Quand souffle le vent du nord – Daniel Glattauer

Gut gegen Nordwind

Éditeur : Le Livre de Poche

Collection : Littérature & Documents

Date de parution originale : 2006

Date de parution française : 2010

348 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

En voulant résilier un abonnement, Emmi Rothner se trompe d’adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emmi s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l’autre… De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d’un chagrin d’amour. Un jour, pourtant – enfin ! –, ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s’imposent une règle : reconnaître l’autre qu’ils n’ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler…

Mon avis :

Ah, ces chers Emmi et Leo… On peut dire que ces deux personnages ont fait des émules sur la toile ces derniers temps. Malheureusement, de mon côté, j’ai eu beau avoir été rapidement happée par leurs échanges lors de ma lecture, j’avoue ne pas être parvenue à apprécier ces personnages.

Tout au long de ma lecture, j’ai petit à petit trouvé Emmi égoïste et incapable de se rendre compte du mal qu’elle pouvait faire autour d’elle, que ce soit envers son mari ou envers Leo. Face à elle, Leo m’a semblé lui incapable de prendre une décision, même s’il a à sa décharge l’excuse d’être aveuglément amoureux… Leurs échanges sans fin m’ont parfois épuisée, me poussant à finir ce livre rapidement afin de savoir enfin ce qu’ils allaient décider.

Je vais peut-être passer pour quelqu’un d’insensible, tant je n’ai pas accroché à leur histoire d’amour, mais de mon côté je ne considère pas du tout ces personnages comme romantiques. Perdre des mois voire des années de sa vie à travers une relation virtuelle est une idée qui me gêne beaucoup, me choque même. Pour être plus précise, si les deux personnages avaient été d’accord sur le sens qu’ils voulaient donner à leur relation, cet aspect virtuel ne m’aurait pas dérangée. Ce qui me gêne est surtout le moment à partir duquel l’un des deux n’est plus satisfait d’une telle relation et se retrouve même incapable d’avancer dans la vie réelle.

Malgré cela, j’avoue quand même avoir en partie pris plaisir à lire ce roman (si si c’est possible…), que j’ai lu d’une traite en quelques heures. J’ai notamment apprécié les passages traitant de leur rendez-vous anonyme dans un café, lorsqu’ils essaient par la suite de deviner qui ils étaient. J’ai trouvé ces passages particulièrement justes et bien écrits.

Comme d’habitude, je pense au final avoir été contre-influencée par les avis fleurissant sur internet quand je le lisais. Un très grand nombre de personnes ayant apprécié ce roman (voire vénéré), je m’attendais vraiment à quelque chose de génial, comme lorsque j’avais découvert (là encore grâce à internet) et adoré La voleuse de livres il y a quelques mois. Malheureusement ce livre n’a pas trop marché sur moi.

Si vous souhaitez lire d’autres avis sur ce livre (et éventuellement des avis plus enthousiastes), vous pouvez aller lire ceux de Soundandfury, Mrs Pepys (particulièrement bien écrit, même si ça ne se voit pas dans mon article, je crois être d’accord avec tout ce qui y est dit…), Radicale, Sita, Fée Bourbonnaise, Touloulou, Shanaa, Mam’zelle Bulle, Frankie, Nodrey, Lady K, Zatoun, Morgouille et bien d’autres encore ici.

Autour du livre :

  • Daniel Glattauer est né en 1960 à Vienne en Autriche. Après des études en pédagogie et en histoire de l’art, il est devenu journaliste.

Illustration de la couverture :

  • La couverture de mon édition est illustrée du travail de Barnaby Hall, photographe dont on peut voir le site ici.
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84, Charing Cross Road – Helene Hanff

84 Charing Cross Road

Edition : Le Livre de Poche

Collection : Littérature & Documents

Date de parution originale : 1970

156 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Par un beau jour d’octobre 1949, Helene Hanff s’adresse depuis New-York à la librairie Marks & Co., sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Frank Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes. Vingt ans plus tard, ils s’écrivent toujours et la familiarité a laissé place à l’intime, presque à l’amour. Drôle et pleine de charme, cette correspondance est un petit joyau qui rappelle avec une délicatesse infinie toute la place que prennent, dans notre vie, les livres et les librairies. Livre inattendu, « 84, Charing Cross Road » fait l’objet, depuis les années 1970, d’un véritable culte des deux côtés de l’Atlantique.

Mon avis :

Cela faisait longtemps que je souhaitais lire « 84 Charing Cross Road », un livre semblant faire l’objet d’un véritable culte chez de nombreux lecteurs (cf. la 4ème de couverture et les nombreuses listes de « Livres à avoir lus dans sa vie » ou « Meilleurs livres de tous les temps » qui fourmillent sur le net…). Fidèle à mon habitude de ne lire que rapidement le résumé des livres que je commence, je n’ai compris qu’en lisant la « Note au lecteur » du début du livre que celui-ci était « une transcription authentique de la correspondance » entre Helene Hanff et Frank Doel. Je croyais de mon côté être face à un roman épistolaire, genre que j’avais apprécié avec surprise en dévorant le livre « Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ».

Je suis contente de m’être rendue compte de cet élément avant de commencer ma lecture. Je crois en effet que les quelques éléments qui m’ont déplu dans ce livre auraient eu plus de mal à passer si le livre avait été une œuvre de fiction… L’attachement que j’ai peu à peu ressenti face à Frank Doel et ses collègues (Helene Hanff un peu également, mais elle m’a plus souvent épuisée qu’autre chose) est en grande partie dû au fait que ces personnages aient existé. A travers leurs lettres, on prend conscience de la teneur de la vie quotidienne de l’époque en Angleterre, à la sortie de la guerre. Ce sont ces passages qui m’ont le plus intéressée, plus encore je crois que les passages concernant les livres… C’est pourquoi les lettres écrites par l’épouse de Frank Doel m’ont par exemple beaucoup plu.

Au-delà de cela, les échanges concernant les livres sont eux aussi attachants. La différence de comportement et de tempérament entre les deux correspondants, pourtant tous deux aussi passionnés des livres, m’a souvent fait sourire. Pour « Melle » Helene Hanff (ou « HH ») comme pour Frank Doel, le livre est un objet pour lequel on est prêt à attendre des mois voire des années, afin d’en trouver l’édition, la reliure ou la traduction parfaite.

Cela m’a fait penser à moi-même (…petite divagation égocentrique, passage obligé lorsque l’on lit un livre traitant de la relation entre le lecteur et ses livres…), puisque qu’actuellement je me retrouve dans l’impossibilité de lire un nouveau roman de Jane Austen (situation ô combien pénible !), car je suis incapable de choisir entre l’achat d’un 10/18 ou d’un Livre de Poche, tant les débats sont nombreux sur les différences de traduction entre les deux… (Fin de la parenthèse)

J’ai d’ailleurs aimé la petite référence à cette auteure dans la correspondance entre la lectrice et son libraire. En parlant de références, l’une de mes grandes déceptions a été celle-ci : malgré toutes les citations et les titres de livres présents dans « 84 Charing Cross Road », peu de titres m’ont réellement donné envie de me jeter dessus, or c’est souvent ce que je recherche lorsque je lis un livre qui parle des livres (pas que, mais un peu quand même).

Comme vous le constatez, ce très court recueil de correspondances a été pour moi une lecture sympathique mais quelque peu décevante. Il a tout de même le mérite de me donner envie d’acheter plus de livres dans des éditions anciennes et/ou d’occasion, souvent porteurs de signes de leurs anciens propriétaires (dédicaces anciennes sur la page de garde, livres qui s’ouvre toujours à la même page, annotations dans les marges), et qui font des livres de véritables objets vivants…

Autour du livre :

  •  Helene Hanff est une écrivaine américaine née en 1916 et décédée en 1997. Comme on l’apprend dans ce livre, elle a durant sa vie écrit des pièces de théâtre et des scénarios pour la télévision.
  • Cette auteure a également écrit d’autres livres, dont « La duchesse de Bloomsbury Street », qui parle de son premier voyage à Londres en 1971.
  • Une adaptation de ce roman a été réalisée en 1987 par David Hugh-Jones, avec Anthony Hopkins, Anne Bancroft et Judi Dench dans les rôles principaux.

Illustration de la couverture :

  • L’illustration de la couverture de mon édition du Livre de Poche est tirée d’un tableau de Frederic Edwin Church intitulé The Letter Revenge, before 1892.