 » – En prenant à gauche, je choisis sans le savoir une vie et je tourne le dos à une autre ! Comment savoir laquelle aurait été la meilleure, celle de la rue de gauche, ou celle de la rue de droite ?
– On ne peut pas savoir.
– Mais c’est des coups à rester au lit de peur de bouleverser l’avenir au moindre pas!
– Sauf que c’est pas en restant au lit que tu vas la rencontrer, la femme de ta vie. » (p.134)

Pour finir, je crois que le plaisir que j’ai pris à lire ce livre tient en grande partie à la richesse de ses personnages. Au-delà des deux personnages centraux, Pierre et son père, Mikaël Ollivier nous offre une palette de personnages secondaires toujours surprenants et attachants : Mathias le meilleur ami de Pierre, dont les réflexions sont toujours pertinentes et à contre-courant de ce que l’on pourrait imaginer dans un roman destiné aux adolescents, la grand-mère maternelle de Pierre, Bonne Maman, qui sous ses airs bourgeois et froids cache une attitude protectrice qui m’a touchée, la grand-mère paternelle de Pierre cette fois, à l’opposé de l’autre, et aux remarques impertinentes, sans oublier mon personnage préféré : Marie-Bertille (je précise que la famille dont est issue la mère de Pierre est assez bourgeoise, ce qui explique certains des prénoms..), la tante de Pierre, qui sous ses airs timides et coincés cache une personnalité forte et réfléchie (excusez-moi pour la longueur de la citation suivante, mais j’aime vraiment beaucoup ce passage…).

 » J’ai compris ce soir-là ce que j’aimais chez ma tante. C’était qu’elle ne m’avait jamais traité comme un enfant, ni comme un adolescent. Jamais elle ne m’avait demandé comment allait l’école, si j’avais une amoureuse, ce que je voulais faire plus tard. Avec elle, je n’avais même pas l’impression d’être son neveu, mais moi-même, tout simplement. Un individu qu’elle prenait tel qu’il était. S’il était très difficile à quelqu’un qui ne la connaissait pas de lui donner un âge (sans même parler de ses tenues vestimentaires hors d’âge et de modes), c’était parce que le temps n’avait pas de prise sur elle car pas d’importance. Et du coup, il en allait de même pour l’âge des personnes qu’elle fréquentait. Elle s’en moquait et se comportait de la même façon avec tout le monde, ne cherchant à plaire à personne, ni professionnellement […], ni amicalement, ni amoureusement. Elle ne jouait pas à la vie comme nous tous, et cela faisait d’elle un être reposant. Et sans doute plus libre malgré ses airs coincés que bon nombre d’entre nous qui passons notre temps à vouloir démontrer aux autres combien nous le sommes. » (p.189-190)

Et j’allais oublier le personnage qui est sans doute le plus important pour Pierre : sa sœur, Alix, qui n’est plus à la maison mais avec laquelle il communique tout le temps, dès qu’il se sent mal ou se pose des questions.. J’ai trouvé cette relation extrêmement touchante et bien amenée, et c’est sans doute ces dialogues avec sa sœur qui m’ont tant fait aimer le personnage de Pierre, auquel je me suis beaucoup attachée durant ma lecture.

 » La beauté n’a pas besoin qu’on la voit pour exister. » (p.74)

Pour finir, « Le monde dans la main » est un roman que je conseille vraiment, aux adultes comme aux plus jeunes, et qui nous fait nous poser de très belles questions sur l’absence et le souvenir que l’on garde des gens qui ne sont plus là, mais également sur les choix que l’on peut être amené à faire dans la vie. Ce livre insiste également, et ce de manière originale et pertinente, sur la notion de liberté et d’indépendance d’esprit vis-à-vis des autres, ainsi que sur la nécessité qu’il y a à saisir la différence entre ce que nous souhaitons faire de notre vie et ce que les autres attendent de nous. Enfin, les différents personnages nous donnent dans ce roman une discrète leçon de courage et surtout d’espoir, que j’ai eu beaucoup de plaisir à recevoir.

 » Est-ce que tout passe avec le temps ? » (p.181)

Autour du livre :

  • Mikaël Ollivier est un écrivain français né en 1968. Alors qu’il n’aimait pas lire étant enfant (voir son roman « Celui qui n’aimait pas lire »), c’est d’abord pour le cinéma qu’il se passionne. Il travaillera par la suite à Canal Plus. Parmi ses romans destinés aux plus jeunes, on peut citer :
  • Mikaël Ollivier a également publié des romans destinés aux adultes.
  • A noter les références littéraires et musicales présentes dans ce roman, qui font toujours plaisir : la Prélude de la 1ère Suite de Bach, toujours elle (on en parlait aussi dans « Si je reste » de Gayle Forman), une Prélude de Chopin, la Gnossienne n°1 de Satie, le roman « La Quête d’Ewilan » de Pierre Bottero, le Concerto pour piano n°5 de Beethoven (« Concerto Empereur »), et j’en oublie sans doute… J’aime beaucoup découvrir de telles références dans mes lectures, dans le cas présent cela me permet de combler une partie mes lacunes en ce qui concerne la musique classique…
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Taille 42 – Malika Ferdjoukh & Charles Pollak

Éditeur :  L’École des Loisirs

Collection : Médium

Date de parution : 2007

264 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Septembre 1939. J’ai onze ans et je pars à la mer avec l’école. C’est grâce à la guerre qui vient d’éclater. Il paraît que nous, les enfants, nous serons plus à l’abri là-bas qu’à Paris.
Je suis flâneur, rêveur, timide, sentimental. J’aime les illustrés et le cinéma. Mandrake, Fu Manchu, Prince Vaillant, Gary Cooper, Clark Gable.
Je fais un bisou pressé à ma grande sœur. Je ne sais pas encore que je la vois pour la dernière fois.
L’an prochain, je dois passer mon certificat d’études. Je ne sais pas encore que ce petit diplôme va me sauver la vie.
Eugène, mon père, va chercher du travail là où il y en a, dans un village en Baie de Somme. Je ne sais pas encore que bientôt, nous allons tous le rejoindre, changer de vie, tromper la mort, grâce à son aiguille de tailleur qui va faire des miracles.
Je suis Juif, c’est devenu un secret, et je ne comprends pas pourquoi tant de gens ont l’air de trouver que c’est mal.

Cette histoire est vraie. Charles Pollak l’a vécue. Malika Ferdjoukh l’a écrite.

Mon avis :

Suite à ma très appréciée lecture de « Chaque soir à 11 heures« , je me suis replongée avec envie dans la bibliographie de Malika Ferdjoukh. J’ai ainsi décidé de lire (ou relire) une bonne partie de ses romans (vaste programme n’est-ce pas..). J’ai donc commencé par ce roman édité à L’École des Loisirs (comme la plupart des romans de l’auteur d’ailleurs), et dont je n’avais bizarrement pas beaucoup entendu parler jusque là.

« Taille 42 » nous raconte donc l’histoire de Charles Pollak, à travers les mots de Malika Ferdjoukh. Le style de cette dernière est d’ailleurs perceptible de temps à autre dans le récit, ce qui est toujours très agréable. J’ai notamment noté les interjections qui rythment le début du récit, ainsi que bien évidemment l’humour toujours présent en toile de fond…

A travers le point de vue du plus jeune fils de la famille, Charles, dit Charly, nous suivons donc le parcours des Pollak, originaires de Hongrie et installés à Paris depuis les années 20. Le père de Charles, Eugène dit Apou, est un tailleur spécialisé dans le gilet, et aidé dans son travail par ses filles et sa femme. Le tissu et la coupe des vêtements est d’ailleurs un thème qui revient souvent dans ce roman, comme un fil rouge : les ourlets, les plis, les doublures, les matières…, élément qui m’a beaucoup plu durant ma lecture.

« Tu vois, répète mon père avec ce vibrato admiratif dans la voix dont il n’use que pour parler de la fortune des Rothschild ou de la cuisine de ma mère. Tu vois pourquoi M. Rosenfeld, il nous dépasse tous ? Personne ne sait, comme lui, cacher les bords et les replis de la coupe ! C’est un artiste.  » p.15

La vie est parfois dure, et la guerre s’installe peu à peu dans les esprits comme quelque chose d’inévitable, mais ce récit reste tout de même en grande partie pour Charles celui de souvenirs joyeux et tendres, partagés entre l’école, le cinéma, la vie quotidienne à la maison, et les jeux avec son frère et ses amis.

Avec l’arrivée de la guerre, la vie devient cependant plus dure pour les Français, et plus particulièrement pour les personnes juives comme la famille Pollak. Les fils sont contraints de partir avec leur classe loin de Paris, où ils seront tous les deux plus en sécurité. Décidé à garder sa famille en vie coûte que coûte, Apou décide de son côté de partir en Baie de Somme, afin d’y faire ce pour quoi il est le plus doué, la taille de costumes, et ensuite pouvoir y installer toute sa famille.

Au final, il est assez difficile de parler de ce récit sans trop en dévoiler sur l’histoire de cette famille. J’ai aimé le fait que ce récit nous soit raconté du point de vue de Charles, qui du haut de ses 12 ans n’a pas toujours des préoccupations aussi sérieuses que les adultes de sa famille… Cela mène d’ailleurs régulièrement à des scènes assez comiques. Et c’est là encore un point qui m’a beaucoup touchée dans ce roman, car malgré la gravité et la tristesse des évènements qui se déroulent autour d’eux, la famille Pollak reste toujours unie, aimante et prête à tout pour survivre et protéger au maximum les enfants.

J’ai du mal à en dire plus sur ce roman, mais selon moi il propose une approche de la vie durant la Seconde Guerre Mondiale différente de ce que j’ai eu l’habitude de lire sur ce sujet. Tout au long de ce livre, j’ai eu l’impression d’être moi-même « protégée » des évènements extérieurs par les parents de Charles, comme eux-mêmes parviennent à protéger leurs enfants des privations et des atrocités de la guerre.

« Il avait parlé en hongrois. Il tira sur sa cigarette, fixant la pointe étincelante de ses bottes. Ma mère continua de remuer son bois, mon père de repasser sa doublure, André de jouer avec Moska, Madeleine de coudre son ourlet, moi de caresser Frimousse. […] Le bois brûlait, le fer repassait, l’ourlet se cousait, la chienne remuait les oreilles, le chat ronronnait… Le tankiste leva les yeux derrière la fumée de sa cigarette. A brûle-pourpoint, il demanda : – Et vous ? Vous êtes de quelle religion ?  » p.231

J’ai été très touchée par les passages traitant de la religion et des efforts que les parents de Charles doivent faire pour abandonner leurs habitudes et rituels religieux, afin de ne pas dévoiler leur véritable identité. Particulièrement les passages sur la viande de porc, interdite par leur religion, mais qu’ils sont cependant contraints de manger afin de ne pas éveiller les soupçons mais aussi de survivre, ou encore ceux se déroulant à l’église, lorsque la famille doit faire semblant d’être catholique, comme toute le monde. Ces scènes sont touchantes et tristes à la fois, car elles mettent en évidence cette partie d’eux-mêmes que les Pollak doivent peu à peu mettre de côté, s’il veulent survivre à cette guerre… Mais elles restent aussi très drôles, à travers les remarques et questionnements de Charles et de son frère.

 » Le curé lui remit une effigie peinte, toute brillante, de Jésus. Mon père la prit, l’air de savoir parfaitement de quoi il retournait. L’assistance se cogna la poitrine en répétant : « Seigneur, je ne suis pas digne de Te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri… » Ensuite, ils allèrent à la queue leu leu devant le père Jean pour avaler un truc qui leur donnait un air crispé quand ils retournaient à leur place, comme s’ils avaient avalé du plâtre qui aurait durci dans leur bouche.
– C’est quoi ? chuchota mon frère.
– Le corps du Christ ! murmurai-je, me référant à ce que venait de dire le curé.
– Beurk… Si c’est comme la viande séchée, j’en prends pas.
On resta immobiles devant nos prie-Dieu, en priant (on ne savait plus tellement qui, à vrai dire) pour que personne ne remarque qu’on n’était pas allés avaler le plâtre ou viande séchée.  » p.201

Un autre point qui m’a plu est la réelle tendresse qu’on ressent entre Charles, ses sœurs et son frère. La scène durant laquelle Charles va à la pharmacie le ventre vide dans le seul but de demander des échantillons de crème de jour au pharmacien, et ainsi faire plaisir à sa grande sœur, alors que le plus important est surtout de se trouver à manger, est particulièrement touchante. J’ai enfin particulièrement aimé les relations que la famille Pollak noue petit à petit avec les habitants du village, et la façon avec laquelle elle parvient à s’y intégrer.

 » – Une reine des reinettes ! nota Nadine, la bouche pleine.
– La mienne, c’est une pomme à cidre.
– Les pommes, c’est comme les humains, soupira Eliane entre deux bouchées. Plein de variétés pour une seule espèce.
Croc, croc, dans un bruit de chair de fruit, tout fut bientôt englouti, les pommes et la philosophie.  » p.193

« Taille 42 » est un livre que je conseille à tout le monde, et qui est je pense particulièrement adapté aux enfants et adolescents qui souhaitent découvrir la vie quotidienne d’une famille juive touchante et attachante sous l’Occupation.

Autour du livre :

  • Malika Ferdjoukh est une écrivaine française née en 1957, auteure de scénarios pour la télévision et le cinéma, ainsi que de nombreux romans jeunesse, comme “Sombres citrouilles“, “Minuit-cinq“, “Fais-moi peur”, “Aggie change de vie“ ou encore «  »Chaque soir à 11 heures«  ». Elle est passionnée de cinéma, plus particulièrement des comédies musicales et mélodrames de la première moitié du 20ème siècle. Pour plus d’informations sur l’auteure, un entretien réalisé par le forum Whoopsy Daisy (forum des amoureux de la Littérature anglaise) est disponible ici.
  • Après la guerre, Charles Pollak est resté dans le village de Feuquières-en-Vimeu jusqu’en 1948. Il s’est ensuite marié et est aujourd’hui père de deux filles, grand-père et arrière-grand-père. C’est sa fille Ida qui lui a fait rencontrer Malika Ferdjoukh.

Autres petits papiers :

  • Du même auteur, j’ai aussi donné mon avis sur :
    • Chaque soir à 11 heures, le dernier roman de Malika Ferdjoukh, sorti en 2011.
    • Quatre sœurs, tome 1 : Enid (2011) : adaptation en bande dessinée par Cati Baur du premier tome de la série de romans “Quatre sœurs”, écrit par Malika Ferdjoukh et publié en 2003.

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Chaque soir à 11 heures – Malika Ferdjoukh

Éditeur :  Flammarion

Collection : Émotion

Date de parution : 2011

401 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Willa Ayre s’est classée dans la catégorie des filles que les garçons ne voient jamais, des insignifiantes, des petits chats caustiques mais frileux. Iago, lui, attire tous les regards. Il est le garçon dont rêvent toutes les filles du lycée.

Dès la rentrée, Iago pose les yeux sur Willa et la choisit. Mais à une fête, Willa rencontre le bizarre et ténébreux Edern. Dès lors, sa vie prend une tournure étrange. De la grande maison obscure cachée au fond de l’impasse, la jeune fille doit découvrir les secrets, sonder son coeur, et faire un choix…

Mon avis :

Depuis le temps que j’attendais de lire ce livre, je ne regrette pas de l’avoir enfin commencé ! Après avoir lu beaucoup de ses romans durant mon adolescence, j’ai donc retrouvé Malika Ferdjoukh avec ce nouveau livre, publié dans la nouvelle collection « Émotion » de chez Flammarion (ladite émotion étant ici l’amûûûr…).

Dès le début, nous plongeons directement dans un univers so Ferdjoukhien, dans lequel les personnages ont des prénoms étranges (Wilhelmina, Iago, Isebelle, Roch, Melville, Rosemonde et j’en passe), un humour ravageur et des références culturelles plein la tête (on prend le temps de s’arrêter devant « Beau fixe sur New-York » de Stanley Donen ou « La joyeuse divorcée » de Mark Sandrich, mais aussi « Massacre à la tronçonneuse » ou Tim Burton, on y lit « Papa longues jambes » de Jean Webster ou « L’invitation à la valse » de Rosamond Lehmann, on y écoute Charlie Parker, on y croise les œuvres de Gustave Moreau ou Niki de Saint Phalle…). Et surtout, et c’est ce qui m’a fait le plus grand bien, on est face à une héroïne irrésistiblement attachante, qui n’a pas sa langue dans sa poche, est intelligente, sérieuse, courageuse, curieuse et se passionne donc pour tout et n’importe quoi. Qu’est-ce que ça fait du bien de temps en temps une fille pas nunuche comme Willa !

A noter également l’importance de la ville de Paris dans ce roman, à travers les rues de laquelle Willa court toute la journée… On la suit dans le métro, dans le bus, en voiture et en taxi, dans l’hôtel de luxe particulier de son amie Fran, dans la lugubre mais tellement attirante maison d’Edern, mystérieusement appelée « Fausse Malice » (et qui n’est pas sans rappeler la Vill’Hervé des romans « Quatre sœurs« …), dans l’appartement glauque de son professeur de saxo, et enfin dans son appartement cosy dans lequel on mange des Bounty glacés en regardant des comédies musicales.

Au-delà du cadre et des personnages, on se laisse rapidement emporter par l’intrigue de ce roman et les nombreuses aventures qui jalonnent la vie de Willa. L’enquête qu’elle mène peut parfois paraître tarabiscotée, mais cela ne gâche en rien le roman. Certains passages en présence des camarades de classe de Willa, toutes nunuches et de vraies gosses de riche, m’ont parfois un peu énervée. Mais c’est le milieu très parisien dans lequel évolue Willa qui veut ça j’imagine… Heureusement que les trois personnages principaux relèvent un peu le niveau de réflexion (Willa, Edern et Iago) et rendent ce livre totalement addictif. J’oubliais le personnage de Marni, qui est adorable et m’a fait penser à Enid des « Quatre sœurs« . Enfin, chose qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps, j’ai eu des papillons dans le ventre en lisant une scène de ce livre en particulier, j’espère qu’elle vous fera le même effet !

En bref, « Chaque soir à 11 heures » est un livre que j’ai eu beaucoup de mal à lâcher et que je conseille donc fortement, que l’on connaisse Malika Ferdjoukh ou que l’on souhaite la découvrir…

Autour du livre :

  • Malika Ferdjoukh est une écrivaine française née en 1957, auteure de scénarios pour la télévision et le cinéma, ainsi que de nombreux romans jeunesse, comme « Sombres citrouilles« , « Minuit-cinq« , « Fais-moi peur » ou encore « Aggie change de vie« . « Chaque soir à 11 heures » est son dernier roman. Elle est passionnée de cinéma, plus particulièrement des comédies musicales et mélodrames de la première moitié du 20ème siècle. Pour plus d’informations sur l’auteure, un entretien réalisé par le forum Whoopsy Daisy (forum des amoureux de la Littérature anglaise) est disponible ici.
  • On retrouve les prénoms de plusieurs personnages de ce livre dans de célèbres romans. Wilhelmina est ainsi présent dans « Dracula » de Bram Stoker, puisqu’il est porté par le personnage féminin principal, Wilhelmina « Mina » Murray. Iago est quant à lui le prénom du personnage manipulateur de la tragédie de Shakespeare « Othello« .

Autres petits papiers :

  • Du même auteur, j’ai aussi donné mon avis sur :
    • Quatre sœurs, tome 1 : Enid (2011) : adaptation en bande dessinée par Cati Baur du premier tome de la série de romans “Quatre sœurs”, écrit par Malika Ferdjoukh et publié en 2003.
    • Taille 42, écrit par Malika Ferdjoukh et Charles Pollak, et sorti en 2007.

        

 

Passeuse de rêves – Lois Lowry

Gossamer

Éditeur :  École des Loisirs

Collection : Medium

Date de parution originale : 2006

Date de parution française : 2010

164 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

Fiche École des Loisirs

4ème de couverture :

Petite est toute nouvelle, mais elle est très douée. Quand elle effleure de ses doigts translucides le bouton d’un pull, elle capte l’histoire de ce bouton : un pique-nique sur une colline, une nuit d’hiver au coin du feu, et même la fois où on lui a renversé dessus un peu de thé…

Bientôt, Petite sera capable de combiner ces fragments d’histoires avec d’autres souvenirs collectés à partir d’une photo, d’une assiette ou d’un tapis afin d’en faire des rêves très doux pour les humains. Chaque nuit, elle s’entraîne à devenir passeuse de rêves dans la maison où vivent une vieille femme et son chien.

Mais la formation s’accélère brutalement lorsque la vieille femme se voit confier par les services sociaux un jeune garçon. Il s’appelle John et il est très en colère. Une colère si profonde que les Saboteurs, maîtres des cauchemars, risquent de le repérer. Petite sera-t-elle suffisamment forte pour leur résister?

Mon avis :

Lois Lowry est une auteure en qui j’ai confiance depuis mon adolescence, lorsque j’avais découvert son superbe livre « Le passeur » (j’espère d’ailleurs pouvoir en parler ici un de ces jours). Encore une fois, je n’ai pas été déçue avec ce court roman de l’auteure.

Nous suivons donc l’apprentissage de Petite, qui aspire à devenir un jour comme ses pairs une « Passeuse de Rêves ». Ces minuscules êtres, qui vivent dans les murs de nos maisons, ont en effet pour mission de récolter au sein de nos foyers des souvenirs, qu’ils combinent ensuite du mieux qu’ils peuvent afin de nous les envoyer sous forme de rêves…

Accompagnée de son professeur Vieux et Mince, elle va donc apprendre à collecter les souvenirs d’une personne auprès des objets qui composent sa maison. Apprendre à combiner ces fragments pour en faire des rêves qui font du bien et rendent plus forts. Apprendre également l’importance de sa mission, et le rôle qu’elle tient petit à petit dans la vie des humains dont elle s’occupe. Apprendre à lutter contre les Hordes de Saboteurs, qui viennent insuffler des cauchemars aux hommes et détruisent en une nuit son travail d’une semaine.

J’ai beaucoup aimé l’explication de l’origine des rêves qui est donnée ici par Lois Lowry. Ces petits Passeurs de Rêves qui passent la nuit dans nos maisons à récolter des parts de nous sur les objets que nous avons touchés. La façon de combiner ces fragments pour en faire un rêve le plus agréable possible. Je trouve l’imagination de Lois Lowry vraiment débordante et poétique…

Le lien inconscient qui se tisse petit à petit entre John et la Passeuse de Rêves est touchant, j’aurais presque aimé qu’il aille plus loin. John, qui a connu plus de moments tristes qu’heureux dans sa vie, représente un exercice difficile pour Petite, qui doit puiser dans son énergie pour assembler ces quelques instants en un rêve réconfortant. J’ai également beaucoup aimé le personnage de la vieille dame, dont la vie a été jalonnée elle aussi de difficultés, mais de laquelle émane une force bienveillante et émouvante.

Ce livre est vraiment une pépite, pleine de poésie et de douceur, que je vous conseille vraiment.

Autour du livre :

  • Lois Lowry est une écrivain américaine née en 1937 à Honolulu, à Hawaï. Elle a beaucoup écrit pour les enfants. Parmi ses romans, on trouve entre autres « Le Passeur« , « L’élue« , « Compte les étoiles« , « Messager » et la série des Anastasia, l’essentiel ayant été traduit en français par l’écrivain Agnès Desarthe.
  • Elle compare les livres à « des torrents qui dégringolent des montagnes, emportant avec eux cailloux et filets d’eau qui viennent petit à petit les transformer en rivières. À l’instar des rivières, les livres se nourrissent de souvenirs, d’images, de blessures et ce faisant « ouvrent les portes d’un Ailleurs ». » (Source : L’École des Loisirs)
  • Elle a remporté deux fois la médaille Newbery (à laquelle j’ai consacré un article il y a quelque temps), qui récompense chaque année le meilleur livre américain pour la jeunesse, pour ses romans « Le passeur » et « Compte les étoiles ».
  • Vous pouvez consulter son site internet ici.

Divergent, tome 1 – Veronica Roth

Divergent

Éditeur :  Nathan Jeunesse

Collection : Blast

Date de parution originale : 2011

Date de parution française : 2011

444 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Dans un monde post-apocalyptique, la société est divisée en 5 factions. A 16 ans, Béatrice, issue de la faction des Altruistes, doit choisir sa nouvelle appartenance, pour la vie ! Cas rarissime, ses tests d’évaluation lui donnent le choix : elle est divergente… Elle doit cacher ce secret, susceptible de la mettre en danger de mort…

Mon avis :

« Divergent » est un livre à côté duquel il aurait été difficile de passer en 2011. Mais malgré le matraquage commercial qui a été réalisé autour de ce roman, j’ai décidé de lui laisser une chance, et au final je ne suis pas mécontente de cette découverte !

Dès le début, on est plongé dans cette société régie par une organisation différente et divisée en cinq factions, censées matérialiser les différents caractères existants : les Altruistes, les Sincères, les Érudits, les Fraternels et les Audacieux. Chaque faction occupe un rôle bien défini au sein de la société : les Fraternels soignent et assistent les personnes, les Sincères s’occupent essentiellement de la justice, les Érudits de l’enseignement et de la recherche, les Audacieux de la défense et de la protection de la société, et enfin les Altruistes s’occupent des autres et, du fait de leur incorruptibilité, des services politiques.

Alors que l’on est élevé durant son enfance dans la faction de sa famille, à 16 ans arrive le moment de choisir soi-même sa voie, et de quitter ou non son clan d’origine afin d’intégrer celui qui correspond le mieux à sa personnalité et à ses goûts. S’ajoutent à cela les inévitables rivalités entre les différentes factions, et les tensions qui émergent forcément lorsqu’une personne quitte sa faction pour adhérer à une autre..

Tris, le personnage principal, appartient à la faction des Altruistes, même si elle a du mal à s’adapter aux convenances de celle-ci. L’année de ses 16 ans et du test censé les aider à faire leur choix, elle se rend compte qu’elle est « divergente », c’est-à-dire qu’elle ne rentre dans aucune case et ne correspond théoriquement à aucune faction spécifique… Elle comprend vite que cette information doit être gardée secrète, sans quoi sa vie serait en danger.

Je vous vois déjà avec votre air sceptique, le même que celui que j’ai pris à l’annonce de cette nouvelle.. Durant cette lecture, je n’ai évidemment pas pu m’empêcher de me demander à quelle faction j’aurais pu appartenir, avant de me rendre compte que c’était en fait impossible pour moi d’en choisir une, comme pour beaucoup j’imagine.. Aurions-nous tous été divergents et en danger de mort ??

Comme vous l’avez compris, j’ai trouvé cette notion de divergence (sur laquelle repose quand même une grande partie de l’intrigue…) un peu facile, car pour moi, la moitié au moins des adolescents de cette société aurait du l’être. Comment se contenter d’être rangé dans des cases aussi fermées à cet âge-là (à cet âge-là ou à n’importe quel autre d’ailleurs..) ? Comment choisir de quitter la seule faction que l’on ait jamais connue, dans le but de rejoindre un groupe d’inconnus (les membres des différentes factions ne se mélangeant pas du tout) ?

Cette séparation en 5 factions me semblait donc peu crédible, d’autant plus qu’à cela s’ajoutent les clichés associés à chacun de ces clans : les Audacieux sont courageux, donc ont une grande gueule, des piercings et des tatouages ; les Érudits sont des rats de bibliothèque pète-secs et incapables de ne pas étaler leurs connaissances ; au contraire les Altruistes sont tellement… altruistes, qu’ils s’écrasent devant les autres et font toujours passer les besoins des autres avant les leurs. Cela m’a un peu gênée car ce n’est pas forcément l’image que je me fais de l’audace, de l’érudition ou de l’altruisme… A ce moment de l’intrigue, je trouvais donc le concept de cette société assez peu crédible, et je restais sceptique sur la capacité de l’auteure à me convaincre du contraire. Au final, disons qu’elle ne s’en sort pas trop mal, notamment grâce au personnage de Quatre qui apporte des réflexions intéressantes sur l’altruisme et le courage, mais également sur les choix qu’il a été amené à faire.

Je pense aussi que le fait d’être happée dans l’intrigue de ce roman m’a parfois fait oublier de me pencher sur la crédibilité du tout.. Et oui, car faible que je suis, j’ai finalement beaucoup aimé suivre l’apprentissage de Tris et les nombreuses épreuves qu’elle est amenée à affronter. Je me suis surprise à trouver séduisante la faction dans laquelle elle entre brusquement, même si je ne partage absolument pas les principes sur lesquels elle repose (trop de violence, d’injustice, de faux courage et de bluff..). Les personnes qu’elle y rencontre sont souvent mystérieuses et imprévisibles, en particulier Quatre (oui le prénom est étrange..), qui est de loin mon personnage préféré dans ce début de série. Dommage que j’aie moins accroché au personnage de Tris, souvent épuisante et très longue à la détente (ah ! si on pouvait entrer dans l’esprit des personnages et leur expliquer tout ce qu’on a compris 3 chapitres avant qu’ils ne le comprennent par eux-mêmes..), même si elle s’améliore largement sur la deuxième partie du livre, quand elle se met à réfléchir un peu plus.. La relation qui se noue peu à peu entre ces deux personnages est sans doute l’un des aspects qui m’a le plus plu dans ma lecture, car j’ai eu du mal à cerner le personnage de Quatre et l’auteure est réellement parvenue à me surprendre !

J’aurais aimé que les autres membres de la famille de Tris soient plus présents et plus travaillés, notamment sa mère, mais en même temps cela s’accorde bien avec le détachement de Tris de sa fratrie d’origine.. De même, j’aurais souhaité mieux comprendre le fonctionnement des autres factions que l’on connaît moins, mais j’imagine que les prochains tomes seront l’occasion de les découvrir. Enfin, j’aurais vraiment apprécié d’en savoir plus sur l’histoire de cette société, et sur les raisons qui ont poussé ses habitants à s’organiser de cette manière, sous forme de factions. Il y avait vraiment matière à développer selon moi, mais là encore j’imagine et j’espère que cela sera présent dans les prochains tomes.

Au final, « Divergent » est un premier tome qui se défend très bien, et qui donne envie d’en savoir davantage sur Tris et la société dans laquelle elle évolue. Les réflexions autour des notions de courage, des choix que l’on peut être amenés à faire dans sa vie, et du sentiment d’appartenance que l’on peut avoir par rapport à son milieu d’origine, sont également des points que j’ai trouvés intéressant, même si pas suffisamment développés à mon goût. Je lirai sûrement le deuxième tome, qui sort en mai prochain en langue anglaise (je pense par contre que j’attendrai la sortie française).

Autour du livre :

  • Veronica Roth est une écrivaine américaine née en 1988 près de Chicago. « Divergent » est son premier roman.
  • Le second tome de cette série, « Insurgent« , sera disponible en langue anglaise en mai 2012. Vous pouvez cependant le réserver sur cette page. Un troisième tome est également prévu, qui devrait sortir en 2013.
  • Les droits du livre ont été vendus à Summit Entertainment (distributeur notamment des films « Twilight« ..) et un scénario en a été écrit, un film devrait donc voir le jour dans un avenir proche..

Cette lecture entre dans le cadre du Baby Challenge Jeunesse organisé par Livraddict.

6/20

Hunger Games, tome 3 : La Révolte – Suzanne Collins

Mockingjay

Éditeur : Pocket Jeunesse

Date de parution originale : 2010

Date de parution française : 2011

417 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Mes avis sur le tome 1 et le tome 2.

4ème de couverture :

Je m’appelle Katniss Everdeen.
Je devrais être morte.
Maintenant je vais mener la révolte.

Contre toute attente, Katniss a survécu une seconde fois aux Hunger Games. Mais le Capitole crie vengeance. Katniss doit payer les humiliations qu’elle lui a fait subir. Et le président Snow a été très clair : Katniss n’est pas la seule à risquer sa vie. Sa famille, ses amis et tous les anciens habitants du district Douze sont visés par la colère sanglante du pouvoir. Pour sauver les siens, Katniss doit redevenir le geai moqueur, le symbole de la rébellion. Quel que soit le prix à payer.

Mon avis (à ne pas lire si vous n’avez pas lu les tomes précédents ! ) :

Ah, enfin j’ai pu avoir ce tome 3 entre les mains ! C’est donc une nouvelle série qui s’achève avec cet ultime roman intitulé « La révolte« … Suite à son sauvetage in extremis par les Rebelles au cours des derniers Hunger Games, on retrouve Katniss en compagnie de sa famille, de Gale, de Haymitch et de Finnick au sein du District 13, centre stratégique de la lutte contre le Capitole. Le District 12 a été détruit et Peeta, n’ayant pu être récupéré par les Rebelles, est maintenant aux mains des ennemis…

L’ambiance dans la première partie de ce 3ème tome est légèrement oppressante : Katniss passe ses journées dans les bâtiments enterrés du District 13, sans quasiment jamais voir le jour, alternant entre réunions obscures des rebelles, au sein desquelles elle n’a pas toujours son mot à dire, et repas sans saveur au réfectoire du district (chez eux, tout est cultivé sous terre…). Katniss ne sait pas ce qu’est devenu Peeta, et ne pardonne pas aux rebelles d’avoir pu l’abandonner dans l’arène.

Les évènements se débrident un peu lorsque Katniss accepte de tenir son rôle de « geai moqueur », symbole de la lutte contre le pouvoir du Capitole, et seul moyen selon les rebelles de fédérer les derniers districts à leur cause. S’en suivent quelques scènes parfois traitées de manière comique par l’auteure, au cours desquelles Katniss doit notamment faire semblant de se battre, suivie de près par des cameramen chargés d’immortaliser l’évènement. J’ai beaucoup aimé la pointe d’humour qui perçait dans certaines de ces scènes, Katniss appelant ces deux cameramen les « hommes-insectes », tant ils sont empêtrés dans leur équipement…

C’est d’ailleurs un point qui m’a beaucoup frappée dans ce 3ème tome, plus encore que dans les deux premiers : l’importance de l’image, le marketing de guerre mis en place de part et d’autre par les deux ennemis. Le Capitole avait ses Hunger Games, horrible et grossière émission de télé-réalité au cours de laquelle des enfants s’entretuaient, les Rebelles ont leurs spots publicitaires avec pour mascotte Katniss en geai moqueur : Katniss qui se bat dans un District en ruines, Katniss qui rend visite à des enfants, Katniss face à la caméra qui menace directement le Président Snow… Malgré leurs oppositions sur le fond, les deux parties utilisent finalement une stratégie similaire.

Katniss accepte d’endosser ce rôle un peu à contre cœur, car c’est la seule manière pour elle d’assurer l’immunité à Peeta, maintenant considéré comme un traître par les rebelles, et surtout la seule solution pour qu’on lui accorde le droit de détruire elle-même l’objet de sa haine au parfum de roses blanches…

Ce tome m’a semblé présenter beaucoup plus d’action que les deux autres. On n’est plus dans les « jeux » du Capitole mais dans une guerre réelle, au sein de laquelle Katniss semble souvent perdue. Elle a parfois du mal à comprendre les motivations des deux camps, que ce soit le Capitole ou les Rebelles. Elle devient encore une fois un pion, cette fois aux mains des Rebelles, avec lesquels elle doit parfois accepter des compromis.

J’ai aimé la relation nouvelle qui se lie dans ce tome entre Finnick et Katniss. Déjà dans le tome 2 on pressentait un personnage au-delà de ce qu’il paraissait au premier abord. Cela se confirme dans le tome 3. Gale est là lui aussi, totalement engagé à la cause des Rebelles, s’éloignant dans ce sens de Katniss pour qui le seul ennemi semble plutôt être le Président Snow. Elle est moins intransigeante envers les habitants du Capitole, qui selon elle sont juste stupides et doivent leur comportement à leur éducation. Elle est en cela quelque peu influencée par les personnes avec qui elle a pu sympathiser lors de ses premiers Hunger Games (son équipe de préparation, les domestiques du Capitole, et surtout Cinna).

La relation entre Katniss et Prim s’étoffe également dans ce tome, ce dernier personnage prenant un peu d’ampleur, même si j’aurais apprécié que cela soit plus développé. Le rôle de Peeta est crucial dans ce tome, et j’ai beaucoup aimé toutes les scènes dans lesquelles il est présent. C’est vraiment l’un des personnages les plus intéressants de cette série selon moi, et celui auquel je me suis le plus attachée dans ce tome, contrairement aux précédents.

Les pointes d’humour présentes dans ce tome m’ont surprise mais m’ont beaucoup plu. Elles sont souvent liées à l’image médiatique portée par Katniss. Les scènes avec les cameramen, Cobbs qui protège Katniss jusqu’au bout sans que celle-ci en soit toujours consciente, Plutarch et sa vision télévisuelle de la guerre, le fait que leur « guerre » semble au début un peu ridicule puisque les personnages se plaignent souvent de s’ennuyer…

On évolue petit à petit vers la résolution finale de cette série, et je dois dire que je suis tout à fait satisfaite du résultat. Les dernières pages sont surprenantes, audacieuses même parfois, et se lisent évidemment beaucoup trop rapidement… Quand j’ai refermé ce dernier tome, je me suis dit que cela ne pouvait finalement finir que de cette manière… Une série dont la fin n’a pas été bâclée selon moi donc…

Si je devais citer les points qui m’ont un peu déçue dans cette série, c’est sans doute que j’aurais préféré que l’auteure accorde plus d’importance à l’histoire de certains personnages, de même qu’à la genèse de Panem. Certains personnages comme Rue, Cinna, Gale, Finnick ou même Johanna, sont vraiment des personnages intéressants, et j’aurais aimé en connaître plus sur leur histoire. Pourquoi Cinna a-t-il ce comportement si protecteur envers Katniss alors qu’il est du Capitole ? Comment la conscience des habitants du Capitole devenus des Rebelles s’est-elle développée ? Comment Panem est-il devenu Panem ?J’aurais également aimé que le point de vue de Peeta soit plus développé dans ce 3ème tome.

Je pense donc qu’il aurait été intéressant de consacrer plus de pages à ces personnages, quitte à diminuer la partie relative à la guerre et aux moments pendants lesquels tout le monde s’ennuie (je parle des personnages, pas du lecteur !)… Mais en même temps, comme le parti pris de l’auteur est de suivre Katniss et seulement elle, il aurait peut-être été difficile de mettre en avant toutes ces informations.

« Hunger Games » est au final une série que je conseille vraiment au plus grand monde, même si on en fait actuellement tout un foin et que ça pourrait en énerver certains !

Autour du livre :

  • Pour les infos concernant l’auteure de cette série et l’adaptation qui sortira le 21 mars 2012, je vous renvoie vers mon article sur le tome 1, dans lequel j’en avais parlé. J’ai vraiment hâte de voir ce film, et surtout de voir comment les acteurs parviendront à incarner ces superbes personnages (en particulier Jennifer Lawrence en Katniss, Donald Sutherland en Président Snow et Lenny Kravitz en Cinna)
  • En feuilletant un peu sur le net, je suis tombée plusieurs fois sur des recettes de cuisine inspirées de la série (et oui le marketing autour des livres va très loin…). Cela dit, je trouve l’idée amusante et je vous mets donc le lien vers un site sur lequel sont répertoriées quelques-unes de ces recettes (notamment la « Soupe au goût de printemps du Capitole » (j’ai oublié le nom qui lui est donné dans le tome 1)), ainsi que de nombreuses informations sur l’adaptation cinématographique de la série.
  • Un autre lien, en passant, vers ce site, Fictional Food, qui répertorie des recettes ou des idées concernant les plats croisés dans certains romans, séries ou films. On y retrouve notamment le fameux ragoût d’agneau de Katniss et les pains aux noix et aux raisins de Peeta dans « Hunger Games » ou encore le toast à l’œuf de « V pour Vendetta« …
  • Enfin, pour ceux qui sont parfois perdus dans le nom des personnages de cette série, je vous conseille cette « encyclopédie » consacrée à la série, qui m’a souvent aidée durant ma lecture pour associer leurs noms aux personnages.
  • Vous pouvez aussi aller lire les avis des personnes suivantes sur ce livre : Sita, Frankie, Lasardine, Shanaa, Radicale, Matilda, Livr0ns-n0us, Marmotte, Elise, Kelith, Bykiss

Autres petits papiers :

     

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Hunger Games, tome 2 : L’embrasement – Suzanne Collins

Catching Fire

Éditeur : Pocket Jeunesse

Date de parution originale : 2009

Date de parution française : 2010

378 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Mes avis sur le tome 1 et le tome 3

4ème de couverture :

Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s’agit surtout d’une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d’une rébellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n’hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l’aube des Jeux de l’Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss…

Mon avis (si vous n’avez pas lu le 1er tome, je vous conseille de ne pas lire mon avis..) :

Dans ce deuxième tome, nous retrouvons Katniss et Peeta après leur victoire aux Hunger Games, vivant désormais dans le quartier du district réservé aux anciens gagnants. La vie semble plus simple pour Katniss, puisqu’elle a un toit, de l’argent, à manger à volonté et sa famille autour d’elle. Elle continue à chasser clandestinement afin d’aider la famille de Gale à se nourrir, mais n’a plus les vies de sa mère et de sa sœur entre ses mains. Katniss ne parvient cependant pas à profiter pleinement de cette vie plus facile, partagée entre la culpabilité qu’elle ressent : envers Peeta à qui elle a menti, envers Gale pour la vie facile qu’elle peut aujourd’hui avoir et envers les personnes qu’elle a vu mourir durant les Jeux…

Sa volonté d’oublier pour toujours les Hunger Games et tout ce qui se rapporte au Capitole n’est cependant pas pour tout de suite, puisqu’elle doit entamer avec Peeta la « Tournée de la Victoire », au cours de laquelle ils ont pour mission de visiter un à un les 12 districts de Panem. Katniss comprend rapidement que son geste à la fin des Hunger Games, qui les a sauvés Peeta et elle, a été perçu par le Capitole comme une défiance vis-à-vis de son pouvoir. Afin d’assurer la sécurité de ses proches, elle va donc devoir rendre crédible son pseudo-amour pour Peeta…

J’ai pris plaisir à retrouver Katniss dans ce 2ème tome, même si je me demandais un peu comment l’auteure allait pouvoir nous tenir en haleine durant 400 pages, puisque les Hunger Games étaient terminés… J’avoue avoir eu un peu peur en comprenant la solution trouvée par l’auteure. Peur que ce soit répétitif, que ce ne soit qu’une redite du tome précédent. Mais finalement, Suzanne Collins parvient à nous surprendre encore une fois. Même si la situation dans ce 2ème tome est comparable au 1er, les choses différent selon moi dans la façon dont Katniss voit les choses. Alors que dans le 1er tome elle effectuait en quelque sorte ce qu’elle avait à faire par devoir, pour tenir la promesse qu’elle avait faite à sa sœur de revenir saine et sauve, ici on la sent plus détachée de tout cela. Katniss a un nouveau but, lié également à la nature différente de ses sentiments pour Peeta. J’ai trouvé Katniss plus calme, plus résignée, à la limite du sacrifice.

Et même s’il paraît peu probable que je réussisse, il est important que je sois au mieux de ma forme. Ce qui ne sera pas le cas si je passe mon temps à pleurer mes proches. « Laisse-les s’éloigner, me dis-je. Dis-leur adieu et oublie-les. » Je fais de mon mieux, j’évoque tour à tour chaque personne, je les libère comme on sortirait des oiseaux d’une cage et je referme soigneusement derrière eux pour m’assurer qu’ils ne reviennent pas.

Mon avis sur Peeta a également changé dans ce 2ème tome. Alors que dans le 1er, j’avais un cœur de pierre et étais insensible à son personnage que je trouvais un peu mollasson, j’ai trouvé qu’il se révélait totalement dans ce 2ème tome. Il semble plus maître de ses décisions, prêt à tout pour sauver celle qu’il aime. Peut-être que cela était déjà le cas dans le 1er tome, mais personnellement je ne l’avais pas perçu de cette manière.

Si un point m’a un peu gênée dans ce tome, c’est la pseudo-histoire d’amour à laquelle Peeta et Katniss doivent faire croire. Je trouve que l’accent est un peu trop mis là-dessus dans l’intrigue.. Je ne vois pas vraiment comment Katniss peut imaginer une seule seconde que faire croire à leur histoire pourrait les sauver de la haine du Capitole. Elle qui est pourtant toujours sur ses gardes, qui donne rarement sa confiance et qui hait à ce point le Capitole, je n’arrive pas à croire que cette solution lui suffise. En fait, je l’ai trouvée bien naïve pour quelqu’un qui ne fait confiance à personne. J’aurais plutôt imaginer quelque chose de plus direct, et c’est pourquoi j’ai beaucoup cru à un moment à l’idée de l’évasion… Bon, ça c’était une petite divagation sur le fond, je ne sais pas si beaucoup de monde me comprendra !

Pour finir, j’ai encore une fois beaucoup aimé retrouver les autres personnages de ce roman, Cinna et Gale particulièrement. Même si ce dernier est très peu présent dans ce tome, j’espère toujours qu’il pourra trouver la place qui lui convient dans le tome 3. J’ai également aimé la courte tournée dans les districts, qui nous permet de découvrir un peu plus le monde de Panem. Enfin, même si elle est peu présente, le personnage de la mère de Katniss m’a particulièrement touchée, j’ai aimé le changement de direction que prend son caractère. Elle semble plus active, plus forte, plus sûre.

Je dois être forte. Je me redresse sur mon séant, écarte mes cheveux humides de mes tempes douloureuses, et me prépare à ce qui va suivre. Elles apparaissent sur le seuil, avec du thé et des tartines, le visage soucieux. J’ouvre la bouche, prête à lancer je ne sais quelle plaisanterie… et j’éclate en sanglots.
Tant pis pour la force.

Je me rends compte en écrivant cet article qu’il est très dur de parler des différents tomes d’une série de manière séparée. J’ai du mal à dissocier les différents tomes de cette série, d’autant plus que je viens de commencer le 1er chapitre du 3ème.. Je perçois vraiment ce 2ème tome comme un tome de transition, avant « La révolte » promise dans le tome 3…

Pas la peine de vous trouver des arguments pour lire ce 2ème tome, je pense que ceux qui ont lu et apprécié le 1er ne pourront s’empêcher de se jeter dessus ! C’est un livre dont les pages se tournent plus rapidement qu’on ne le voudrait, et qu’il est au final très difficile de lâcher…

Autour du livre :

  • Suzanne Collins est une écrivaine américaine née en 1962. Avant de publier la série “Hunger Games”, elle écrivait essentiellement des scénarios de programmes jeunesse pour la télévision.
  • Elle a également publié d’autres romans destinés à la jeunesse : la série “The Underland Chronicles” (composé de 5 tomes), “Fire Proof Shelby Woo #11“, “When Charlie McButton Lost Power” et “When Charlie McButton Gained Power”.
  • Vous pouvez aussi aller lire les avis sur ce tome de Radicale, Frankie, Sita, Elizabeth-Bennet, Marmotte, Shanaa, Livr0ns-n0us.

Autres petits papiers :