Le silence de la mer – Vercors

Éditeur : Le Livre de Poche

Collection : Libretti

Date de parution originale : 1942

187 pages

Fiche Dialogues

Fiche Livraddict

4ème de couverture :

Ce récit est le premier qu’a publié clandestinement Jean Bruller alias Vercors, en 1942. Il fut d’ailleurs critiqué pour une apparente tolérance vis à vis de l’envahisseur.

Hiver 1940, la France est défaite. En province, dans une ancienne demeure, un vieil homme et sa nièce voient une partie de leur habitat réquisitionnée pour héberger un officier allemand. Lors des veillées, dans la grande cuisine, seule pièce chauffée, au coin de l’âtre, l’officier leur rend visite et essaye d’établir un contact. Enfermés dans leur mutisme, les deux hôtes écoutent sans mot dire. De longs monologues sur l’amour des peuples, la coopération, l’admiration de la culture française émanent de cet homme fin et cultivé, musicien de profession. Il croit à l’avenir d’une Europe unifiée où chacun respecte l’autre et y apporte son particularisme. Il croit en la pluralité des cultures et des idées. En face de lui, seul le silence lui répond.

Avec le recul et au regard de l’histoire, ce récit nous révèle une très grande subtilité d’esprit pour une œuvre composée en pleine tourmente.

Mon avis :

J’ai commencé ce livre en pensant que c’était un roman, du fait de la 4ème de couverture. Il s’agit en fait de plusieurs nouvelles, se déroulant pour la plupart en France durant la Seconde Guerre Mondiale, et traitant de la Résistance, des lois anti-juives du régime de Vichy ou encore de la vie sous l’Occupation.

Je suis agréablement surprise par cette lecture, moi qui ai souvent du mal à lire des nouvelles (je pense que j’ai du mal à m’attacher aux personnages sur des textes courts, ce qui explique en partie pourquoi j’adhère d’habitude et malheureusement peu à cette forme de récits…). Le sujet traité est dur, et ces nouvelles ne font souvent qu’esquisser un évènement ou un personnage, mais j’ai pourtant rapidement accroché à ces textes.

On sent dans ce livre les prises de position de Vercors, qui traite de manière discrète mais superbement efficace de la résistance (en particulier de la résistance pacifique et silencieuse), du courage, de la confiance, du patriotisme (le beau et parfois naïf amour pour son pays, pas le chauvinisme têtu…), mais aussi de la lâcheté, de la fierté mal placée et de la haine. C’est d’autant plus émouvant lorsque l’on sait que la nouvelle principale, « Le silence de la mer », a été écrite en pleine Occupation. L’auteur semble particulièrement conscient des évènements.

Comme vous l’avez sans doute compris, je vous conseille vivement ce livre, ne serait-ce que pour la beauté de certaines phrases (même si j’ai trouvé le style de l’une des nouvelles plutôt difficile). J’y ai de plus trouvé un écho à ma lecture précédente, « Indignez-vous » de Stéphane Hessel, dans lequel l’auteur nous exhorte à ne jamais laisser faire, et à toujours être capable de se révolter contre les injustices.

Je tiens à préciser que j’ai tenté d’écrire un court article cette fois-ci, afin de m’adapter au genre de ce livre, mais je ne suis pas sûre d’y être parvenue…

Autour du livre :

  • Résistant, Vercors a fondé en 1941 avec Pierre de Lescure les Éditions de Minuit, maison d’édition clandestine sous l’Occupation. Sa nouvelle « Le silence de la mer » est la première à y être publiée en 1942.
  • La nouvelle « Le silence de la mer » a été adaptée deux fois au cinéma : une première fois par Jean-Pierre Melville en 1947, et une seconde fois sous la forme d’un téléfilm sorti en 2004 et dans lequel joue Michel Galabru.
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15 réflexions sur “Le silence de la mer – Vercors

    • Si ça peut te motiver à le lire tout de suite, sache qu’il se lit très vite. Et comme ce sont des nouvelles, tu peux en lire une de temps en temps quand tu trouves le temps !

  1. Il est très bien ton billet ^^ . Vraiment. (suis obsédée depuis hier par la forme à donner à un avis personnel et il me semble y avoir là tout ce qu’il faut, dans des espaces identifiables…)

    J’ai envie de le lire depuis longtemps, mais je ne savais pas non plus qu’il s’agissait de nouvelles. Ce qui ne me dérange pas. Tu viens de le faire remonter du fin fond des trucs-à-lire-un-jour vers la surface.

    As tu regardé l’une des adaptations?

    • Merci Sound ! Je crois savoir à quoi tu fais référence quand tu dis « depuis hier », je viens juste de lire tout ça sur ton blog, mais bon passons…

      Concernant Vercors, je suis heureuse d’être parvenue à te faire déterrer un livre. Je n’ai pas vu les adaptations dont je parle, honte sur moi, mais justement, Avalon vient de me dire que le téléfilm avec Michel Galabru était très bien. Je vais donc essayer de le trouver ! En plus, ça m’intéresse assez de voir comment un réalisateur parvient à adapter une nouvelle… Est-ce qu’il étoffe le récit ? Est-ce qu’il ne se passe rien pendant la moitié du temps ? Surtout dans ce cas-là où les personnages ne parlent quasiment pas… A voir !

  2. J’ai beaucoup aimé ce recueil de nouvelles que j’ai lu il y a des années maintenant. J’aimerai beaucoup le relire. Le téléfilm avec Michel Galabru est très bien. Si tu as l’occasion de le voir, je ne peux que te le conseiller. Il mélange deux nouvelles du recueil.

    • Merci Avalon ! Comme je le disais à Sound, je vais essayer de trouver ce téléfilm, si tu me dis qu’il est bien. Le film de Melville doit être bien également, mais peut-être moins accessible…

  3. Si mon souvenir est bon, je dois avoir cet ouvrage dans ma bibliothèque. 🙂
    Ton avis sur ces nouvelles m’intrigue, car moi aussi j’ai beaucoup de mal à en lire, à m’imprégner en seulement quelques pages du caractère des personnages …
    Bref, je pense que ce livre ne va pas tarder à être dépoussiéré et lu !
    J’essaierai par la même occasion de trouver une des adaptations cinématographiques.
    Ça n’a pas du être facile de retranscrire à l’écran des petites nouvelles. :-S

    • Tu fais bien de le ressortir Gaya ! Pour les nouvelles, je trouve aussi que c’est généralement difficile de s’attacher aux personnages en si peu de pages… Mais ici ça ne pose pas de problème, peut-être parce que les histoires sont plus anonymes, plus universelles, je ne sais pas….

      Pour les adaptations, je pense en effet qu’elles valent le coup, rien que pour observer comment un réalisateur peut mettre en scène une nouvelle de quelques pages. J’essaierai aussi de les voir !

  4. J’avais du le lire au collège, et je n’avais absolument pas accroché … Je n’aime pas vraiment les nouvelles et ce n’est pas une période historique qui me passionne beaucoup ! Il faudrait peut-être que je réessaie maintenant, quelques années plus tard ! A voir donc 🙂 Et ton billet est parfait !

    • Merci beaucoup !

      Allez, je vais utiliser les conseils de Soundandfury : surtout ne te force pas… Si tu l’as déjà lu et pas aimé, que tu n’aimes pas trop les nouvelles et que la période historique dont il parle ne te passionne pas tellement, je crois qu’il te faut peut-être faire le deuil de ce livre ! Je suis comme toi aussi, à toujours vouloir donner une seconde chance aux livres, mais il y a tellement d’autres livres à lire que ce n’est peut-être pas la peine finalement… 😉

      Mais évidemment tu fais comme tu veux…

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