Northanger Abbey – Jane Austen

Éditeur : 10/18

Collection : Domaine étranger

Date de parution originale : Décembre 1817 (achevé en 1803)

Date de parution française : 1824

285 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Une jeune provinciale de bonne famille est envoyée à Bath, prendre les eaux, pour faire son apprentissage du monde et des intermittences du cœur. L’héroïne se retrouve égarée au milieu de conjonctures qui la rabaissent aux yeux du lecteur. En toute occasion, elle se comporte en référence à son livre de chevet, « Les mystères d’Udolphe » de Mrs Radcliffe.

Mon avis :

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en commençant ce roman de Jane Austen. « Northanger Abbey » n’étant pas le roman de l’auteure dont on parle le plus, je m’attendais peut-être à être un peu déçue par rapport aux quatre autres romans que j’avais lus, me disant qu’il ne serait peut-être pas aussi bien.. Et bien je dois dire que je me suis trompée, et que pour la 5ème fois, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures des personnages mis en scène par cette chère Jane, et plus particulièrement celles entourant le personnage de Catherine Morland.

Je trouve d’ailleurs que les 4èmes de couverture que l’on peut lire de ce roman sont un peu sévères avec ce personnage principal. Alors oui, Catherine Morland vit dans ses livres et est un peu naïve, oui elle croit aux histoires racontées dans ses romans gothiques et ne rêve que d’une chose, vivre dans une ancienne abbaye en ruine, mais j’ai personnellement trouvé sa naïveté très touchante. Tout au long de ma lecture, je me suis attendue à un retournement de situation qui me ferait ne plus apprécier ce personnage, mais non, il faut bien dire ce qui est, j’ai trouvé cette Catherine Morland droite et honnête, et elle fait même partie des personnages de Jane Austen auxquels je me suis le plus attachée.

J’ai beaucoup aimé mon incursion dans la ville de Bath, dans laquelle la bonne société anglaise de l’époque « prenait les eaux ». Comme d’habitude dans les romans de Jane Austen, on observe les journées fort remplies et mouvementées des personnages : on se balade, on va au bal, on discute, on va au théâtre, on critique les autres, on s’esclaffe, et finalement on ne fait rien d’autre… Comment mieux retranscrire cela qu’à travers la tournure de la page 73, « une laborieuse journée d’oisiveté« . Au milieu de cela, Catherine découvre pour la première fois la vie mondaine, l’amitié aussi, et les premiers émois amoureux évidemment.. J’ai beaucoup aimé la voir appréhender ce monde mystérieux pour elle, j’ai aussi eu un peu peur pour elle, notamment qu’elle se fasse manipuler par ses nouveaux « amis », mais non, Catherine reste droite dans ses bottines et c’est pour cela que j’ai beaucoup aimé ce personnage.

Comme toujours, Jane Austen égraine son roman de quelques pointes d’humour, que j’ai parfois trouvées un peu moins subtiles que d’habitude, ce qui ne veut pas dire qu’elles soient moins drôles. Dès le début, on comprend que l’auteure se moque gentiment de son héroïne et justement de son caractère de non-héroïne. L’amie de Catherine, Mrs Allen, a elle aussi droit à quelques remarques ironiques très plaisantes, qui m’ont fait apprécier mon irruption dans cette société mondaine aux relations superficielles. Les gens se parlent, mais ne s’écoutent pas.. On s’extasie de se retrouver, mais on préfèrerait être ailleurs. Mais le summum de l’exaspération revient pour moi à Mr. Thorpe (et à sa sœur dans une certaine mesure), symboles de l’hypocrisie et de la fierté mal placée… Comme d’habitude dans les romans de Jane Austen, j’ai été ravie de la fin de ce roman, et du destin dévolu à chacun de ces personnages.

Je vous laisse avec quelques extraits du roman que je trouve particulièrement bien écrits et bien sentis, notamment ceux qui se moquent des romans en général. Après cela, qu’on ne vienne pas me dire que les classiques sont ennuyeux et sans humour..

 » Personne ayant jamais vu Catherine Morland dans son enfance ne l’eût supposée née pour être une héroïne. Sa situation dans l’existence, le caractère de son père et celui de sa mère, sa propre personne et son tempérament, tout s’opposait également à ce qu’elle en fût une un jour. Son père était clergyman sans être pour cela ni méprisé ni pauvre, et c’était un monsieur très respectable, bien qu’il eût pour nom celui de Richard*… […] La mère de Catherine était une femme dotée d’un gros sens pratique, d’un caractère aimable et, ce qui est plus remarquable, d’une bonne constitution. Elle avait eu trois fils avant la naissance de Catherine et au lieu de mourir en mettant cette dernière au monde, comme on pourrait s’y attendre, continua à vivre, et cela pour avoir encore six enfants, les voir grandir autour d’elle et jouir elle-même d’une excellente santé. On dit toujours d’une famille de dix enfants que c’est une belle famille, du moment qu’elle compte assez de têtes, bras et jambes pour chacun, mais les Morland avaient peu d’autres droits pour prétendre à ce titre, car ils étaient dans l’ensemble des plus quelconques, et Catherine fut pendant de nombreuses années aussi quelconque que n’importe lequel d’entre eux.  » p.9-10
* Dans mon édition, il est écrit que « ce prénom de Richard que Jane Austen semble reprocher à Mr. Morland serait une allusion à une plaisanterie entre Jane et sa sœur Cassandra au sujet d’un certain Richard Harvey ».

« Elle lut tous ces ouvrages que doivent lire les héroïnes pour emplir leur mémoire de ces citations qui s’avèrent tellement utiles et tellement apaisantes dans les vicissitudes de leur existence mouvementée. » p.12

« Il faut à présent décrire un peu Mrs. Allen, pour que le lecteur puisse juger dans quelle mesure ses actions favoriseront par la suite le climat de désolation de cette œuvre, et comprendre comment elle risque de contribuer à réduire la pauvre Catherine à l’infortune et au désespoir que peut décrire le dernier tome d’un roman, si elle y contribuera par son imprudence, sa vulgarité ou sa jalousie, en interceptant ses lettres, en ruinant sa réputation ou en la chassant de chez elle. » p.17 (cet extrait fait un peu peur à la première lecture, mais rassurez-vous, Jane Austen s’amuse..)

« Mrs. Allen appartenait à cette nombreuse catégorie de femmes dont la société ne peut éveiller d’autre émotion que la surprise à la pensée qu’il s’est trouvé au monde un homme capable de les aimer au point de les épouser. Elle n’avait ni beauté, ni esprit, ni talent, ni distinction. » p.17

« Mrs. Allen avait toujours le plus grand désir d’avoir à Bath des relations nombreuses, et elle le répétait chaque jour après avoir eu la preuve qu’elle n’y connaissait absolument personne. » p.23

« Il parlait avec beaucoup d’aisance et d’esprit, et il y avait dans ses manières une malice et une gaieté qui forçaient l’attention, bien que Catherine ne s’en rendît pas très bien compte. » p.23

« Mrs. Thorpe était une veuve et une veuve sans fortune. Elle avait un excellent caractère ; c’était une femme bonne et une mère indulgente. Sa fille aînée était pour sa part d’une grande beauté et les plus jeunes, en ayant la prétention d’être aussi belles que leur sœur, en imitant son air et en s’habillant dans le même style, étaient tout à fait charmantes.
Cette brève description de la famille Thorpe a pour but de remplacer l’inévitable, interminable et minutieux récit détaillé que Mrs. Thorpe ferait elle-même sur ses aventures passées, ses souffrances… récit que l’on devrait s’attendre à voir occuper les trois ou quatre chapitres suivants ; on y verrait l’indignité des lords et des avoués occuper le devant de la scène et l’on y trouverait rapportées par le menu des conversations vieilles de vingt ans. » p.34

« Si une matinée pluvieuse les privait d’autres plaisirs, elles tenaient quand même à se voir au mépris de la pluie et de la boue, et s’enfermaient ensemble pour lire des romans. Des romans, oui, car je refuse d’obéir à cette coutume mesquine et peu politique qu’adoptent si souvent les auteurs et qui consiste à déconsidérer, par une censure des plus méprisantes, le genre d’œuvres même dont ils sont en train d’accroître le nombre. Ils rejoignent là leurs pires ennemis pour octroyer à de tels ouvrages les épithètes les plus cruelles et n’autorisent presque jamais leur héroïne à lire des romans. […] Je ne saurais défendre une telle attitude. Laissons aux critiques le soin de dénigrer à loisir toute effusion d’imagination, laissons-leur le soin de parler, à propos de tout nouveau roman et en un style rebattu, de la camelote sur laquelle ahanent de nos jours les presses. […] Bien que nos productions aient offert aux lecteurs un plaisir plus grand, plus sincère que celles d’aucune autre corporation littéraire en ce monde, aucun genre, jamais, ne fût plus décrié. Quelle qu’en soit la cause, la vanité, l’ignorance ou la mode, nous avons presque autant d’ennemis que de lecteurs, et […] il semble presque correspondre à une volonté générale de décrier le talent et de mésestimer le travail du romancier, de dédaigner des œuvres qui n’ont pour les recommander que le génie, l’esprit et le bon goût. » p.37-38 (je m’excuse pour la longueur de celle-ci..)

« Par la force de l’habitude, elle n’était guère dérangée par les remarques et exclamations de Mrs. Allen qui, étant donné le vide de son esprit et son incapacité à penser, ne parlait jamais beaucoup mais ne pouvait jamais non plus rester tout à fait silencieuse. » p.65

« Elle souffrit cependant le mercredi soir d’une insomnie de dix minutes […] » p.80

Et enfin, pour finir, un extrait que je trouve particulièrement bien écrit, et qui m’a fait aimer plus encore le personnage d’Henry Tilney :

« Je dois finir de lire quelques brochures avant de pouvoir aller dormir, dit-il à Catherine, et les affaires de la nation m’occuperont peut-être encore quand vous serez endormie depuis bien longtemps déjà. Pouvons-nous, chacun de notre côté, mieux employer notre temps ? Mes yeux se fatigueront pour le bien d’autrui, et les vôtres, par le sommeil, prépareront les ravages qu’ils feront demain. » p. 204

Autour du livre :

  • Jane Austen est une écrivaine anglaise née le 16 décembre 1775 et décédée le 18 juillet 1817. Elle a d’abord connu le succès avec la parution de « Raison et sentiments » en 1811 (publié de façon anonyme), « Orgueil et préjugés » en 1813, « Mansfield Park » en 1814 et « Emma » en 1816. Deux autres de ses romans, « Northanger Abbey » et « Persuasion« , ont tous deux été publiés de manière posthume en 1818. Elle a commencé en janvier 1817 son dernier roman, qui sera nommé « Sanditon« , mais ne l’a pas achevé.
  • La page Wikipédia qui lui est consacrée est tellement bien faite que je ne peux que vous diriger vers elle pour en savoir plus sur cette superbe auteure.

Cette lecture entre dans le cadre du challenge « Gilmore Girls » organisée par Karine.

2/3

Le monde dans la main – Mikaël Ollivier

Éditeur :  Thierry Magnier

Collection : Grands Romans

Date de parution : 2011

288 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Dans la vie de Pierre, adolescent timide et sans histoire, tout semble normal et lisse. Il partage son temps entre le lycée et le conservatoire, et entretient une correspondance assidue avec sa sœur partie de la maison.
Un samedi après-midi, après des courses chez Ikea, sa mère leur tourne le dos, à lui et à son père. Elle disparaît, sans rien dire. Quelques heures plus tard, elle envoie un SMS : « Ne vous inquiétez pas pour moi. Je n’en peux plus, c’est tout. »
Après le choc, la peur et de vaines recherches policières, la vie s’organise autour de cette absence inexplicable. Les repères s’écroulent. Le vernis se fendille et dans cette famille où l’on parlait peu, les langues se délient soudain, révélant des secrets et des drames insoupçonnés. La violence de ce bouleversement transforme le jeune homme réservé, lui apprenant à se débarrasser de ses peurs et de son excessive sagesse.

Mon avis :

Mikaël Ollivier est un auteur que j’ai découvert lorsque j’étais au lycée à travers deux de ses précédents romans, « La vie, en gros » et « Star-crossed lovers« , que j’avais tous deux beaucoup appréciés (il faudrait que je le relise d’ailleurs..). Voilà pourquoi je n’ai pas hésité longtemps à lire son nouveau roman, dont la couverture me plaisait en plus beaucoup..

Malgré le sujet pas forcément heureux traité dans ce livre, on comprend dès les premières pages que sa lecture ne sera pas triste, au contraire. Mikaël Ollivier est particulièrement doué pour faire rire, ou au moins sourire, en toutes circonstances, et il le prouve parfaitement dans ce roman. Il maîtrise en fait très bien ce que j’appellerais le « comique de situation », soit quelque chose qui me fait très souvent rire. Dans le cas présent, on assiste en particulier à une scène assez mémorable à Ikea où Pierre et ses parents, munis d’un « chariot aussi facilement maniable qu’un âne mort » (p.19), s’impatientent un à un au fur et à mesure de leur lente progression dans le magasin…

« Pour parvenir aux rayons des chambres, il fallait passer par les salons, les canapés, faire un arrêt aux bureaux puis traverser les cuisines. Pas le choix. Chez Ikea, on n’avance pas, on chemine, on piétine, on tourne, on a l’impression de faire des kilomètres alors qu’on fait du surplace entre les fausses cloisons qui abrite les faux intérieurs. » (p.14)

Au final, comme le dit si bien Pierre, « Ikea, c’est drôle au début. » (p.13). Et je ne vous parle pas des scènes en présence du vieux couple voisin des grands-parents de Pierre, dont la femme a été renommée par Pierre Madame Faisandée, du fait de son âge et de la couleur de sa peau…

Pour en revenir au sujet du roman en lui-même, on assiste donc au départ de la mère de Pierre, qui disparaît un jour sans prévenir, et ne donne plus de signe de vie mis à part un SMS leur demandant de ne pas s’inquiéter. Commence alors pour Pierre et son père une vie à deux un peu bancale, dans laquelle les rôles sont vite inversés.. Pierre récupère, étrangement avec un certain plaisir, le rôle du chef de famille devant veiller sur son père.

« J’avais envie de le prendre dans mes bras mais est-ce qu’on est capable, à seize ans, de serrer son père pour le consoler ? » (p.142)

J’ai beaucoup aimé la relation qui se noue petit à petit entre ces deux personnages.. Pierre semble redécouvrir son père à travers cette épreuve, et l’on sent que leur relation en sort renforcée. J’ai particulièrement aimé le fait qu’on ne tombe pas dans un scénario qui aurait pu être classique : l’adolescent qui part en vrille, les relations avec son père qui se détériorent, les notes qui diminuent inexorablement à l’école, et éventuellement pour finir : la drogue et la fugue qui sait ! Mais non, rien de tout cela ici, les changements qui s’opèrent au sein de ces deux êtres s’avèrent au final bien plus subtils..

 » Pierre, quand je serai vieux, vraiment vieux, et que tu seras un homme, un père peut-être, avec des responsabilités, des soucis, une vie à toi dont je ne saurai rien, n’oublie pas qui j’ai été. N’oublie pas, même si je n’ai plus toute ma tête, même si j’ai rapetissé, que je suis tout tassé et que je pue le vieux, n’oublie pas que j’ai été ton père, que j’ai mené ma vie, essayer de guider le début de la tienne. Que j’ai été un homme. » (p.180)

J’ai été surprise que l’absence de la mère, qui demeure à l’origine l’élément déclencheur de ce récit, reste malgré tout en toile de fond et ne constitue pas forcément l’essentiel de l’intrigue. C’est un point qui pourrait déconcerter mais que j’ai finalement trouvé ici intéressant. Je pense que cela permet en effet au lecteur de s’attacher ainsi plus aux changements qui s’opèrent dans la vie de Pierre et de son père. Cela dit, le départ de la mère et les éléments qui auraient pu la conduire à les quitter ne sont pas non plus totalement absents du roman, et heureusement. Au final, on a comme l’impression à la fin de ce roman d’en savoir très peu sur cette femme, qui semble être toujours restée une sorte de mystère pour ses proches.. Et c’est d’ailleurs ce que Pierre semblait ressentir dès le début. Connait-il vraiment sa mère ? Que sait-il de ses goûts, de son passé, de sa vie ?

 » Mais il faut bien comprendre que ce n’était pas envisageable que ma mère disparaisse pour de bon. C’était ma mère, c’était sa femme, c’était comme le jour qui se lèvre chaque matin, tellement normal qu’on n’y fait plus attention.  » (p.25)

Au cours de ses réflexions, Pierre se pose beaucoup de questions sur l’influence que peuvent avoir nos choix sur le cours de notre vie. Quand votre mère quitte la voiture au beau milieu d’un parking et s’en va, faut-il la rattraper ou la laisser partir ? Cela aurait-il changé quelque chose à sa disparition ? Notre vie dépend-elle vraiment des choix arbitraires que nous sommes amenés à faire, ou existe-t-il une sorte de destin auquel nous sommes voués, peu importe nos choix ?

 » – En prenant à gauche, je choisis sans le savoir une vie et je tourne le dos à une autre ! Comment savoir laquelle aurait été la meilleure, celle de la rue de gauche, ou celle de la rue de droite ?
– On ne peut pas savoir.
– Mais c’est des coups à rester au lit de peur de bouleverser l’avenir au moindre pas!
– Sauf que c’est pas en restant au lit que tu vas la rencontrer, la femme de ta vie. » (p.134)

Pour finir, je crois que le plaisir que j’ai pris à lire ce livre tient en grande partie à la richesse de ses personnages. Au-delà des deux personnages centraux, Pierre et son père, Mikaël Ollivier nous offre une palette de personnages secondaires toujours surprenants et attachants : Mathias le meilleur ami de Pierre, dont les réflexions sont toujours pertinentes et à contre-courant de ce que l’on pourrait imaginer dans un roman destiné aux adolescents, la grand-mère maternelle de Pierre, Bonne Maman, qui sous ses airs bourgeois et froids cache une attitude protectrice qui m’a touchée, la grand-mère paternelle de Pierre cette fois, à l’opposé de l’autre, et aux remarques impertinentes, sans oublier mon personnage préféré : Marie-Bertille (je précise que la famille dont est issue la mère de Pierre est assez bourgeoise, ce qui explique certains des prénoms..), la tante de Pierre, qui sous ses airs timides et coincés cache une personnalité forte et réfléchie (excusez-moi pour la longueur de la citation suivante, mais j’aime vraiment beaucoup ce passage…).

 » J’ai compris ce soir-là ce que j’aimais chez ma tante. C’était qu’elle ne m’avait jamais traité comme un enfant, ni comme un adolescent. Jamais elle ne m’avait demandé comment allait l’école, si j’avais une amoureuse, ce que je voulais faire plus tard. Avec elle, je n’avais même pas l’impression d’être son neveu, mais moi-même, tout simplement. Un individu qu’elle prenait tel qu’il était. S’il était très difficile à quelqu’un qui ne la connaissait pas de lui donner un âge (sans même parler de ses tenues vestimentaires hors d’âge et de modes), c’était parce que le temps n’avait pas de prise sur elle car pas d’importance. Et du coup, il en allait de même pour l’âge des personnes qu’elle fréquentait. Elle s’en moquait et se comportait de la même façon avec tout le monde, ne cherchant à plaire à personne, ni professionnellement […], ni amicalement, ni amoureusement. Elle ne jouait pas à la vie comme nous tous, et cela faisait d’elle un être reposant. Et sans doute plus libre malgré ses airs coincés que bon nombre d’entre nous qui passons notre temps à vouloir démontrer aux autres combien nous le sommes. » (p.189-190)

Et j’allais oublier le personnage qui est sans doute le plus important pour Pierre : sa sœur, Alix, qui n’est plus à la maison mais avec laquelle il communique tout le temps, dès qu’il se sent mal ou se pose des questions.. J’ai trouvé cette relation extrêmement touchante et bien amenée, et c’est sans doute ces dialogues avec sa sœur qui m’ont tant fait aimer le personnage de Pierre, auquel je me suis beaucoup attachée durant ma lecture.

 » La beauté n’a pas besoin qu’on la voit pour exister. » (p.74)

Pour finir, « Le monde dans la main » est un roman que je conseille vraiment, aux adultes comme aux plus jeunes, et qui nous fait nous poser de très belles questions sur l’absence et le souvenir que l’on garde des gens qui ne sont plus là, mais également sur les choix que l’on peut être amené à faire dans la vie. Ce livre insiste également, et ce de manière originale et pertinente, sur la notion de liberté et d’indépendance d’esprit vis-à-vis des autres, ainsi que sur la nécessité qu’il y a à saisir la différence entre ce que nous souhaitons faire de notre vie et ce que les autres attendent de nous. Enfin, les différents personnages nous donnent dans ce roman une discrète leçon de courage et surtout d’espoir, que j’ai eu beaucoup de plaisir à recevoir.

 » Est-ce que tout passe avec le temps ? » (p.181)

Autour du livre :

  • Mikaël Ollivier est un écrivain français né en 1968. Alors qu’il n’aimait pas lire étant enfant (voir son roman « Celui qui n’aimait pas lire »), c’est d’abord pour le cinéma qu’il se passionne. Il travaillera par la suite à Canal Plus. Parmi ses romans destinés aux plus jeunes, on peut citer :
  • Mikaël Ollivier a également publié des romans destinés aux adultes.
  • A noter les références littéraires et musicales présentes dans ce roman, qui font toujours plaisir : la Prélude de la 1ère Suite de Bach, toujours elle (on en parlait aussi dans « Si je reste » de Gayle Forman), une Prélude de Chopin, la Gnossienne n°1 de Satie, le roman « La Quête d’Ewilan » de Pierre Bottero, le Concerto pour piano n°5 de Beethoven (« Concerto Empereur »), et j’en oublie sans doute… J’aime beaucoup découvrir de telles références dans mes lectures, dans le cas présent cela me permet de combler une partie mes lacunes en ce qui concerne la musique classique…

Mon enfant de Berlin – Anne Wiazemsky

Éditeur : Gallimard

Collection : Folio

Date de parution : Mars 2011

260 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

En septembre 1944, Claire, ambulancière à la Croix-Rouge française, se trouve à Béziers avec sa section, alors que dans quelques mois elle suivra les armées alliées dans un Berlin en ruine. Elle a vingt-sept ans, c’est une très jolie jeune femme avec de grands yeux sombres et de hautes pommettes slaves. Si on lui en fait compliment, elle feint de l’ignorer. Elle souhaite n’exister que par son travail depuis son entrée à la Croix-Rouge, un an et demi auparavant. Son courage moral et physique, son ardeur font l’admiration de ses chefs. Ses compagnes, parfois issues de milieux sociaux différents du sien, ont oublié qu’elle est la fille d’un écrivain célèbre, François Mauriac, et la considèrent comme l’une d’entre elles, rien de plus. Au volant de son ambulance, quand elle transporte des blessés vers des hôpitaux surchargés, elle se sent vivre pour la première fois de sa jeune vie. Mais à travers la guerre, sans même le savoir, c’est l’amour que Claire cherche. Elle va le trouver à Berlin.

Mon avis :

« Mon enfant de Berlin » est un livre lu il y a un peu trop longtemps pour en écrire un avis très détaillé, mais dont je souhaitais tout de même parler un peu.. J’ai découvert ce livre suite à une émission de radio, dans laquelle j’avais pu entendre qu’Anne Wiazemsky, petite-fille de François Mauriac, racontait dans ce livre l’histoire de la rencontre de ses parents.

C’est à travers le personnage de Claire Mauriac (la mère de l’auteure donc) que cette histoire nous est racontée. On la suit de 1944 à Béziers à 1945 à Berlin, où elle est ambulancière à la Croix-Rouge et vient donc en aide aux armées alliées. Du haut de ses vingt-sept ans, la jeune femme ressent le besoin de se rendre utile, et s’active sans compter dans la capitale en ruine. C’est dans cette ville détruite qu’elle va rencontrer Yvan (Jean) Wiazemsky, surnommé Wia, émigré russe issu d’une des plus anciennes familles princières de Russie.

J’ai aimé dans ce livre l’atmosphère qui se dégage de cette ville en ruines qu’est devenue Berlin. Les ambulancières de la Croix-Rouge s’affairent autour des armées alliées, et leur sont rapidement indispensables. Mais malgré ce contexte dramatique et cette nécessité d’être toujours sur le qui-vive, c’est une ambiance festive et sympathique qui ressort de ces passages : on fait la fête, on rigole, on s’offre des cadeaux, on voyage même.. J’ai beaucoup aimé l’amitié qui se crée entre ces ambulancières, ainsi que leur courage et leur abnégation face aux missions qui leur sont dévolues..

Le couple formé par Claire et Wia, quant à lui, semble comme une bulle qui se forme au sein de ce groupe d’ami(e)s et de collègues. J’ai été touchée par la douceur avec laquelle Anne Wiazemsky décrit le couple formé par ses parents, de leur rencontre à sa naissance le 14 mai 1947, à Berlin, ville symbole de l’amour du couple.

Mariage de Claire Mauriac et Yvan Wiazemsky – Source : BibliObs

J’ai aussi particulièrement aimé les nombreuses lettres qui ponctuent ce récit, notamment celles entre Claire et ses parents, ainsi que les extraits du journal de Claire, qui apportent une authenticité touchante au roman. La confrontation entre la famille Mauriac et la famille Wiazemsky, issues de milieux totalement différents, se révèle également très intéressante.

« Mon enfant de Berlin » est au final un roman dont j’ai apprécié la lecture. Il se lit rapidement, les évènements s’enchaînant d’une manière à la fois efficace et agréable. Cela dit, je ne suis pas non plus ressortie de cette lecture totalement emportée, même si j’ai du mal à discerner ce qui m’a manqué dans cette lecture, et ce qui m’a empêchée de complétement l’apprécier. J’espère tout de même que les éléments que j’ai indiqués plus haut vous donneront envie de découvrir ce roman.

Autour du livre :

  • Anne Wiazemsky est une écrivaine, comédienne et réalisatrice française née en 1947 à Berlin (d’où le roman..). Elle est la fille de Claire Mauriac et d’Yvan Wiazemsky, dont il est question dans ce roman, et donc la petite-fille de l’écrivain François Mauriac. Elle a été l’épouse du cinéaste Jean-Luc Godard, période dont elle parle dans son nouveau roman, « Une année studieuse« .
  • Un point de vue détaillé de ce roman est disponible sur le site du Nouvel Observateur, ici.
  • A noter dans ce roman, une rapide référence (il est juste cité..) à Stéphane Hessel, l’auteur du court livre « Indignez-vous !« , sorti en 2010.
  • Quelques autres écrits d’Anne Wiazemsky :
  • Filmographie sélective d’Anne Wiazemsky :

Chaque soir à 11 heures – Malika Ferdjoukh

Éditeur :  Flammarion

Collection : Émotion

Date de parution : 2011

401 pages

Fiche Librairie Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Willa Ayre s’est classée dans la catégorie des filles que les garçons ne voient jamais, des insignifiantes, des petits chats caustiques mais frileux. Iago, lui, attire tous les regards. Il est le garçon dont rêvent toutes les filles du lycée.

Dès la rentrée, Iago pose les yeux sur Willa et la choisit. Mais à une fête, Willa rencontre le bizarre et ténébreux Edern. Dès lors, sa vie prend une tournure étrange. De la grande maison obscure cachée au fond de l’impasse, la jeune fille doit découvrir les secrets, sonder son coeur, et faire un choix…

Mon avis :

Depuis le temps que j’attendais de lire ce livre, je ne regrette pas de l’avoir enfin commencé ! Après avoir lu beaucoup de ses romans durant mon adolescence, j’ai donc retrouvé Malika Ferdjoukh avec ce nouveau livre, publié dans la nouvelle collection « Émotion » de chez Flammarion (ladite émotion étant ici l’amûûûr…).

Dès le début, nous plongeons directement dans un univers so Ferdjoukhien, dans lequel les personnages ont des prénoms étranges (Wilhelmina, Iago, Isebelle, Roch, Melville, Rosemonde et j’en passe), un humour ravageur et des références culturelles plein la tête (on prend le temps de s’arrêter devant « Beau fixe sur New-York » de Stanley Donen ou « La joyeuse divorcée » de Mark Sandrich, mais aussi « Massacre à la tronçonneuse » ou Tim Burton, on y lit « Papa longues jambes » de Jean Webster ou « L’invitation à la valse » de Rosamond Lehmann, on y écoute Charlie Parker, on y croise les œuvres de Gustave Moreau ou Niki de Saint Phalle…). Et surtout, et c’est ce qui m’a fait le plus grand bien, on est face à une héroïne irrésistiblement attachante, qui n’a pas sa langue dans sa poche, est intelligente, sérieuse, courageuse, curieuse et se passionne donc pour tout et n’importe quoi. Qu’est-ce que ça fait du bien de temps en temps une fille pas nunuche comme Willa !

A noter également l’importance de la ville de Paris dans ce roman, à travers les rues de laquelle Willa court toute la journée… On la suit dans le métro, dans le bus, en voiture et en taxi, dans l’hôtel de luxe particulier de son amie Fran, dans la lugubre mais tellement attirante maison d’Edern, mystérieusement appelée « Fausse Malice » (et qui n’est pas sans rappeler la Vill’Hervé des romans « Quatre sœurs« …), dans l’appartement glauque de son professeur de saxo, et enfin dans son appartement cosy dans lequel on mange des Bounty glacés en regardant des comédies musicales.

Au-delà du cadre et des personnages, on se laisse rapidement emporter par l’intrigue de ce roman et les nombreuses aventures qui jalonnent la vie de Willa. L’enquête qu’elle mène peut parfois paraître tarabiscotée, mais cela ne gâche en rien le roman. Certains passages en présence des camarades de classe de Willa, toutes nunuches et de vraies gosses de riche, m’ont parfois un peu énervée. Mais c’est le milieu très parisien dans lequel évolue Willa qui veut ça j’imagine… Heureusement que les trois personnages principaux relèvent un peu le niveau de réflexion (Willa, Edern et Iago) et rendent ce livre totalement addictif. J’oubliais le personnage de Marni, qui est adorable et m’a fait penser à Enid des « Quatre sœurs« . Enfin, chose qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps, j’ai eu des papillons dans le ventre en lisant une scène de ce livre en particulier, j’espère qu’elle vous fera le même effet !

En bref, « Chaque soir à 11 heures » est un livre que j’ai eu beaucoup de mal à lâcher et que je conseille donc fortement, que l’on connaisse Malika Ferdjoukh ou que l’on souhaite la découvrir…

Autour du livre :

  • Malika Ferdjoukh est une écrivaine française née en 1957, auteure de scénarios pour la télévision et le cinéma, ainsi que de nombreux romans jeunesse, comme « Sombres citrouilles« , « Minuit-cinq« , « Fais-moi peur » ou encore « Aggie change de vie« . « Chaque soir à 11 heures » est son dernier roman. Elle est passionnée de cinéma, plus particulièrement des comédies musicales et mélodrames de la première moitié du 20ème siècle. Pour plus d’informations sur l’auteure, un entretien réalisé par le forum Whoopsy Daisy (forum des amoureux de la Littérature anglaise) est disponible ici.
  • On retrouve les prénoms de plusieurs personnages de ce livre dans de célèbres romans. Wilhelmina est ainsi présent dans « Dracula » de Bram Stoker, puisqu’il est porté par le personnage féminin principal, Wilhelmina « Mina » Murray. Iago est quant à lui le prénom du personnage manipulateur de la tragédie de Shakespeare « Othello« .

Autres petits papiers :

  • Du même auteur, j’ai aussi donné mon avis sur :
    • Quatre sœurs, tome 1 : Enid (2011) : adaptation en bande dessinée par Cati Baur du premier tome de la série de romans “Quatre sœurs”, écrit par Malika Ferdjoukh et publié en 2003.
    • Taille 42, écrit par Malika Ferdjoukh et Charles Pollak, et sorti en 2007.

        

 

Hunger Games, tome 2 : L’embrasement – Suzanne Collins

Catching Fire

Éditeur : Pocket Jeunesse

Date de parution originale : 2009

Date de parution française : 2010

378 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Mes avis sur le tome 1 et le tome 3

4ème de couverture :

Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s’agit surtout d’une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d’une rébellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n’hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l’aube des Jeux de l’Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss…

Mon avis (si vous n’avez pas lu le 1er tome, je vous conseille de ne pas lire mon avis..) :

Dans ce deuxième tome, nous retrouvons Katniss et Peeta après leur victoire aux Hunger Games, vivant désormais dans le quartier du district réservé aux anciens gagnants. La vie semble plus simple pour Katniss, puisqu’elle a un toit, de l’argent, à manger à volonté et sa famille autour d’elle. Elle continue à chasser clandestinement afin d’aider la famille de Gale à se nourrir, mais n’a plus les vies de sa mère et de sa sœur entre ses mains. Katniss ne parvient cependant pas à profiter pleinement de cette vie plus facile, partagée entre la culpabilité qu’elle ressent : envers Peeta à qui elle a menti, envers Gale pour la vie facile qu’elle peut aujourd’hui avoir et envers les personnes qu’elle a vu mourir durant les Jeux…

Sa volonté d’oublier pour toujours les Hunger Games et tout ce qui se rapporte au Capitole n’est cependant pas pour tout de suite, puisqu’elle doit entamer avec Peeta la « Tournée de la Victoire », au cours de laquelle ils ont pour mission de visiter un à un les 12 districts de Panem. Katniss comprend rapidement que son geste à la fin des Hunger Games, qui les a sauvés Peeta et elle, a été perçu par le Capitole comme une défiance vis-à-vis de son pouvoir. Afin d’assurer la sécurité de ses proches, elle va donc devoir rendre crédible son pseudo-amour pour Peeta…

J’ai pris plaisir à retrouver Katniss dans ce 2ème tome, même si je me demandais un peu comment l’auteure allait pouvoir nous tenir en haleine durant 400 pages, puisque les Hunger Games étaient terminés… J’avoue avoir eu un peu peur en comprenant la solution trouvée par l’auteure. Peur que ce soit répétitif, que ce ne soit qu’une redite du tome précédent. Mais finalement, Suzanne Collins parvient à nous surprendre encore une fois. Même si la situation dans ce 2ème tome est comparable au 1er, les choses différent selon moi dans la façon dont Katniss voit les choses. Alors que dans le 1er tome elle effectuait en quelque sorte ce qu’elle avait à faire par devoir, pour tenir la promesse qu’elle avait faite à sa sœur de revenir saine et sauve, ici on la sent plus détachée de tout cela. Katniss a un nouveau but, lié également à la nature différente de ses sentiments pour Peeta. J’ai trouvé Katniss plus calme, plus résignée, à la limite du sacrifice.

Et même s’il paraît peu probable que je réussisse, il est important que je sois au mieux de ma forme. Ce qui ne sera pas le cas si je passe mon temps à pleurer mes proches. « Laisse-les s’éloigner, me dis-je. Dis-leur adieu et oublie-les. » Je fais de mon mieux, j’évoque tour à tour chaque personne, je les libère comme on sortirait des oiseaux d’une cage et je referme soigneusement derrière eux pour m’assurer qu’ils ne reviennent pas.

Mon avis sur Peeta a également changé dans ce 2ème tome. Alors que dans le 1er, j’avais un cœur de pierre et étais insensible à son personnage que je trouvais un peu mollasson, j’ai trouvé qu’il se révélait totalement dans ce 2ème tome. Il semble plus maître de ses décisions, prêt à tout pour sauver celle qu’il aime. Peut-être que cela était déjà le cas dans le 1er tome, mais personnellement je ne l’avais pas perçu de cette manière.

Si un point m’a un peu gênée dans ce tome, c’est la pseudo-histoire d’amour à laquelle Peeta et Katniss doivent faire croire. Je trouve que l’accent est un peu trop mis là-dessus dans l’intrigue.. Je ne vois pas vraiment comment Katniss peut imaginer une seule seconde que faire croire à leur histoire pourrait les sauver de la haine du Capitole. Elle qui est pourtant toujours sur ses gardes, qui donne rarement sa confiance et qui hait à ce point le Capitole, je n’arrive pas à croire que cette solution lui suffise. En fait, je l’ai trouvée bien naïve pour quelqu’un qui ne fait confiance à personne. J’aurais plutôt imaginer quelque chose de plus direct, et c’est pourquoi j’ai beaucoup cru à un moment à l’idée de l’évasion… Bon, ça c’était une petite divagation sur le fond, je ne sais pas si beaucoup de monde me comprendra !

Pour finir, j’ai encore une fois beaucoup aimé retrouver les autres personnages de ce roman, Cinna et Gale particulièrement. Même si ce dernier est très peu présent dans ce tome, j’espère toujours qu’il pourra trouver la place qui lui convient dans le tome 3. J’ai également aimé la courte tournée dans les districts, qui nous permet de découvrir un peu plus le monde de Panem. Enfin, même si elle est peu présente, le personnage de la mère de Katniss m’a particulièrement touchée, j’ai aimé le changement de direction que prend son caractère. Elle semble plus active, plus forte, plus sûre.

Je dois être forte. Je me redresse sur mon séant, écarte mes cheveux humides de mes tempes douloureuses, et me prépare à ce qui va suivre. Elles apparaissent sur le seuil, avec du thé et des tartines, le visage soucieux. J’ouvre la bouche, prête à lancer je ne sais quelle plaisanterie… et j’éclate en sanglots.
Tant pis pour la force.

Je me rends compte en écrivant cet article qu’il est très dur de parler des différents tomes d’une série de manière séparée. J’ai du mal à dissocier les différents tomes de cette série, d’autant plus que je viens de commencer le 1er chapitre du 3ème.. Je perçois vraiment ce 2ème tome comme un tome de transition, avant « La révolte » promise dans le tome 3…

Pas la peine de vous trouver des arguments pour lire ce 2ème tome, je pense que ceux qui ont lu et apprécié le 1er ne pourront s’empêcher de se jeter dessus ! C’est un livre dont les pages se tournent plus rapidement qu’on ne le voudrait, et qu’il est au final très difficile de lâcher…

Autour du livre :

  • Suzanne Collins est une écrivaine américaine née en 1962. Avant de publier la série “Hunger Games”, elle écrivait essentiellement des scénarios de programmes jeunesse pour la télévision.
  • Elle a également publié d’autres romans destinés à la jeunesse : la série “The Underland Chronicles” (composé de 5 tomes), “Fire Proof Shelby Woo #11“, “When Charlie McButton Lost Power” et “When Charlie McButton Gained Power”.
  • Vous pouvez aussi aller lire les avis sur ce tome de Radicale, Frankie, Sita, Elizabeth-Bennet, Marmotte, Shanaa, Livr0ns-n0us.

Autres petits papiers :

           

Le clan des Otori, tome 1 : Le silence du rossignol – Lian Hearn

Tales of the Otori, book 1 : Across the nightingale floor

Éditeur : Gallimard

Collection : Folio

Date de sortie originale : 2002

Date de sortie française : 2002

372 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Au XIVème siècle, dans un Japon médiéval mythique, le jeune Takeo grandit au sein d’une communauté paisible qui condamne la violence, mais elle est massacrée par les hommes d’Iida, chef du clan des Tohan. Takeo, sauvé par sire Shigeru, du clan des Otori, se trouve plongé au cœur de luttes sanglantes entre les seigneurs de la guerre. Il doit suivre son destin. Mais qui est-il ? Paysan, seigneur ou assassin ? D’où tient-il ses dons prodigieux ? Lorsqu’il rencontre la belle Kaede, un amour fou naît entre les deux jeunes gens : devra-t-il choisir entre cet amour, sa dévotion à sire Shigeru et son désir de vengeance ? Sa quête le mènera jusqu’à la forteresse d’Inuyama, lorsqu’il marchera sur le « parquet du Rossignol ». Cette nui-là, le rossignol chantera-t-il ?

Mon avis :

Depuis le temps que j’entendais dire du bien de cette série, il était temps que je m’y mette. Et bien je ne regrette pas de m’être plongée dedans ! Cette immersion dans un Japon imaginaire aux allures médiévales m’a totalement emportée, et j’ai maintenant terriblement envie d’en lire les tomes suivants.

On suit donc dans ce premier tome le destin de Takeo, membre de la pacifique communauté des Invisibles, qui voit sa vie bouleversée le jour où des guerriers du clan des Tohan décime son village, en tue ses habitants et l’oblige à fuir. Il est alors sauvé et recueilli par sire Shigeru, seigneur du clan des Otori, qui décide de l’adopter et de l’élever comme son fils. Afin de devenir un honorable guerrier Otori, il doit subir un apprentissage rigoureux, au cours duquel il développe des facultés impressionnantes. Peu à peu, il en découvre également plus sur ses origines et sur les luttes engagées entre les différents clans du royaume. Mais je vous laisse découvrir par vous-mêmes les nombreuses péripéties que devra affronter Takeo…

Après un début assez lent à se mettre en place (le temps de nous éclairer sur les différents clans vivant dans ce monde et les luttes qui peuvent exister entre ceux-ci…), j’ai été totalement transportée par ce roman. Je me suis rapidement imaginée dans les décors de films tels que « Princesse Mononoké » de Hayao Miyazaki. On se balade dans ce Japon imaginaire au sein duquel les rivalités sont nombreuses. J’ai beaucoup aimé le soin apporté aux personnages de ce premier tome. Sire Shigeru est devenu mon modèle, une sorte de Dumbledore à la japonaise, en plus jeune et plus séduisant. On prend également plaisir à voir évoluer Takeo, qui devient au fil du tome un adulte et observe lui-même l’évolution inquiétante de ses émotions, du pacifique Invisible qu’il était au guerrier combattif et en quête de vengeance qu’il devient peu à peu… Kaede est elle aussi un personnage intéressant, qui prend au cours du récit de plus en plus d’ampleur.

J’ai beaucoup aimé les passages faisant référence au parquet du rossignol, parquet ayant réellement existé et sur lequel le moindre appui produit un petit grincement imitant le chant d’un oiseau, et destiné à trahir la présence d’intrus dans le bâtiment. Les références aux coutumes médiévales japonaises ou à la vie quotidienne à cette époque m’ont également beaucoup plu (même si l’auteur revendique elle-même le fait que son récit ne soit pas réellement « historique »…).

J’ai apprécié également le fait que ce premier tome ne se contente pas seulement de « poser » la suite de l’histoire. L’histoire racontée dans ce tome est en effet une aventure à part entière, et j’espère que les prochains tomes permettront eux aussi de le voir évoluer parmi les différentes périodes de sa vie… J’ai très hâte de savoir ce qui l’attend par la suite.

Ce premier tome du « Clan des Otori » est donc un livre que je vous conseille fortement, notamment si vous aimez les récits d’aventure historiques et la magie des ambiances japonaises.

Autour du livre :

  • Lian Hearn est le pseudonyme de l’écrivaine anglaise Gillian Rubinstein, qui vit depuis 40 ans en Australie. Elle a choisi d’utiliser un pseudonyme pour cette série qui était sa première destinée à des adultes, afin que son œuvre soit jugée de manière indépendante et non par rapport à ses précédents romans.
  • Lian Hearn a choisi son pseudonyme en hommage à Lafcadio Hearn, écrivain irlandais qui s’exile au Japon à la fin du 19ème siècle, se marie à la fille d’un samouraï, prend la nationalité japonaise et y devient professeur d’université en littérature anglaise. Hearn était également le traducteur en langue anglaise des œuvres de Maupassant, Flaubert, Hugo, Zola ou encore Anatole France (source : Wikipedia).

Illustration de la couverture :

  • La couverture de mon édition représente un détail du tableau de Hirosada intitulé L’acteur Kataoka Ichizo (Source)

Hier tu comprendras – Rebecca Stead

When you reach me

Éditeur : Nathan

Collection : Grand Format

Date de parution originale : 2009

Date de parution française : 2011

246 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

Résumé (Source : Editions Nathan) :

1979. Miranda vit avec sa mère et son beau-père dans un quartier populaire de New York, partageant son quotidien de jeune adolescente avec son meilleur ami Sal. Mais, un jour, de curieux événements surviennent : sans raison apparente, Sal se fait frapper par un garçon et il cesse soudain d’adresser la parole à Miranda ; la clé de secours de l’appartement de Miranda disparaît, et celle-ci trouve une lettre énigmatique qui lui est adressée. Cette lettre déclare : « Je viens pour sauver la vie de ton ami, et aussi la mienne. J’ai deux services à te demander. ». De jour en jour, Miranda reçoit d’autres lettres de ce mystérieux expéditeur, qui semble connaître son avenir. Petit à petit, la jeune fille reconstitue le puzzle composé par son correspondant, pour découvrir les raisons de son appel à l’aide, empêcher une mort annoncée et retrouver son amitié perdue…

Mon avis :

J’ai découvert ce roman jeunesse un peu par hasard, au détour de ma bibliothèque (la couverture m’attirait particulièrement). Je dois dire que les premières pages m’ont d’abord semblé fastidieuses, et j’ai d’abord eu du mal à me laisser emporter par cette histoire, racontée par une petite fille à qui il arrive des évènements pour le moins étranges (évènements qui justement mettent un peu de temps à se mettre en place…). Finalement, quelques chapitres plus loin, j’ai très bien accroché à la suite de ce roman et je ne regrette pas d’avoir persévéré !

Il est difficile de parler de ce livre sans révéler les clés de son intrigue, ce qui ne m’aide pas à écrire cet avis.. Disons que nous suivons Miranda, jeune adolescente d’une dizaine d’années vivant dans un quartier populaire de New-York, avec sa mère, attachante et originale, et son beau-père, surprenant et touchant (j’ai particulièrement aimé ce personnage durant ma lecture). Du jour au lendemain, des évènements « étranges » surviennent dans la vie de Miranda (une clé perdue, des lettres qu’elle reçoit d’un inconnu..), ses relations avec ses amis évoluent et plus particulièrement son amitié avec Sal, qui s’éloigne petit à petit d’elle.

Jusque là, l’intrigue ne doit pas vous sembler réellement trépidante, mais disons que dès que les divers éléments de l’intrigue se mettent en place, le roman gagne en épaisseur et en intérêt. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai finalement continué et terminé ce roman, qui se lit rapidement et même parfois avec empressement. Je me suis laissée emporter par cette intrigue, cherchant à savoir qui pouvait bien chercher à communiquer avec Miranda de cette manière et où ces évènements allaient pouvoir nous mener.

Alors c’est vrai, ce livre reste malgré tout assez classique dans sa structure, et est plutôt destiné aux jeunes lecteurs qu’aux adolescents ou jeunes adultes. On a parfois l’impression de voir apparaître quelques incohérences (d’autant plus que le sujet précisément traité dans ce roman est parfois un peu casse-gueule, je ne préfère pas en dire plus pour vous laisser le découvrir…) et le comportement de certains personnages semble de temps en temps tiré par les cheveux. Mais cela dit, ce roman a été pour moi une lecture très agréable.

Au final, un roman sympa pour les plus jeunes, moins abouti dans le cas de lecteurs plus âgés je pense, qui n’y trouveront pas forcément leur compte… Je note tout de même le nom de cet auteur jeunesse dont je lirai bien un autre roman prochainement !

Autour du livre :

  • Rebecca Stead est une écrivaine américaine de romans pour les enfants et les jeunes adultes. Elle est née en 1968 à New-York.
  • « Hier tu comprendras » a gagné en 2010 la Médaille Newbery qui récompense chaque année un livre jeunesse américain. Cette distinction a déjà été décernée à Lois Lowry pour « Le Passeur » (un de mes livres préférés) en 1994, et à Neil Gaiman en 2009 pour « L’étrange vie de Nobody Owens« .
  • Dans ce roman, l’héroïne fait régulièrement référence à son livre préféré, « A wrinkle in time » de Madeleine L’Engle, livre jeunesse publié en 1962 qui a lui aussi gagné la Médaille Newbery en 1963. Ce livre a été traduit en français sous le titre « Un raccourci dans le temps« .
  • Rebecca Stead a également écrit un autre roman, « First Light« , sorti en 2007 et plutôt destiné aux jeunes adultes.

Source