Paola – Vita Sackville-West

The Death of Noble Godavary

Éditeur : Le Livre de Poche

Collection : Biblio Romans

Date de parution originale : 1932

126 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Soudain une jeune femme apparut en haut des marches, adossée à la fenêtre, avec la pluie qui frappait violemment les vitres et, à l’arrière-plan, les sommets embrumés. Aucun doute, c’était Paola, la star des bals du Westmorland. Bien qu’elle fût en contre-jour, elle me fit d’entrée beaucoup d’effet : elle était brune, svelte avec pourtant quelques rondeurs, l’allure souple, élancée et féline des Italiennes. […] Comment la qualifier ? Elle avait du style. Du chic.

V. S.-W.

Mon avis :

Je me suis intéressée à l’écrivain Vite Sackville-West après avoir lu de bonnes critiques de ses romans « Haute société » et « Toute passion abolie » (dont les résumés sont disponibles ici et ici). Mais c’est avec cette nouvelle publiée en 1932 sous le titre « The Death of Noble Godavary » que j’ai découvert son écriture.

Nous suivons donc dans cette nouvelle le récit de Gervase, Londonien revenant dans la maison familiale après des années d’absence, à l’occasion du décès de son oncle. Dès le début, nous savons très peu de choses sur la famille du narrateur et l’histoire de cette demeure perdue au fin fond du Westmorland, ancien comté du nord de l’Angleterre. Le peu d’informations sur celle-ci nous est dévoilé au travers d’un article de presse, d’anecdotes recueillies au cours des longues journées précédant l’enterrement ou lors des rares dialogues que le narrateur engage avec les membres de sa famille.

On fait cependant peu à peu connaissance avec l’oncle taciturne, le cousin fier et énervé, le frère amoureux et naïf, la femme du défunt, Italienne secrète et étrange, ou encore avec les hommes de la vallée, forts, respectueux et discrets. Mais dès notre rencontre avec Paola, la majestueuse et fascinante cousine du narrateur, on comprend que c’est elle le personnage central de cette nouvelle, celle vers qui se dirigent toutes les haines, les rancœurs et les envies de la famille, une femme mystérieuse au comportement méditerranéen tellement éloigné du silence anglais de la famille Godavary.

« Personne ne parlait. Plus familiers des pentes raides que des routes plates, les hommes de la vallée marchaient d’un pied ferme ; le museau baissé, leurs bêtes avançaient sur leurs talons ; un homme, un chien, un homme, un chien, un homme, un chien. Les chiens étaient des petits traits d’union entre les hommes. » p.72

Cette nouvelle est une bonne découverte pour moi, même si je n’ai pas totalement accroché au récit et à ses personnages (on en revient toujours à ma grande difficulté avec les nouvelles…). Le récit est assez sombre, froid, très « victorien » (même si je suis consciente d’inclure dans ce terme très en vogue une quantité d’éléments très éloignés de sa définition originelle). On entre ici dans une grande famille, au sein de laquelle personne ne se parle et où la rancune est présente derrière chaque parole. J’aurais aimé (comme toujours) pouvoir prolonger ma lecture au-delà des 126 pages de cette nouvelle, connaître plus précisément le caractère des personnages et leur passé, les raisons de leur mutisme, de leur méchanceté ou de leur timidité. Mais peut-être que la force de ce récit tient justement à sa brièveté, rendant le déroulement des évènements à la fois lent et inexorable…

Autour du livre :

  • Vita Sackville-West, de son vrai prénom Victoria Marie, est née le 9 mars 1892 dans le Kent. En plus d’être poète, romancière, essayiste, biographe et traductrice, elle était également une jardinière de talent, et a participé elle-même à la création des jardins de Sissinghurst Castle, dans le Kent, propriété qu’elle avait achetée avec son mari Harold Nicolson (si cela vous intéresse, ce blog propose une très jolie présentation de la propriété et de ses jardins…). L’auteure a toujours apprécié la vie dans ce comté d’Angleterre, dans lequel ses parents avaient une propriété dont elle ne put hériter, étant une femme (j’imagine que le sujet traité dans « Paola » n’est donc pas très éloigné de son histoire personnelle).
  • Vita Sackville-West est en partie connue pour sa vie exubérante et ses liaisons avec de nombreuses femmes célèbres, telles que l’écrivain Virginia Woolf, dont le roman « Orlando » lui est dédié.
  • L’auteure a écrit de nombreux poèmes, romans, essais et traductions, dont certains n’ont été traduit que récemment. Au cours de sa vie, Vita Sackville-West a été lauréate à deux reprises du prestigieux Prix Hawthornden, qui récompense « la meilleure œuvre littéraire d’imagination », fait unique dans l’histoire de ce prix.

Illustration de la couverture :

  • La photographie représentée sur la couverture est issue du travail de Toni Frissell (sa biographie en anglais ici), photographe américaine réputée pour ses clichés de mode, ses portraits ou ses photos de la Seconde Guerre Mondiale. La photographie suivante est intitulée « Weeki Wachee Springs » et a été prise en Floride en 1947 :

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